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Ce témoignage estextrait de Zur Priesterin berufen
(Appelée à être femme prêtre), par Ida
Raming, Gertrud Jansen, Iris Mülleret Mechtilde Neuendorff, Druck und
Verlagshaus Thaur (Krumerweg 9, A-6065 Thaur, Austria) 1998, pp. 113-122.
Je suis la fille aînée de parents croyants. Je suis
née en 1956 à Linz, en Haute-Autriche. Mes parents avaient tous
deux plus de 30 ans quand ils se sont mariés. Ma mère portait
lécusson de la Jeunesse catholique tandis que mon père
était ce quon appelle un "fils" du mouvement Kolping. Pour leurs
quatre enfants, la messe dominicale, la première communion et la
confession qui y était liée, allaient de soi. Je
mintéressais énormément à loffice de
mon grand-père qui était servant de messe, à son maniement
tout naturel des "objets sacrés". Je navais nullement peur des
prêtres, pas plus que je navais envers eux un grand respect. Ou
bien je leur manifestais de lindifférence ou bien jen
attendais un enseignement sur Dieu et sur ce qui en découlait.
Jai fait toutes mes études - 14 ans - dans une école
de Linz dirigée par les Surs de la Sainte-Croix. Jai
trouvé lenseignement de la religion, de même que la vie de
mes professeurs et de certaines des religieuses plutôt déroutants.
Jai trouvé déconcertante la manière erronée
dont ils interprétaient le message de la Bible qui me fascinait. Ma
Bible denfant et linstruction religieuse qui me fut donnée
plus tard, employaient un langage tout à fait différent.
Jétais plus convaincue par un honnête combat personnel pour
atteindre une véritable vie religieuse.
Jai oublié presque tout ce qui ma été
inculqué durant les cours de religion. Mais je me rappelle certains
détails, par exemple lhabit dun Bénédictin,
lenseignement bien pensé dun prêtre aujourdhui
marié, un Jésuite qui devait plus tard vivre sa propre vie, les
prières sincères dune religieuse de la Sainte-Croix avec
laquelle je me suis disputée durant des années et qui a
été ensuite atteinte du cancer et est
décédée.
Après mon école primaire et le "Gymnasium" (=
lycée) junior, jai voulu devenir institutrice maternelle mais
jai abandonné contre la volonté de ma mère.
Mentalement, jai quitté la maison à lâge de 14
ans.
Autant que possible, jévitais mes parents. Pendant quelques
temps, mon curé fut pour moi un sage confesseur qui avait compris
comment atteindre mon intelligence. Je dirigeais un groupe de filles,
organisais la liturgie, fus élue membre du conseil paroissial, de sorte
quà 17 ans javais une position enviable dans la
paroisse.
Jai toujours comparé la vocation à un don
spécial : une personne douée pour la musique adore celle-ci et,
quand elle emploie un instrument et essaie den jouer, elle en tire des
sons et des mélodies agréables. Elle aime jouer de la musique et,
ce faisant, elle dispense du plaisir autour delle, bien quelle
doive faire beaucoup defforts pour étudier son instrument. Son
enthousiasme pour la musique, elle peut le communiquer à dautres
au point quils sessaieront à un instrument ou se mettront
à chanter. Peut-être ces répétitions les
mèneront-ils à devenir de vrais artistes. Moi-même je ne
suis pas particulièrement douée pour la musique. Je joue du cor
de chasse avec plus dardeur que dhabileté, mais je
nabandonne pas. Cependant, jai un talent de nature religieuse : "La
joie dans le Seigneur est ma force" (Ps 36, 4). Jai tenté de
trouver auprès de prêtres un peu de compréhension pour ma
quête. Javais espéré quils puissent me
comprendre vraiment, moi et ma vocation ; un certain nombre de confesseurs
mont certainement aidée pendant une période, mais en
dernier ressort, ils mont laissée seule face aux décisions
à prendre. Au cours de ma jeunesse, certains facteurs ont joué un
rôle important : un séjour à Taizé, des week-ends de
la Jeunesse catholique, en particulier à labbaye des
Prémontrés à Schlägl, des réunions avec
dautres jeunes en recherche qui, comme moi, navaient pas encore
trouvé toutes les réponses.
Avec mes frères et surs, jaimais jouer à la
messe. En utilisant des ciseaux à ongles, nous découpions
patiemment des hosties dans du papier de riz et nous les placions dans un
coquetier. Mon frère voulait toujours être le prêtre mais il
ne connaissait par cur que les paroles de la consécration.
Étant un garçon, il estimait que le rôle du prêtre
lui revenait mais ma sur et moi connaissions tous les autres textes de la
messe par cur.
