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La coutume traditionnelle et ses racines anthropologiques

La coutume traditionnelle et ses racines anthropologiques

par Marie-Jeanne Bérère

Le Jeu de la Tradition dans la Pratique Masculine du Ministère Apostolique
Cahiers de l'Institut Catholique de Lyon, numero 3, 1979, pp. 81-88.
Republié sur notre website avec les permissions nécessaires.

On ne peut donc pas affirmer qu’il est de la nature du ministère apostolique d’être masculin. Ni dans ses fondements scripturaires, ni dans sa fonction symbolique, ni au regard de son service référentiel, ni au regard du service de la communion, la masculinité n’est une composante essentielle du ministère.

Evangéliquement parlant, théologiquement parlant, le sexe du ministre est indifférent, tout à fait neutre par rapport à son rôle.

La pratique de la masculinité pourtant, s’est toujours présentée comme «traditionnelle». Si ce n’est pas du point de vue de l’essentiel du ministère, examinons à quel titre la qualification de tradition peut être légitime, en reprenant quelques-unes des situations ecclésiales analysées dans le premier chapitre.

I . Traditionnalite de la Pratique Ecclésiale

• Lorsque les responsables de l’Eglise primitive réservaient aux hommes le ministère d’enseignement et s’opposaient à le voir confié aux femmes, ils entendaient, consciemment ou non, soustraire le message de la foi à la dépréciation qui n’auraient pas manqué de se produire en mainte circonstance, du seul fait «que cela sorte de la bouche d’une femme». Il en était de même pour les actes d’autorité et de pouvoir que représentaient l’administration des sacrements et la présidence des communautés liturgiques. Tout rôle public tenu par une femme aurait été exposé, comme le dit Jean Bodin, à toutes sortes de «contumélies» et «rébellions» défavorables à la cause de l’Eglise et de la foi chrétienne.

Même si Paul n’avait jamais écrit : «Que les femmes se taisent dans l’assemblée» —ce que peut-être il n’a pas lui-même écrit— il est vraisemblable que l’Eglise des siècles suivants n’aurait pas davantage qu’elle ne l’a fait, donné aux femmes la charge du ministère de la parole et du gouvernement. En épousant les normes culturelles du temps, l’Eglise offrait probablement à l’écoute du message évangélique

les meilleures conditions conjoncturelles possible, celles au-delà desquelles l’auditeur est incapable d’entendre. Etant dépassée une argumentation critiquable, on peut bien admettre que la pratique ecclésiale de ne charger que des hommes du ministère apostolique, à cause de son caractère public, ait pu être une condition d’accueil de l’évangile et de prise au sérieux de l’enracinement de l’Eglise dans la société.

Tout en restant fidèle à l’essentiel du ministère, puisque le sexe du ministre y est neutre, cette pratique a probablement été utile au développement de la prédication et à l’implantation des communautés.

En ce sens, compte tenu de son temps et de son lieu, elle présente des points de cohérence avec la Tradition qui postule l’apprivoisement des données de la foi dans le milieu où elle vit ; et pour une part donc, la pratique de la masculinité du ministère apostolique, compris comme une fonction publique, a une dimension traditionnelle.

• Des réactions très vives de la part de l’Eglise, nous en avons rencontré plusieurs exemples, accueillirent l’attitude des hérétiques qui installèrent des femmes dans les ministères de leurs sectes.

Peut-être cette position de rejet était-elle si forte parce qu’une telle pratique heurtait les mentalités encore plus profondément qu’elle ne s’opposait à l’évangile. Mais les tenants de l’hérésie s’appuyant sur l’Ecriture, l’Eglise catholique a eu beau jeu d’en appeler à l’évangile pour soutenir son orthodoxie. En rattachant le fondement du ministère à l’envoi des Douze, elle affirmait maintenir l’authenticité évan-gélique de sa pratique et démontrait ainsi qu’elle la tenait des apôtres eux-mêmes. Plus que de statuer en particulier sur le rôle des femmes, il s’agissait sans doute, à cause du climat de suspicion créé par la controverse, de proclamer la parfaite fidélité à l’origine qui la constituait seule véritable église de Jésus-Christ.

On ne peut pas nier que cette volonté d’opposer l’authenticité de la foi évangélique aux forces de destruction que l’Eglise ressentait en elle, exprimait une certaine cohérence avec sa dimension traditionnelle. En ce sens, là aussi, le maintien de la masculinité pour le ministère fondamental, qui n’en modifiait pas le fond, a constitué un acte de tradition.

• Arrêtons-nous à considérer les motivations des évêques gaulois interdisant à leurs prêtres, avec excommunication à la clé, d’associer les femmes à la célébration eucharistique.

