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Contribution du Conseil Interdiocésain des Laïcs au Débat sur la Place des Femmes dans l'Église

Contribution du Conseil Interdiocésain des Laïcs au Débat sur la Place des Femmes dans l'Église

L’Assemblée Générale du CIL du 8 décembre 2001 a décidé de diffuser le présent texte comme une contribution à un débat nécessaire. Ce débat est commencé et du sein même du CIL, diverses sensibilités se sont déjà manifestées, même si un consensus existe quant à la nécessité et l’urgence de modifier la situation des femmes dans l’Église.

Préambule

Par les sujets qu’elle aborde, la réflexion qui suit se propose comme une étape dans un processus historique dont personne ne peut dire le dernier mot. La problématique des femmes dans l’Église catholique[1] renvoie d’abord à la place des femmes dans la société. Ce qui en sera dit paraîtra peut-être banal à certain-e-s[2] alors que cela en choquera peut-être d’autres, selon les sensibilités à l’œuvre dans l’environnement ecclésial de chacune et chacun. Nos communautés chrétiennes sont traversées par des sensibilités différentes qui ont parfois du mal à rester en dialogue : sensibilités classiques attachées au respect inconditionnel de l’Autorité et de la Tradition, sensibilités réformistes des personnes qui font le pari de changer de l’intérieur l’institution ecclésiale, entre autres pour que les genres féminin et masculin y trouvent pleinement leur place ; sensibilités dissidentes des personnes qui vivent leur foi en communauté, mais à distance d’une institution qui leur semble avoir trahi les idéaux évangéliques et en particulier l’originalité de Jésus dans ses relations avec les deux genres de l’humanité. C’est néanmoins dans le cadre institutionnel de l’Église catholique que toutes ces personnes ont d’abord eu la possibilité de rencontrer Jésus.

Voilà pourquoi ce texte s’appuie non seulement sur les expériences personnelles, mais aussi, notamment, sur des textes de théologiennes et de théologiens, de biblistes, d’évêques. Ces quelques pages, qui ne prétendent ni à l’exhaustivité ni à une fusion illusoire de tous les points de vue, ont comme seule ambition de provoquer au sein des communautés chrétiennes qui accepteront de les lire, une réflexion qui s’inscrira dans un projet en chantier depuis deux mille ans :

« une église[3] servante plutôt que puissante,
une église pauvre plutôt que pleine de privilèges,
une église féconde plutôt qu’efficace,
une église libératrice plutôt que bienfaitrice,
une église disciple de l’humanité plutôt qu’enseignante,
une église fraternelle/sororale plutôt que hiérarchique,
une église minoritaire plutôt que de masse,
une église sacrement de l’unité de l’humanité plutôt
qu’une église-chrétienté »[4],
bref - une église des femmes et des hommes.

Or, le combat des femmes dans les Églises fait partie du combat des femmes pour la justice dans la société, puisque les Églises sont une des composantes culturelles de celle-ci.

Dans la société, de manière générale, «une femme ne peut prétendre aux mêmes droits qu’un homme sinon en se neutralisant elle-même »[5]. Les femmes ont été et sont encore nombreuses à être reproductrices des formes culturelles de domination du sexe masculin. L’égalité théorique des droits est loin d’être acquise dans la pratique. On retrouve aisément l’image de prépondérance masculine à travers les médias soulignant la présence des hommes à tous les postes directeurs des affaires politiques et économiques. A l’inverse, la publicité et la presse dite féminine reproduisent les stéréotypes machistes à propos des femmes. L’éducation et l’enseignement diffusent aussi certains clichés similaires. Le plus souvent, le langage ne nomme pas les femmes dans l’expression du genre humain (on préfère dire, par exemple, «les hommes » pour «les femmes et les hommes », ou «les droits de l’homme » pour «les droits humains »…).

Grâce à la force libératrice de l’Évangile, on pouvait espérer que l’Église jouerait un rôle prophétique pour dénoncer l’oppression millénaire faite aux femmes et pour promouvoir l’égalité entre hommes et femmes. Or, l’institution a enterré très tôt l’originalité majeure, sinon unique, de Jésus, qui est la reconnaissance et la promotion des différences, notamment celle des sexes. Elle a trop souvent entériné l’injustice de la société civile. A partir du 19è siècle et jusqu’à présent, elle est même à la traîne alors qu’elle devrait être à l’avant-garde. A l’heure actuelle, elle semble ne pas voir que les femmes ont pris leur vie en main. Malgré ce mouvement irréversible, elle prétend toujours leur assigner leur place, en oubliant qu’il faut deux genres pour faire le monde. Ainsi, quand on parle de féminin et de masculin, il est important de présenter la relation qui existe entre les deux et qui est reflétée par le genre[6]. “Le sexe est un état de fait mais le genre est culturellement et socialement construit[7] ”.

