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Je suis née en 1953 et ai été baptisée un
mois plus tard à Maryvale, Old Oscott, Birmingham, en Angleterre. Ma
famille a déménagé de la région quand javais
quatre ans mais je me rappelle très bien y avoir visité
différentes chapelles et avoir assisté à la messe
là-bas. Depuis une fenêtre placée à ras du sol dans
la mezzanine de la chapelle du Sacré-Cur à Maryvale, un
petit enfant pouvait regarder dans le chur, par-dessus
lépaule du prêtre à lautel principal, alors
tourné vers le mur.
Jai appris le Notre Père, le Je vous
salue Marie et le Gloria dès que jen ai
été capable. Pourtant, je nai pas compris exactement ce
quétait la prière avant de faire ma Première
Communion à lâge de six ans. Jai passé la plus
partie de la messe à pester contre mon habit de cérémonie
et jai été très surprise dêtre
emmenée dans un autre endroit tranquille après la communion.
Pendant les quelque trente années qui ont suivi, jai
oublié ces souvenirs. Ma vie familiale a été très
agitée et je me suis réfugiée dans les études.
Finalement, on a diagnostiqué que jétais atteinte
dune maladie mentale bipolaire appelée communément psychose
maniaco-dépressive.
Durant cette période, jai eu la chance de vivre dans une
ferme habitée par des amis. Jy ai rédigé ma
thèse de doctorat en philosophie. Au cours de promenades dans le calme
des champs un désir est monté petit à petit en moi :
Je veux prier.
Diverses façons de prier
Jai décidé de réciter chaque jour le
Notre Père, le Je vous salue Marie et le
Gloria. Javais limpression de repartir à
zéro parce que je navais plus prié depuis six ans.
Jétais déterminée à faire de ces
prières récitées oralement une parenthèse bien
séparée du reste de ma vie. Mais le désir de prier
na cessé de grandir en moi.
Au cours de létape suivante, je me suis mis à lire
quotidiennement la Bible. Au collège, jai été membre
active dun groupe cuménique dans lequel nous
méditions tous ensemble lÉcriture, ce qui a eu pour
résultat mon fort attachement à la Bible.
Cest dans cet entourage cuménique, un peu plus tard
vers 1980, que jai envisagé de me faire membre dune autre
Église. La question de lordination nest pas intervenue dans
ma réflexion car je ny songeais nullement. Javais
évidemment abandonné la pratique dans lÉglise
catholique en raison dattitudes implicites envers les femmes, en
particulier envers celles qui avaient fait des études. Mais finalement
jai résolu de rester dans cette Église et de me remettre
à pratiquer pour trois raisons très claires : en raison du
rôle central qui y est joué par leucharistie ; parce que
cest mon lÉglise (et non moins en raison de linfluence
exercée sur moi par certaines personnes de cette Église) et enfin
parce que, à mon avis, elle offre une conception très souple et
diversifiée de la prière.
Je me suis mise à assister à la messe chaque dimanche et,
après un an environ, tous les jours. Cest alors que jai
quitté mon emploi pour entrer dans un couvent de
Bénédictines. À partir de ce moment-là, jai
su que je voulais explorer toutes les formes de prières et
le cadre monastique me garantissait une formation parfaite en ce domaine. Bien
que jaie quitté ce couvent depuis quinze ans, un office raccourci
- où je chante les psaumes - continue à faire partie de ma vie
quotidienne de prière.
Dautres
prières
Fin 1980 jai déménagé à Manchester
pour travailler comme femme douvrage dans un centre pour alcooliques.
Javais prévu, comme je sortais dune dépression, de
suivre tout le reste de ma vie le rythme bénédictin alternant
prière et travail manuel en vivant dans une zone où
régnait la pauvreté. Une vie solitaire qui conviendrait à
ma surdité croissante.
Toutefois un point mirritait : je ne parvenais pas à
pratiquer la prière silencieuse. Avec un prêtre du coin qui me
servait de directeur spirituel, jai tenté de vivre chaque jour une
période de silence. Durant quelques mois, cela a été une
expérience incroyablement pénible, due aux conséquences
psychologiques dune enfance difficile.
