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Sur le Diaconat Féminin

Yves Congar , Effort Diaconal, Ordination des Femmes au Diaconat
Colloque de Paris 16-17.3.1974, pp. 31-37.

I—Ce Qui a Existé

· Nouveau Testament: Des femmes ont été associées très activement à l’édification des églises. La valeur tout à fait large du terme diakonia (cf. Eph 4, 12) empêche de donner le sens d’un ministère particulier et spécifique au titre de diakonos attribué à Phébée «diakonos de l’Eglise de Cenchrées» (Rom 16, 1). On peut faire une remarque analogue pour la suscription de Philippiens. Quant au texte des Pastorales, 1 Tim 3, I I, on discute pour savoir s’il s’agit d’épouses de diacres ou de diaconesses. Le texte lui-même ne permet pas de dirimer la question. S’il doit être maintenu - certains y voient une glose indûment introduite dans le texte, dont elle rompt la continuité —, il concerne plutôt une catégorie de femmes travaillant au côté des diacres dans l’Eglise.

Le Nouveau Testament ne témoigne donc pas formellement de l’existence d’un ministère diaconal féminin spécifiquement institué. Mais, quand on institua des diaconesses, on n’eut pas de peine à leur trouver des antécédents dans le Nouveau Testament.

· Eglise ancienne. Il est vraisemblable que les «duabus ancillis, quae ministrae dicebantur» dont parle Pline le Jeune dans sa lettre de 111-113 à Trajan au sujet des chretiens, aient été appelées «diacres» en grec. Mais quels étaient leur status et leur fonction dans la communauté, nous ne le savons pas.

· En Orient. Clément et Origène (1ère moitié du IIIe siècle) parlent de femmes diacres, mais à propos des textes du Nouveau Testament, non comme d’une institution existent de leur temps. C’est cependant à cette époque, mais en Syrie, que l‘existence des diaconesses, au sens technique du mot, est attestée: Didascalie 3, 12 - 13, 1 (Funk, p. 208, 8 - 214, 3). Elles sont, comme les diacres, choisies et établies par l’évêque, mais leur rôle se limite à visiter les femmes malades et à oindre le corps des femmes avant qu’elles ne descendent dans le baptistère où elles vent baptisées par un prêtre. A celà, les Constitutions Apostoliques (Syrie, fin du IVe siècle) ajoutent la garde des portes (8, 28, 6; Funk, p. 530), elles écartent ces diaconesses, comme toutes les femmes, du service de l’autel, mais elles leur reconnaît une ordination par l’imposition des mains, alors que ni les vierges ni les veuves ne sont ordonnées (texte de la prière d’ordination, de même facture que celles des autres ordinations, en 8, 20, 1-2: Funk, p. 524).

On discute pour savoir si le canon 19 de Nicée (325) implique que les diaconesses recevaient ou non une ordination par imposition des mains (Casel, oui. Kalsbach et Gryson: non). Il est certain que plus tard, au moins dans les régions d’Orient où leur institution existait, elles recevaient une chirotonie: concile de Chalcédoine, can. 15; Novelles de Justinien (Gryson, p. 123). Mgr Hieronymos Kotsonis, aujourd’hui archevêque Orthodoxe d’Athènes, tient qu’au moment du concile de Nicée, les diaconesses étaient considérées comme des membres du clergé: «A Contribution to the interpretation of the 19th Canon of the First Ecumenical Council»: Revue des Etudes byzantines 19 (1961) 189-197. Cela ne signifie pas que les diaconesses reçussent le sacrement de l’Ordre, du moins tel que nous le comprenons, c’est-à-dire une participation au «sacerdoce». L’ordination donnait le degré et la grâce d’une certain «ordre» seule celle des prêtres donnait la hierosunè. S. Epiphane (Gryson, p. 131 s.), S. Jean Crysostome (De sacerdotio 2, 2) excluent formellement les femmes du sacerdoce. Comp. Haye von der Meer, Priestertum der Frau ? (Q.D. 42). Freiburg, 1969, p. 60 s. On les excluait communément du service de l’autel (ainsi même les Const. Apostol.) bien qu’elles portaient la communion aux femmes enceintes (Testament de Notre Seigneur 2, 20, 7: Syrie, fin Ve siècle) ou la donnaient aux jeunes enfants chez les Monophysites d’Antioche et les Nestoriens (Kalsbach, L. Ott, DG IV/5, p. 39).

