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Situer les ministères à la lumière du nouveau testament

Situer les Ministères à la Lumière du Nouveau Testament

Jean Vinatier

Effort Diaconal, 37-38, -trimestriel-, sept. 74 - mars 75, pp. 40-50.

Parler des ministères, c’est parler de l’Eglise, c’est préciser sa mission.

Car «l’Eglise n’est pas n’importe quoi ... elle se définit par un certain type de relations» entre les croyants; entre les croyants et l’ensemble des hommes; «un type de relations qui essaie de se laisser animer par les relations du Christ à Dieu et du Christ aux hommes ... un type de relations fondé sur la foi, laquelle est en même temps un dynamisme d’amour (relation aux autres) et un dynamisme d’espérançe (relations àl’histoire)» (1) ).

Si vous préféréz à cette définition théologique de Mgr Bouchex, une vision plus familière, mais finalement semblable, écoutons la finale de St Mathieu: «Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du St Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps» (28, 18-20).

Certaines époques ont fait tourner la vie de l’Eglise davantage autour de ces mots: «apprenez leur à garder tout ce que je vous ai prescrit». D’autres, et je pense que c’est le cas de la nôtre, ont redécouvert l’importance de l’envoi et de la préparation des nations au Baptême, disons de la première évangélisation. Mais les unes et les autres ont compris que dans ce testament de Jésus étaient contenus en germe tous les ministères qui se sont développés au cours des siècles.

Au coeur de la recherche qui est la nôtre, je voudrais que nous nous laissions interroger, puis éclairer principalement par l’Ecriture. Car les bouleversements qui secouent le monde et l’Eglise, s’ils remettent en cause bien des certitudes, ne donnent pas beaucoup, sinon de réponses, au moins d’orientations pour élaborer ces réponses.

Il y a justement une source vers laquelle on revient instinctivement chaque fois qu’on est dans l’incertitude et le brouillard, chaque fois que, par «les signes des temps» le Seigneur appelle ses disciples à la conversion: cette source c’est l’Ecriture. A propos des ministères, 14 exégètes et théologiens l’ont interrogé ensemble récemment (2). Et leur travail est pour nous aussi éclairant que déconcertant.

Car le Nouveau Testament attire notre attention sur des points-clé auxquels nous ne pensons pas spontanément. Par ailleurs, il est loin de répondre directement aux questions que nous aimerions lui poser au sujet des ministères. Nous l’interrogeons sur les évèques, les prêtres; maintenant les diacres. L’Ecriture nous répond en nous parlant des Apôtres, des prophètes, des docteurs, des évangélistes, des «anciens» ... Nous voudrions savoir les intentions claires et stables de Jésus pour la suite des temps. Le Nouveau Testament se contente de nous décrire la vie des premières communautés sans rien figer. Il nous parle d’unité, de communion, sans préciser, comme nous le voudrions, ce qui est l’objet de cette unité ou de cette communion.

Ce qui importe à ceux qui nous ont légué leur témoignage, c’est de nous transmettre leur foi, c’est de nous mettre en marche avec le dynamisme d’une espérance pleine de vie, c’est de nous permettre de faire jaillir, comme eux, tout au long de la route, les ministères, les services qui sont les plus significatifs de la volonté du Seigneur. Le reste sera donné par surcroit.

Accueillons leur appel et essayons d’entrer dans leur dynamisme.

I - Les Ministères se Situent dans un Dynamisme et dans une «Dialectique»

Il est bon de ressaisir cette réalité. Disons que l’Ecriture nous montre d’abord les notes communes à l’ensemble des ministères et c’est seulement à l’intérieur de cette vision qu’elle nous permet de faire des distinctions fructueuses.

Je signalerai ici trois «couples» qui permettent de préciser ce qu’elle nous apprend.

1. La très grande diversité des ministères appelle leur unité dans une communion.

2. Tous les ministères sont d’abord des services. Ces services appellent une autorité réelle liée à une responsabilité.

3. Tous les disciples du Christ sont «ministres» et donc serviteurs.
Quelques uns d’entre eux le sont à un titre privilégié pour la vie même de l’Eglise.

Je reprends rapidement chacune de ces réalités.

1A. La diversité des ministères est affirmée dans tous les livres du Nouveau Testament.

