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par Suzanne Tunc
de Des femmes aussi suivaient
Jésus. Essai d'interprétation de quelques versets des
évangiles, Desclée de Brouwer, 1998, pp. 151-170.
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On
nose plus invoquer aujourdhui limpureté ni
linfériorité pour exclure les femmes des ministères
ordonnés. Fondement de la « Tradition » qui les
écartait, ces raisons ont disparu, du moins officiellement, sans que la
Tradition quelles sous-tendaient ne seffondre. En fait, il serait
surprenant quil nen demeure pas quelque chose dans les esprits, et
que le « sacré » ne reste un élément
déterminant, avec le « pouvoir » quil donne aux
hommes, pour écarter les femmes des ministères ordonnés.
Cependant, en fait, un seul argument est avancé aujourdhui : le
choix des douze par Jésus.
Les textes actuels
Le
texte de référence est la Déclaration de la
Congrégation pour la Doctrine de la Foi de 1976/1977 Inter
insigniores(1) : « LÉglise, par fidélité
à lexemple de son Seigneur, ne se considère pas
autorisée à admettre les femmes à lordination
sacerdotale. » Paul VI, dans l« Appel aux femmes », par
lequel il présentait la Déclaration, ajoutait que, par le choix
des douze, Jésus avait donné à lÉglise sa
« constitution fondamentale (2) ». Il nest pas fait mention
de la Déclaration dans le nouveau Code de droit canonique de 1983, mais
le canon 1024 réserve lordination « sacerdotale »
à lhomme (vir)
La
Déclaration Inter insigniores est confirmée par les textes
de Jean-Paul II : les Lettres apostoliques Mulieris dignitatem de 1988
(3) et Ordinatio sacerdotalis de 1994, celle-ci entendant même
clore le débat (4). Une Note postérieure de la
Congrégation pour la Doctrine de la foi, du 28 octobre 1995, en
réponse à un doute sur la doctrine de la Lettre apostolique de
1994, signée du cardinal Ratzinger, précise que lexclusion
des femmes des ministères ordonnés fait partie du «
dépôt de la foi (5) ».
Cette
affirmation mérite un examen attentif. Elle a jeté un grand
trouble parmi les théologiens, après Ordinatio
sacerdotalis qui, elle-même, posait déjà beaucoup de
questions.
Une
« Lettre » est un document de faible autorité, toujours
classée après les Encycliques (6). Elle ne possède aucun
caractère dinfaillibilité. Cependant, Jean-Paul II,
dun ton solennel, qui contraste avec celui, prudent, dInter
insigniores, déclarait, sans apporter aucun élément
nouveau qu« en vertu de sa mission de confirmer (ses) frères
(cf. Lc 22, 32), [...] lÉglise na en aucune manière
le pouvoir de conférer lordination à des femmes et que
cette position doit être définitivement tenue par tous les
fidèles de lÉglise (7).
Selon
Hervé Legrand, ne pas laccepter constituerait « une faute
grave de témérité contre la foi », puisque la Lettre
affirme quelle concerne « la constitution divine de
lÉglise » (ce qui peut être contesté, comme les
pages précédentes ont tenté de l établir),
mais ce ne serait pas une hérésie (8).
Le
mot d« infaillibilité » napparaît pas en
effet, mais celui de « définitif». En est-il
léquivalent? En cette matière, la plus grande
précision est nécessaire, dautant plus que
linfaillibilité a été votée dans des
conditions où la guerre aux portes de Rome mettait les Pères
conciliaires dans un état de pression incompatible avec une totale
liberté de vote. Élargir les cas dinfaillibilité
serait grave.
La
Note de présentation qui accompagnait en 1994 la Lettre Ordinatio
sacerdotalis nétait pas claire. Elle affirmait lourdement
quil ne sagissait pas « dune formulation dogmatique
nouvelle, mais dune doctrine enseignée par le Magistère
pontifical ordinaire de manière définitive,
cest-à-dire proposée non comme un enseignement prudentiel,
ni comme une hypothèse plus probable, ni comme une simple disposition
disciplinaire, mais comme certainement vraie (9) ». Toute la phrase
semblait révéler un doute. Le « Magistère pontifical
ordinaire » ne dispose pas du caractère
dinfaillibilité. Il ne peut déclarer «
définitive » une doctrine qui n'est pas « infaillibilement
» établie. Et pourquoi « proposerait-il » une doctrine
quil entend « imposer »? Enfin, le « certainement
» était de trop. Une doctrine est vraie ou fausse. Joseph Moingt
voyait avec raison « un flou subtil » dans toute la Note (10) . La
plupart des théologiens saccordaient donc pour refuser à la
Lettre un caractère dinfaillibilité, celui-ci
nétant pas expressément affirmé.