Ils les avertissent et supplient

«pour l’amour du Christ,
au nom de l’unité de l’Eglise et de l’intégrité de notre commune foi...
pour le salut des âmes,
et l’édification du peuple,

de renoncer à cette «nouveauté» et «superstition inouïe» (1 ).

Empreinte de fermeté en même temps que d’inquiétude, de souci pastoral et de volonté de communion, cette lettre semble souligner, au sujet du ministère des prêtres, une sorte de consensus de l’Eglise. A ce titre, même si nous pouvons penser qu’elle contient une part d’exagération pieuse et d’exhortation morale pour entraîner l’adhésion, elle apporte à notre réflexion une donnée intéressante.

La «nouveauté» combattue, assimilée à la superstition, est ressentie comme une atteinte grave à la foi chrétienne, glissement dangereux vers des cultes magiques. «Pour l’amour du Christ», il faut renvoyer les femmes hors du cercle clérical. Mêler des femmes au clergé devient, pour ces évêques, manquer de respect au Christ lui-même, c’est déchirer l’unité ecclésiale puisque la loi de l’Eglise unanimement suivie, a établi que les ministres ordonnés devaient être des hommes ; c’est a-bandonner l’authenticité de la «foi commune» et faire œuvre d’hérésie, presque d’apostasie. Dans une telle attitude, le «salut des âmes» est en jeu, de même que «l’édification» du peuple fidèle ; c’est donc toute la mission de l’Eglise, sa finalité même qui est atteinte.

Nous avons reconnu, dans le langage des évêques gaulois, l’indice d’une sacralisation du culte chrétien et de ses ministres qui ne doit pas grand chose à l’évangile. Mais il n’en reste pas moins, à travers cette lettre insistante, que la pratique de la masculinité du ministère apparaît absolument vitale pour l’Eglise, à tel point que si cette disposition n’est pas respectée, le Christ n’est pas réellement aimé, l’unité de l’Eglise est brisée, la foi n’est plus qu’idolâtrie, le salut des hommes est compromis et il devient impossible de construire une communauté chrétienne.

La pratique du ministère masculin est devenue si résolument normative que ces évêques voient dans la dérogation à la loi une rupture avec tout ce qui fait l’essentiel du christianisme : la foi, l’amour du Christ et la communion. Ils évoquent principalement le caractère nécessaire de l’obéissance aux règles communes pour assurer l’unité. Dans l’Eglise déjà fortement hiérarchisée et totalisante du 6ème siècle en occident, et dont la capacité d’expansion, en ce Haut Moyen-Age, vient de sa cohésion, l’unité est une valeur prépondérante. Tenir ferme les structures établies, pour conforter la solidité de l’institution, et affirmer la puissance de rassemblement de la vie sacramentaire, constituent le devoir premier des ministres. Le salut des âmes, qui ne peut être assuré hors de l’Eglise, est à ce prix.

A la lecture de cette lettre, il nous semble percevoir que la pratique du ministère masculin, qu’on ne prend plus la peine de justifier par des arguments scripturaires, fonctionne comme un élément de la constitution de l’Eglise. Si sa non-permanence, entraînant qu’une femme puisse être ministre, devait provoquer toutes les conséquences néfastes que redoutent les évêques, on comprend que la conscience de leur responsabilité apostolique leur fasse une obligation d’intervenir. En égard à l’importance de l’enjeu -s’il n’était pas réel, du moins était-il jugé tel - leur attitude s’accordait, sur le point de l’unité ecclésiale, avec l’horizon de la Tradition, et la pratique qu’ils défendaient mérite, en ce sens précis, d’être dite traditionnelle.

L’apparition.de l’argument du symbolisme dans la question du ministère, utilisé de façon tardive par les théologiens du Moyen Age n’est qu’une autre manière, on l’a déjà montré, de dire toujours la même chose -le sexe masculin, seul, convient au ministère ordonné— sans mettre au jour davantage ce que recouvre cette affirmation. La pratique va tellement de soi !

Mais au Moyen-Age, parce que leur forme a vieilli peut-être et n’est plus accordée aux modes de penser de l’époque, les arguments sont coulés dans de nouveaux schèmes. Saint-Thomas, avec tout son génie, a fort bien élaboré cette théo-risation renouvelée, sans remettre en cause ni la pratique, ni les arguments eux-mêmes. En rajeunissant ainsi la pensée ancienne, les scolastiques voulaient rendre compte, d’une manière qui leur paraissait sans doute plus rationnelle, plus intelligible à leurs contemporains, d’une norme qu’ils acceptaient telle qu’elle, sans l’analyser. La systématiser à nouveaux frais représente encore un lieu d’application de certains éléments de la Tradition, dans ce qu’elle a de créateur, d’inventif pour assurer à l’Eglise les possibilités de sa mission globale.