«Le corps est un tout, en ayant plusieurs membres, ainsi en est-il du Christ» (1 Cor. 12, 12). Cette phrase de Paul pourrait introduire les diverses énumérations qu’il fait lui-même, comme celles des Evangiles ou des Actes. Nous apprenons ainsi qu’il y a diversité de services, parce qu’il y a diversité de dons (3) qu’il y a les Apôtres, les prophètes et les Docteurs, mais il y a aussi ceux qui enseignent, ceux qui president, ceux qui exercent la miséricorde, ceux qui guérissent, ceux qui ont le discernement des esprits, ceux qui parlent en langues, ceux qui interprètent. Il y a les évangélistes, les «épiscopes», les «anciens» ou presbytres. Il y a ceux qui bâtissent le Corps du Christ. Il y a des hommes parmi tous ceux là; il y a des femmes; il y a des célibataires, il y a des foyers. Il y a les ministres qui gagnent leur vie en travaillant de leurs mains; il y a ceux qui vivent des offrandes de la communauté. Il y a les ministères auprès des païens, il y a les ministères pour les croyants, etc ... etc ... (Rom. 12, 6-8; 1 Cor.12, 4-11; Rom. 16, etc ...)

On pourrait aller plus loin et montrer quelles différences considérables il y a dans l’apostolat même de ceux qui sont «Apôtres»; voir comment Paul a fait irruption dans le collège apostolique; comment Jean montre, par son exemple, qu’il a une manière bien particulière d’être disciple de Jésus (4).

Cette extraordinaire diversité est, pour nous, pleine d’enseignements. «La variété des ministères dans le Nouveau Testament donne à penser que l’acte présent de la Tradition du mystère du Christ est plus important que ses modalités. Le fait ministériel est plus important que les rôles ou les charges déterminées».(5)

Cette conclusion est capitale: car autant il est évident que les ministères font partie intégrante de la vie des églises, autant il est clair que l’Eglise a une grande liberté pour adapter les rôles et les charges aux besoins spirituels qu’elle reconnaît comme importants à un moment donné.

1B. De plus cette étonnante diversité n’est pas une anarchie, n’est pas liée à la fantaisie des personnes ou des groupes. Elle ne se conçoit que dans une communion qui doit manifester l’Unité de l’Eglise du Christ.

S’il y a un accent qui revient sans cesse et de mille manières dans le Nouveau Testament, c’est bien cet appel à l’Unité, cette nécessité de la communion. C’est un peu comme les vagues qui reviennent inlassablement recouvrir une potion du rivage. A tel point que, dans chaque ministère, il y aura cette note de communion; et je pense pas me tromper en affirmant que l’une des principales tâches de l’Evêque de Rome est un «service de communion» de toutes les églises.

Ainsi cette note, si purement évangélique, retentit, dans tout le Nouveau Testament, elle marque tous les ministères. Et plus un ministère est central dans la vie de l’Eglise, plus il comporte cette exigence et cette responsabilité.

J’ajoute un dernier mot à ce sujet: il est frappant de remarquer que les femmes énumérées dans le Nouveau Testament, et auxquelles sont confiés des «services» pour l’Eglise, exercent à des titres divers un rôle de liaison entre les communautés, un rôle d’hospitalité, un rôle de communion. Il serait aisé de retrouver ce rôle exercé par elles, en vertu d’un «charisme» évident aux grands moments de l’histoire de l’Eglise.

2A. Tous les ministères sont d’abord des services.

Voilà encore un mot clé du Nouveau Testament. Voilà la nouveauté évangélique par excellence, puisque les deux termes «ministères» et «services» sont souvent interchangeables, puisque le terme de «diakonein», servir, donne son nom à l’un des 3 grands ministères apostoliques,

Diacre, = ministère du service par excellence (6).

Nous pouvons tirer de cette note évangélique quelques leçons.

C’est pourquoi je crois que l’on peut dire ceci:

Tout ministère est service.

Mais le Diaconat est ce ministère qui a pour mission particulière d’être comme le révéalteur de cette qualité évangélique pour toute l’Eglise et d’abord pour les autres ministères. Le diacre est tellemént «serviteur» dans la trame même de sa vie, que chacun doit se sentir interrogé par lui : «Est-ce que ce que je fais est vraiment un service de Dieu et des besoins essentiels des hommes, mes frères»?