La
Note de la Congrégation pour la Doctrine de la foi de 1995 parle au
contraire ouvertement d« infaillibilité ». Elle
répond à la question suivante qui lui avait été
posée afin de dissiper les doutes sur ce dernier point : « Doit-on
considérer comme appartenant au dépôt de la foi la doctrine
selon laquelle lÉglise na pas le pouvoir de conférer
lordination sacerdotale aux femmes, doctrine qui a été
proposée par la Lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis comme
à tenir de manière définitive ? »
La
réponse est ainsi rédigée : « Oui. Cette doctrine
exige un assentiment définitif parce quelle est fondée sur
la Parole de Dieu écrite, quelle a été constamment
conservée et mise en pratique dans la Tradition de lÉglise
depuis lorigine et quelle a été proposée
infailliblement par le Magistère ordinaire et universel (cf. Concile
Vatican II, Constitution dogmatique Lumen gentium, 25, 2). Cest
pourquoi, dans les circonstances actuelles, le Souverain Pontife,
exerçant son ministère de confirmer ses frères (cf. Lc 22,
32), a exprimé cette même doctrine explicitement par une
déclaration formelle, affirmant explicitement ce qui doit être
toujours tenu partout et par tous les fidèles, en tant que cela
appartient au dépôt de la foi. »
En
sappuyant sur le « dépôt de foi », et invoquant
Lumen gentium, 25, 2, la Note semble se référer, non pas
directement à linfaillibilité pontificale, puisque ses
conditions dexercice très restreintes ne se trouvent pas
réunies ici, mais à celle des évêques, selon les
termes du texte de Vatican II: « Quoique les évêques pris un
à un, ne jouissent pas de la prérogative de
linfaillibilité, cependant, lorsque, même dispersés
à travers le monde, mais gardant entre eux et avec le successeur de
Pierre le lien de la communion, ils saccordent pour enseigner
authentiquement quune doctrine concernant la foi et les moeurs
simpose de manière absolue, alors, cest la doctrine du
Christ quinfailliblement ils expriment... » Ce serait là le
« dépôt de foi », dont Jean-Paul II «
confirmerait » lexistence.
La
question qui se pose aujourdhui est donc dabord de savoir si
« lenseignement du magistère ordinaire et universel des
évêques dispersés à travers le monde a
été tel quil constitue un dépôt de
foi qui engage linfaillibilité de lÉglise (11)
» .
Cest la première fois que la question se pose. Il ny a donc
pas de précédents sur lesquels sappuyer. Mais la
formulation même du texte de Lumen gentium doit permettre de la
résoudre.
Selon
Lumen gentium, les évêques nengagent
linfaillibilité de lÉglise que lorsquils
saccordent pour enseigner authentiquement une doctrine sur laquelle ils
sont unanimes.
La
réponse à la question qui nous intéresse parait dès
lors simposer. Qui pourrait prétendre que tous les
évêques « se sont accordés »,
cest-à-dire ont été unanimes, et consciemment
daccord, pour enseigner que lexclusion des femmes des
ministères ordonnés était authentiquement un
dépôt de foi? Sans revenir au passé lointain,
déjà examiné dans ces pages, et qui sera revu plus loin en
examinant la Tradition, noublions pas que la question a été
débattue à Vatican II et que de nombreux évêques
sont aujourdhui partisans de lordination des femmes dans
lÉglise catholique, même si certains hésitent
à le dire dans la crainte de sanctions.
Il
est impossible de soutenir quon puisse trouver une quelconque
unanimité et un accord entre les évêques pour enseigner sur
ce point une doctrine qui leur apparaîtrait comme constituant « un
dépôt de foi ».
Il
pourrait paraître suffisant de le constater. II faut cependant examiner
aussi les deux autres arguments invoqués par la Note pour fonder ce
« dépôt de foi », dautant plus quils
reprennent ceux sur lesquels sappuie le Magistère pour exclure les
femmes des ministères ordonnés. Ces arguments sont « la
Parole de Dieu » et « la Tradition ».
La
Parole de Dieu
Cette
« Parole de Dieu » nest pas précisée. On
nen voit pas dautre que « le choix des douze »,
invoqué par les textes précédents du magistère,
mais sagit-il bien dune Parole de Dieu ?
Invoqué dans le premier texte Inter insigniores, «
lexemple du Seigneur », cest-à-dire « le choix
des douze », assimilé par Paul VI à la « constitution
fondamentale de lÉglise », est repris dans Mulieris
dignitatem : « En nappelant que des hommes à être
des apôtres, le Christ a agi d'une manière totalement libre et
souveraine » (souligné dans le texte). « Cest
pourquoi lhypothèse selon laquelle il aurait appelé des
hommes comme apôtres en se conformant à la mentalité
répandue en son temps ne correspond pas du tout à la
manière dêtre du Christ » (n° 26).
Largument se retrouve dans la Lettre apostolique Ordinatio
sacerdotalis et la Note qui laccompagne.
Peut-on dire que le choix des douze constitue cette Parole de Dieu sur laquelle
se fonderait le « dépôt de foi » qu invoque le
magistère ? Notre foi est-elle mise en cause par le fait de croire ou
non quen choisissant les douze Jésus a entendu exclure les femmes
des ministères, en dautres termes, que Jésus aurait «
voulu dire » que seuls les hommes pouvaient être les instruments de
la prédication du salut?