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Pour étudier la façon dont le genre est mis en œuvre dans l’Église, il sera fait appel à trois expériences fondamentales que chacune et chacun est appelé-e à vivre :

l’expérience du SACRÉ,
celle de la SEXUALITÉ
et celle du POUVOIR.

Ces trois expériences sont tributaires du LANGAGE lui-même souvent dominé par le masculin.

1° LE SACRÉ

Le sacré se caractérise par un sentiment de fascination et de respect face à des événements qui nous font faire silence car ils parlent de ce qu’il y a de plus profond dans notre histoire. Comme l’exprime l’auteur de l’épître aux Hébreux, le sacré ne procède ni de lieux ni de sacrifices, mais de l’engagement dans l’histoire humaine[8]. Jésus lui-même est venu briser le voile du Temple, dépasser les distinctions sacré/profane, permis/interdit, pour instaurer un partage fraternel et sororal et la prééminence de l’amour.

Mais l’organisation religieuse du sacré introduit très tôt une première perversion qui fait de Jésus le garant du système qu’il a combattu, un système d’exclusion des femmes. Les catégories dépassées par Jésus sont réinstaurées: une hiérarchie (masculine), souvent alliée des systèmes politiques de domination, gouverne un peuple de mineur-e-s ; les femmes sont écartées de la présidence du geste eucharistique sur base d’arguments théologiques de plus en plus contestés. Elles deviennent alors des profanes par définition.

Comment redéfinir le sacré ? La fonction qui lui a été donnée - d’exclusion, de coupure, d’instrument d’un pouvoir qui discrimine et qui écrase -, a beaucoup marqué nos expériences. Le sacré ainsi présenté fait barrière à tout changement, interprété comme «sacrilège ». Mais le sacré n’est-il pas présent dans des personnes, des relations, des valeurs, dans la vie, dans le bien que les humains se font l’un à l’autre, dans l’autre comme tel ? Tout ce qui a à voir avec l’humain a à voir avec Dieu et réciproquement.

2° LA SEXUALITE

Eve fut, comme Adam, créée par Dieu à son image mais, récupérée par les interprétations machistes, elle devint le mythe fondateur de l’infériorité de la femme, celle par qui le mal arrive. En contrepartie Marie est devenue la figure féminine à laquelle nulle femme ne peut s’identifier (vierge et mère), et dont les vertus restent proposées en modèle par le pape Jean-Paul II : pas de «revendication orgueilleuse », d’«ambitions personnelles » ou de «fausse conception de la liberté », mais un «humble service »[9]. Mais où est Marie, celle qui chante fièrement dans le Magnificat la libération des femmes et des pauvres par Dieu amour ?

L’histoire de l’Église montre la méfiance vis-à-vis de la femme considérée comme séductrice, impure, inférieure. Sa place est à la maison et elle doit obéissance à l’homme. Elle doit se soumettre à la morale officielle concernant la sexualité. Le magistère prétend en particulier imposer sa loi en matière de fécondité. Il consacre le pouvoir de clercs célibataires diffusant une morale de règles et d’interdits. De ce fait certaines prises de position éthiques dans les champs social, économique et politique s’en trouvent laissées de côté.

Dans la réflexion théologique des dernières années on peut repérer quatre modèles de rapport homme/femme:

1° le modèle de la subordination (ou modèle patriarcal)

2° le modèle de la complémentarité (les deux sexes sont égaux mais différents ; attention aux caractéristiques dites féminines, dévalorisées par rapport à celles dites masculines)

3° un modèle d’émancipation ou d’égalité abstraite qui consiste pour chaque être humain à se libérer des rôles fixes (mais la masculinisation de la société, déjà présente par l’infériorisation des femmes, pourrait se trouver renforcée si les femmes se contentent d’une imitation du modèle masculin pris comme référence pour un statut égalitaire)

4° un modèle transformiste qui se cherche, visant la personne en tant que telle et engageant la transformation de la société entière[10].

3° LE POUVOIR

« Chacun exerce tout le pouvoir dont il dispose » (Thucydide). Mais le pouvoir n’est pas négatif en soi, tout dépend de la manière dont il s’exerce : tenté au désert par l’abus de pouvoir, Jésus nous invite à exercer le pouvoir comme un service. Nous savons par ailleurs que, travesti en service, le pouvoir peut induire les pires dominations. Cette idéologie a coûté cher aux femmes.

