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par Suzanne Tunc
de Des femmes aussi suivaient
Jésus, essai d'interprétation de quelques versets des
évangiles , Suzanne Tunc, Desclée de Brouwer, 1998, pp.
139-149. Republié sur notre website avec les permissions
nécessaires.
Avec
le progrès des sciences et des sociétés, la
hiérarchie catholique a dû peu à peu abandonner les raisons
traditionnelles décarter les femmes des ministères. Mais sa
volonté reste immuable. Elle avance donc aujourdhui de nouvelles
justifications. Sont-elles meilleures que les anciennes ? Un changement de
raisons avec les siècles nest pas un signe de certitude...
Il
peut sembler inutile de rappeler les arguments traditionnels, si souvent
commentés et aujourdhui dépassés, mais ne
permettent-ils pas de prendre conscience des fantasmes masculins et de
lerreur dans laquelle vivait la hiérarchie catholique sur la
« nature » des femmes jusquà une époque
très récente ? Une erreur si longtemps enracinée a-t-elle
pu disparaître totalement en quelques années ?
Les arguments traditionnels
Un
premier point est clair : sil na jamais été tenu
compte dune manière positive du compagnonnage des femmes avec
Jésus et les douze (sinon pour justifier la création des
diaconesses), le « choix des douze » na guère
été davantage invoqué pour écarter les femmes des
ministères (1), alors quil en est devenu en réalité
la seule justification (2).
Ce
sont des raisons dordre anthropologique et sociologique qui furent
invoquées contre les femmes. Les textes que nous avons rencontrés
ne parlent que de soumission de la femme à lhomme, en raison de
son « infériorité », ou de son impossibilité
de « toucher » les choses « sacrées » à
cause de son « impureté ». Infériorité et
impureté sont, en effet, les deux motifs traditionnels de
lexclusion des femmes.
Linfériorité des femmes
Linfériorité féminine a été
constamment invoquée depuis les premiers siècles. Rien,
cependant, dans les évangiles, ne la suggère. Jésus, au
contraire, sentoure de femmes quil traite en égales, il les
relève, les justifie, les prend pour confidentes de ses principales
révélations (la Samaritaine, Marthe et surtout Marie de Magdala).
Lidée de linfériorité féminine
sappuie sur linterprétation rabbinique tardive et partiale
de Genèse 2-3, où Ève serait créée «
pour lhomme », oubliant que Gn 1, 27 chante la création de
lHomme, « mâle et femelle ». Jésus, lui, ne cite
Gn 2 que dans sa partie positive : « Lhomme quittera son
père et sa mère et sattachera à sa femme, et ils ne
feront quun en une seule chair » (Mt 19, 5 ; Gn 2, 24). Cest
Paul qui est responsable davoir repris linterprétation
défavorable à la femme et établi une hiérarchie
Christ/homme/femme en parallèle à Dieu/Christ/homme, au moment
même où il reconnaissait à la femme le droit de
prophétiser, à condition de garder une tenue décente (le
fameux « voile »), pour ne pas faire honte à son mari,
« sa tête » (1 Co 11), et alors quil avait
proclamé légalité des hommes et des femmes dans le
Christ (Gal 3, 28) ! Il aurait mieux fait de suivre davantage son maître,
le célèbre rabbi Gamaliel, qui napprouvait pas
linterprétation misogyne de la Genèse (3).
Malheureusement, lidée dinfériorité a
été ensuite presque unanimement adoptée par les
Pères de lÉglise (mais on nen voit pas trace chez
Irénée). Misogynes sous linfluence des encratites (4), des
stoïciens, de la pensée platonicienne (la plupart des Pères
venaient de milieux grecs), et des premiers ascètes, ils étaient
hostiles à la sexualité et au mariage, au nom de la
suprématie de lesprit sur la chair, notion cependant
étrangère au judaïsme. Dans ce contexte, la femme
était la « tentation ». Il fallait la dévaloriser
afin de se défendre contre elle.