Comme
lécrit Joseph Moingt, « des propositions certainement
vraies ou théologiquement certaines nont jamais
été considérées comme simposant à
lassentiment de la foi, à cause de linterposition dun
raisonnement qui interdit de les assimiler à la pure parole de
Dieu ». En lespèce, le raisonnement du
magistère fait passer lappel des hommes par le Christ, comme le
souligne J. Moingt, dun « uniquement » à un «
exclusivement », et dun «présentement » à
un « perpétuellement ». On ne voit pas le Christ «
faire un choix entre hommes et femmes et exclure ces dernières
dune volonté délibérée et perpetuelle (12)
». N'est-il pas clair au contraire que, si les douze ont
été choisis pour « aller baptiser et enseigner au nom du
Père et du Fils et de lEsprit » (texte dont
lauthenticité est dailleurs discutée, car il suppose
une théologie trinitaire déjà élaborée),
cest en raison de leur crédibilité à cette
époque auprès des Juifs - et des hommes en général,
alors que la parole des femmes nétait pas reçue? Le souci
de Jésus de transmettre son message lobligeait, de façon
incontestable, à « choisir » ceux qui pouvaient le porter.
Sil agissait « dune manière libre et souveraine
», sil pouvait se faire accompagner par les femmes, il ne pouvait
imposer aux hommes la conversion de leur coeur et de leurs moeurs. II lui
fallait tenir compte des contingences sociologiques. Ceci est une
évidence. La « volonté » du Christ, cest que
des ouvriers soient constamment envoyés à travailler à sa
moisson (Lc 10, 2 ; cf. Jn 4, 35). « Voilà la loi fondamentale et
absolue à laquelle lÉglise obéit [...]
Lobligation de pourvoir à sa mission est le seul absolu qui
simpose à elle (13). »
Pour
réfuter lexplication du choix des douze par la
nécessité où se trouvait le Christ de prendre des
témoins crédibles, la Déclaration Inter insigniores
estime que l« exégèse historique »,
fondée sur les aspects sociologiques et les conditions historiques
dune question, ne peut suffire. Il faut, dit-elle, des « indices
convergents » pour létayer. Cest ce quon appelle
« lexégèse du silence (14)». La
Déclaration croit trouver ces « indices convergents » dans
le fait que la Mère de Jésus, « associée si
étroitement à son mystère, ne sest pas vu confier
les clés du Royaume des cieux (15) ». La Note de 1995
reprend la même idée : « La bienheureuse Vierge Marie,
Mère de Dieu et Mère de lÉglise »[...]
na reçu « ni la mission spécifique des Apôtres
ni le sacerdoce sacramentel (16)... ». On est surpris de trouver des
arguments aussi anachroniques et théologiquement insoutenables dans des
documents du magistère. Les douze auraient-ils reçu ce «
sacerdoce sacramentel » ? Lexplicitation de la Réponse de la
Note de 1995 affirme que Jean Paul Il « sarrête sur le fait
que le Seigneur Jésus, comme cela est attesté par le Nouveau
Testament, na appelé que des hommes, et non pas des femmes, au
ministère ordonné... » (je souligne). Mais où
trouver dans les évangiles une quelconque référence
à une « ordination » des hommes ? Même les
apôtres nont pas encore procédé à des «
ordinations ». Doù déduire alors un refus de
Jésus d« ordonner » les femmes, alors que
lordination nexistait pas (17)?
En
réalité, lappel à Marie est nécessaire au
magistére pour tenter détablir que lexclusion des
femmes ne constitùe pas une discrimination contraire à Gaudium
et spes, 29. Il le précise lui-même dans lexplicitation
de la Note de 1995 « La différence quant à la mission ne
porte pas atteinte à légalité dans la dignité
personnelle (18)... »
Cest également la raison pour laquelle la Note elle-même du
28 octobre 1995 signée du cardinal Ratzinger refuse de penser que
l infériorité des femmes, qu il qualifie d
« imaginaire », ait été un des éléments
principaux qui ont contribué à les exclure de l ordination.
Cest pourtant nier l évidence. Nous avons relevé la
conclusion de Thomas dAquin quand il sinterroge sur ce point. Elle
est claire : «Le sexe féminin ne peut signifier quelque
supériorité de rang car la femme est en état de
sujétion. Elle ne peut donc (je souligne) recevoir le sacrement
de lOrdre » (S. Théol. Quest. 39, 1). Les opinions
antérieures concordantes des Pères de lÉglise, celle
dAugustin, de lAmbrosiaster, de Gratien surtout, ne laissent aucun
doute sur le fait que « linfériorité » - et
« limpureté » - féminines ont été
déterminantes pour écarter les femmes des ministères
ordonnés (19).
« Lexégèse du silence » sappuierait donc
avec bien plus de raison sur ce contexte sociologique. Mais c est
précisément ce que le magistère ne veut pas
reconnaître, car seffondrerait alors tout son raisonnement pour
écarter les femmes des ministères.
Quant
à lassimilation du choix des douze - un choix de témoins et
de missionnaires - qui na pas survécu à la «
constitution fondamentale » dune Eglise hors dIsraël et
devenue universelle (20) il suffit de renvoyer à ce qui a
été vu au cours de cette étude sur la formation des
structures ecclésiales. Nos structures actuelles ne datent que du Ile
siècle, à linitiative probable dIgnace
dAntioche, les premières communautés sétant
formees sans jamais invoquer l« exemple du Seigneur ».
Rappelons aussi que dans ces premières communautés, celles de
Paul principalement, des femmes exerçaient des fonctions qui pourraient
constituer aujour dhui des ministeres (21).
