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Introduction à ce
chapitre
L'opposition à l'ordination des femmes a de profondes racines
sociales et psychologiques. Celles-ci forme un entrelac qui mêle
conception de Dieu, attitudes
vis-à-vis du corps et de la sexualité, rôles dévolus
à l'homme et à la femme, contraception au sein du mariage,
célibat ainsi que d'autres aspects des convictions catholiques
traditionnelles comme de la pratique habituelle.
Les
conceptions 'féminine' et 'masculine' de Dieu
En religion, on
rencontre deux conceptions complémentaires de Dieu :
1.
La conception mystique, qui vise à la communion et à la
participation. Elle est basée sur notre expérience de l'union
avec la nature et de l'union avec notre mère.
2. Soumission et
abandon à Dieu comme le Totalement Autre. Elle résulte de
l'expérience que nous avons de notre propre personnalité en lien
avec notre père.
Une relation adulte avec Dieu exige de lier les
deux. Dans le christianisme toutefois, la seconde conception a souvent
dominé.
Lisez un résumé dans :
"Deux manières d'avoir des relations
avec Dieu" par John Wijngaards.
L'histoire
des religions démontre que, depuis les temps les plus
anciens, les hommes ont manifesté leur union au Divin par le culte de la
Déesse Mère.
Environ 2000 ans avant J.-C., le culte d'une
Divinité Mâle a envahi le Moyen Orient, faisant surgir de
nouvelles civilisations et amenant une nouvelle prise de conscience, mais
entraînant également conquêtes, violences et domination
culturelle de l'homme.
L'expérience judéo-chrétienne
de Dieu a été fortement influencée par cette situation
où l'homme domine.
Les conséquences de cette évolution
sont très bien décrites dans :
"Séparation de la nature et perte du
côté féminin de l'esprit" par Anne Baring.
Dans la Genèse : le mythe de la
Création et de la Chute
L'origine de la famille humaine et sa "chute" ont
été décrites dans un mythe qui s'est introduit dans les
Écritures
Lisez le texte de :
"Le mythe de la Création et de la
Chute".
Le mot mythe est employé ici dans un sens technique
et non pas commeune histoire sans lien avec la
vérité. Pour une analyse
critique de ce texte, voyez : La
femme dans les récits de la création de l'Ancien Testament
par John Wijngaards.
Le mythe de la chute
décrit l'expérience de notre séparation avec le sein de la nature ainsi que de la naissance de
notre prise de conscience. Jusqu'ici, cela va très bien.
Malheureusement, ce mythe a aussi engendré des doctrines qui se sont
révélées psychologiquement dommageables :
~ toute
souffrance, la mort et le mal sont des punitions dues au péché
originel ;
~ la femme est soumise à l'homme ;
~ les êtres
humains sont déchus et corrompus par le péché ;
~ il
existe une séparation entre l'esprit et la nature, entre l'âme et
le corps, entre la pensée et les sentiments ;
~ le principe
féminin est déprécié : âme, nature, femme,
instinct, sentiment et corps.
Lisez ces excellentes analyses culturelles et
psychologiques :
* Le mythe de la chute et la
doctrine du péché originel par Anne Baring;
*
Ève : la Mère de tous les
vivants par Anne Baring et Jules Cashford.
L'image négative d'Ève (= femme) dans la
tradition chrétienne
Le cas
d'Ève a été interprété
négativement, d'abord dans
les cercles religieux juifs, puis les préjugés hellénistes
et romains ont encore accentué cette vue pessimiste. Celle-ci s'est
imposée aux Pères de l'Église.
Elle a bientôt
affecté tant la spiritualité que la pratique chrétiennes
et s'est ancrée dans la théologie de l'Église comme dans
son Droit canonique.
Lisez ces études :
*
"Ève dans la culture
chrétienne" par Anne Baring et Jules Cashford;
*
"Des hommes de Dieu
et de la médecine : la biologie ancienne et l'avis des Pères de
l'Église sur la nature de la femme" par Kim Power;
*
Les femmes devaient être punies à
cause du péché
par John Wijngaards.
Les
ombres du passé planent encore
De ce passé découlent
nombre d'idées qui doivent être réformées dans
l'Église. Nous allons en donner quelques exemples.
tabou
à l'encontre de la menstruation a constitué un
sévère handicap pour les femmes dans l'Église, depuis au
moins le 4ème jusqu'au 19ème
siècle.
