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d’Assise

Sainte Claire d’Assise

1194 – 1253 après J.C.

Nous n’avons pas de documents sur les sentiments de Sainte Claire appelée à la prêtrise, mais les incidents au sein de sa vie ont fait d’elle une «parabole vivante » démontrant que les femmes sont capables du ministère sacerdotal. Tout comme dans le cas de la dévotion à Marie Prêtre et les légendes entourant Sainte Marie Magdeleine, les histoires à propos de Sainte Claire font que les gens pensent : « Pourquoi les femmes ne peuvent-elles pas toucher au sacré ? »

Ce récit à propos de Sainte Claire fit spécialement rédigé pour www.womenpriests.org par une Sœur de Ty Mam Duw, de la Communauté de Clare Colettine, Upper Aston Lane, Hawarden, Deedside CH5 3EN, Royaume-Uni. Émail : PoorClares@compuserve.com.

Claire d’Assise a été la première Sainte femme à rédiger une règle religieuse. Elle fut canonisée deux ans après sa mort ce qui fait d’elle la sainte la plus rapide depuis qu’a été institué le processus officiel de canonisation. Le Pape Alexandre IV, qui officia à ses funérailles, demanda que l’on porte des vêtements blancs et dût être vivement dissuadé de ne pas la canoniser sur le champ.

Dans l’iconographie traditionnelle de l’Eglise, Claire est presque toujours invariablement peinte tenant un ostensoir. Pour toutes les laïques – aussi bien que pour les laïcs- dans toutes circonstances, à moins d’incendie ou de tremblement de terre, c’était considéré comme un péché mortel de toucher le Saint Sacrement ou les objets du culte consacrés avant les dernières réformes liturgiques de Vatican II.

Très curieusement, Claire n’a pas tenu d’ostensoir ; mais c’est ainsi que l’Eglise se souvient d’elle, en faisant mémoire d’un épisode rappelé dans son acte de canonisation (1253) et la légende (1260). Dans un scénario de guerre trop familier, les troupes sarrasines de l’Empereur Frédéric II avaient envahi le monastère de Claire de San-Damiano.

« La dame les fit amener de l’entrée au réfectoire et apporta une petite boîte dans laquelle se trouvait le Sacrement Béni du Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ. Se prosternant sur le sol, elle pria en pleurant et en disant : « Seigneur veille sur Ta servante parce que je ne peux les protéger ! » (1)

Les soldats s’enfuirent.

En commémoration de cela les Abbesses de l’ordre de Claire avaient la permission (il semble que ce soit dès les premiers temps) d’exposer le Saint Sacrement avant que cela ne fût permis aux autres religieuses.

Le cléricalisme était (et est encore) une question importante dans l’Ordre Franciscain. François d’Assise n’était pas prêtre bien qu’il soit devenu diacre. Il a promu, à son époque, une dévotion à la prêtrise qui ne se souciait pas de la mode, prêtrise que l’Eglise essayait profondément de réformer (IVième Concile de Latran 1215) et qui était tournée en dérision par les Albigeois et d’autres mouvements hérétiques préfigurant les Franciscains ou les imitant.

François disait que si un saint lui apparaissait venant du ciel et qu’au même instant passait un pauvre prêtre, il montrerait du respect au pauvre prêtre et demanderait à l’habitant du ciel d’attendre (2). Francis concevait toute l’existence en termes de pauvreté, d’humilité, d’amour et de service et il se voyait lui-même et tous ceux qui suivaient l’Evangile sur ses traces, comme s’ils remplissaient, pour ainsi dire, l’espace libre laissé devant Dieu par ces membres du clergé qui cherchaient la sécurité financière, le pouvoir et l’allègement de l’exigence du célibat et le désengagement de leurs obligations paroissiales. Dans le vide de la décadence du XIIIe siècle et l’insuccès de la réforme, entraient là des hommes et des femmes portant, comme cela l’avait été, le premier symbole que le Christ offre au clergé nouvellement ordonné dans la Chambre Haute – une serviette de toilette et un bol d’eau (Jean 13 1- 15). Cette image, faisant partie d’un rêve de Claire, avait impressionné ses premiers compagnons : Elle grimpait un très haut escalier, porteuse d’un bol d’eau et d’une serviette de toilette pour François et lorsqu’elle l’atteignait, François lui dévoilait sa poitrine et disait : « Prends et bois ».(3)