2B. Les ministères, parce qu’ils sont des services, s’accompagnent d’une autorité réelle. Mais celle-ci est radicalement différente, dans sa source, son exercice et ses applications, des autres autorités humaines, politiques ou même religieuses.

o Il en est de même de la « présidence» qu’exerce tout naturellement un ministre. «Présider» est synonyme de «prendre soin» (9) comme l’indique-bien ce passage: «Quelqu’un qui ne saurait présider sa propre maison, comment prendrait-il soin d’une église de Dieu . » (1 Tim. 3, 4-5.)

J’ajouterai en ce qui concerne le Diaconat une simple remarque. Le diacre a, dans une église, l’autorité qui découle de sa responsabilité de serviteur auprès des personnes ou des groupes qui, sans lui, seraient laissés pour compte. Toute société, toute civilisation secrète ses marginaux marginaux à cause de la race, de l’origine sociale, de la santé physique, psychique, morale. Et il y a aussi les marginaux des églises. Il doit y avoir quelqu’un dans chaque église pour proclamer par sa parole et par le témoignage de sa vie que l’église n’est pas l’Eglise du Christ si elle se désintéresse concrètement de ces hommes et de ces femmes. Bien plus ils doivent devenir ceux qui sont l’objet de sa sollicitude privilégiée.

Il suffit de rappeler ici que bien des femmes que nóus présente le Nouveau Testament, remplissent les missions de service les plus diverses: service de l’accueil et de l’hospitalité, certes; mais aussi service de la Parole, et service du témoignage essentiel de la Résurrection.

3. Tous - quelques uns

Les études d’A. Jaubert, dans les numéros précédents d’Effort Diaconal (No. 28 - 29 - 33- 34 et 35 d’E. diaconal) ont bien mis en lumière cette caractéristique si révélatrice quand on l’applique aux ministères.

Il suffira d’en rappeler ici l’importance.

A. La responsabilité de tous les croyants, de tous les disciples de Jésus pour continuer et rendre actuelle son oeuvre sur terre est un des leit-motiv les plus impressionnants du Nouveau Testament. De nouveau l’image de la marée qui revient battre le rivage s’impose à nous. (10)

B. Cette parole de Paul, si dense, nous permet de voir maintenant le second volet de cette lumière évangélique au sujet de «tous - quelques-uns»

Pendant le concile Vatican II, les évêques se retrouvaient au rang des «enseignés» quand ils écoutaient les leçons suivies des théologiens qui les avaient accompagnés.

Et nous pouvons maintenant en conclure ceci: Non seulement exercer un ministère n’est ni un privilège, ni un monopole, mais « la dualité insurmontable du rapport entre quelques uns et tous marque l’être de l’Eglise, parce que celle-ci ne peut s’identifier de manière immédiate à son Seigneur. L’Eglise ne s’appartient pas; elle est de manière permanente dépendante d’un Autre, de celui qui a été envoyé pour la convoquer et la rassembler au prix de sa vie. Le ministère qui tire son origine de l’envoi du Fils dans la chair manifeste que la cornmunauté qui a la même origine, reçoit sans cesse comme un don tout ce qui la fait vivre. La présence du ministère montre également que tant que le peuple de Dieu poursuit son pèlerinage terrestre, l’Eglise est en devenir de construction et qu’elle n’est jamais achevée» (13)

II - Ministères Institués et Ministères Ordonnés

Ayant devant nous cette vision générale de l’Eglise, et particulièrement les trois couples de son dynamisme intérieur, il est maintenant possible de répondre aux questions plus actuelles concernant les ministères.

Vous savez que, depuis un recent décret de Rome, on parle aujourd’hui volontiers de ministères institués et de ministères ordonnes. Qu’est-ce à dire?

Puisque tout disciple du Christ est appelé à travailler à la mission, à prendre sa part des services nécessaires à la croissance de l’Eglise, il faut simplement rappeler que cette mission et ce service sont liés directement au baptême et à la confirmation.

1. Mais si tous les ministères sont des services, tons les services ne sont pas des ministères aú sens précis du terme. Voyons d’abord les caractéristiques qui sont propres à tous les ministères.

a) Un ministère répond à unbesoin précis, global ou particulier de l’Eglise ou du peuple chrétien. Il faut donc qu’il soit examine avec soin et que la communauté vérifie son bien fondé.