On se
demande dailleurs si le Magistère noublie pas « les
femmes qui suivaient Jésus » selon Luc (8, 1-3). Il semble
significatif que Jean-Paul II tente, peut-être inconsciemment, de
minimiser cette suite. Il la réduit à un accompagnement
occasionnel, en écrivant que « parfois (je souligne) des
femmes que Jésus rencontrait... laccompagnaient »
(Mulieris dignitatem, 13), ce qui est une grave déformation du
texte. Or, si le compagnonnage avec Jésus a permis de
bénéficier « dune pédagogie de foi qui les
(les compagnons) mènera à une connaissance progressive de
lidentité de Jésus et leur permettra de reconnaître
plus tard le Ressuscité (22) », ceci ne sapplique-t-il pas
avant tout à Marie de Magdala, à laquelle Jésus se fera
reconnaître en premier?
La
Tradition
Le
deuxième point sur lequel sappuie la Note de 1995 de la
Congrégation pour la Doctrine de la foi rejoint le premier. Cest
la Tradition. Celle-ci aurait conservé cette « Parole de Dieu
écrite », quinvoque la Note.
Reprenons Ia Déclaration Inter insigniores : « Jamais
lÉglise catholique na admis que les femmes puissent
validement recevoir lordination » (Inter insigniores I).
Cest un fait exact, a partir du moment ou lordination a ete
pratiquee. Mais est-ce un argument?
Une
tradition ne peut être invoquée que si elle est justifiée,
en particulier si elle sappuie sur cette « Parole de Dieu
écrite » dont parle la Note de 1995. Mais on ne trouve pas de
« Parole de Dieu » qui soutienne la doctrine du magistère,
puisque nous savons que lordination na pas été
créée par Jésus.
Dans
la Note précitée, le cardinal Ratzinger affirme que: « Le
sacerdoce selon la foi catholique est un sacrement, cest-à-dire
non pas quelque chose dinventé pour des raisons pragmatiques, mais
quelque chose de donné par le Seigneur lui-même, auquel on ne peut
donc mettre la forme quon préfère, mais quon peut
seulement transmettre avec une fidélité respectueuse. »
Certes, lOrdre est aujourdhui un sacrement, mais on ne peut
soutenir quil ait été « donné par le Seigneur
lui-même ». La Lettre aux Hébreux précise clairement
que « le sacerdoce » appartient au seul Christ, qui 1e transmet
à tout son peuple. Le « ministère » des prêtres
n'est qu« une activité située en elle-même dans
le corps sacerdotal des baptisés (23) », et elle ne remonte -
faut-il le répéter? - quà une pratique très
postérieure (IIe siècle), ayant précisément une
origine « pragmatique (24) ». Le terme de « sacerdoce
», nous lavons vu aussi, est inadéquat pour désigner
le ministère presbytéral. On ne saurait donc parler de «
constitution divine », ni pour le choix des douze, ni pour les
ministères, mais bien de « discipline sacramentaire » , qui
peut varier selon les époques. Il ne sagit pas d'une «
vérité révélée » , donc nullement
dun « dépôt de foi ».
Cette
Tradition - humaine et non divine - reposant en réalité
uniquement sur des arguments qui se sont effondrés
(infériorité et impureté des femmes), le magistère
tente aujourdhui, bien quil invoque la « volonté
» du Christ, de létayer sur de nouveaux arguments, en fait
secondaires.
Ceux-ci étant repris par la Lettre apostolique Ordinatio
sacerdotalis, qui ne se contente pas dinvoquer la Parole de Dieu et
la Tradition, il faut les revoir rapidement, au risque de répéter
ce qui a déjà été souvent écrit.
La
« convenance » avec le « Mystère du Christ »
« In persona Christi »
Inter insigniores, repris à son tour par les documents
postérieurs, affirme « la convenance » qui existe entre le
« mystère du Christ » et lexclusion des femmes des
ministères. La Déclaration déclare ainsi que le
prêtre «tient réellement la place du Christ ».
Selon
Inter insigniores, « LÉglise na aucun pouvoir
sur la substance des sacrements, cest-à-dire tout ce que le Christ
Seigneur, au témoignage des sources de la Révélation, a
voulu que lon maintienne dans le signe sacramentel ». Le texte fait
appel au concile de Trente qui parle de la nécessité de «
sauvegarder la substance » des sacrements. Ce langage, encore
emprunté à la notion grecque de « substance », peut
difficilement être compris pour écarter les femmes des
ministères. Le sexe de celui qui transmet un sacrement entrt-il dans la
« substance »du sacrement? Poser la question suggère la
réponse.
Peut-on même invoquer la « ressemblance » nécessaire
avec le Christ lorsque le prêtre agit in persona Christi
Assiste-t-on à une «representation »
théâtrale où les personnages doivent évoquer
laspect physique de ceux quils « représentent »
(25) ? Le prêtre, « tenant le rôle du Christ au point
dêtre son image même..., il ny aurait pas cette
ressemblance naturelle qui doit exister entre le Christ et son
ministre si le rôle du Christ n était pas tenu par un homme
: autrement dit, on verrait difficilement dans le ministre limage du
Christ » (Declaration Inter insigniores, V)
On
sait pourtant que in persona Christi veut seulement rappeler que, dans
tout don de Dteu, c'est le C hrist qui agit, non le prêtre ou l'
assemblée. Le prêtre ne « représente » pas le
Christ. Il agit « en son nom », non « à sa place
» . Et il agit aussi in persona Ecclesiae, au nom de toute
lassemblée, car cest elle tout entière qui
célèbre, comme le rappelle avec force le cardinal Congar (26).
