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Les racines religieuses de l'inégalité hommes - femmes

Les racines religieuses de l'inégalité hommes - femmes

Intervention de Gérard Delteil, théologien, doyen honoraire la faculté protestante de Montpellier, dans un colloque «Paroles de femmes pour la Paix», organisé au Mans les 6 et 7 mars 1999, par la mission départementale aux droits des femmes de la Sarthe, avec le concours du centre culturel de l’Espal.

Source: Croyants en liberté Sarthe, Maison des associations, 4 rue d'Arcole, 72000 Le Mans, France.

Merci de faire place, parmi ces paroles de femmes pour la paix, à une parole d'homme, et, circonstance aggravante, à la parole d'un théologien. Car le contentieux est lourd entre la théologie et les femmes. «L'idéologie chrétienne n'a pas peu contribué à l'oppression de la femme» a écrit Simone de Beauvoir. (1)

La religion est-elle un frein à l'égalité hommes / femmes ? Ou comme s'interrogeait le mouvement «Jeunes femmes» en son colloque national: Dieu a-t-il peur des femmes ?(2)

Sans aucun doute, à observer l'ensemble de notre continent. La religion apparaît aujourd'hui comme l'un des principaux facteurs de discrimination à l'égard des femmes. Cette discrimination peut être brutale, barbare (pensons à l'Iran à l'Afghanistan). Ou elle peut être soft, feutrée. Mais sous une forme ou une autre, cette discrimination religieuse, et la légitimation dont elle se couvre, sont une des principales formes de violence à l'égard des femmes. Comment comprendre cette proximité entre religion et sexisme?

Je partirai d'une contradiction

- Toutes les grandes traditions religieuses se présentent porteuses d'un message de paix, de compassion, de réconciliation, au nom d'un Dieu qui confère à chaque être humain une dignité inaliénable.

- En même temps, toutes ces traditions religieuses ( ou à peu près) contribuent à la prééminence du masculin.

Deux discours se mêlent ainsi:

- un discours sur l'égalité, de l'égale dignité des femmes et des hommes;

- un discours de la différence, qui produit et reproduit de l'inégalité.

Comment comprendre cette subtile liaison ?

Mon propos se partagera en deux temps:

- dans un premier temps, je m'arrêterai à cette inscription religieuse de l'inégalité. Comment se manifeste-t-elle ? Quelles formes prend-elle ? Ce premier mouvement sera plutôt tiré vers l'arrière, vers l'archéologie de nos représentations.

- dans un deuxième temps j'évoquerai la difficile construction de l'égalité, au travers de quelques déplacements et débats contemporains. Ce second mouvement sera plutôt tiré vers l'avant, vers le projet ou l'utopie de la pleine réciprocité.

1 - L’INSCRIPTION RELIGIEUSE DE L'INEGALITE

La prédominance masculine peut être observée à un triple point de vue: au plan des institutions, au plan des représentations, et au plan des légitimations.

1.1. Au plan des institutions, c'est la codification des rôles.

A côté des tâches communes, indifféremment assumées par les uns ou les autres, existent des rôles codifiés, hiérarchiquement différenciés, que seuls des hommes sont habilités à exercer. Ce marquage masculin de certains rôles se retrouve dans la plupart des confessions. Dans nos sociétés occidentales, qui ont aboli toute forme de discriminations sexuelles de droit, les institutions religieuses sont les dernières, les seules, à préserver ce privilège masculin. L'Académie française leur tenait compagnie, jusqu'à une période récente, mais même l’Académie en est venue à se féminiser, encore qu'on y soit bien loin de la parité!

Ainsi les rituels religieux, du moins les rituels publics, non les rituels domestiques, mettent en scène la préséance du masculin. Ce n'est certes pas leur objet premier. Leur objet premier c'est la représentation de ce qui est au coeur de la démarche religieuse, la relation avec Dieu et la figure qu'elle prend. Mais cette représentation s'opère au travers d'une symbolique, qui met en scène une certaine forme de médiation masculine, et qui institue ainsi l'homme comme le médiateur du sacré. Au coeur de la célébration croyante, une telle image, un tel modèle possède une grande force d'incorporation.

1.2. Du plan des institutions, nous voici reportés au plan des représentations.

Ce qui domine ici, c'est le conflit des représentations: le conflit entre la percée d'une parole novatrice, et l'emprise d'une culture patriarcale.