Cet examen est nécessaire car un besoin véritable n’apparaît pas toujours à première vue. Il y a des détresses silencieuses, physiques ou morales et discrètes. Il y a les marginaux dont un des traits caractéristiques est précisément d’être oubliés.

Par ailleurs, nous savons que le Christ est précisément celui qui nous révèle les besoins fondamentaux de l’homme. L’Eglise doit examiner les besoins qui lui sont signalés comme propres à un groupe, une situation donnée. Elle opère une oeuvre de discernement.

b) Pour qu’il y ait ministère il faut que ceux qui se sentent appelés à l’exercer aient compétence pour cela et ressentent à la fois le besoin à satisfaire et l’appel qui lui est personnellement adressé pour y répondre.

c) Il faut que cet appel soit perçu comme venant non seulement des hommes, mais du Christ lui-même. Cela suppose de lire cet appel dans le climat évangélique dont nous avons parlé. De sorte que le ministère soit exercé au nom de Dieu et qu’il ait un rapport avec la construction et la croissance de l’Eglise aujourd’hui.

d) De là découle qu’un ministère a toujours un lien visible avec l’Eglise et les responsables de cette église. Ceci entraîne comme conséquence non seulement que ce ministère est accueilli et reconnu comme authentique, mais qu’il est pris en charge par la communauté des croyants.

e) Enfin un ministère n’est pas un service occasionnel - un coup de main personnel -Il faut qu’il ait une certaine permanence, une certaine durée.

Il est d’ailleurs possible que certains ministères soient institués pour un temps (questions de disponibilité, de santé, d’obéissance à des évènements particuliers). Alors que d’autres continuent à être conférés pour toute une vie.

2. Que dire des ministères qu’on appelle aujourd’hui institués? Nous commençons à en connaître un peu partout. Des femmes compétentes remplissent aujourd’hui le rôle qui était hier celui des aumôniers de lycées. Des foyers dans les centres de préparation au mariage répondent à un des besoins les plus évidents des jeunes d’aujourd’hui. Plus encore ces femmes qui ont des responsabilités étendues pour la catéchèse d’un secteur ou d’un diocèse, celles qui sont responsables, en l’absence de prêtres, de paroisse; cette femme nommée vicaire général d’un diocese d’Amérique latine - il est vrai pour y être responsable des problèmes féminins.

Ce dernier cas est d’ailleurs particulièrement intéressant- Car manifestement il y a là un type de responsabilité qui normalement appellerait la plénitude non seulement d’un consécration personnelle à une tâche, mais encore d’une ordination dans l’Eglise.

3. Et nous voici donc amenés à essayer de donner quelques points de repère pour mieux comprendre le rôle, dans l’Eglise, des ministères ordonnés.

Dans le Nouveau Testament, nous voyons déjà que certaines fonctions apostoliques sont privilégiées à un certain titre: ce sont de toute évidence les services les plus indispensables à la communauté, en même temps qu’ils se rattachent à une volonté manifeste du Seigneur Jésus.

Très rapidement, dans les premiers siècles - et déjà on le sait dans les épîtres pastorales - on retrouve le germe de la trilogie que canoniseront par une ordination sacramentelle aussi bien les églises catholiques que les orthodoxes : épiscopat - presbytérat - diaconat. Même si ce dernier ordre a pratiquement disparu de nos églises pendant de longs siècles, il est resté comme une sorte de «porte d’entrée» indispensable pour accéder au sacerdoce des prêtres, comme si l’Eglise avait senti qu’elle ne pouvait pas l’évacuer de sa vie: elle l’a gardé comme « en réserve» pour l’avenir - un avenir qui est pour nous le présent.