Leucharistie est une action de louange et un Memorial, où celui
qui preside le fait au nom de l assemblée en même temps
qu « au nom du Christ », seul capable de porter une louange
valable à son Père par l'Esprit. Ce qui lui donne le «
pouvoir » de le faire, cest aujourdhui lordination
quil a reçue. Si une femme était ordonnée, elle
aurait la même capacité. Tout ceci a été dit maintes
fois, sans être jamais infirmé, mais aussi sans quon en
tienne jamais, officiellement du moins, aucun compte !
Et
comment expliquer que la femme, « image de Dieu » (Godlike)
ne puisse être « image du Christ » (Christlike) ?
Le Christ nest-il pas Dieu, selon notre foi? Comme lécrit Kari
Borresen, la totale ressemblance à Dieu ne peut passer que par la
ressemblance au Christ (27)
Le
symbole nuptial
On
parle cependant moins aujourdhui de la « représentation
» du Christ que du « symbole nuptial ». Largument
nest pas nouveau, mais il reste lun des derniers bastions
derrière lesquels se retranche la hiérarchie pour se
protéger des femmes. Cest probablement le plus profondément
ancré dans les consciences ecclésiales, car il se fonde à
la fois sur lAncien et sur le Nouveau Testament et il est
considéré comme une sorte de «révélation
» divine sur les positions respectives de lhomme et de la femme.
Mulieris dignitatem, après avoir écrit que « Le
Christ est lÉpoux de lEglise, lÉglise est
lÉpouse du Christ » (n° 23, souligné dans le
texte), reconnaît que « tous les êtres humains - les hommes
comme les femmes -sont appelés à être lÉpouse
du Christ» (n° 25). Dans lamour du Christ, tous sont
égaux. Les mystiques, masculins ou féminins, ne parlent-ils pas
du Christ comme de leur « époux »? Malheureusement, la
Lettre poursuit : « Le Christ est lÉpoux.
LÉpoux - le Fils consubstantiel au Père en tant que
Dieu est devenu le fils de Marie; fils de lhomme, vrai homme
au masculin. Le symbole de lÉpoux est du genre masculin
» (n° 25, soulignés dans le texte) : « Dans
lEucharistie sexprime avant tout sacramentellement
lacte rédempteur du Christ-Époux envers
lÉglise Épouse. Cela devient transparent et sans
équivoque lorsque le service sacramentel de lEucharistie,
où le prêtre agit in persona Christi, est accompli par
lhomme » (n° 26). On retrouve linterprétation
din persona Christi, dont nous avons vu quelle était
erronée.
Mais
il faut revenir sur le symbole nuptial.
Osée a comparé l Alliance de Yahvé avec Israël
à son propre mariage malheureux où, mari dune femme
infidèle, il restait, lui, fidèle, comme Dieu envers son peuple
malgré ses infidélités. Il établissait alors un
symbole compréhensible car, à son époque, la femme se
trouvait dans le même rapport de subordination à l
égard de son mari que le peuple hébreu à
légard de Yahvé, son Dieu. Le symbole pouvait encore
être repris par Paul (ou son successeur) dans lépître
aux Éphésiens, où le Christ est comparé à
lÉpoux, et lÉglise à lepouse. Cette
épître appartient à lensemble des Codes de morale
domestique où nous avons vu le souci des nouvelles communautés
chrétiennes d éviter de s écarter des normes
sociales en vigueur. Le mari, dans ce contexte patriarcal, était le chef
et dominait sa femme. Le symbole jouait à plein entre Christ/Eglise et
homme/femme. Faut-il en conclure que les rapports homme/femme font partie de la
révélation et que, par là même, ils restent
immuablement fixés dans l état où ils se trouvaient
au moment où furent rédigés les textes qui parlent du
symbole ? Ce serait mal comprendre le symbole qui, empruntant le langage
humain, tente seulement de signifier l amour infini de Dieu. Et ce serait
nier la transformation radicale que Jésus a effectuée dans les
rapports humains et qui doit se poursuivre dans lhistoire par
lEsprit. Les rapports de hiérarchie et de domination ont toujours
été condamnés par Jésus (28). Son mouvement
était égalitaire entre hommes et femmes dans toute la mesure
où il pouvait le réaliser (29). Bien plus : alors quil se
réfère toujours à son Père - au ciel -,
Jésus semble, dans les rapports terrestres, exclure le père, le
patriarche, pour établir des liens de fraternité (30). Il rejette
même les rapports de « maître à serviteur »
entre lui et ses disciples, pour réaliser des rapports plus intimes, et
non plus hiérarchisés, entre lui et « ses amis » (Jn
15, 15).
Il
est vrai que Jésus parle de lui-même comme de lépoux,
mais pour exprimer lamour quil porte aux hommes - ce qui est le
seul sens du symbole nuptial tel quOsée lentendait. Ce
symbole nest pas relatif aux rapports homme/femme, mais à ceux de
Dieu avec lhumanité - hommes et femmes -, et il est seulement
celui qui, dans notre langage anthropologique, exprime le mieux lamour de
Dieu pour nous.