Aux alentours de 14 ans, jassistais à tous les offices
religieux célébrés dans la paroisse. Contre sa
volonté, jai embobiné mon frère pour quil
apprenne à être acolyte, rôle qui était hors
datteinte pour moi parce que jétais une fille. Il lui fut
permis de mettre un habit de chur bien quil ne puisse pas encore
servir. Le curé avait remarqué mon agacement vis-à-vis de
mon frère et il ma laissé servir quelques fois, mais sans
porter lhabit tant convoité. Il y a quelques années,
jai voulu écrire au Pape et lui demander que soit levée
linterdiction ridicule dadmettre des filles comme acolytes. Comme
je navais pas dadresse précise, la lettre a atterri dans mon
panier à papier.
Si lon remonte au début des années 70, il y avait
dans ma paroisse un groupe liturgique auquel je collaborais suite au conseil du
curé. Au moins, je pouvais me mettre près de lautel ou au
moins au lutrin et "collaborer" à la messe. À cette
période, je navais pas encore osé formuler
concrètement mon souhait de devenir prêtre ; car il ny avait
personne à qui jaurais pu le dire. La vie selon la règle,
la liturgie, la prière commune sont devenues le pendant spirituel des
activités paroissiales. Je voulais acquérir un bréviaire
mais je ne savais ni où lacheter ni avec quoi. Un ami
dévoué de ma tante ma donné lédition
pour étudiant qui venait juste dêtre publiée :
jétais une nouvelle femme ! Du coup, jai acheté une
couverture de velours avec des galons dorés, et je lisais mon
bréviaire dans le tram, durant le temps de midi, pendant les
leçons et dans mon lit. Jallais trouver des religieuses et des
prêtres pour menquérir des couvents et de leurs
règles, et la façon dy entrer et den sortir. Une amie
décole de ma tante était prieure du couvent de
Bénédictines de Steinerkirchen, qui avait été
créé pour dispenser une aide pastorale aux religieuses
travaillant en paroisse. Cela me parut intéressant.
Quand jai quitté lécole, je suis entrée
au couvent des Bénédictines du Cur Immaculé de
Marie. Je reçus comme nom en religion celui de "Marie-Christine" et je
choisis "La Très Sainte Trinité" comme titre de noblesse.
Jespérais avoir atteint ce que je souhaitais. Jai pris ma
formation très au sérieux, je servais à table, jai
supporté les leçons de la Maîtresse des novices et
dun stupide directeur spirituel, je lavais la chapelle, jai appris
à faire une génuflexion avec ma robe de chur, en portant
lencensoir et la navette avec lencens, et jaimais et
savourais les heures passées à prier dans le chur. Pour
moi, la vie de convent était le prélude indispensable sur la voie
vers lautel. Le rôle des religieuses qui visaient à
être la seule responsable dune paroisse me paraissait
intéressant. Après mon postulat, deux ans de noviciat et mes
vux, jai voulu étudier la théologie à
Salzbourg. En raison du vu dobéissance, jai dû
aller à lAcadémie de Linz pour me former comme professeur
de religion. La formation qui y était donnée était
excellente, mais ce nétait pas celle que je voulais. Il
sensuivit des conflits avec mes supérieures et jai fait
certaines expériences qui me poussèrent à repartir
à zéro dans ma recherche de Dieu. (La recherche de Dieu est la
seule question à poser à qui frappe à la porte dun
monastère bénédictin en vue dy entrer.)
Après près de cinq ans, jai quitté le couvent
à la fin de mon premier engagement, le cur lourd davoir
encore échoué à trouver ce que je cherchais, mais
très enrichie de découvertes spirituelles. Au fond de
moi-même, je suis demeurée Bénédictine, même
si je nen portais plus lhabit. Mes vux, qui ont
été un engagement sérieux envers Dieu, mengagent
toujours.
Au cours de la dernière année de mes études,
jai enseigné la religion dans une école de
lenseignement spécial. Jy ai été fort
engagée, de même que Michael, mon mari. Après avoir
achevé mes études, jai appris à laimer, vivre
avec lui et lépouser. Il avait divorcé de sa
première femme et avait quatre enfants. Ma "missio canonica" me fut
retirée. Pour compléter cette situation difficile, les gens
dÉglise prirent leurs distances vis-à-vis de moi ;
jai eu des conflits avec lInstitution à propos dun
emploi éventuel, dont javais désespérément
besoin pour des raisons financières, et qui
révélèrent un manque total de compréhension de mon
entourage catholique. Et mon mariage fut certainement un geste de
solidarité voulu avec un homme qui, en termes dÉglise,
constituait un échec. Où était la solidarité
chrétienne vis-à-vis de moi ?