L'infériorité des femmes a été ainsi
rappelée depuis Tertullien, Origène, Jean Chrysostome, Augustin,
lAmbrosiaster, Gratien et son Décret, jusquà Thomas
dAquin et bien dautres, avant et après eux. Les
imprécations des uns et des autres sont trop connues pour être
reprises ici. Citons seulement Thomas dAquin : «Le sexe
féminin ne peut signifier quelque supériorité de rang, car
la femme est en état de sujétion. Elle ne peut donc recevoir le
sacrement de lOrdre » (Suppl. q. 39, 1, c.). Son «
état de sujétion », simple situation de fait,
apparaît si naturel quil est considéré comme de
création divine et devient le fondement dune
infériorité ecclésiale. Reprenant une idée
dAugustin, Thomas dAquin applique aux femmes le principe
d« équivalence et subordination », également
dorigine grecque et non juive. Fondée sur la séparation de
lâme et du corps, hommes et femmes sont égaux au plan de
l« âme », mais au plan « corporel »,
matériel, pratique, les femmes sont subordonnées aux hommes,
elles leur sont « inférieures (5) ». Lhomme seul,
selon cette conception, est «image de Dieu » ; la femme ne l'est
que par son âme : « Limage de Dieu se trouve dans
lhomme dune façon qui ne se vérifie pas dans la femme
; en effet, lhomme est le principe et la fin de la femme, comme Dieu est
le principe et la fin de la création (6) » . Rien de ceci
nest évangélique...
Un
raisonnement semblable se trouvait déjà dans le Décret de
Gratien (vers 1140) et ce Décret est la principale source du Droit
canonique : « Cette image de Dieu est dans lhomme (vir),
créé unique, source de tous les autres humains, ayant reçu
le pouvoir de gouverner comme son remplaçant, parce quil est
limage du Dieu unique. Cest pour cela que la femme na pas
été faite à limage de Dieu (7). »
Porté par ces textes, largument de
linfériorité féminine a survécu
jusquà ces tout derniers temps. Le Dictionnaire de droit
canonique de 1953, au mot « Femme », déclarait encore
que « le droit canonique professe à légard de la
femme une certaine réserve... qui semble inspirée soit par la
considération de limbecilitas sexus, soit par le souvenir
du rôle que la femme a joué dans la faute originelle et de
loccasion de péché quelle représente ».
Le Code frappait donc la femme dun certain nombre
dincapacités. Il déterminait même « les
éléments essentiels de sa tenue », surtout lorsquelle
prétendait (sic) sapprocher de la sainte table (8)...
»
Ces
dispositions ont disparu avec le Code de 1982, mais
légalité entre hommes et femmes a encore mis un certain
temps à être officiellement acceptée. Ce nest que par
la Lettre apostolique de Jean-Paul 11, Mulieris dignitatem, de 1988,
qua été reconnue entre eux une « radicale
parité » (n° 16). Mieux : la Lettre estime que «la
domination de la femme par lhomme constitue une perte de stabilité
de légalité fondamentale (souligné dans le
texte) que possédaient lhomme et la femme dans lunité
des deux » (n° 10). Malheureusement, les conséquences
pratiques nen sont pas encore dégagées. La Lettre affirme
avec insistance que « cette unité ne supprime pas les
différences » (n° 16). La « nature » de la femme,
telle que la conçoit encore le Vatican (vierge, épouse,
mère), sopposerait à toute modification de son statut
ecclésial (9).
Limpureté des femmes
Contrairement à lenseignement de Jésus, qui avait
précisé que « limpureté » ne vient que
du coeur (Mt 15, 11, 16 s ; Mc 7, 15 s) et qui, sans se sentir devenir «
impur », avait guéri une femme en état
dimpureté en raison d'une perte de sang (Mt 9, 18-25 ; Mc 4, 21-42
; Lc 8, 40-56), les prescriptions du Lévitique (15, 19-30) furent
rapidement reprises par les nouvelles communautés - si elles avaient
jamais été abandonnées. La « sacralisation »
des rites chrétiens, en particulier de leucharistie(10), et la
« sacerdotalisation » des ministères, y contribuèrent
largement. Dès les premiers siècles, l«
impureté » des femmes est officiellement invoquée pour les
écarter de lautel. Des textes, concernant surtout les diaconesses,
leur interdisent de « toucher les linges sacrés », ou
d« approcher de la table sainte (11) ». Marie-Jeanne
Bérère cite une lettre de la collection des
Décrétales constituée par Gratien, au XII e siècle,
et attribuée au pape Sotère du H III e siècle, quoique
probablement un faux, interdisant aux femmes de « toucher » les
vases sacrés et les saintes panes. Gratien reprendra linterdiction
dans son Décret (12). Pas davantage que linfériorité
des femmes, leur impureté ne peut se prévaloir d'une quelconque
référence évangélique. Le besoin de forger des
textes pour y suppléer, comme la lettre de Sotère, en serait
à lui seul la preuve.