La brèche ouverte par Jésus, à travers l’égalité relationnelle et le partage, a vite été refermée par une théologie qui représente un Dieu masculin, tout-puissant, et de ce fait renforce les pouvoirs des clercs. « Si Dieu est mâle, alors le mâle est Dieu »[11]. D’autant plus fort qu’il est camouflé et prétendument pratiqué «au nom de Dieu », le pouvoir religieux de type patriarcal cache une violence radicale vis-à-vis des femmes : il impose et justifie l’expérience masculine comme norme, ainsi que des stéréotypes sans fondement théologique sérieux sur le masculin et le féminin. Dans l’Église, le pouvoir de décision appartient à des hommes célibataires dont la légitimité est, dans les faits, celle qu’ils s’octroient mutuellement. Cela signifie que non seulement l’ensemble des femmes, mais aussi la plupart des hommes subissent une forme de discrimination à l’intérieur de ce modèle institutionnel. Cela signifie aussi que l’institution se prive d’une part importante de l’humanité et d’une image de Dieu apportée par les femmes.

C’est probablement “à la base” que les choses pourront évoluer. Cela ne sera facile ni pour beaucoup d’hommes – spécialement certains prêtres, bousculés dans leur «raison d’être » - ni pour beaucoup de femmes, car elles n’ont pas été éduquées à prendre toute leur place avec d’autres dans l’Église comme dans la société.

Or, l’Église rassemble des femmes et des hommes qui croient en Jésus. Celui-ci nous a appelé-e-s à annoncer la Bonne Nouvelle, mais il n’a pas fondé de religion. Ce sont les disciples, puis leurs successeurs au long des siècles, qui ont pris en charge l’organisation d’un culte dont la présidence fut réservée au sexe masculin. Ils ont construit une théologie en l’étayant par des références aux paroles de Jésus telles qu’eux-mêmes les interprétaient. Ils ont produit au fil du temps le modèle hiérarchique qui aujourd’hui doit changer dans ses relations, ses contenus et les comportements qu’il induit. Si les changements se résumaient à attribuer aux femmes les mêmes rôles qu’aux hommes dans l’Église, cela aurait pour effet d’occulter le véritable enjeu : le sens des ministères et de la théologie qu’ils servent.

4° PRISE DE PAROLE ET LANGAGE

La hiérarchie catholique prétend parler au nom du Christ, voire de Dieu ; elle a peur de la parole des femmes ; le plus souvent jusqu’il y a peu, ce sont des clercs –hommes- qui ont parlé des femmes, au nom des femmes, aux femmes en leur disant ce qu’elles étaient, ce qu’elles devaient être et faire. Les textes officiels de l’Église catholique refusent la prise de parole des femmes. Les théologies féministes ne sont pas prises en compte. La voix du magistère reste à 100% masculine[12]. Or, les femmes ont assurément leur parole à faire entendre par exemple en matière de morale personnelle (sexuelle) et de relations, tout comme en matière de morale sociale, de justice, de paix, d’écologie, etc. Les théologies féministes, qui existent aujourd’hui dans beaucoup de religions, remettent en cause la prétendue supériorité masculine, mais ne se posent pas en rivales : elles apportent un regard différent et dès lors enrichissant, tout en partant de la réalité et en particulier de l’expérience des femmes, dont la référence devrait être aussi normative que celle de l’expérience masculine.

Le langage est un moyen subtil pour maintenir une situation acquise en même temps qu’une injustice continuelle : la non-reconnaissance de la place et de l’influence des femmes dans la transmission de la foi, sans lesquelles l’Eglise ne serait peut-être déjà plus là !

De plus «son » langage prétend définir une vérité qu’elle détiendrait seule, à un point tel qu’il ne parle plus au monde d’aujourd’hui, en recherche de sens, d’engagement, de participation, d’égalité et de fraternité-sororité. Outre les femmes, que peuvent penser les jeunes ou le monde ouvrier du langage clérical ?

Prendre la parole est déjà une manière d’agir, mais le langage est d’autant plus signifiant qu’il s’allie à des actes concrets. D’autre part, le langage est reconnu comme interactif avec la pensée dans l’élaboration du sens et la formation de l’identité ; il suppose et induit une manière d’appréhender le monde. En ce sens, le langage au masculin est exclusif ; le combat pour le langage inclusif[13] implique une volonté de changement en désignant ce qui, jusqu’ici, n’était pas nommé : le genre féminin, habilement «sous-entendu » ou carrément escamoté.