Après quelques années de souffrances, jai
commencé petit à petit à travailler à nouveau dans
la paroisse. Larrivée dun nouveau curé na pas
arrangé les choses. Ma compétence professionnelle et mon
expérience mont aidée, mais restait une épine dans
la chair des autorités supérieures. Il y a sept ans, jai
commencé un travail pastoral dans un hôpital, toujours comme
bénévole. Pour la première fois, mes contacts avec des
gens nouveaux dans un domaine pastoral neuf ont été sans conteste
excellents. Oui, ce travail mallait parfaitement. Jétais
acceptée par les malades et jen retirais de lénergie.
En même temps, grandissait en moi laspiration à devenir
curé dune véritable communauté. Depuis ce
moment-là, il est évident pour moi que ma vocation est
dêtre prêtre et curé. Jen suis capable et
cest ce que je veux.
La "Joie dans le Seigneur", à la messe, dans la
proclamation de la Parole, dans ma vie de foi, despérance et de
charité et dans la solitude mapporte ce que jai ressenti
tout au long de ma vie. Jusquà ma vie au couvent, javais
été incapable de formuler clairement mon aspiration au sacerdoce.
Travailler dans une paroisse paraissait me suffire. Mais plus un emploi au
service de lÉglise séloignait, plus fort était
mon "Cest ce que je veux". Dans les services que jassurais, il y
avait bien sûr la prédication. Et jai suivi un cours sur la
manière de présider les célébrations (mon
inscription sest faite un peu par hasard, et je crois quà
cette époque, il ny avait aucun mandat officiel promis à
ceux qui suivaient ce cours, parce que cela aurait signifié que
jaurais dû abandonner). Et puis, de temps en temps, jai
présidé des célébrations dans ma paroisse. Il me
paraissait tout naturel que les infirmières de lhôpital
public parlent de moi comme du "prêtre" et les malades sattendaient
à ce que je leur administre tous les sacrements. Et javais fait
une tunique pour présider les funérailles de ma
belle-mère. Au fur et à mesure des années, de
manière de plus en plus évidente, je me conduis comme un
prêtre et ce comportement fait graduellement partie de moi-même. De
temps en temps, je me pose la question de savoir si je suis autorisée
à faire toute cela ; habituellement les questions comme les demandes des
gens rendent la réponse inutile.
Au cours de toutes ces années, jai toujours
été affreusement triste quand des confrères prêtres
quittaient leur charge pour se marier. Comment pouvaient-ils abandonner ce qui
était hors de mon atteinte ?
Depuis quelques années, jai pris lhabitude
daller à la chasse et donc je suis souvent en compagnie
dhommes qui ne sont pas trop soucieux de lÉglise. Certains
ont eu vent de la rumeur selon laquelle, moi, une femme, est "quelque chose
comme un curé". Souvent je donne une leçon de catéchisme
à la table dune auberge. Un jour samorça une
intéressante discussion parmi les chasseurs afin de savoir si la
bénédiction que je donnais était aussi valable que celle
dun prêtre. Ils ont conclu que "Oui", parce que, moi aussi, je
portais un vêtement liturgique. Ceci étant entendu, ils mont
demandé de prêcher à la messe des chasseurs, le jour de la
Saint-Hubert. Daprès mon expérience, les "croyants
ordinaires" acceptent aisément de ma part un comportement de
prêtre et admettent beaucoup plus facilement mon aspiration à
lordination que des Catholiques "professionnels" et en particulier des
prêtres.
Notamment lorsque jétais au couvent, je nosais pas
suivre mon aspiration à lordination parce que le rôle de la
femme de la femme par rapport à lautel était clairement
défini. Vouloir être prêtre et célébrer
à lautel aurait été présomptueux de ma part
et aurait suscité un appel à plus dhumilité.
À intervalles réguliers, je me demande également si
mon aspiration au sacerdoce nest pas un signe darrogance. Dois-je
vraiment me mettre en avant ? Et parfois surgit une tentation de paresse :
ai-je besoin de cela ? Après tout, notre "Mère" la Sainte
Église ma déjà causé assez de souffrances, de
blessures et de déceptions. Après toutes ces années, le
moment serait peut-être venu de me replier sur ma vie privée, sans
église, sans paroisse, sans obligations dominicales. Et de toute
façon, dans létat actuel des choses, il ny a pas la
plus petite chance pour moi de décrocher un poste dans
lÉglise ou de my voir confier officiellement une
responsabilité. Mon interdiction denseigner la religion est
toujours valable et elle ne sera jamais levée. Certainement, si je
divorçais, la façade paraîtrait belle et, aux yeux de
lÉglise, je serais à nouveau "propre".
