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L'Evêque Félix Davidek de Tchéquie

L’Evêque Félix Davidek de Tchéquie

Par Magdalena Eliasova

Femmes Nouvelles, Église nouvelle, Automne 1999, pp 7-8

Femmes nouvelles, Église Nouvelle est le Bulletin officiel de La Conférence sur l’Ordination des Femmes. Brureau National de WOC, PO box 2693, Faifax, VA 22031-0693 ; tel (703)352-1006. Abonnez-vous !

Lisez aussi l’article de Jan Peters qui a aidé l’Evêque Davidek à se décider d’ordonner des femmes à la prêtrise !

« La société a besoin des femmes comme d’un vecteur particulier pour la sanctification humaine. »

Félix Maria Davidek. Qui est cet homme dont nous n’avons jamais entendu parler? Qui et quoi lui ont donné l’autorité de poser un acte si audacieux ?

Nous sommes en Europe de l’Est, en 1948. L’Union Soviétique avait prétexté une obligation morale pour dominer par la force les petits pays pauvres dans le dessein de les sauver des démoniaques sociétés occidentales. Cette politique, remplie de succès, était basée sur la prospérité de la majorité en toutes circonstances et tous les groupes s’y opposant ont été contraints de se cacher. L’Église était une ennemie potentielle. Une fois de plus, elle montra deux visages.

Félix Maria Davidek – un prêtre ordonné le 29 juillet à Brno, l’ancienne Tchécoslovaquie – tout en travaillant dans une petite paroisse de village – avait étudié la science, la médecine, la philosophie et la psychologie à l’université de Brno et avait conçu des plans pour fonder ‘L’Athénée’ une école préparatoire de théologie. 1948 arriva, mais cela n’arrêta pas Davidek et son Athénée fut légalement créé en 1950.

« L’Église, dans le monde entier, a le devoir de refléter le Koinote - le moment propice. »

Félix Maria Davidek 1950.

Félix Maria Davidek a été arrêté et, en 1952, a été condamné à 14 ans de prison pour haute trahison à cause de sa méfiance des restrictions imposées par l’Etat à ses activités académiques. En prison, il eut le temps mettre ses pensées et ses idées en ordre au sujet de l’avenir de l’Athénée et de l’établissement d’une communauté qui aurait pris le nom de ‘Les Koinotes’ et aurait servi de modèle à l’église locale sous le totalitarisme pour garantir la continuation de la mission apostolique. Il fut relâché au bout de deux ans, au début de 1964, et un de ses premiers actes fut de prendre contact avec Ludmilla qu’il connaissait depuis l’enfance et avec d’autres personnes exclues des séminaires traditionnels.

Ensuite, les Théologiens…

Les Koinotes ont commencé à fonctionner peu après sous sa conduite. Le 29 octobre 1967, Davidek devint évêque. Cela signifiait l’autonomie des Koinotes.

Aux environs de 1970, L’évêque Davidek décida de convoquer un synode pour discuter d’un besoin pressant de l’Eglise locale. Il était convaincu que le moment était venu pour les Kairos d’ordonner des femmes. Le synode se réunit à Noël, après qu’une étude attentive des documents de Vatican II ait convaincu Davidek du droit que l’Église locale avait d’agir ainsi. Soixante personnes étaient présentes, y compris divers membres du clergé, parmi lesquelles quelques évêques, plusieurs religieuses de différents ordres et aussi des laïcs. Le synode avait été précédé par des semaines d’auditions préliminaires. La question de l’ordination des femmes ayant généré une large controverse. Le synode consista en conférences et interventions sur ce thème. Ce qui suit est une des interventions de Davidek.

  1. « D’un point de vue exégétique, nous n’avons aucun argument valable pour justifier l’exclusion des femmes des fonctions sacerdotales.
  2. L’exclusion des femmes est une conséquence de développements historiques et c’est pourquoi ce fait perd toute valeur absolue
  3. L’approche chrétienne de l’autorité comme une mission charismatique et un service qui aborde une approche juridique, montre l’importance de la recherche de la participation de la femme à la charge cléricale et ce, dans le but de poser la question de savoir si une femme ne pourrait pas fonctionner de manière plus large et plus biblique… »

Davidek a également mentionné les lettres de Paul dans lesquelles, selon lui, Paul insiste sur l’égalité des hommes et des femmes.

Un matin, à l’aube du 12 décembre, le groupe se rassembla pour un vote secret. Le résultat fut surprenant : la moitié des personnes présentes exprima la conviction que l’ordination des femmes était ce qu’il fallait faire. Mais la décision finale ne fut prise qu’un an plus tard, quand l’Evêque Davidek franchit la dernière étape et commença la préparation pour l’ordination des femmes au diaconat et à la prêtrise.

Selon Pierre Fiala et Jiri Hanus, dans les années qui suivirent, plusieurs femmes reçurent le diaconat et une femme au moins fut ordonnée prêtre. L’Evêque était bien conscient des implications de ses actes et conscient aussi que ceux-ci contredisaient le droit canon. Mais Davidek pensait que tout ce qui a été créé contribue à l’évolution continue de ce monde et que le temps était venu pour que les femmes deviennent prêtres et cela, en dépit des risques personnels et il disait qu’il était appelé à devenir un catalyseur.

On ignore combien de femmes ont finalement été ordonnées pendant les années de la participation de Davidek aux Koinotes , années qui se sont terminées par une série d’accidents personnels et par sa mort le 16 août 1988.

Une seule de ses vieilles amies, Ludmilla Jarodova, s’est avancée pour se faire reconnaître en tant que prêtre.

En effet, le Vatican a réagi, non en niant que les ordinations avaient eu lieu, mais en excluant toutes les femmes du droit de remplir des fonctions sacerdotales.

La vision de Davidek de l’égalité des droits des femmes au sein de l’Église est une vision de justice. Elle peut être critiquée, écartée, niée mais elle ne peut jamais être passée sous silence.

Ce n’est pas important que ces faits se soient produits il y a des décennies dans des parties différentes du monde. Il y a eu et il y a encore des femmes ordonnées validement dans l’Église Catholique Romaine, c’est un fait avéré et cela montre le changement du statut des femmes dans l’église.

Le texte suivant est un extrait d’une intervention de Davidek durant le synode de 1970.

« …Aujourd’hui, l’humanité a besoin et attend littéralement l’ordination des femmes. L’Eglise ne devrait pas s’y opposer. C’est la raison pour laquelle nous sommes réunis ici. Ce fait nous mène au besoin de prier et au besoin du sacrement. À rien d’autre-. La société a besoin du service des femmes. Si nous nous plaçons sur un plan psychologique, nous reconnaissons alors que la société manque de quelque chose. Elle a besoin du service des femmes comme d’un instrument particulier pour la sanctification de la seconde moitié de l’humanité. Telle qu’elle est, la sanctification contemporaine du monde est insuffisante. Nous ne voulons rien d’autre que ‘CONSECRATIO MUNDI’ – UNE SANCTIFICATION DU MONDE DANS SA TOTALITE.

Cet article a paru pour la première fois dans Droits Egaux et a été reproduit avec la permission de son auteur ?

Magdalena Eliasova, une tchèque, est membre de l’association des Philadelphia Catholic Worker et soutien du SEPA/WOC. Elle a employé du matériel encore non traduit pour cet article.

Traduit de l’anglais par Françoise Bourguignon

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