Par certains côtés, sur quelques points qui sont du domaine de l’acculturation, il est donc vrai que la pratique du ministère apostolique a coïncidé avec des éléments du cheminement traditionnel de l’Eglise. Mais il faut reconnaître que ces concordances n’ont joué qu’au niveau de la formulation des arguments sans atteindre une réflexion sur la pratique elle-même. La convenance imperturbablement soutenue du ministère apostolique avec le sexe masculin n’a jamais été fondée en raisonnement.

Considérant des périodes données de l’histoire, on voit qu’il a été utile, probablement, de ne confier qu’à des hommes le ministère apostolique ; mais de cette utilité sollicitée par les circonstances, on ne peut faire une norme pour tous les temps et tous les lieux sans dénaturer le sens des traditions particulières qui ne sont traditionnelles que parce qu’elles s’insèrent avec leur contingence et sans prétention de permanence absolue, dans le grand courant de la Tradition vivante.

Rien ne servirait donc de prédire que dans d’autres contextes socio-historiques, le ministère apostolique pourrait cesser d’être exclusivement masculin, si on ne fait qu’accomplir une nouvelle acculturation qui mettrait en jeu à son tour quelques éléments de la dimension traditionnelle. On ne traiterait pas la question en profondeur.

La pratique du ministère apostolique s’est donc présentée, au cours des siècles, comme une coutume articulée à la vie de l’Eglise de différentes manières, selon diverses théorisations qui lui ont donné des aspects de traditions. Sa situation dans la vie de l’Eglise lui a fait jouer un rôle traditionnel. Là cependant se borne son importance en ce qui concerne la Tradition, et cela ne saurait lui conférer une valeur normative absolue.

Il . Le Lieu d'Enracinement de la Coutume.

Nous voulons examiner ce que dit de la constance ecclésiale de la masculinité du ministère, le document publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il ne fait pas partie du corpus des textes étudiés, mais il exprime une opinion qui n’était peut-être pas étrangère aux auteurs cités, et en tous cas, prétend résumer l’attitude de l’Eglise depuis le second siècle.

L’Eglise, dit-on ne se reconnaît pas le droit de modifier une pratique qui a été celle de Jésus (2). L’assertion mérite réflexion. Car, parmi les éléments constitutifs du ministère que nous avons distingués —choix, appel, envoi— tous ont évolué dans l’élan de l’orientation première, tous ont produit, au cours du développement de l’Eglise, des situations neuves, tous ont subi des transgressions vitales qui les ont rendus opératoires et sources de progrès pour la communauté. Or, tout cela s’est bien élaboré avec l’accord du magistère ecclésial garant de la Tradition, qui n’a pas hésité alors, comme c’était sa mission de le faire, à accueillir les nouveautés cons-tructives. Seule la pratique de la masculinité, dont nous avons montré qu’elle ne fait cependant pas partie des éléments fondamentaux du ministère, curieusement, est restée immuable, sa pérennité étant même portée, au fil des siècles, à une importance si primordiale qu’elle conditionne avant toutes les autres déterminations, l’existence du ministère.

Il semble pourtant que cette pratique n’étant pas intrinsèque au ministère apostolique, l’Eglise ne ferait que remplir sa mission traditionnelle d’ouverture et d’obéissance à l’Esprit en la modifiant, dans le cas où un changement apparaîtrait le fruit d’une meilleure compréhension actuelle de l’évangile et de l’approche du royaume.

Que l’Eglise, après réflexion, juge la modification inopportune ou dommageable — comme cela a pu être le cas dans l’histoire— elle exerce en toute légitimité son rôle de discernement ; mais qu’elle ne se sente pas maîtresse de sa pratique, voilà qui pose un grave problème.

Et cela ne serait vrai, au sujet du ministère, que de la masculinité, puisque, sur tous les autres points, on vient de le dire, les pratiques ont varié.

Qui ou quoi retient à ce point l’Eglise ?

La volonté du Christ ? Mais en confiant à l’Esprit le soin d’animer l’Eglise, il laisse bien à celle-ci la liberté de sa mise en œuvre de l’évangile, donc de sa pratique, et elle use de cette liberté, car toutes les décisions, toutes les disciplines ecclésiales sont de l’ordre de sa pratique.

La réflexion sur le comportement de Jésus terrestre doit, certes, inciter l’Eglise à choisir le sien en conséquence, pourtant il est inexact de dire qu’elle est tenue de répéter, geste pour geste, ce qu’a fait Jésus. Toute la Tradition témoigne du contraire. Sur ce seul point de pratique ministérielle, le Christ serait-il aussi intransigeant ?

L’Eglise se sent liée, c’est l’évidence, puisqu’elle n’a pas modifié cette pratique, mais est-ce bien par la volonté et l’exemple de Jésus ? Est-ce bien par la nécessité d’assumer sa mission de service ? Après les réflexions de ce travail, il semble que ce ne soit pas aussi certain.