Peu nombreuses au début (ainsi en Syrie, au temps de la Didascalie), les diaconesses se sont multipliées: une Novelle du 16 mars 535 nous apprend que, parmi les 425 clercs affectés au service de Sainte Sophie, il y avait 40 diaconesses. Mais la fonction de ces diaconesses était très limitée. Elle consistait communément en une médiation entre les évêques ou les prêtres et les femmes, pour certains services obligeant à approcher celles-ci: onction prébaptismale, accueil à la remontée du baptistère, visite des malades et des femmes chez elles. C’était un principe qu’une femme ne peut occuper une position ou une fonction qui la mettrait en situation de supériorité à l’égard d’un homme. C’est cette idée qui avait aussi inspiré Licinius quand, parmi les dispositions intolérantes qui avaient suivi le rescrit de 313, il avait voulu forcer les chrétiens à tenir des assemblées séparées pour les hommes et pour les femmes, avec un clergé purement féminin pour enseigner les femmes! (Fliche-Martin, Hist. de l’Eglise III, p. 57). C’est pourquoi aussi S. Jean Chrysostome et Théodore de Mopsueste distinguent entre enseignement public, dont ils excluent les femmes, et enseignement privé, ou domestique, qu’ils leur concèdent: une distinction reprise au moyen age en Occident (Innocent III, S. Thomas, etc.)

· En Occident. Est-ce parce que, dans l‘Occident du IVe siècle, les femmes formaient moins un monde féminin à part et que les prêtres les approchaient plus librement (suggestion du P. A. Hammam, La vie quotidienne des premiers chrétiens, Paris, 1971, p. 83) ? C’est un fait que l‘Occident ancien n’a pas connu de diaconat féminin comme institution spécifique de ministère. Il l’a rejetée quand elle a voulu s’introduire avec les priscillanistes: concile de Nîmes, 394 ou 396; interdiction portée par le premier concile d’Oranges 444 d’ordonner des diaconesses (can. 25: Corpus christian. 148, p. 84); critique des pratiques bretonnes par trois évêques de l’Ouest en 511: en Bretagne des femmes assistaient le prêtre à l’autel et distribuaient la communion au calice. (texte dans P. de Labriolle, Les sources de l’histoire du Montanisme, Paris, 1913, p. 226-230). Le pape Célase (+ 496) condamne un abus semblable en Italie du Sud (Epist. 14,26: Thiel, p. 376-378). Cependant le deuxième concile d’Orléans, 533, can. 177 croyait devoir renouveler 1’interdiction de conférer à des femmes la bénédiction diaconale (Corpus christian. 148, p. 101): signe que persistait un courant qui voulait l’introduire.

Or malgré cela, on trouve des diaconae en Occident du Vle au Xle siècle. La fille de S. Remi (+ 533), Helaria, porte ce titre. S. Médard, évêque de Noyon (+ v.557) <menu superposita consecrauit diaconamc Radegonde, femme de Clotaire ler. On a, de l’époque carolingienne, un Ordo ad diaconam faciendam (dans Hittorp, De divinis officIls. Koln 1568, p. 144 s.). Mais précisément, il s’agit de la profession religieuse d’une veuve. De même une “lose de la même époque définit la diaconissa comme abbatissa (Fr. Maassen, Glossen d. kanon. Rechts aus dem karoling, Zeitalter. Wiener Sitz.-Ber., Bd84, 274). L’Ordinatio abbatissae canonicam regulam profitentis que donne Hittorp (op. cit., p. 145 s.) est copiée sur la con séc ration des d iac re s . Bre f, on a donné le ti t re de diacona, diaconissa, une ordination transposée de celle des diacres, et l’étole diaconale à des veuves consacrées ou des moniales. Cela explique sans douse une tradition maintenue chez les Cartrusines (étole, manipule). L’ensemble de la documentation interprétée par Kalsbach (p. 91 sq.) ou par Gryson (p. 41-51: Tertullien et Hyppolyte, p. 162-172: Occident du IVe au Vle siècle) montre que l‘Occident n’a pas connu ou n’a pas admis de diaconesses au sens d’un ministère et d’un ordre spécifiques dans l’Eglise; il a connu, par contre (tout comme l‘Orient) des veuves consacrées et il leur a donné le titre de diaconesse, parfois un rite de consécration copié sur celui des diacres.