Après avoir perdu mon autorisation denseigner, je suis
restée sans emploi pendant dix ans. Il ny avait pas de poste
accessible dans lÉglise et je navais aucune chance
dêtre acceptée comme institutrice dans un jardin
denfants de lÉtat. Par un coup de chance (?), toutefois,
voici 6 ans, alors que javais 35 ans, jai pu obtenir un emploi
très satisfaisant de formatrice dinstitutrice pour jardin
denfants. À la même époque, il y a eu une
réforme de lenseignement secondaire de sorte que jai pu
être formée tardivement comme professeur dans le secondaire.
Actuellement jenseigne dans une école de lenseignement
spécial, et je me suis inscrite pour assurer la formation dautres
personnes car il y a de nombreuses demandes dans ce domaine. Cependant, au
cours de ces dernières années, mon aspiration à être
prêtre sest fortement renforcée.
Il y a maintenant de nombreuses années, au couvent, lors de mes
vux, mes consurs avaient écrit sur mon cierge :
"Aimée de Dieu" parce que jen parlais tout le temps. Je nai
pas compris beaucoup de signes qui se manifestaient ainsi "par hasard". Mais
plus tard, immanquablement un nud sest défait et il est
devenu évident que tout à un sens. Grâce à mon
travail très intéressant à lÉtat, je ne
dépends pas de lÉglise pour gagner ma vie. Je travaille
pour lÉglise - bénévolement - dans différents
domaines. Personne ne peut me linterdire. Lévêque est
au courant de mes activités mais il ne peut me sanctionner.
Dailleurs, comment le pourrait-il ? Peu à peu, je commence
à comprendre lintérêt de cette liberté.
Précisément, en rapport avec lordination des femmes,
cette liberté revêt une grande importance. Si une paroisse, un
groupe, "deux ou trois" me demandaient de célébrer
lEucharistie avec eux, je laccepterais. Je me suis entretenue avec
des femmes qui le font déjà. Elles comme moi en ont le pouvoir du
fait de leur baptême et de leur confirmation, cest-à-dire
grâce aux dons du Saint-Esprit. Je suis bien conscience que cela est
interdit par le Droit canonique et que cela peut entraîner une
condamnation par lÉglise. Mais quest-ce qui pourrait me
séparer de lamour du Christ ? (Rom 8, 35, 39). Ces paroles de
saint Paul mont encouragée. Jai eu loccasion de parler
avec des femmes engagées par lÉglise. Elles mettent leur
espoir en des femmes telles que moi qui nont pas à craindre pour
leur gagne-pain si elles font ce que le Seigneur nous a ordonné de faire
: célébrer en mémoire de lui.
Aujourdhui jai 40 ans. Depuis 25 ans, je lutte pour
réaliser mon rêve de devenir femme prêtre. Javais tant
espéré que la période qui a suivi le Concile Vatican II
resta favorable à la prise de conscience et au renouveau.
Jétais heureuse dêtre jeune justement à cette
époque-là. Je me suis réjouie du renouveau liturgique et
ai pleinement espéré que les choses allaient continuer à
évoluer. Jean Paul II a été élu Pape alors que
jétais encore religieuse et presque ce jour-là même
le courant qui nous portait vers lavant a été stoppé
; depuis, il recule interminablement. Jai quitté un couvent
différent de celui dans lequel jétais entrée.
Je crains bien de nêtre plus là lorsque
lÉglise reprendra sa marche en avant. Je reconnais que je sens
cette poussée vers lavant en moi-même et dans beaucoup
dautres personnes, mais vivrai-je assez longtemps ? Je ne veux pas
être une vieille femme à lautel et prêcher à
des gens pour qui lÉvangile est déjà
complètement étranger et qui ne sintéressent
nullement à une Église qui exécute le testament de
Jésus. Jaime parler dun Jésus que les enfants ont
appris à connaître par leurs parents. Je crains bien que ma
génération soit la dernière à investir tant
dénergie dans lÉglise. Jai déjà
usé beaucoup trop de force. Jai bien peur que de ne pouvoir tenir
jusquà ce que naisse une Église de frères et de
surs à laquelle je puisse prendre part comme ministre
ordonnée.
Quoi quil arrive, je vais minscrire pour le premier semestre
de lannée scolaire 1996 à lUniversité
Théologique et tenter de suivre des études universitaires en
même temps que dexercer mon métier. Je ne voudrais pas ne
pas être admise à lordination parce que je nai pas
fait détudes suffisantes.