C’est pourquoi, il est maintenant utile de prendre en considération la seconde partie de l’alternative posée à la fin du troisième chapitre. Rappelons-en les termes.

Ou bien la masculinité est essentielle au ministère apostolique, ou bien elle correspond à un autre registre de valeurs, autonome par rapport à l’évangile et antérieur à l’Eglise.

Pouvons-nous repérer et définir quelque peu cet autre ordre de valeurs dont nous soupçonnons qu’est tributaire la pratique masculine du ministère ?

Nous pensons avoir assez montré que la pratique de la masculinité n’a pas de source évangélique et que, malgré les apparences, elle doit bien peu à saint Paul. Dès l’origine, elle répondait à quelque chose qui préexistait au ministère, comme une nappe d’eau souterraine préexiste aux sources qui la font apparaître quand la configuration du sol leur en fournit l’occasion. Une mentalité qui organise en sous-sol les figures masculines et féminines avec leurs rapports mutuels, s’est exprimée dans la pratique ministérielle, comme en bien d’autres lieux de la vie sociale, de façon si prégnante que jusqu’ici l’Eglise n’a pas pu la dissocier des éléments proprement scripturaires et théologiques.

C’est dans ce même héritage anthropologique dont les couches diverses, l’amplitude et les influences sur nos comportements nous sont encore mal connues, que nous avons situé également le penchant à la sacralisation, souligné plus haut, qui s’est glissé parfois dans la vie sacramentelle de l’Eglise.

S’il en est ainsi, ne pouvons-nous pas explorer davantage ce soubassement de l’esprit qui est le terreau de toute humanité où s’enracinent et se nourrissent ses réactions les plus vives et ses convictions les plus tenaces ? Une étude approfondie ressortit à d’autres compétences que la théologie et nous ne pouvons pas l’entreprendre. Mais la théologie, pas plus qu’aucun autre langage, ne peut oublier sa situation de discours humain adressé à des êtres humains, donc foncièrement dépendant de tout ce qui construit l’homme depuis le fond des âges, en ses fibres les plus secrètes.

Disant cela, nous revenons à la dimension symbolique déjà évoquée au deuxième chapitre. Par sa constitution propre, l’être humain est symbolisateur, c’est-à-dire qu’il a la capacité de produire du sens lorsqu’il fait jouer ensemble des données signifiantes. Il est capable de construire des images qui provoquent sa pensée et en les organisant, il se trace des schèmes d’action. De figure en figure, l’une dépassant l’autre, il atteint la compréhension de son univers et de sa vie ; il s’exprime et tisse le réseau de son existence sociale.

Par cette expression symbolisatrice transparait le caractère transcendant de l’homme. En effet, autour de son être visible et audible, s’étend un halo de non-dit, de non-encore réalisé, tout un potentiel de vie, une infinité de possibles, une espérance de devenirs qui édifient ce qu’on peut appeler le sacré humain. Toute créature humaine est porteuse de ce plus-être vital, existentiel, mystérieux parce que encore ineffectué, encore inexprimable, mais pourtant pressenti réalisable et possédé en espérance.

Une telle transcendance humaine qui se tient dans l’esprit, l’intelligence, la volonté, l’aptitude à la communication et à l’amour est bien au-delà des distinctions de sexe ; elle informe et modèle également les femmes et les hommes. S’appliquant aux situations concrètes de la vie des hommes et des femmes, elle leur donne du sens et du poids.

C’est dans cet ordre de valeurs primordiales fondamentales, vécues bien avant d’avoir été reconnues que se sont organisés les comportements particuliers sociaux et religieux des hommes, au long des millénaires passés, et que la compréhension des rapports entre les sexes et celle des relations avec Dieu plongent leurs racines et puisent l’élan premier. C’est là, au niveau de «l’être homme» dans le foisonnement des figures signifiantes que se structurent d’abord la pensée et l’agir humain.

Il est sans doute difficile, et hors de notre propos actuel, de préciser les lois complexes de l’élaboration des attitudes où se révèlent cette transcendance humaine, dîfficile aussi dé dire pourquoi les rapports des sexes, malgré une attirance mutuelle se sont construits avant tout sur l’antagonisme, la lutte et la domination. Il nous suffit ici d’avoir repéré le lieu de la sacralité humaine où nous pensons que s’enracine, en fin de compte, la pratique de la masculinité du ministère apostolique, pratique qui ne dépend pas véritablement d’une décision ecclésiale —même si on la justifie par la suite— mais plutôt d’un comportement correspondant à une structure anthropologique, bien plus ancienne que l’Eglise.

Notes

1. voir plus haut p. 27 s.

2. Doc. Cath., No 1714, p. 159.

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