- D'une part, en effet, les trois grandes religions monothéistes procèdent chacune d'un message qui fait rupture dans l'ordre établi. La parole du Dieu unique appelle un peuple trans-frontière à se constituer, et à vivre une liberté nouvelle face à tous les pouvoirs. Tel est le mouvement d'origine, le moment prophétique, celui de la proclamation inaugurale. Ainsi le message et la pratique de Jésus sont porteurs, au sein d'une société patriarcale, d'une vision innovatrice des rapports entre hommes et femmes. La transformation du rapport à Dieu bouleverse par contrecoup tous les rapports humains. Les théologiennes féministes aujourd'hui ne manquent pas de se référer à la pratique de Jésus. Bien plus, elles nous restituent cette histoire oubliée, ou occultée des origines comme celle d'une communauté de disciples égaux. Cela c'est le versant novateur, subversif, qui porte en lui, potentiellement en tous cas, la contestation de toute forme de discrimination.

- Mais la contrepartie, l'autre versant, c'est l'emprise des modèles traditionnels, une « culture chrétienne patriarcale », dont on trouve déjà la trace dans le Nouveau Testament, et qui perdure encore. Je l'évoquerai en mentionnant trois mécanismes qui ont longtemps conditionné le discours chrétien, et dont les sédimentations subsistent encore aujourd'hui, plus ou moins enfouies:

1.2.1. Le premier , c'est l'idéalisation.

La femme porteuse de valeurs essentielles (tendresse, dévouement, abnégation) et transmetteuse de ces valeurs par son rôle de mère et d'éducatrice. La femme au, superlatif. La femme-modèle, dont la figure de Marie est la quintessence. Je ne connais pas de plus bel exemple qu'un texte de Paul VI s'adressant en 1966 à des gynécologues italiens. Il explique quel est par rapport à l'approche des gynécologues, le plan sur lequel, dit-il, nous rencontrons la femme. Et soudain le discours se fait poème: "Pour Nous, la femme est le reflet d'une beauté qui la dépasse, le signe d'une bonté qui nous apparaît sans borne, le miroir de l'être humain idéal, tel que Dieu l'a conçu, à son image et à sa ressemblance... » (3). L'idéalisation conduit ici à une véritable transfiguration.

Partout où elle est proférée, cette idéalisation dans le discours fonctionne comme une compensation à l'infériorité du statut qui lui est assigné. La femme est même d'autant plus exemplarisée dans le discours qu'elle est marginalisée dans la pratique et les responsabilités.

1.2.2. Le deuxième processus est l'inverse : la stigmatisation.

La femme séduite et séductrice. La femme coupable. Les innombrables variations sur le mythe d'Eve, ont déposé en nous, dans une mémoire archaïque, les traces de cette stigmatisation.

Toute une tradition de lecture a interprété ce mythe comme celui de la faute originaire, responsable de tous les malheurs ultérieurs de l'humanité. C'est la faute à Eve, devenue l'archétype de la femme coupable. L'autre menaçante, car en elle, c'est précisément l'altérité qui constitue la menace.

Idéalisation et stigmatisation vont de pair, tout comme se répondent les deux figures d'Eve et de Marie. La femme est ainsi prise dans un discours religieux qui tout à la fois la survalorise et la discrimine. Telle est l'ambivalence de sa représentation.

1.2.3. Enfin, le processus de différentiation.

Le thème de la différence a été constamment évoqué jusqu'à aujourd'hui pour signifier conjointement une égale dignité en droit et en hiérarchisation des rôles.

Ce discours sur la différence est ambigu. D'un côté il récuse l'uniformité, réduction à l'identique, l'effacement de l'altérité. L'un n'est pas l'autre. Mais d'autre part il tend à enfermer homme et femme dans des stéréotypes. Surtout l'argument de différence sert toujours à légitimer l'inégalité. Gisèle Halimi site ainsi ce mot du Cardinal Lustiger, lors de son audition par l'Observatoire de la Parité « Il fallait prouver que religion ne dévirilisait pas l'homme... et cela aboutit parfois à une mise en tutelle des femmes ... au Moyen-age ». (4)

Ce qui domine ainsi, au plan symbolique, c'est le conflit des représentations. Les images modernes de la femme actrice de la vie économique et sociale, politiquement responsable, pour qui la maternité est un choix, et non plus un destin, se heurtent à des sédimentations archaïques, où la femme se voit assignée en tant que telle aux rôles, aux devoirs et aux vertus qui sont ceux de son sexe. Car les images demeurent, sous jacentes, enfouies, elles nous habitent à notre insu, elles resurgissent parfois dans les lapsus du discours ou de l'institution.