De cette histoire il ressort que: 1/ Aucune objection dogmatique ne s’oppose à ce que des femmes soient ordonnées diacres, puisque cela a été pratiqué en Orient, surtout en Syrie au moins, du Ille au Xle siècle. 2/ Le contenu réel des mots «femme~, «diaconat» a changé. D’un côté, en effet, la situation des femmes dans la société et par rapport aux hommes n’est plus la même, au moins dans les pays marqués par le christianisme; d’un autre côté, le diaconat est considéré aujourd’hui, non seulement comme un ordo, une situation parmi les ministères, mais comme une participation au sacrement qui confère une qualité sacerdotale particulière. 3/ Le contenu de la fonction ne ressemblerait guère à celui des Ille - Vle siècles en Orient. ll serait, il est déjà ! incomparablement plus large, plus semblable à celui du ministère des hommes. ll ne s’agit plus d’oindre des femmes avant leur baptême ! Alors que, dans l’Eglise ancienne, au moins en Orient, il s’agissait d’un ministère très limité auprès des femmes, qui elles-mêmes, devaient ne rien faire qui les fit sortir de leur état d’infériorité à l’égard des hommes, nous voyons aujourd’hui des femmes médecins, juges, ministres, professeurs, etc ..., aussi bien pour des hommes que pour des femmes. Dans l’Eglise, elles sont catéchistes, assistantes paroissiales, elles lisent les textes liturgiques, donnent la communion, etc ...

Bref, on peut dire que le diaconat féminin serait une création nouvelle. Mais le diaconat féminin qui apparait en Syrie au IIIe siècle n’a-t-il pas été une création de l’Eglise: non sans rapports, certes, avec ce qu’atteste le Nouveau Testament, mais ne pouvant guère prétendre en être la suite pure et simple ?

II—Raisons Portant a Admettre le Diaconat Féminin Objections

1. Nous assistons à un processus de promotion des femmes au plan des responsabilités et des fonctions publiques. Le droit sanctionne ce mouvement. Dans l’Eglise la question est posée d’abolir les discriminations contraires à la pleine égalité de la femme avec l’homme. De nombreux évêques, théologiens, congrès (en particulier celui de l’Apostolat des laïcs, Rome, octobre 1967) ont parlé en ce sens. Paul VI a déclaré Ste Thérèse d’Avila et Ste Catherine de Sienne «docteurs de l’Eglise» ! Il a demandé à la Commission internationale de théologiens une étude sur la question du diaconat féminin. Bref, une question est posée avec une telle force, une telle vérité, qu’on ne peut pas ne pas faire quelque chose. La question du diaconat est un «lieu» assez bon pour cela.

2. En effet, il existe incontestablement, chez des femmes, un appel au ministère. Au même moment se développe, en ecclésiologie, une théologie des ministères (au pluriel !). Au lieu d’une vision de l’Eglise fixiste et juridique («Gott schuf die Hierarchie, und fur die Kirche ist nun bis zum Weltende mehr als genug gesorgt»; c’est ainsi que J.A. Mohler, Theol. Quart. 1823, p. 497, résumait 1’ecclésiologie recue du XVIIIe siècle), au lieu d’un appareil bien agencé et qui pouvait fonctionner tout seul, on a récupéré la vision d’une Eglise que Dieu (le Christ par son Saint-Esprit) construit par l’exercice de dons variés que tous et chacun mettent en œuvre pour l’utilité commune: cf. 1 Cor 12, 4-30; Eph 4, 7-13; 1 Pi 4, 10. Bien sûr le ministère sacramentellement ordonné a un rôle propre et structurant dans la communauté. Il n’est pas seul actif pour la construire. Or si l’on refuse d’admettre les femmes à l’ordre presbytéral, une ecclésiologie des ministères permet de leur reconnaître leur juste place dans l’Eglise. De fait nombre de femmes exercent déjà de vrais ministères: de catéchèse, d’enseignement théologique, visite des malades, et des prisonniers, tout le domaine de la caritas, lectures liturgiques, chorales accueil, secrétariat paroissial, conduite de la prière; une religieuse est Vicaire épiscopal à Rio de Janeiro (à vrai dire, elle est chargée des religieuses). Des sœurs et des laïcs baptisent, distribuent la communion et prêchent, Seuls certains sacraments sont réservés au prêtre: célébration de l’Eucharistie, exercice du pouvoir des clefs. Dans l’histoire, il n’y a que dans certaines sectes que des laïcs, des femmes, aient célébré l’Eucharistie. Par contre, des diacres ont parfois confessé (2 ), des laïcs ont administré l’onction des malades (3), des abbesses ont détenu, exercé et donné la «juridiction»(4); des laics aussi (légats avec droit d’excommunier...) (5). Il ne s’agit pas de «repristination, encore moins d’imiter ce qui peut avoir été des abus. Tel n’est pas le cas du diaconat féminin. Le restaurer ou l’instaurer serait une démarche seine s’inscrivant dans une ecclésiologie des ministères.

