¿FEMMES PRêTRES? OUI!
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Olive Powell

Olive Powell

My vocation flows from my prayer

Je suis née en 1953 et ai été baptisée un mois plus tard à Maryvale, Old Oscott, Birmingham, en Angleterre. Ma famille a déménagé de la région quand j’avais quatre ans mais je me rappelle très bien y avoir visité différentes chapelles et avoir assisté à la messe là-bas. Depuis une fenêtre placée à ras du sol dans la mezzanine de la chapelle du Sacré-Cœur à Maryvale, un petit enfant pouvait regarder dans le chœur, par-dessus l’épaule du prêtre à l’autel principal, alors tourné vers le mur.

J’ai appris le “Notre Père”, le “Je vous salue Marie” et le “Gloria” dès que j’en ai été capable. Pourtant, je n’ai pas compris exactement ce qu’était la prière avant de faire ma Première Communion à l’âge de six ans. J’ai passé la plus partie de la messe à pester contre mon habit de cérémonie et j’ai été très surprise d’être emmenée dans un autre endroit tranquille après la communion.

Pendant les quelque trente années qui ont suivi, j’ai oublié ces souvenirs. Ma vie familiale a été très agitée et je me suis réfugiée dans les études. Finalement, on a diagnostiqué que j’étais atteinte d’une maladie mentale bipolaire appelée communément psychose maniaco-dépressive.

Durant cette période, j’ai eu la chance de vivre dans une ferme habitée par des amis. J’y ai rédigé ma thèse de doctorat en philosophie. Au cours de promenades dans le calme des champs un désir est monté petit à petit en moi :

“Je veux prier.”

Diverses façons de prier

J’ai décidé de réciter chaque jour le “Notre Père”, le “Je vous salue Marie” et le “Gloria”. J’avais l’impression de repartir à zéro parce que je n’avais plus prié depuis six ans. J’étais déterminée à faire de ces prières récitées oralement une parenthèse bien séparée du reste de ma vie. Mais le désir de prier n’a cessé de grandir en moi.

Au cours de l’étape suivante, je me suis mis à lire quotidiennement la Bible. Au collège, j’ai été membre active d’un groupe œcuménique dans lequel nous méditions tous ensemble l’Écriture, ce qui a eu pour résultat mon fort attachement à la Bible.

C’est dans cet entourage œcuménique, un peu plus tard vers 1980, que j’ai envisagé de me faire membre d’une autre Église. La question de l’ordination n’est pas intervenue dans ma réflexion car je n’y songeais nullement. J’avais évidemment abandonné la pratique dans l’Église catholique en raison d’attitudes implicites envers les femmes, en particulier envers celles qui avaient fait des études. Mais finalement j’ai résolu de rester dans cette Église et de me remettre à pratiquer pour trois raisons très claires : en raison du rôle central qui y est joué par l’eucharistie ; parce que c’est mon l’Église (et non moins en raison de l’influence exercée sur moi par certaines personnes de cette Église) et enfin parce que, à mon avis, elle offre une conception très souple et diversifiée de la prière.

Je me suis mise à assister à la messe chaque dimanche et, après un an environ, tous les jours. C’est alors que j’ai quitté mon emploi pour entrer dans un couvent de Bénédictines. À partir de ce moment-là, j’ai su que je voulais explorer “toutes les formes de prières” et le cadre monastique me garantissait une formation parfaite en ce domaine. Bien que j’aie quitté ce couvent depuis quinze ans, un office raccourci - où je chante les psaumes - continue à faire partie de ma vie quotidienne de prière.

D’autres prières

Fin 1980 j’ai déménagé à Manchester pour travailler comme femme d’ouvrage dans un centre pour alcooliques. J’avais prévu, comme je sortais d’une dépression, de suivre tout le reste de ma vie le rythme bénédictin alternant prière et travail manuel en vivant dans une zone où régnait la pauvreté. Une vie solitaire qui conviendrait à ma surdité croissante.

Toutefois un point m’irritait : je ne parvenais pas à pratiquer la prière silencieuse. Avec un prêtre du coin qui me servait de directeur spirituel, j’ai tenté de vivre chaque jour une période de silence. Durant quelques mois, cela a été une expérience incroyablement pénible, due aux conséquences psychologiques d’une enfance difficile.