« Le langage inclusif, signe des temps lié au changement du rôle des femmes dans la société, manifeste la conviction ecclésiale de l’égalité entre les hommes et les femmes et l’intelligence chrétienne d’un message évangélique de non-discrimination, à l’image de l’harmonie originelle de la création. »[14]

EN GUISE DE CONCLUSION

Confronté-e-s à l’attitude de l’Église catholique vis à vis des femmes, des hommes et des femmes éprouvent un sentiment très fort. Un sentiment d’indignation éthique et de colère parce que l’Église continue à notre époque à traiter les femmes comme des “citoyennes” de seconde zone et se prive ainsi de leur participation responsable. Elle oublie les nombreuses fois où le Christ s’est insurgé et s’est mis en colère contre des attitudes scandaleuses de la religion de son temps. Cette attitude de l’Église met en jeu ce qu’il y a de sacré dans l’histoire humaine : l’histoire du salut et de la libération des oppressions.

Quelques références qui ont Servi de Base a la Réflexion de la Commission

AUBERT Jean-Marie, Exil féminin - Antiféminisme et christianisme, Paris, Cerf , 1988

BAGOT Jean-Pierre, Moi, prêtre breton, demande au pape…, Desclée de Brouwer, Paris, 2000

BEAUPERE Nelly, En signe de contradiction, in Lumière et Vie, n°151, tome XXX, janvier-février-mars, 1981,103-117.

BECHTEL Guy, Les quatre femmes de Dieu. La putain, la sorcière, la sainte et Bécassine, Plon, 2000

BERERE M.J., DUFOURT R ., SINGLES D., Et si on ordonnait des femmes ?, Le Centurion, 1982

BERERE Marie-Jeanne, Réflexion d’une théologienne lyonnaise sur l’accès des femmes au sacerdoce, Courrier Jonas n°20, décembre 1999

La Bible

Conférence épiscopale du Canada , Un langage nouveau pour la communauté chrétienne, 1983.

DE OLIVEIRA MARIO, Femmes dans l’Eglise ou Femmes-Église ? in Jornal Fraternizar, Portugal, mars 2000

DONDERS D., La voix tenace des femmes. Rie Vendrik et la Commission pontificale sur la Femme dans la société et dans l’Eglise. Thèse de théologie Nijmegen, 1997

Dial 1997, 16/30 sept., Ivone Gebara, théologienne et féministe, 38, Rue du Doyenné, 69000 Lyon.

DUBY Georges et PERROT Michèle (et de nombreuses collaborations), Histoire des femmes en Occident, Plon , 5 tomes.

Entraide et Fraternité/Vivre ensemble, brochure Elle et Lui, deux genres pour faire un monde,Campagne 2001et 2002.

FOX Ruth, Où sont les femmes-clés de l’Ecriture dans le Lectionnaire d’aujourd’hui ? dans National Catholic Reporter – USA, Mai 94

GEBARA I., Les causes profondes des idées ‘ préconçues ‘ concernant les femmes, in As incômodas flihas de Eva na Igreja da América Latina, pp. 27-35, Paulinas 1990, trad. N. Roose.

Le mal au féminin, Réflexions théologiques à partir du féminisme, Paris, L’Harmattan, 1999

Théologie de la libération au féminin et théologie féministe de la libération in Alternatives Sud, Vol.VII, (2000)1, pp.225-241, Paris, L’Harmattan.

IRIGARAY, L. citée par Patricia Niedzwiecki, dans Le langage au féminin, p.108 (voir réf. infra).

JEAN-PAUL II, Audience générale du 6/12/95: Le rôle de la femme à la lumière de Marie in Documentation Catholique 2130, p.58

La libre essentielle, dossier n° 25, janvier 2001, pp.16-27

Langage et liturgie, Où sont les femmes? , Lasne, juin 1995

LAPORTE Christian, Portraits d’Eglise , Tome 2. Les catholiques belges, du

parvis au maître autel. Edit. Luc Pire, 1998

LAUTMAN Françoise, MAITRE Jacques, LAURENT J-P, etc. Ni Eve ni Marie , Luttes et incertitudes des héritières de la Bible. Ed. Françoise Lautman, Genève, Labor et Fides, 1998. Coll. Histoire et Société n°36

MEDA Dominique, Le temps des femmes, Flammarion, 2001

MOURLON-BEERNAERT Pierre, Les visages féminins de l’Evangile, éd. Lumen Vitae, 1992

NIEDZWIECKI Patricia, Le langage au féminin, préf. Benoîte Groult, Bruxelles, Castells et Paris, Labor, 2000

OIC, Groupe de travail en Belgique, Les femmes et le langage.