On ne
peut certes nier quen sincarnant le Christ a pris le sexe masculin,
et que notre foi repose aussi sur le Jésus historique. Mais est-ce le
fait que Jésus ait été de sexe masculin qui nous sauve, ou
celui qu il ait pris notre humanité ? C est le «
scandale de la particularité » dont parle Kittel (31). Scandale
quil ait été juif et non grec, africain ou asiatique, homme
et non femme, obscur et non auréolé de gloire. Scandale surtout
que le Fils de Dieu ait assumé notre humanité. Mais, pour
Jürgen Moltmann, c est précisément «dans l
événement christologique que nait ce quon peut appeler en
théologie 1"homme véritable", lhumanité
». « Ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre, ni homme ni
femme (Gal 3, 28) (32). »
Enfin, n'est-ce pas reléguer au second plan le Christ ressuscité
? Dans les sacrements, nous faisons, certes, mémoire du Jésus
historique, mais celui que nous célébrons et rencontrons est le
Christ ressuscité. Le fils de Marie est désormais la
deuxième Personne de la Trinité, qui ne peut être
sexuée. Les Pères de lÉglise sont formels pour voir
une hérésie dans la sexualisation de Dieu dans ses hypostases
(33).
La
féminité est-elle un obstacle à lordination?
Une
dernière question se pose. La « féminité »,
cest-à-dire les traits spécifiques de la femme, et «
sa vocation », lui interdisent-elles dexercer un ministère
ordonné (34)?
Le
« mystère de la femme », son « destin », ou
« sa vocation », nont cessé de faire lobjet de
recherches et de débats. Mais y a-t-il un « mystère de la
femme » différent de celui de lHomme, de la créations
Il y a, certes, un mystère de la vie et de la sexualité, mais il
est commun aux hommes et aux femmes. Distinguer la femme de lhomme, les
séparer au nom de leurs «différences », n
est-ce pas contraire à l enseignement même de la
Genèse, où lHomme, créé mâle et
femelle, est à limage de Dieu, ensemble et
séparément (Gn 1, 27)? Nest-ce pas contredire Paul, qui affirme
clairement quen Christ homme et femme sont un (35)? Si la femme est
considérée par lhomme comme un « mystère
», nest-ce pas par un sentiment de peur, héritage de nos
ancêtres primitifs, inquiets autant qu émerveillés
devant la fécondité féminine ?
Lattitude de lhomme envers la femme est incohérente.
Tantôt, il laccuse de tous les maux (Ève, Pandore) et la
méprise, tantôt il la surévalue, lexaltant dans la
Vierge-Mère-Spouse, dont Marie est, dans le christianisme, devenue le
modèle. Mais les deux attitudes, dans un patriarcat dominant, ont abouti
lune et lautre à la soumission totale des femmes aux hommes,
car méprisée ou exaltées, les femmes restaient en dehors
des normes masculines, considérées comme celles de
lHumanité. Les porter au pinacle nétait quune
compensation pour leur faire oublier leur situation de dominées.
On
connaît la révolte des femmes contre cette situation. Pour ne
parler que de notre siècle, Simone de Beauvoir (36) et la catholique
Yvonne Pellé-Douel 37) ont montré que les femmes
nétaient pas esclaves dun «destin », de
limage idéale de « la femme éternelle » (dont
lidée est païenne et vient de Goethe) et de rôles qui
seraient inscrits dans leur biologie et fixés définitivement.
Elles ont réussi à convaincre que ces rôles leur avaient
été attribués par les hommes dans le système
androcentrique, qui avait pu être justifié dans des circonstances
socio-économiques différentes, aujourdhui
dépassées. Certaines « féministes » en sont
arrivées à nier toute différence entre hommes et femmes,
en sappuyant sur le fait quil y a dans chaque sexe les hormones de
lautre sexe, quoiquen proportions différentes.
Cette
période est révolue. Les femmes revendiquent aujourdhui
hautement leur « différence », mais en affirmant aussi fort
que celle-ci ne peut les empêcher daccéder aux rôles
autrefois réservés aux hommes. Simplement, elles les exerceront
sans doute différemment (38).
Pourtant, certaines chrétiennes demeurent attachées aux «
valeurs » traditionnelles de la féminité : vierge,
épouse et mère, celles de « la femme éternelle
», chantée par une Gina Lombroso, ou une Gertrud von Le Fort.
Ainsi Georgette Blaquière 939), qui voit la vocation de la femme dans
« la dimension prophétique de la vie féminine » ;
Nicole Échivard (40), qui revendique un « sacerdoce mystique et
prophétique », distinct du « sacerdoce ministériel
», mais faisant couple avec lui, par l intermediarie du
prêtre ; Janine Hourcade (41) qui, plaçant la « source du
mystère (de la femme) en Dieu » (et celui de lhomme?),
estime que « lattrait quelle exerce est dessence
mystérieuse »; Jo Croissant (42) ou Chiara Lubich (43). Ainsi
surtout Jean-Paul II dans Mulieris dignitatem. Malgré la
reconnaissance quil fait de la « radicale parité » des
hommes et des femmes (n° 16), le pape reste marqué par la vision
traditionnelle de « la femme », son « mystère »
et sa vocation dêtre « vierge, mère, épouse
» (n° 22). « La maternité est liée à la
structure personnelle de lêtre féminin et à la
dimension personnelle du don » (souligné, n° 17). Ou encore :
« La femme ne peut se trouver elle-même si ce nest en donnant
son amour aux autres » (n° 30). Mais, si cest ainsi que se
définit sa vocation, on ne voit pas en quoi la femme se
différencie de lhomme. Celui-ci ne doit-il pas, comme Jésus
lui-même, «donner son amour aux autres »? Nest-ce pas dans le
ministère que sexprime le mieux lamour de Dieu pour son
peuple et le salut quil donne à tous? N'est-ce pas aussi dans ce
« service » des ministères, devoir commun à tout le
peuple de Dieu, que la femme « peut se trouver elle-même en donnant
son amour aux autres »? Si Dieu a créé lhomme et la
femme, cest pour que les deux mettent leurs vertus propres dans un
partenariat enfin reconnu, au service de la vie sociale, et encore bien
davantage, de la vie ecclésiale. Une Église institutionnelle
uniquement masculine ne montre quune face de lhumain, une seule
face de Dieu et une seule face des qualités humaines. Les femmes doivent
y avoir pleinement leur place.