Un jour une image m’a envahie : c’était celle d’un grand bois, très sombre. D’abord, j’errais le long de la lisière dans la lumière, toute affairée. Après quelques semaines, je pénétrais dans le bois, les sons s’affaiblissaient et je ressentais une souffrance qui grandissait jusqu’à ce qu’un jour j’atteigne le centre du bois, une clairière très lumineuse, où régnait un silence profond ; je m’y suis sentie tout à fait comme Dieu m’a faite. J’ai su alors que toute ma vie a été, est et sera centrée sur la “célébration de l’eucharistie pour les gens”.

Voilà le souhait que je voudrais traduire dans la réalité. Il reste que la tradition catholique même qui l’a suscité ne me permet pas, en raison de mon sexe, de me mettre de cette manière-là au service de la communauté.

Après cette époque où j’ai compris ma vocation, j’ai suivi les Exercices de saint Ignace dans la vie de tous les jours. Pendant dix-huit mois (j’ai suivi très lentement les Exercices de 30 jours !), j’ai laissé dormir la question de l’ordination afin de vérifier si c’était sérieux. Les Exercices ont avivé encore plus ma connaissance personnelle du Christ, sans me suggérer de résolution concrète pour progresser dans cette voie.

Et maintenant que faire ?

C’est là le cheminement de quelqu’un qui fait partie de l’Église, aussi a-t-il été vital, au milieu des années 90, de m’affirmer en rejoignant un groupe dont le but est de soutenir les femmes qui, dans l’Église catholique, désirent devenir prêtre. “Vin Nouveau” se réunit quatre fois l’an, et chacune d’entre nous y a mûri au contact des autres.

Au sujet de ma vocation, cette expérience de groupe m’a permis de comprendre que je devais agir tournée vers l’avenir : étudier la théologie et la pastorale en dépit de l’absence d’encouragement de la part de l’Église. Il n’existait alors pas de bourses pour des laïcs voulant entreprendre des études de théologie sérieuses. Toutefois, grâce à un soutien financier de type œcuménique, j’ai pu m’inscrire à un cours de premier degré en théologie contextuelle, de type Université Ouverte, au collège œcuménique Luther King House à Manchester.

Nos week-ends résidentiels sont pour moi l’image de l’Église de l’avenir : des femmes et des hommes ; des jeunes et des adultes ; des mariés et des célibataires ; avec et sans enfants ; qui se respectent et s’enrichissent des traditions religieuses des autres ; qui sont enthousiastes à réfléchir et à discuter ; aimant collaborer avec les autres (célébration de l’eucharistie avec les gens) ; et en tout centrés sur le Christ.

Nombreuses sont les membres dans mon groupe qui espèrent être acceptées à l’ordination. Quand on me demande quel est mon objectif, la réplique fuse : “Être la meilleure contrariété possible”. La prochaine génération de femmes catholiques ne doit absolument pas subir ce blocage dans leur vie de prière.

Toutefois, je n’estime pas actuellement, comme je l’ai fait beaucoup durant les années 90, qu’un obstacle institutionnel me condamne à un ralentissement dans le progrès de ma vie de prière. Quand l’occasion s’en présente, je réclame avec insistance des réformes institutionnelles mais je peux vivre ma vocation à l’eucharistie comme femme d’ouvrage, quand je suis seule à la maison, lors de mes cours, lors de mes contacts avec les gens... Nous vivons tous des moments de grande intensité lorsque la consécration et la communion deviennent réels dans notre monde :

“Mère”

Sous les arbres, un tambourinement :
chute de la pluie, l’eau tombe, elle rencontre un nouveau parapluie,
guidées par les feuilles, les gouttes mordent le nylon tout neuf
- il y a du rythme, il pourrait y avoir du rythme

Dans cette avenue de banlieue mouillée,
pourquoi ne pas enregistrer le battement,
le battement de cœur de l’univers,
choisir d’être libre, même si c’est en imagination,
pour entendre le pouls du foetus, notre pouls, au sein de Notre Être ?

Olive Powell, février 2000

Traduction française par Jacques Desauccy

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