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Une Résurrection, une œuvre de mémoire & une reconstitution scénique

Une Résurrection, une œuvre de mémoire & une reconstitution scénique

Reconstitution de l’ordination des femme diacres pendant le premier millénaire

Préambule

Ce document est un script pour la reconstitution scénique de l’ancien rite liturgique par lequel les femmes étaient ordonnées diacres dans l’Église Catholique. