Itinéraire vers la prêtrise

Itinéraire vers la prêtrise

De Katherine Calore

Extrait du Congrès sur « Que pouvons-nous apprendre de l’expérience Anglicane/Episcopalienne au sujet des femmes prêtres. »

Tenu dans CIRCLES du 1er octobre au 31 octobre 2003

Il me paraît important de dire que j’étais bonne Catholique. Je n’avais aucun problème majeur avec l’Église bien qu’il me soit arrivé quelques fois de ne pas être d’accord avec elle. L’Église Catholique était une bonne mère pour moi et m’a appris beaucoup de ce que j’aime encore aujourd’hui.

À l’université, j’étais active sur le campus de l’Église Catholique Romaine, et j’ai rencontré un jeune homme que j’ai épousé plus tard. Il venait deux fois par semaine me voir à l’université et, une de ces deux fois tombant le dimanche, nous assistions ensemble à la messe de 10 heures avant qu’il ne rentre chez lui. Il n’était pas Catholique, mais il était, et il est encore, un des Chrétiens les plus dévots que j’ai connu. Cette année-là, cela me tracassait de plus en plus de savoir qu’il ne lui était pas permis de communier. J’ai aussi commencé à étudier sérieusement la théologie, particulièrement tout ce qui avait trait à de l’ordination des femmes. À ce moment-là, j’étais une vraie grenouille de bénitier, mais je ne pensais pas à la vocation pour moi-même. Je voulais simplement comprendre.

L’année suivante, mon copain commença à suivre des cours à la même université et il me demanda de lui montrer où se trouvait le campus de l’Église Épiscopalienne. Il avait été en Angleterre et était tombé amoureux de la façon de prier des Anglicans et voulait devenir membre de cette église. Donc durant notre deuxième année universitaire, nous assistions à la fois aux services Catholiques et aux services Épiscopaliens. Quelques événements significatifs arrivèrent cette année-là. Le premier est que je rencontrai la première femme prêtre de ma vie. Mère Anne était jeune et énergique, féminine et c’était une femme parfaitement normale et quand je la vis célébrer sa messe pour la première fois, ce fut comme si la moitié de mon âme s’ouvrait et que je ressentais une brise pleine de fraîcheur. Elle portait les vêtements sacerdotaux que j’avais toujours vus, elle célébrait avec grâce et elle était parfaitement dans l’orthodoxie. Sur le plan pastoral, elle me donna et donna aux autres l’espace pour que nous nous épanouissions et que nous explorions tout en assurant la direction et l’éducation de la communauté. Mon copain et moi, nous nous sommes impliqués de plus en plus dans la vie de ‘Canterbury House’.

C’est aussi cette année-là que des gens commencèrent à s’approcher de moi et me demander si j’avais l’intention d’intégrer le séminaire après mes études. Mon ami était sur cette voie, mais je n’y avais jamais vraiment pensé pour moi-même. J’avais une licence en art dramatique et en films ! ( Cette formation a été extrêmement utile à mon ministère !). Comme cela arrivait trop souvent pour que je l’ignore, je commençais un discernement avec Mère Anne. Je devais discerner deux choses : devenir anglicane et demander d’être ordonnée. Je finis par déterminer que l’Anglicanisme était ce qui me paraissait nécessaire dans une Véritable Église : l’épiscopat historique, la Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie ( bien que non définie par la transsubstantiation), tous les sacrements, la communion des Saints, les trois ordres, un haut respect des Ecritures et une longue et active tradition d’ascèse. J’aimais également beaucoup le Livre des Prières Communes de 1979 et les Hymnes de 1982. L’anglicanisme n’avait pas ce qui me tracassait de plus en plus dans l’Église Catholique : l’exclusion des femmes des Ordres Saints, l’exclusion des baptisés qui n’étaient pas Catholiques Romains de la communion et une autorité centrale qui pensait qu’elle pouvait décider de ce que les Chrétiens pouvaient et ne pouvaient pas discuter. Au sein de l’Église Épiscopale, au moins nous pouvons parler librement. Ironiquement, ce qui me fut le plus dur d’abandonner, ce fut le Pape qui est une part tellement centrale de la culture Catholique. Je finis par penser que le fait de mettre un évêque par-dessus tous les autres, finit par miner l’autorité de l’épiscopat lui-même et effectivement castre ceux qui ont reçu à l’autorité enseignante comme mission.

J’ai épousé mon ami et nous sommes entrés ensemble au séminaire. À mon étonnement, je me suis découvert un talent pour prêcher et j’en ai fait le centre de mon ministère. C’est en réalité ce que j’enseigne maintenant au séminaire où j’ai étudié. J’aime toujours l’Anglicanisme et toute la tradition Anglicane et mes études d’art de la prédication ont augmenté cet attachement. J’aime toujours être prêtre, j’éprouve toujours un certain degré d’étonnement de voir que je suis arrivée à faire ce que je fais. Je ne tiens pas ce privilège pour acquis. Mais la chose la plus triste est que si je devais faire maintenant un nouveau discernement pour me convertir à l’Église Anglicane comme celui que j’ai fait il y a maintenant quelques douze ans, je ne franchirais sans doute pas le pas. L’Église Épiscopale a perdu ses repères et s’est détournée des fondements mêmes qui avaient forgé une si forte communauté Chrétienne de fidèles. Je suis encore assez conservatrice sur le plan théologique parce que je suis convaincue, par les études de l’histoire et de la doctrine que la véritable libération et la véritable justice peuvent encore seulement venir de la proclamation de la vraie foi. Et, dans la tradition Anglicane, L’Écriture Sainte, interprétée par la Vraie Raison et la Sainte Tradition est le standard pour cette proclamation et cette foi. L’Église Épiscopale s’est radicalement séparée de toutes ces choses et c’était vraiment non-Anglican de notre part d’agir de la sorte.

Mais même dans mon désappointement vis-à-vis de ma communauté Chrétienne, je pense que je ne peux pas sérieusement envisager de retourner au sein de l’Église Catholique Romaine. Bien que je la respecte, je pense qu’elle se trompe de beaucoup de manières et dans son orgueil et dans sa chute. Et je ne veux pas revenir dans un endroit où je devrais prétendre que je ne suis pas prêtre. Je le suis, exactement de la même façon que n’importe quel prêtre Catholique Romain ou Orthodoxe , servant à leurs autels, donnant l’absolution, bénissant et consacrant la venue de l’Esprit Saint par mes mains. Mère Anne est prêtre, et Mère Virginia et Mère Evelyn et Mère Cathy et Mère Peggy et Mère Linda sont prêtre de la Seule, Sainte, Église Catholique et Apostolique et cette Église a augmenté en grâces et sainteté grâce à elles. Aucune d’entre nous, aucun prêtre au monde ne mérite notre place à nos autels à nos pupitres et dans nos confessionnaux. Mais Dieu et son Église nous y ont mises et nous Le servirons de notre mieux, en ayant confiance dans sa grâce pour le reste. Chaque bon prêtre vous dira la même chose. Et j’espère, par la miséricorde du Seigneur, être toujours comptée au rang des bons prêtres.

Par La Révérende Katherine C. Calore
Ecole de Théologie, Sewanee, Tennesee.

Traduction : Françoise Bourguignon

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1. Questions posées

2. Devrais-je rester au sein de l’Église

3. le don de prédication

4. Expériences de femmes

Survol général du Congrès Piste 1
Itinéraire vers la prêtrise
Piste 2
Les rêves peuvent devenir réalité
Piste 3
Avancer sur un chemin merveilleux mais difficile

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