1.3. Je serai très bref sur le thème de la légitimation.

Comme le dit Pierre Bourdieu : «La force de l'ordre masculin se voit au fait qu'il se passe de justification» (5)

Ce n'est pourtant pas le cas dans le domaine religieux. Deux types de légitimation sont invoqués:

- Le premier, c'est la référence à la nature. Il y a une nature féminine, « une disposition naturelle à la maternité » (Jean-Paul II, Dignité de la femme, 18), plus généralement un ordre ou une loi de nature. Peut-être pourrions-nous même aller plus loin, et dire : la femme est nature. Bien entendu, cette invocation de la nature est une construction sociale, culturelle, une naturalisation du social, qui permet de présenter comme naturelle l'exclusion de certaines fonctions naturellement réservées aux hommes.

- Mais la référence majeure, c'est la référence aux Ecritures, et / ou à la tradition, instance qui fait autorité. C'est ainsi que pendant des siècles, la domination masculine et la subordination féminine ont été interprétées en régime chrétien comme un « ordre » de Dieu (au sens double de ce mot). Les liturgies de mariage entérinaient cet ordre, et cette subordination de la femme à son mari, jusqu'à une époque toute récente. Cela a généralement disparu aujourd'hui. Mais les références scripturaires continuent de fonder, ce que Jean-Paul II, dans son document sur la dignité de la femme appelle un « paradigme biblique de la femme » (6), c'est-à-dire un modèle inspirateur, sinon normatif, dominé par les images traditionnelles.

J'ai spécialement parlé du christianisme, mais l'enquête aboutirait à des conclusions semblables dans d'autres confessions. S'agissant du judaïsme par exemple, le professeur Samuel Trigano conclut en ces mots: « Ainsi peut-on résumer la position du judaïsme face aux femmes: exaltation de la figure mystique de la féminité et secondarisation de leur statut juridique ». (7) Dans la plupart des confessions le poids de l'histoire, celui de la tradition, et celui des textes fondateurs se conjuguent pour maintenir cette inscription religieuse de l'inégalité.

2 - LA DIFFICILE CONSTRUCTION DE L'EGALITE

Les observations que nous avons faites jusqu'ici demandent à être mises en perspective, et confrontées aux évolutions récentes et aux débats en cours. C'est à cela que je voudrais m'attacher en évoquant trois thèmes:

- les facteurs de renouvellement

- l'enjeu de la lecture

- quelques jalons pour une culture de la réciprocité.

2.1. Les facteurs de renouvellement

Sous la poussée de la modernité, et parallèlement aux transformations qui affectent le statut des femmes (contraception, avortement, etc) ainsi que les relations entre hommes et femmes, les communautés religieuses vivent, elles-aussi, d'importantes évolutions que symbolisera dans les années soixante le Concile Vatican II. Ce Concile relève comme une « des aspirations de plus en plus universelle du genre humain » la revendication pa les femmes de «la parité de droit et de fait avec les hommes ». (Gaudium et Spes, 9,2) (8). Plusieurs théologiens -et c'est nouveau- appellent à rompre avec les modèle inégalitaires (cf. Jean-Marie Aubert: La femme. Antiféminisme et christianisme, 1975).

Ces évolutions se traduisent d'abord par l'accès croissant des femmes à certaine responsabilités. C'est un mouvement qui se traduit sur le terrain dans l'Eglise Catholique, parfois avec audace comme au Québec par exemple. Dans les église protestantes, le changement majeur est l'accès des femmes au ministère de pasteur dans les années soixante (à l'exception de certaines églises évangéliques). Qu'est-ce que cela change, au-delà de l'abolition du dernier interdit qui subsistait pour les femmes? D'abord la figure du pasteur qui est un élément symbolique fort, un repère pour certains fidèles, n'est plus unilatéralement masculine. En elle s'inscrit le jeu de la différence. De plus la parole, qui pour les églises de la Réforme est fondamentale dans la relation à Dieu, est une parole partagée, où l'expérience des femmes peut contribuer à un renouvellement du langage et de la perspective.