3. Les Eglises orientales, que scandaliserait l‘admission des femmes à l’ordre presbytéral, ne pourraient pas objecter. En effet, d’une part, c’est en Orient que le diaconat féminin a existé, avec la chirotonie de l’ordination; d’autre part, plusieurs Eglises orthodoxes ont, bien que sans ordination ni bénédiction spéciale, un diaconat féminin: cf. L. Doens, «Der Diakonat in den griechischen und Slawischen Kirchen», Diaconia in Christo(Q.D. 15-16).Freiburg, 1962,p. 136-177(p. 145s.pour la Grèce contemporaine; p. 165 pour la Russie). L’article XVII du Statut de l’Eglise Orthodoxe roumaine (1949) permet aux femmes d’exercer des fonctions qui n’impliquent pas une bénédiction spéciale: entretien des églises, chant liturgique, aide aux pauvres, catéchèse, caritas, etc ...

4. Il existe de grandes convenances pour qu’on admette des femmes au diaconat. Beaucoup exercent déjà, de fait, des fonctions diaconales. Ce fait pourrait être une objection. On pourrait dire: alors, pourquoi introduire une nouvelle pratique, qui comporte des inconnues? Après tout, le diacre ne fait rien qu’un laïc ne puisse faire! La réponse est la même que pour les diacres masculine: 1/ assurer la grâce sacramentelle à qui exerce la fonction. 2/ Restituer à l’Eglise son visage d’une communion construite par une diversité de ministères répondant à la diversité des dons, charismes et vocations. Ces deux réponses tiennent en peu de mots mais elles sont lourdes de sens. On peut ajouter une troisième considération: l’Eglise, comme l’humanité, doit être masculine et féminine. Nous ne savons pas ce que serait une Eglise où des femmes apporteraient leur style propre: nous n’avons que des modèles masculine, même les prières pour les femmes ou les normes de conduite des religieuses ont des hommes pour auteurs ...Il pourrait y avoir pour 1’Eglise un réel enrichissement.

5. Une autre objection, à laquelle nous sommes personnellement très sensible, vient de la crainte de ritualiser et de cléricaliser ce pourquoi suffisent la qualité de baptisé et la vocation de tout chrétien au service (diakonia: cf. Eph 4, 1 9: les Saints = les chrétiens). L’objection est forte. Elle vaut, à notre sens, un peu contre le Motu proprio Ministeria quaedam du 15 septembre 1972 - qui, du reste, on 1’a dit, laisse intacte l‘application aux femmes. Pourquoi instituer des rites pour des fonctions que son baptême habilite tout chrétien à remplir? Il suffirait d’une notification publique. L’objection imposera donc une grande vigilance, peut-être même la révision de la liturgie de consécration diaconale. Mais on doit reconnaître une indication de grande valeur dans Act. 6,6: quand on crée une fonction (le mot «diacre» n’est pas prononcé, mais on est dans la ligne diaconale), on présente le candidat aux apôtres et, après qu’on ait prié, il y a imposition des mains. Comp. Act. 13, 1-3.

6. Une dernière objection: Est-ce que l‘accession de femmes à l’ordination diaconale ne serait pas une brèche dans la loi réservant l‘ordination presbytérale aux hommes? Il ne faut pas se faire d’illusion: les groupes qui, dès maintenant, réclament «le sacerdoce» pour les femmes utiliseront cet argument en soulignant que, selon la doctrine reçue. le diaconat est déjà le sacrement de l’Ordre.