LÉglise catholique ne parle plus aujourdhui d'une «
impureté » des femmes. Mais, dans les esprits, il nest pas
certain que quelque chose nen demeure(13). Limpureté
concerne largement le « sacré ». Le sacré a-t-il
disparu?
Les femmes et le sacré
Le
« sacré » est une notion universelle, mais bien difficile
à cerner. Il a fait lobjet de beaucoup détudes. De
nombreux ouvrages y font référence(14). Rappelons quelques
principes.
Le
sacré rejoint les peurs ancestrales de lhomme à
légard des forces inconnues et inexplicables quil ne peut
contrôler, mais dont il cherche à se protéger et à
se servir (15) . Car ce sacré si redoutable peut être bon ou
mauvais. Il faut donc le traiter avec dinfinies précautions,
différentes selon les peuples et les époques, pour tenter de se
le rendre favorable. Certains êtres humains semblent revêtus, par
eux-mêmes, ou par le clan, dun pouvoir qui leur permet
dentrer en contact avec ces forces, de les interpréter et de les
rendre bénéfiques. Its sont les médiateurs entre les
énergies « sacrées » et les autres hommes.
Doù la délimitation des lieux pour rencontrer les
puissances sacrées, la définition des personnes qui peuvent les
approcher, les rites et les interdits, les « tabous », mot qui, en
mélanésien, signifie : « attention : danger ».
Une
manière de se rendre le « sacré » favorable est de
lui offrir des présents, des sacrifices, où lon donne - ou
«abandonne » - à la puissance redoutée quelque chose
qui vous appartient et dont on se prive : ce peut être loffrande
rituelle, ou encore lascèse. Cest aussi une manière
de reconnaître aux dieux que lon dépend deux, ou
même que lon tient tout deux. Dans les diverses religions,
des prêtres, quel que soit leur nom, sont chargés du contact avec
la divinité. Ils définissent ce qui doit être fait ou
évité. Ce sont normalement des hommes - viri -, sauf dans
les religions de la « fécondité », où existent
des prêtresses.
Il
nest pas surprenant que la sexualité, si mystérieuse
à nos ancêtres, ait été considérée
comme appartenant au domaine du sacré : « La sexualité fait
partie de lensemble des forces qui se jouent de lhomme »,
écrit René Girard (16) . La fécondité, et par
là même la femme, est revêtue dune « aura
» de sacré. Mais elle cantonne la femme dans le seul «
sacré » de la fécondité. Par contraste, la
stérilité, toujours attribuée à la femme avant les
progrès de la science, est considérée comme une
malédiction. LAncien Testament est rempli des plaintes de femmes
« stériles », que Yahvé console par une naissance
inopinée. Par ailleurs, si « le sang, cest la vie »,
comme le dit le Lévitique (17, 14), les pertes de sang sont
assimilées à des pertes de vie. Elles évoquent aussi la
mort. Elles sont donc des « sacrilèges ». Le « tabou
» universel des menstrues des femmes est repris dans le Lévitique,
rédigé à une époque IV e siècle avant J.-C.)
où, après lexil du VIe siècle, le peuple juif
craignait tout ce qui était susceptible de déplaire à
Yahvé et dattirer un nouveau châtiment. La personnalisation
de son Dieu par Israël et ses efforts pour le différencier des
autres dieux, nont pas empêché les tabous, les cultes, les
sacrifices et les offrandes rituelles, pourtant de plus en plus
condamnés par les prophètes au profit de la « pureté
» de coeur.