L'accès des femmes à la culture théologique universitaire constitue un second facteur renouvellement. De plus en plus de travaux de recherche émanent de théologiennes. De plus en plus de postes d'enseignement sont occupés par des femmes, C'est vrai aussi dans le judaïsme. Ainsi la culture, l'enseignement, la recherche tendent à être, modestement encore, mais de plus en plus, un domaine partagé. Là où la voie institutionnelle est bloquée, ce peut être une stratégie de contournement permettant à des femmes d'accéder à des responsabilités à la mesure de leur compétence.

Dans cette ligne, il convient de souligner le développement des théologies féministes qui, surgies à la fin des années soixante dans la proximité des théologies de la libération, se sont fortement affirmées depuis, surtout aux Etat-Unis et en Allemagne, avec une extrême diversité de courants. Qu'est-ce qui les caractérise ?

- C'est d'abord leur enracinement dans l'expérience historique des femmes. C'est de ce lieu - celui de la violence faite aux femmes, de leur aliénation- qu'elles parlent. Elles se construisent comme la théologie de femmes « qui osent le voyage vers la liberté » .

- C'est ensuite leur dimension critique, polémique. Elles démasquent le prétendu universalisme d'un discours théologique classique, elles procèdent à la critique du langage religieux et de ses présupposés androcentriques.

- Elles opèrent un changement de paradigme: la clef d'interprétation du message religieux, c'est sa portée libératrice pour les femmes, en tant qu'elles sont les premières victimes de l'oppression. Ce message est-il porteur d'un plus d'humanité pour les femmes, et au-delà d'elles pour les autres humains spoliés de leur humanité authentique, voilà le critère fondamental, auquel tout devra être mesuré.

2.2. Au coeur de ces évolutions et de ces débats, l'enjeu de la lecture.

Si les textes fondateurs ont si longtemps servi à légitimer l'infériorisation des femmes - et aujourd'hui encore-, la question du statut de ces textes, de leur autorité, de leur interprétation, devient cruciale. Le débat est complexe. Car ces textes - les divers écrits qui composent la Bible par exemple - proviennent de cultures patriarcales. Ils portent l'empreinte des contextes dont ils sont issus, des milieux qui les ont produits. De plus les Ecritures ne sont pas homogènes, elles sont en tension, en débat entre elles, parfois elles se contestent entre elles.

Ainsi certains textes, bien qu'issus de cette culture patriarcale, s'inscrivent en faux contre cette vision des rapports humains, et ouvrent ainsi des brèches en leur temps, et pour le nôtre. Laissez-moi vous citer le récit de la création dans la Genèse (le premier) : «Dieu créa l'humain à son image ; à l'image de Dieu il le créa; homme et femme, il les créa» (Genèse l, 27). Nulle trace d'une domination ou d'une dépendanc L'alliance de deux êtres surgissant ensemble de la même Parole, et qui par leur relation, par leur réciprocité, sont ensemble image de Dieu. Il y a là potentiellement le principe de la contestation de toute forme de sexisme.

Plus étonnant encore : le Cantique des Cantiques, l'un de plus beaux chants d'amour de l'humanité, dont certains exégètes pensent aujourd'hui qu'il a été écrit par une femme. C'est un poème érotique, qui célèbre le bonheur de s'aimer sans aucune référence à l'institution du mariage. Deux êtres autonomes portés par « la dynamique des désirs croisés » (Paul Ricoeur) (9). Tantôt c'est la femme qui a l'initiative, tantôt c'est l'homme, dans une réciprocité toujours à construire, sans modèle. Qui ne ressent ce que pouvait être dans une société solidement patriarcale la force subversive de ce poème.

Tel est l'enjeu de la lecture. Redécouvrir sous la surface des textes le mouvement qui les a inspirés. Déchiffrer les traces de l'histoire oubliée des femmes, parfois occultée ou censurée par l'écrit. Faire apparaitre le conflit des interprétations. Contre une lecture littéraliste, qui efface l'histoire et fait souvent le jeu de l'intégrisme, rencontrer ces textes fondateurs comme des textes ouverts, vivant dans leur histoire, et donc aussi dans nôtre. Ce renouvellement de la lecture est un enjeu essentiel dans la déconstruction pouvoir patriarcal.