* Les femmes
sont considérées comme impures par John Wijngaards ;
*
"Sang féminin : l'ancien tabou et ses
conséquences pour l'amour conjugal",extrait de Eunuchs for
Heaven [Eunuques pour le Royaume] par Uta Ranke-Heinemann.
La morale sexuelle
négative de l'Église a laissé des plaies
profondes dans la vie des couples mariés.
L'enseignement
traditionnel à propos de la sexualité, loin d'être
infaillible, est triste, maladif et sujet à caution, c'est un
travestissement de la vérité qui a causé beaucoup de
dommages au bien-être des couples mariés à travers les
âges. Le rapport sexuel, au lieu d'être considéré
comme étant une partie intrinsèque et sainte de l'union
conjugale, a été présenté comme le moyen de
transmission dépravé du péché originel, rapport
sexuel auquel on ne pouvait avoir recours qu'en vue de la procréation.'
(Elizabeth Price)
Sur l'origine de l'interdiction des contraceptifs
et leurs conséquence pour l'amour conjugal, lisez :'
Voir le péché où il n'y en
a pas par Elizabeth Price.
La
distinction entre l'être humain masculin et l'être humain
féminin que Rome continue à faire n'a pas de
sens, que l'on se place dans une perspective biologique ou théologique.
1. Il n'existe pas de dichotomie masculin/féminin parfaite comme le
présuppose Rome.
2. Le symbolisme d'un sacerdoce
réservé aux seuls hommes nie les principes chrétiens.
~ Selon Rome, cette différence entre les sexes provient du fait que
l'homme est l'être humain créé à l'image de Dieu
tandis que la femme est l'être humain au stade naturel de
l'animalité.
~ Dans le symbolisme de l'union de l'époux
(masculin) et de l'épouse (féminin) qui est utilisé pour
justifier la masculinité du sacerdoce, il y a là une fonction
explicitement sexuelle qui y est attachée indiquant que le symbolisme de
la messe est passé du stade de célébration de la mort et
de la résurrection à celui d'une relation sexuelle dont
l'élément dominant est la sexualité mâle. Ce qui
rend la théologie catholique explicitement phallocentrique puisque le
phallus est devenu le symbole qui représente le don de soi du Christ au
cours de la messe.
~ Les structures patriarcales de Rome se sont donc
figées autour d'une théologie phallocentrique qui rend presque
impossible pour une femme de se sentir être une présence
symbolique dans la vie de l'Église. C'est plus que jamais vrai pour elle
: absence, négation et non-existence, un corps soumis à
l'animalité sans aucun accès à ce qui symbolise une
personnalité théologique.
* Pour analyser l'aspect biologique lisez
Biologie pour les théologiens. Un point
de vue scientifique sur l'ordination réservée aux hommes par
Roberta Meehan;
* On trouvera une analyse pénétrante du
symbolisme théologique dans : "Le
corps féminin et le sacerdoce sacramentel dans la théologie
catholique néo-orthodoxe" par Tina Beattie.
La violence contre les femmes reste
justifiée dans la pratique.
Voire: Les épouses de
membres du clergé au XIIe siècle
La
légitimation de l'injustice vis-à-vis des femmes dans le
christianisme par Mary Ann Rossi.
L'Église officielle continue à dénier aux
femmes les droits fondamentaux qu'elles devraient avoir en tant
que membres de l'Église à part entière qui partagent dans
le Christ, à égalité avec les hommes, le statut de
prêtre, prophète et roi..
* Le droit
canonique et les 'femmes prêtres' par John Wijngaards;
*
"Le statut de la femme dans le droit canonique
et la Convention des Nations Unies", par Marie-Thérèse Van
Lunen Chenu et Louise Wentholt;
* Les droits humains dans l'Église : non-droit pour
les femmes dans l'Église", par Marie-Thérèse
Van Lunen Chenu.
Le langage sexiste continue à dominer dans
la liturgie et dans la pastorale de l'Église.
* "Discours masculin sur Dieu dans la liturgie et son influence
sur les femmes" par Ida Raming;
*
"Marie-Thérèse n'est vraiment pas
un 'fils' de l'Église", Marie-Thérèse van Lunen
Chénu.
* "Options
linguistiques de base : Dieu, femmes, équivalence", Elizabeth A.
Johnson.
À suivre ! Car il y a encore beaucoup à
dire.
traduit par Françoise Bourguignon
"Lorsque vous citez ce document,
veuillez signaler
S.V.P qu'il est publié par www.womenpriests.org !"


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