La
venue du Christ aurait dû modifier la nature des rapports entre les
hommes et Dieu. Mais les ministères restent « sacrés
», et lon parle toujours de « sacerdoce », au lieu de
« presbytérat » ou de « ministère
presbytéral », ce qui serait plus exact, car le seul «
sacerdoce » est désormais celui du Christ, quil fait
partager à tout son peuple. Lincompatibilite entre la femme et le
sacré, bien quelle ne soit pas invoquée et que rien ne 1a
justifie, ne constitue-t-elle pas encore aujourdhui une motivation
profonde de lexclusion des femmes ? Elle a si profondément
imprégné les hommes de tous les temps quil serait
surprenant quelle ait disparu du subconscient des hommes
dÉglise, ainsi que le « sacré » de sa
fécondité. « La privation de cette puissance
denfanter », écrit Pierre Vallin, nexplique-t-elle pas
« les organisations symboliques les plus fortes des hommes (17) ? »
La
compréhension du ministère comme « sacerdoce »
Le
terme de « sacerdoce », qui laisse à penser que le
prêtre exerce une fonction « sacrée », ne peut se
prévaloir daucune référence
évangélique. Bien au contraire. Jésus nous libère
du « sacré », « universellement
sécrété par la terre des hommes (18) », « en
nous rattachant directement à lamour de Dieu (19) ». «
En répandant son Esprit sur toute chair, sans faire
acception de personne (Ac 2, 17 ; 10, 34), il a supprimé la
nécessité des intermédiaires sacrés entre Dieu et
les hommes, qui était la raison dêtre des anciens sacerdoces
sacrificiels. Cest en ce sens que le peuple chrétien,
libéré de cette servitude, est appelé
sacerdotal. Ce peuple ne serait pas le corps vivant du Christ
sil navait pas le moyen dentretenir et dexercer par
lui-même ses fonctions vitales, sil était obligé de
recourir aux services spécialisés dune caste de fonctionnaires
dont le recrutement et la libre disposition lui échapperaient (20).
»
On
trouve cependant dans la Constitution de Vatican II Presbyterorum
ordinis un très grand nombre dexpressions qui font appel au
« sacré » des prêtres : « pouvoir sacré
», « vocation sacrée », « caractère
sacré », « pasteurs sacrés », et même
« vêtements sacrés », « lieux sacrés
», « matériel sacré », bien dautres
encore. La distinction entre le « sacré », domaine des
clercs, et le « profane », domaine des laïcs, « fait des
hommes sacralisés rituellement des
délégués à la rencontre avec le divin (21) ».
Étant donné lincompatibilité que le christianisme
na pu éviter de laisser persister dans les esprits entre la femme
et le sacré, comme en témoignent les exemples encore
récents que nous avons relevés sur « limpureté
» des femmes, qui en est la principale expression, il n'est pas
surprenant que celles-ci restent exclues dun ministère ainsi
compris et de lordination qui lui donne accès. Mais cette
sacralisation et cette exclusion sont incompatibles avec le message
évangélique.
Nous
navons pu ici quévoquer le problème. Il nous faut
renvoyer aux nombreuses études quil a suscitées (22).
Notes
1.
Rappelons que lexemple de Jésus na été
invoqué pour la première fois quau III e siècle, par
la Didascalie, pour dissuader les femmes de parler de leur foi en raison
de leur prétendue incompétence et du fait que lon se
moquerait de ce quelles diraient en tant que femmes! (cf. supra, p. 98).
2.
Les textes actuels sont cités infra p. 151. Voir notamment,
préparé avant la parution de la dernière « Note
» du Cardinal Ratzinger du 28 octobre 1995 (Doc. Cath. n°
2128, du 17 oct. 1995), le dossier réuni dans le numéro 224 de
Lumière et Vie, sept. 1995 : « La non-ordination des
femmes. Un moratoire contesté. »
3. Le
Talmud cite en effet cette anecdote qui aurait été
rapportée par Gamaliel : « Un empereur, racontait-il, avait dit
à un Sage :"Ton Dieu est un voleur. Il lui a fallu, pour créer la
femme, quil dérobe une côte à Adam endormi." Le Sage
était embarrassé. Sa fille lui dit : Laisse-moi men
charger. Elle alla trouver lempereur et lui déclara :
Nous portons plainte - Ah ! Pourquoi ? - Des voleurs se sont introduits
chez nous pendant la nuit ; ils ont dérobé une aiguière en
argent, en laissant à la place une aiguière dor. - Que
nai-je chaque nuit de semblables visites, sécria
lempereur en riant. - Eh bien! cest ce qua fait notre Dieu.