La règle de vie des Pauvres Sœurs de Claire est d’observer les Evangiles par une vie d’obéissance, sans biens propres et en chasteté. L’Eglise a toujours représenté la prêtrise universelle de tout son peuple comme une identification avec le sacrifice du rachat ; donc, le martyr, identifié à celui du Christ, est naturellement un sacerdoce, comme le « martyr blanc » de l’obéissance. Pour citre F.X. Durwell :

« L’Eglise célèbre le sacrifice du Christ…dans la fidélité de ceux qui meurent à eux-mêmes par l’obéissance au Christ en Croix, par ceux qui se battent pour gagner un amour céleste, qui s’élèvent de ce monde vers la pureté et la pauvreté du cœur avec le Christ parti chez son Père, par tous les Fidèles qui travaillent et souffrent, qui aiment Dieu et leur prochain, qui se donnent pour le salut des autres. Dans tous ceux-là, l’Eglise est le sacrifice de rachat, la messe célébrée en esprit et vérité. » (4)

L’obéissance pastorale est manifestée dans un épisode assez curieux dans les Fioretti :

« Le Pape (5) parmi d’autres vint un jour au monastère de Sainte Claire pour entendre sa conversation divine et céleste car elle était un reliquaire du Saint Esprit…Lorsque leur sainte conversation fut terminée, la sainte s’agenouilla avec un grand respect et demanda au Pontife suprême de bénir les miches de pain déposées sur les tables. Le Pape répondit : « Très fidèle sœur Claire, je désire que ce soit vous qui bénissiez ces miches et que ce soit vous qui traciez sur elles le Signe de la Croix du Christ auquel vous vous êtes si complètement consacrée comme pour un sacrifice sans tache ». Mais Sainte Claire lui rétorqua : « Très Saint Père, je vous en prie, excusez-moi, mais je mériterais d’être sévèrement blâmée si une vile petite femme telle que moi donnait une telle bénédiction en présence du Vicaire du Christ » Le Pape lui rétorqua à son tour : « Ainsi pour que ce ne soit pas attribué à de la présomption, vous pourrez également gagner des mérites en accomplissant ce que je vous ai demandé. Je vous ordonne, au nom de la sainte obéissance, de tracer le Signe de la Croix sur ces miches de pain et de les bénir au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ. Claire, en fille vraiment obéissante, s’exécuta alors et une très belle croix, très bien gravée apparut sur les miches. Le Saint Père rendit grâce à Dieu et repartit en emportant quelques pains avec lui. »

Certains exégètes ont été jusqu’à attribuer une signification eucharistique à cet épisode. Ils ont sans doute tort. Ce n’était pas la célébration d’une messe, mais, d’une manière subtile, c’est comparable – et initié par Dieu à travers l’Eglise.

Notes complémentaires

1.Procès de canonisation 9.2 Clare of Assisi : Early Documents. Régis Armstong OFM. Paulist Press 1988. Pour une discussion de ceci dans son contexte historique, voyez le chapitre intitulé Women mystics and the Clericalisation of the Chrurch dans Jésus as Mother : Studies in the Spirituality of the High Middle Ages Caroline Walker Bynum. Presses de l’Université de Californie 1982.

2. Second Life of St Francis. 1247 Thomas de Celano CLII 201 édition Placid Hermann OFM. Franciscan Herald Press 1963.

3. Process of Canonization 3.29 op.cit.

4. In the Redeeming Christ F.X.Durrweli. C.SSR pg 77. Sheed & Ward 1963

5. The Fioretti of St Francis ( prob. Ugolino de Monti Santa Maria, XIIIe siècle tardif) Ed. Raphaël Brown OFM. Hanover House 1958. Les témoins cités de cet événement suggèrent que c’était pendant le pontificat d’Honoré III.

Traduction : Françoise Bourguignon.

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