Voici comment je vois lÉglise de lavenir :
- Dans une
Église où tous sont frères et surs, peu importe que
je sois un homme ou une femme. L'important, c'est que je cherche Dieu et que je
veuille proclamer son message.
- Les
évêques - de sexe masculin - opèrent une conversion du
cur ; le "saint Rouache" (c'est-à-dire le Saint-Esprit) est
venu sur eux en une nouvelle Pentecôte. Ils interprètent de
manière complètement renouvelée le message de Jésus
et deviennent sensibles aux besoins de l'humanité. Des fardeaux inutiles
sont enlevés des épaules de ceux qui luttent ou qui sont
surchargés. Toute défaillance est, dans l'Église de
Jésus-Christ, est objet de compassion divine et non plus de la
(in)justice humaine.
- Les conflits seront résolus selon lesprit de
Jésus. Les efforts en vue daboutir à lamour mutuel
seront soutenus par des guides spirituels expérimentés.
- La conversion suivie dun nouveau départ constitue une
magnifique et sainte opportunité.
- Les prêtres - hommes et femmes - ne seront plus obligés
de vivre en célibataires. Ils opteront librement pour le genre de vie
quils souhaitent. Personne ne sera plus désormais forcé de
porter un masque.
- Les responsables dun office ecclésiastique nont
plus besoin de recourir à la force. Leur autorité découle
de leur compétence. Le Magistère est imprégné de
sagesse et nest plus un dispensateur darguments fallacieux.
- Les prêtres seront choisisen fonction de leur genre de vie.
Chaque communauté disposera de plusieurs prêtres des deux sexes,
dans la mesure où cela est nécessaire et en tenant compte des
possibilités. Ceux-ci ont une bonne formation théologique et sont
experts dans le domaine pratique mais pas exagérément
académique. La plupart ont aussi une autre vocation ainsi quune
famille, tiennent leur "cabinet de consultation" le soir et vivent au milieu
des gens quils animent spirituellement. Ils président les
célébrations à tour de rôle dans leurs paroisses et
célèbrent lEucharistie dans des groupes de dimension
raisonnable. Ils connaissent bien les gens dont, comme prêtres, ils ont
la charge, sont au fait de leurs problèmes ; ils visitent les malades.
Les prêtres animent les responsables des différents groupes et les
collaborateurs bénévoles. Ils ont appris à
déléguer et peuvent, sans aucune jalousie, se réjouir du
succès des autres.
Jaimerais travailler dans une petite paroisse, dans un quartier
résidentiel, un hôpital ou une aumônerie sans
frontières. Je ne veux pas être surmenée en assumant de
multiples responsabilités dÉglise car, apparemment, tout
doit dépendre du prêtre. Lordination ne confère pas
une compétence en tout. Il doit y avoir certainement des individus qui
sont plus faits pour ladministration et lorganisation que pour le
sacerdoce.
Je voudrais être avec les gens dans leur cheminement vers Dieu,
célébrer les sacrements avec eux, discuter avec eux des questions
de la vie comme une sur, parce que je sais que tout comme eux jai
besoin de lamour, de la compassion et du pardon de Dieu. Je sais que je
suis aimée, appelée, choisie par Dieu, mais aussi parfois
abandonnée. Encore et toujours, jai à chercher
moi-même aussi afin daccéder aux mystères ; car les
avoir trouvés tous dun coup signifie les avoir perdus. Je veux
être prêtre dans ma situation bien particulière, pour ceux
que jaime, qui me sont donnés et qui me font confiance, pour le
temps bien déterminé où je vis, avec ses interrogations et
ses problèmes. Je ne souhaite pas avoir à combattre pour
lÉglise dans un siècle, car cest aujourdhui que
je vis. Je veux mettre à profit le temps où je vis et non
poursuivre des fantômes.
Jen suis venue à écrire ces lignes en dépit
dune forte résistance intérieure et jai dû me
vaincre mes hésitations. Je me suis beaucoup découverte et
jai dévoilé mon mystère personnel. Mais je suis
convaincue que cétait indispensable pour que soit discutée
lordination des femmes et quune femme en chair et en os racontant
sa vraie histoire peut servir de référence. Cest du moins
ainsi que je voudrais que lon interprète mon histoire.
Les Bénédictines terminent toujours le texte quelles
écrivent par une citation de la Règle de lOrdre : "Ut in
omnibus glorificetur Deus" : que Dieu soit glorifié en tout !
Christine
Mayr-Lumetzberger - 1997
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