Il a enlevé au premier homme une simple côte, mais en
échange, il lui a donné une femme. » Cité par
Daniel Roes dans La vie quotidienne en Palestine au temps de Jésus,
op. cit., p. 160, reprenant des extraits du Talmud par Cohen, p. 213.
4. Les « encratites », le plus souvent
dorigine judéo-chrétienne de Mésopotamie et de
Palestine, étaient proches des gnostiques. Its méprisaient la
chair, exaltaient la virginité et lascétisme, interdisaient
même le mariage, et certains aliments, comme le vin. On en trouverait la
trace dans les Pastorales elles-mêmes oú il est
recommandé à Timothée de sabstenir de vin (1 Tm 4,
3). Il est donc possible que le disciple de Paul ait été
influencé par les encratites.
5.
Sur cette question, voir Kari E. BORRESEN, Subordination et
Équivalence, Oslo-Paris, Mame, 1968.
6.
Thomas dAquin, S. Theol. I, 93, 4 ad 1. Cf. Kari E. BORRESEN,
ibid., p. 136.
7.
Gratien, ch. XIII, cité par Ida RAMING, The Exclusion of Women from
the Priesthood : Divine Law or Sex Discrimination ? trad. anglaise par
Norman R. Adams de lallemand Der Ausschluss der Frau vom
Priesterelichen Amt, N.Y., 1976, p. 35. Voir également, du
même auteur, « La situation inférieure de la femme dans le
droit canonique en vigueur », Õ 111, 1976, p. 63-72.
LAmbrosiaster VI e s.) après avoir répété que
la femme nest pas limage de Dieu en donne la raison qui lui
paraît évidente : « Comment pourrait-on dire quelle
est limage de Dieu alors quil est manifeste quelle est
soumise au pouvoir de lhomme et quelle na aucune
autorité? Car elle ne peut ni enseigner, ni être témoin, ni
se porter garant, ni rendre la justice ; combien moins encore exercer le
pouvoir » (Questions relatives à l Ancien et au Nouveau
Testament, cité par GRYSON, p. 153 et M.-J. BÉRÈRE,
Le jeu de la tradition..., op. cit., p. 26-27). On ne peut plus
clairement exposer que lexclusion des femmes des fonctions
ecclésiales est dorigine sociologique.
8.
Dict. dr. can., voir « Baptême en Occident », col. 117.
Sur le rôle dEve, voir les citations, en particulier celles
dAugustin, données par Jacques DUQUESNE, Le Dieu de
Jésus, Grasset, Desclée de Brouwer, 1997, p. 151.
9.
Mulieris dignitatem, AAS 80, 1988, trad. « La dignité de la
femme et sa vocation », présentation Monique HEBRARD, Centurion,
1988 ;Introduction Louis BOUYER, Cerf, 1988. Cf Féminité et
ministère, par S. Tunc, éd. par « Femmes et Hommes en
Église », 1994, et le dossier précité de
Lumiére et vie sur « La non ordination des femmes »
(cf supra, note 2).
10.
Sur lhistoire de leucharistie depuis la Didachè,
voir, notamment les ouvrages de Louis BOUYER, Eucharistie. Théologie
et spiritualité de la prière eucharistique, Desclée,
1966 ; Xavier LÉoN-DUFOUR, Le partage du pain eucharistique selon le
Nouveau Testament, Seuil, « Parole de Dieu », 1982 ;
Leucharistie de Jésus aux chrétiens
daujourdhui (collectif), Droguet et Ardent, 1981 ;Louis-Marie
CHAUVET, Symbole et Sacrement. Une relecture sacramentelle de
lexistence chrétienne, Cerf, Cogitatio Fidei, 1988.
11.
Sur ces interdictions, voir .supra, p. 130, et MARTIMORT, Les
diaconesses..., op. cit., p. 139 s. ; Jacques dEDESSE,
Résolutions canoniques, trad. F. Nau, Lethielleux, 1908, et quelques
exemples daps S. TUNC, Brève Histoire des Femmes chrétiennes,
op. cit., en particulier p. 200.
12.