Un jour une image ma envahie : cétait celle dun
grand bois, très sombre. Dabord, jerrais le long de la
lisière dans la lumière, toute affairée. Après
quelques semaines, je pénétrais dans le bois, les sons
saffaiblissaient et je ressentais une souffrance qui grandissait
jusquà ce quun jour jatteigne le centre du bois, une
clairière très lumineuse, où régnait un silence
profond ; je my suis sentie tout à fait comme Dieu ma faite.
Jai su alors que toute ma vie a été, est et sera
centrée sur la célébration de leucharistie
pour les gens.
Voilà le souhait que je voudrais traduire dans la
réalité. Il reste que la tradition catholique même qui
la suscité ne me permet pas, en raison de mon sexe, de me mettre
de cette manière-là au service de la communauté.
Après cette époque où jai compris ma
vocation, jai suivi les Exercices de saint Ignace dans la vie de tous les
jours. Pendant dix-huit mois (jai suivi très lentement les
Exercices de 30 jours !), jai laissé dormir la question de
lordination afin de vérifier si cétait
sérieux. Les Exercices ont avivé encore plus ma connaissance
personnelle du Christ, sans me suggérer de résolution
concrète pour progresser dans cette voie.
Et maintenant que faire ?
Cest là le cheminement de quelquun qui fait partie de
lÉglise, aussi a-t-il été vital, au milieu des
années 90, de maffirmer en rejoignant un groupe dont le but est de
soutenir les femmes qui, dans lÉglise catholique, désirent
devenir prêtre. Vin Nouveau se réunit quatre fois
lan, et chacune dentre nous y a mûri au contact des autres.
Au sujet de ma vocation, cette expérience de groupe ma
permis de comprendre que je devais agir tournée vers lavenir :
étudier la théologie et la pastorale en dépit de
labsence dencouragement de la part de lÉglise. Il
nexistait alors pas de bourses pour des laïcs voulant entreprendre
des études de théologie sérieuses. Toutefois, grâce
à un soutien financier de type cuménique, jai pu
minscrire à un cours de premier degré en théologie
contextuelle, de type Université Ouverte, au collège
cuménique Luther King House à Manchester.
Nos week-ends résidentiels sont pour moi limage de
lÉglise de lavenir : des femmes et des hommes ; des jeunes
et des adultes ; des mariés et des célibataires ; avec et sans
enfants ; qui se respectent et senrichissent des traditions religieuses
des autres ; qui sont enthousiastes à réfléchir et
à discuter ; aimant collaborer avec les autres
(célébration de leucharistie avec les gens) ; et en tout
centrés sur le Christ.
Nombreuses sont les membres dans mon groupe qui espèrent
être acceptées à lordination. Quand on me demande
quel est mon objectif, la réplique fuse : Être la meilleure
contrariété possible. La prochaine génération
de femmes catholiques ne doit absolument pas subir ce blocage dans leur vie de
prière.
Toutefois, je nestime pas actuellement, comme je lai fait
beaucoup durant les années 90, quun obstacle institutionnel me
condamne à un ralentissement dans le progrès de ma vie de
prière. Quand loccasion sen présente, je
réclame avec insistance des réformes institutionnelles mais je
peux vivre ma vocation à leucharistie comme femme douvrage,
quand je suis seule à la maison, lors de mes cours, lors de mes contacts
avec les gens... Nous vivons tous des moments de grande intensité
lorsque la consécration et la communion deviennent réels dans
notre monde :
Mère
Sous les arbres, un tambourinement :
chute de la
pluie, leau tombe, elle rencontre un nouveau parapluie,
guidées par les feuilles, les gouttes mordent le nylon tout neuf
- il y a du rythme, il pourrait y avoir du rythme
Dans cette avenue de banlieue mouillée,
pourquoi ne pas enregistrer le battement,
le battement de cur de
lunivers,
choisir dêtre libre, même si cest en
imagination,
pour entendre le pouls du foetus, notre pouls, au sein de Notre
Être ?
Olive Powell,
février 2000
Traduction française par
Jacques Desauccy
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Six options pour la femme catholique qui se sent
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