Notes
1.
Décl. Inter insigniores, Osserv. Rom., 31 janv./I er fév.
1977, Acta Apostolicae Sedis 69 (1977), Doc. Cath. n° 1714,
févr. 1977, p. 157 s. Le refus de lordination des femmes est
repris par le canon 1024 du Code de droit canonique de 1983. Sur Inter
insigniores, voir en particulier H. LEGRAND « Traditio perpetuo
servata », Rituels, Mélanges offerts au P. Gy,
précité, p. 393-416 ; Pierre VALLIN, « Le ministère
des femmes dans lÉglise », Etudes, déc. 1977,
p.685-693.
2.
Paul VI, Appel aux Femmes, Doc. Cath. 1714 de 1977.
3.
Mulieris dignitatem, AAS 80, 1988, traduction : La dignité de
la femme et sa vocation, présentation Monique HÉBRARD,
Centurion, 1988; Introduction Louis BOUYER, Cerf, 1988.
4.
Ordinatio sacerdotalis, 22 mai 1994, publiée le 30 mai 1994 par
la Libreria Vaticana, Doc. Cath. n° 2096, du 18 juin 1994, suivie de
la Note de présentation.
5.
Réponse de la Congrégation de la Doctrine de la foi à un
doute sur la doctrine de la Lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis,
signée par le cardinal Ratzinger le 28 oct. 1995, et son
Explicitation, Osserv. Rom., 19 nov. 1995 ; Doc.Cath. 17 déc.
1995, n° 21218, p. 1079-1081.
6.
Cf. P. POUPIN, La valeur des décisions doctrinales et disciplinaires
du Saint-Siège, cité par Hervé LEGRAND, interview
à La Croix du 31 mai 1991, p. 4.
7.
Ordinatio sacerdotalis, Doc. Cath. n° 2096, p. 552.
8. H.
LEGRAND, interview précitée.
9.
Note de présentation dOrdinatio sacerdotalis, Doc. Cath.
2096, p. 553.
10. Joseph MOINGT, Éditorial « Sur un
débat clos », Rech. Sc. Rel., t. 82. juil.-sept. 1994, p.
321-333. Voir également Bernard SESBOÜÉ, «
Magistére et infaillibilité », La Croix, 30 nov.
1995.
11.
Voir la Communication à la Société canadienne de droit
canonique « Dirions-nous infaillible ? »
dAndré NAUD, LÉglise canadienne vol. 30,
n° 3, mars 1997, p. 87-98.
12.
Joseph MOINGT, « Sur un débat clos », op. cit., p.
327.
13.
Joseph MOINGT, ibid., p. 332.
14.
Lexpression est de Carla RICCI, dans un ouvrage dont le titre
français serait «Marie-Madeleine et beaucoup dautres (Luc 8,
1-3). Lexégèse du silence ». Mais, publié en
Italie il nest pas disponible en France.
15.
Inter insigniores reprend ici une mise en garde dInnocent III, du
XIIIe siècle, adressée aux abbesses de Palencia et de Burgos, qui
osaient confesser leurs moniales ! Bien piètre « indice » !
16.
Note de 1995, Doc. Cath. du 17 déc.1995, op. cit., p.
1080.
17.
Aux débuts du christianisme, le besoin dune ordination ne
sest pas fait sentir. On connaissait les témoins du mystére
pascal et ceux qui leur étaient immédiatement associés.
Cest lorsquil apparut que le temps de lÉglise allait
durer que le besoin dun signe qui matérialise linvestiture
ou Ihabilitation au ministère se fit sentir : Bernard
SESBOÜÉ, « Ministères et structures de
lÉglise », in Le Ministère et les
ministères selon le Nouveau Testament, Seuil, « Parole de Dieu
», 1974, p. 366-367. Sur lordination, voir aussi Maurice VIDAL,
« Ministère et ordination », in Le Ministère...,
op. cit., p. 483-491. De son côté, Joseph MOINGT écrit
que « les ministères, suscités par lenvoi des
Apôtres dans le monde, ont fonctionné spontanément bien
avant les rites dimposition des mains... » « Lavenir
des ministères dans lÉglise catholique », Etudes,
oct. 1973, p. 442.
18.
Note de 1995, Doc. cath., op. cit., p. 1080.
19.
Cf. supra, chap.VIII, p. 140 s.
20.