OLIVIER Christiane, Les enfants de Jocaste, Denoël-Gautier.

PAROLES, Cinq propositions pour l’Eglise de l’an 2000, in La Vie, n°2000, 16 mars 2000, pp.79-80

PEETERS Denise, L’expérience des Chrétiens, 1990

Revue de droit canonique de Lyon, n°46/1, 1996

Qu’est-ce qui est sacré ? Revue Internationale de Catéchèse et de Pastorale, Lumen Vitae, n°4, décembre 1999

SCHUSSLER-FIORENZA Elizabeth, En mémoire d’elles. Cerf, 1983

Notes

[1] Les membres du CIL ne peuvent prétendre s’exprimer au nom des autres Églises chrétiennes mais dans le but d’alléger le texte, l’adjectif catholique ne sera plus mentionné même s’il reste implicite. Par ailleurs si le CIL s’adresse en premier lieu aux communautés chrétiennes de Wallonie-Bruxelles, la réflexion ici proposée est adaptable à d’autres contextes car il y a des éléments universels dont tout chrétien doit être solidaire.

[2] Le thème de ce document entraîne naturellement que l’on opte pour le langage dit “inclusif” c-à-d qui indique explicitement les deux genres. Ce langage marque une volonté de ne plus se limiter à sous-entendre le féminin. Il est fait appel à la compréhension active des lecteurs ou lectrices que cette pratique pourrait irriter.

[3] Dans cette citation, dont le caractère abrupt est stimulant, l’emploi volontaire de la minuscule au mot “église” s’accorde avec la dimension de service et de simplicité proposée par l’auteur.

[4] DE OLIVEIRA Mario, dans « Femmes dans l’Eglise » in Jornal Fraternizar, Portugal, mars 2000.

[5] IRIGARAY Luce, citée par Patricia NIEDZWIECKI dans « Le langage au féminin » Paris, Labor 2000, p 108.

[6] “Le mot GENRE est la traduction de l’anglais ”gender". Ce terme, diffusé depuis une dizaine d’années en français, veut mettre en évidence le fait que les rôles féminins ou masculins ne sont pas seulement définis par le sexe (caractères biologiques) mais sont le résultat des conditions de production et de reproduction dans chaque société. Les rôles joués par les hommes et les femmes ne sont pas les mêmes dans toutes les sociétés : les relations entre les hommes et les femmes vont varier en fonction des caractéristiques culturelles de la société. Cependant ces relations ne sont pas figées, elles évoluent et peuvent changer dans le temps. Elles évoluent différemment suivant les situations sociales et économiques.

L’approche par le genre permet de mettre en évidence les différentes fonctions assurées par les unes et les autres. Elle montre que les différences ne sont pas seulement biologiques (sexuelles) mais qu’elles sont également le résultat de constructions sociales et culturelles . Le concept de genre ne cible pas les femmes comme un groupe à part. Il s’intéresse aux rapports sociaux entre les sexes, à leurs interactions, et met en évidence les constructions sociales des rôles féminins et masculins ainsi que la hiérarchie qui marque cette forme de relations. L’analyse de genre met l’accent sur les droits à l’accès et au contrôle des ressources (naturelles, économiques,, socio-culturelles) et les droits sociaux, l’accès au pouvoir et l’autonomie “ (tiré d’une brochure éditée par Le monde selon les femmes, rue de la Sablonnière, 18 à 1000 Bruxelles).

[7] Brochure “Elle et Lui, deux genres pour faire un monde” publiée par Entraide et Fraternité/Vivre Ensemble, campagne 2001et 2002.

[8] HEBREUX 10,6-7

[9] Voir Audience Générale du 6/12/1995 : « Le rôle de la femme à la lumière de Marie », Documentation Catholique 2130, p.58.

[10] Sur les quatre modèles de rapport homme/femme, voir Pierre MOURLON-BEERNAERT, « Les visages féminins de l’Evangile », édition Lumen Vitae, 1992 .

[11] DALY Mary, dans « Si Dieu était une femme », dossier de La Libre Essentielle, Bruxelles, 16 & 17/12/2000, p.16.

[12] DONDERS Dirkje, « La voix tenace des femmes », Thèse de Théologie, Université catholique de Nijmegen, Pays-Bas 1997.

[13] voir note 3.

[14] CONFERENCE EPISCOPALE DU CANADA, « Un langage nouveau pour la communauté chrétienne », 1983.


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