2.3. J'y joindrai, trop rapidement esquissés, deux autres jalons en vue d'une culture de la réciprocité

- Le premier, c'est le langage

Comment plier la langue que nous parlons, et sa syntaxe misogyne, à une grammaire de la réciprocité ? La question est difficile. Changer le langage, c'est changer la culture qui nous habite, et qui nous conditionne. Nous n'avançons ici qu'en ouvrant quelques brèches. C'est déjà une petite avancée lorsqu'une communauté religieuse choisit de réformer sa liturgie en un langage inclusif, c'est à dire où le masculin ne soit plus l'englobant du féminin.

C'est plus complexe lorsqu'il s'agit du langage sur Dieu. La théologienne Mary Daly disait: « Si Dieu est mâle, alors le mâle est Dieu » (10). Or le langage est sexué, et Dieu n'est pas neutre. Comment alors faire rentrer dans le langage, ce qui est au-delà de tout langage, sinon peut-être par le jeu des métaphores, alternativement masculines ou féminines ? La question reste ouverte.

- Second jalon, l'éducation.

La prévalence de l'homme sur la femme est si profondément enracinée dans nos mentalités, qu'un travail d'éducation dans la longue durée s'impose non seulement pour défaire les préjugés sexistes, les stéréotypes, tous ces réflexes misogynes, mais plus encore pour engendrer un nouveau regard sur l'autre.

Les communautés religieuses, qui sont aussi des communautés éducatives, sont ici devant un défit majeur: comment une formation religieuse peut-elle être une formation à l'autonomie appelant chacune, chacun, à assumer son existence, la liberté de ses choix, sans se conformer à des modèles préétablis ? Comment peut-elle être en même temps une éducation à la responsabilité, à un éveil critique à l'égard de toutes les formes d'assujettissement ? En fait c'est toute notre société qui est ici interrogée.

Dans ce débat, le rôle des religions apparaît ambivalent. Elles peuvent être un facteur de régression par leur fixation sur les modèles traditionnels. Peuvent-elles être un facteur de progrès, et à quelles conditions ? Voici ce que répond le Professeur A. Charfi, de l'Université de Tunis: « Au prix d'une révision déchirante de leurs pratiques héritées du passé, d'un retour à leurs sources vives, et d'une remontée aux messages prophétiques qui les ont fondées.» (11)

Car ce qui est en cause finalement, c'est la question de l'autre. L'enjeu ultime, c'est notre lien à l'autre, comme figure, non de notre assujettissement, mais de notre liberté.

Gérard Delteil, 6 mars 1999, au Mans

Notes

1. S. de BEAUVOIR: Le deuxième sexe, Gallimard, Idées, TA., p. 112.

2. Dieu a-t-il peur des femmes ?, Mouvement Jeunes Femmes, 24 Parc de la Bérengère, 92210 Saint-Cloud.

3. Allocution de S.S. PAUL VI à des gynécologues italiens, Documentation Catholique, 1482, 20 nov. 1966, p. 1923.

4. G. HALIMI: La nouvelle cause des Femmes, Paris, Seuil, 1997, p.81.

5. P. BOURDIEU : La domination masculine, Seuil, Liber, 1998, p. 15.

6. JEAN-PAUL Il: La Dignité de la Femme, Centurion, 1988, p.74.

7. S. TRIGANO : « Judaïsme: Homme e tfemme il les créa », Encyclopédie des Religions, Bayard Editions, T.2, p. 1654.

8. l'Eglise dans le monde de ce temps, (Gaudium et Spes) 9,2, in Vatican II, Les seize documents conciliaires, Montréal et Paris, Fides, p. 180.

9. P.RICOEUR et A. LACOQUE : Penser la Bible, Paris, Seuil, 1998, p.420.

10 M. DALY: The church and the second sex. New York, Harper & Row, 1968, p. 38

11. A. CHARFI : Communication à la conférence de Tolède, organisée par la Commission Européenne en 1995, in La montée des intégrismes, Actes du colloque de Lyon, CEPPLE, 47 rue de Clichy, 75311 Paris Cedex 09.

Die religiösen Ursprünge der Ungleichheit von Mann und Frau : traduction en allemand de Bettina Knust, Münster, Westphalie. (homepage: http://home.icsmedia.de/~muenster/ )


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