Paragraphe 25 de la Distinction 23 du Décret de Gratien, de 1140,
qui concerne même les femmes «consacrées ». Sur
limportance du Décret de Gratien, voir O. ECHAPPE; Droit
Canonique, Précis Dalloz, 1989, n° 15, p. 9 s. ; J. GAUDEMET,
Le Droit Canonique, Paris, Cerf-Fides, 1989, p. 14 ; D. LE TOUR- Le
Droit Canonique, Paris, PUF, « Que sais-je? », 1988, p. 25 s.
13.
Certes, la cérémonie des relevailles navait liturgiquement
aucun caractère de « purìfication » d'une souillure,
mais elle était, encore très récemment,
considérée comme telle par la plupart des chrétiens : voir
la description quen fait Pier Jakez Helias Bans Le cheval
dorgueil, Plon, « Terre Humaine », 1975. On a vu aussi
que le Traité de droit canonique du chanoine Naz parlait encore
en 1954 de la « prétention » des femmes à «
sapprocher » de lautel, pour la communion : cf. supra,
p. 143 et note 8.
14.
Sur les « tabous » et le « sacré », voir, en
particulier, G.Van der LEEUW, La Religion dans son essence et ses
manifestations, Paris, 1970 ; Rudof OTTO, Le sacré, trad.,
Payot, 1969 ; Marie DOUGLAS, De la souillure, Paris, Maspero, 1971 ; le
mot « Tabou » dans LEncyclopaedia Universalis,
vol. 15 ; Jean-Paul Roux, Le sang, Paris, Fayard, 1988. Voir
également Particle de Daniel OLIVIER sur « La femme et le
sacré », dans La Croix, du 5 septembre 1995 et, en dernier
lieu, Jacques DUQUESNE, op. cit., supra, note 8, chap. VII, p. 165 s.
15.
Cf. Et si on ordonnait des femmes, ouvrage collectif, op. cit.,
p. 140 s.
16.
René GIRARD, La violence et le sacré, Grasset, 1972, p.
56, cité dans louvrage précité note 12, p. 145.
17.
Pierre VALLIN, « Le ministère des femmes dans lÉglise
», Études, déc. 1977, p. 685-689.
18.
André DUMAS, Encyclopaedia Universalis, voir « Sacré
», cité dans louvrage collectif « Et si on ordonnait
des femmes...? », op. cit., p.
19.
Ibid., p. 154-155.
20.
Joseph MOINGT « Lavenir des ministères dans
lÉglise catholique », II, Études,
août-sept. 1973, p. 249-261, 260. Cf. également, du même
auteur, « Prêtre selon le Nouveau Testament », Rech. Sc.
Rel (RSR), oct.-déc. 1981, p. 573-598, en particulier p. 574 s.
21.
Cf Si on ordonnait..., op. cit., p. 153. Louvrage donne quelques
emplois du mot « sacré ». Voir encore «Sacerdoce
», Dictionnaire de la foi chrétienne, vol. 1, Cerf, 1988.
Sur le caractère sacré et indélébile du
prêtre, voir Hervé LEGRAND, « Caractère
indélébile et théologie du ministère »,
Concilium 74.
22.
Parmi les nombreux auteurs que lon pourrait citer, voir, en particulier,
Joseph MOINGT, « Lavenir des ministères dans
lÉglise catholique », Études, juil. 1973, p.
129-141; août-sept. 1973, p. 249-261; et oct. 1973, p. 441-456.
Voir aussi, du même auteur, « Pastorat et célibat »,
Études, juil. 1971, p. 10 îl30, et « Prêtre
selon le Nouveau Testament », Rech. Sc. Rel. (RSR), 1981, 69, p.
373-498, en commentaire de louvrage dAlbert VANHOYE,
Prêtres anciens, prêtre nouveau selon le Nouveau Testament,
Paris, Seuil. « Parole de Dieu »,
1990. Voir
également plusieurs exposés dans louvrage collectif Le
Ministère et les ministères selon le Nouveau Testament, op.
cit., spécialement Jean DELORME qui, à propos du
presbytérat, pane de « la fin du rituel sacrificiel et du
sacerdoce juif » ; Bernard SRSBOUE ; Maurice VIDAL, etc.
end body Table des
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