Les douze disparaissent dès la conversion des païens. Sur ce point,
voir Hervé LEGRAND, Traditio perpetuo servata, citée
supra, note 1, p. 398 s.
21.
Maurice VIRAL, « Ministère et ordination », in Le
Ministère et les ministères, op. cit. p. 483 s. Lauteur
ne parle pas explicitement des fonctions exercées par des femmes, mais
lanalyse qui a été faite de celles quaccomplissaient
les premières chrétiennes permet de penser quelles
exerçaient en fait des ministères (cf. supra, chap. VI, p.
111).
22.
Bernard SESBOUE, « Ministères et structures de
lÉglise. Réflexion théologique á partir du
Nouveau Testament », in Le Ministère, op. cit., p. 394.
23.
H. LEGRAND, « La réalisation de l'Église en un lieu
», Initiatìon à la pratique de la
théologie. Dogmatique Il, p. 224.
24.
Cf. supra, chap.VII, p. 127 s.
25.
Annie JAUBERT demande : « Faut-il restituer un mime de la dernière
Cène? » « Les femmes dans lÉcriture v, suppl.
à Vie chrétienne, mars 1979, p. 74. Voir également
Dorothée SÖLLE, La representation, Paris, Desclée,
1969. Voir surtout, sur la notion du « sacerdoce » et la «
manifestation de la mediation Ȏventuelle du Christ, Joseph
MOINGT, Prêtre selon le Nouveau Testament », R.S.R.
69, oct.-déc. 1981, 573-598, en particulier p. 594 s.
26.
Yves-Marie CONGAR, La Liturgie après Vatican 11, dans Unam
Sanctam 66, Paris, 1967, p. 241-282. Sur cette question, voir B.-D.
MARLIANGEAS, « In persona Christi, in persona Ecclesiae »,
Spiritus 70, p. 19-33 et Clés pour une théologie du
ministère. In persona Christi, in persona Ecclesiae, preface Y.-M.
CONGAR, Paris, Beauchesne, 1978 ; H. LEGRAND, « Lordination des
femmes au ministère presbytéral. Réflexions
théologiques du point de vue catholique », Documents
Épiscopat 7, avril 1976, p. 10. Rappelons aussi que les femmes
agissent in persona Christi dans le sacrement du baptême, qui leur
est accessible, et dans celui du marriage, que les époux se donnent.
27.
Kari BORRESEN, « The Ordination of Women : To Nurture Tradition by
Continuing Inculturation », Studia Theologica 46 (1992), p. 3-13
(en anglais).
28.
Mt 20, 5-27 ; Mc 10, 42-44 ; Lc 22, 24-27.
29.
Cf. supra, p. 48 s. sur la communauté de disciples égaux
que Jésus tendait à instaurer.
30.
Cf. supra, eod. loc., et Mt 12, 49-50 ; Mc 3, 34-35 ; Lc 8, 1-3.
31.
Cité par Letty RUSSEL, Théologie féminine de la
Libération, Paris, Cerf, 1974 p. 170 s.
32.
Jürgen MOLTMANN, Théologie de la Libération, Paris,
Cerf-Mame, 1973, p. 152-153.
33.
Cf. H. LEGRAND, Lordination des femmes, op. cit., P. 10.
34. Sur ce point, cf. en particulier Pierre VALLIN, «Les ministères
fémi- nins » Études. 1995, p. 207-218, 210. Cf.
également S. TUNC, « Féminité et ministère
», éd. Femmes et Hommes en Église, 1994.
35.
Il est surprenant que Jean-Paul ll, dans son homélie du 24 août
1997 à la messe de clôture de la rencontre des Jeunes à
Paris, ait cité (sans référence) Gal 3, 28 en omettant
« il ny a plus lhomme et la femme... ». Cela
nétait pas directement le sujet (mais lesclavage non plus).
36.
Simone de BEAUVOIR, Le deuxième sexe, Paris, 1949.
37.
Yvonne PEELÉ-DOUEL, Être femme, Paris, 1967.
38.
Quon me permette de citer un exemple personnel. Un ami, méthodiste
slovaque, venait de perdre sa femme. Quand il apprit que les obsèques
seraient célébrées par une femme pasteur, il en fut
désolé. Je lai revu plus tard. Aucun homme, selon lui,
naurait pu célébrer avec la même sensibilité,
la même « compassion » que cette femme. Les mêmes
gestes sont exécutés par chacun avec ses propres charismes.
Pourquoi les charismes féminins ne seraient-ils pas mis au service de
lÉglise dans la sacramentalité?
39.
Georgette BEAQUIÈRE, La grâce dêtre femme,
Éd. Saint-Paul, 1981, préface de Mgr Simonneaux, postface de fr.
Juan-Miguel Garrigues, qui pense que « la femme » « est
devenue comme un temple profané et hanté dont lespace
sacré a besoin dêtre exorcisé dans ses
dernières profondeurs »... Quentend-il par là?
40.
Nicole ECHIVARD, Femme, qui es-tu ? préface du cardinal
Decourtray, Criterion, 1985.
41.
Janine HOURCADE, La Femme dans lÉglise. Étude
anthropologique et théologique des ministères féminins,
Tequi, 1986.
42.
JO CROISSANT, La femme sacerdotale, éd. Lion de Juda, 1992.
43.
Chiara LUBICH, Laventure de lunité, Nouv.
Cité, 1991.


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