Essayons donc de préciser un peu mieux, dans le cadre de ce que j’ai dit des ministères, ce que représente une ordination.

a) Dans tout ministère ordonné, il y a une référence directe aux apôtres et à leur mission essentielle. L’ordination est en effet une «tradition» au sens étymologique, une «transmission» à un croyant qui l’accueille de la grâce dynamique de la fonction apostolique. Cette transmission, ininterrompue depuis les apôtres est une garantie de fidélité au message de Jésus.

b) Celui qui reçoit un de ces trois ministères est donc ordonné à la Foi des Apôtres et à celle de l’Eglise. Ce n’est pas sa foi personnelle qu’il va proclamer. C’est la foi commune des églises du Christ. Et c’est la raison pour laquelle à l’intérieur même de l’ordination se place la profession de Foi dú ministre

c) Ordonner: c’est mettre chaque chose à sa vraie place. Recevoir un ministère c’est entrer dans un service particulier. Mais ce service n’existe pas en soi. Il est «ordonné» aux autres ministères et le ministre est ordonné aux autres ministres. Cela fait un tout et cela fait l’Eglise. C’est pourquoi toute ordination appelle un véritable engagement à la communion fraternelle entre les ministres et entre les églises.

d) Un ministre «ordonné» est significatif de l’Eglise. Il est, il devrait être un signe évident pour les chrétiens de cette réalité évangélique L’essentiel de notre vie chrétienne: foi - sacrements - apostolat - nous le recevons du Sauveur par l’Eglise, pour le transmettre à notre tour sans défaillance.

Et c’est pourquoi un ministère sera d’autant plus significatif pour une communauté qu’elle aura été appelée à participer à son choix, et qu’elle se sentira ainsi vitalement responsable de ses responsables. Elle comprendra mieux par là-même qu’elle ne s’est pas déchargée de la mission et du service qui sont confiés à un ministre: celui-ci est là au contraire pour le lui rappeler sans cesse par sa propre vie.

Conclusion

Sans anticiper sur d’autres exposés ou d’autres témoignages, je crois pouvoir conclure de tout ce qui précède deux choses:

1. L’Eglise sera d’autant plus fidèle à son Sauveur qu’elle se montrera capable - et d’inventer les ministères qui correspondent aux besoins les plus évidents du monde actuel - et de retrouver le dynamisme évangélique de ses ministères «ordonnés». Dans cette perspective, il me semble évident que l’absence à peu près complète du diaconat dans notre église de France affaiblit ou voile considérablement le caractère de «service» des autres ministères ordonnés.

2. Parce que tous les chrétiens sans exception sont responsables de l’avenir de l’Eglise et donc de l’Evangélisation et des ministères qui lui sont ordonnés, l’absence, de nos jours complète, des femme dans les trois ministères qui ont les plus grandes responsabilités apostoliques dans l’Eglise, ne prive-t-elle pas manifestement cette Eglise d’un dynamisme et d’une grâce essentiels à un moment de l’Histoire du salut où elle en aurait le plus grand besoin ?

Notes

1. Mgr Bouchex, No. 34, d’Eglise de Fréjus-Toulon 1973, p. 7.
Je m’inspirerai souvent au cours de cette étude des conférences de Mgr Bouchex aux prêtres du diocèse de Toulon. Voir également son intervention à l’assemblée de Lourdes 1973.

2. Le ministère et les ministères selon le Nouveau Testament. Le Seuil 1974. Je désignerai ce livre par le sigle M.N. T.

3. M.N.T p, 21-23 et chapitre III, pages 57 et sq ; p. 413-417.

4. M.N.T. p. 260-261. Ceci ne doit pas nous étonner. Quelle différence dans l’emploi du temps concret d’un évêque de la Curie Romaine, de l’évêque d’un grand diocèse urbain, de celui d’un petit diocèse rural; d’un évêque missionnaire aux glaces polaires, du Vicaire aux Armées ou du Prélat de la Mission de France!

5. M.N.T. p. 434. Au ministère de communion est lié le «ministère de réconciliation» (2 Cor. 5, 18).

6. Le terme «servir», «serviteur» va se retrouver 360 fois dans le Nouveau Testament, celui de «diacre» nom ou verbe - plus de 40.

7. M. N. T. p. 88.

8. Id. p. 320, voir 1. Th. 5, 12-13 et 1 Cor. 16, 10-15.

9. Id. page 321.

10. M. N. T. Lire entre l’autres p. 18-26; 86-88; 167-168; 300-311; 369-391; 404-406.

11. M. N. T. Annie Jaubert, p. 24.

12. Id. J. Delorme. p. 301.

13. Id. B. Serbaire, p. 406.

Jean Vinatier

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