La restauration ou l’instauration du diaconat féminin, pour être saine, devra être précédée ou (et) accompagnée par un enseignement très ferme mettant en lumière les points suivants: 1 ) D’après le témoignage scripturaire, la représentation de l’autorité sacrée est masculine. 2) On dit que ce fait relève des conditions socio-culturelles de ces temps et de ces pays. Soit. Mais il semble impossible de prouver que le fait ne relève que de conditions socio-culturelles dépassées. Dans ces conditions, on ne peut dire avec certitude, ni que l‘interdiction du presbytérat pour les femmes soit «de droit divin», ni qu’elle ne l’est pas. 3) Le prêtre (l’évêque) représente le Christ comme chef (tête au sens, non sotériologique-mystique, mais au sens sociologique): tel est du moins l’enseignement implicite de Lumen Gentium No. 21, 28 et 37, explicite de Pie XII et de Presbyterorum Ordinis No. 2, 3 et 6 § 1. Le diacre, non. Certes, il peut présider la prière, prêcher, diriger une communauté, mais il n’a pas la situation du prêtre agissant dans les sacraments «in persona Christi»(Eucharistic, Pénitence, et, pour l’évêque, Ordination). 4) Tandis que le diaconat féminin ne pourrait pas faire sérieusement de difficulté du côté Orthodoxe, l’ordination presbytérale, l’admission à la hierosunè en ferait une très grave. Le fait que de nombreuses Eglises protestantes admettent le pastoral des femmes ne fournit pas une base valable, car on doit dire, en tout respect pour le ministère pastoral protestant, que, dogmatiquement, un pasteur n’est pas un prêtre: les deux ne sont pas assimilables.

En résumé, Iladmission des femmes au diaconat sacramental. est dogmatiquement possible: elle a existé pendant plusieurs siècles. De sérieuses raisons la recommandent. Il faudrait bien préciser la question d’exclusion de la prêtrise, sans affirmer qu’il s’agit là d’un droit divin (N.D.L.R.).

fr. Yves Congar, O.P.

Notes

(1) La bibliographie est considérable. Contentons-nous de citer: Ad. Kalsbach, Die altkirchliche Einrichtung der Diakonissen bis zu ihrem Erloschen (Rom. Quart. 22. Suppl.-Heft). lreiburg i. Br., 1926. Completé pour les inscriptions, in Jahrb. f Liturgiewiss. 11 (1931) 277-278. A. Kalsbach, Diakonisse, in Reallexikon f Antike u. Christentum, 3 {1957) 917-928 R. Cryson, Le ministère des femmes dans l’Eglise ancienne (Recherches etSynthèses. Section d’Histoire IV). Gembloux, 1972.

A. Carrillo Cazares, El diaconado femenino, la tradicion eclesialy las perspectivas ante el problema del clero latinoamericano. Bilbao, 1971.

(2) Les Constitutions synodales de Paris, 1197, No. 56: les diacres ne peusont confesser qu ‘en cas d’extrême nécessité (Mansi 22, 684 D). C’était encore admis au XIIIe s. . D. Perez Ramirez, los ultimos auxilios espirituales en la liturgia del slglo XIII traves de los concilios, in Rev. espanola de Teologia 10 (1950) 391-432. Déjà ancien: Laurain, De l‘intervention des laïques, des diacres et des abbesses dans l’administration de la pénitence. Paris, 1899.

(3) Entre Innocent l er (Ve s.) et la réforme carolingienne, voire, ici ou là, jusqu’au XIIe s.: cf. A. Chavasse, Etude sur l’onction des infirmes dans l’Eglise latine, t. I, p170 s.

(4) Abbesses des monastères doubles irlandais (F. Heiler, Altkirchliche Autonomie und päpstlicher Zentralismus. München, 1940, p. 124); monastere de Las Huelgas, près de Burgos (cf l.M. Escriva, La Abadesa de las Huelgas. Madrid, 1944). Et cf. R.J. Cox, A Study of the juridic Status of Laymen in the writings of the Medieval Canonists. Washington, 1959, p. 81 s. - S. Giner Sempere (La mujer y la potesdad de jurisdicción eclesiastica. Madrid, 19S9, 2 vol.) reconnaît les faits mais les considère comme des abus.

(5 ) R. J. Cox, op. cit., p. 76 s.; (G Le Bras, L‘excommunication des clercs par les laïques, in Hommage à Lucien Febvre. Eventail de l’Histoire vivante. Paris, 1953, t. 1, p. 227-232; M.Wilks, The Problem of Sovereignty in the Later Middle Ages. The Papal Monarchy with Augustinus Triumphus and the Publicists. Cambridge, 1964, p. 66 (Agostino Trionfo allait très loin: droit de prêcher, de donner des indulgences, d ‘excommunier... ) S. Thomas d ‘Aquin . «Papa, qui habet plenitudinem potestatis pontificalis, potest committere non episcopo ea quae ad episcopalem dignitatem pertinent, dummodo illa non habcant immediatam relationem ad verum corpus Christi» (IVSent. d. 25 q. 1 a. l ad. 3).

(N.D.L.R.) Pour compléter son exposé du 16 mars 1974, le Père Congar a donne l’autorisation de publier intégralement une étude qu’il avait écrite en juin 1973 pour le Synode allemand.

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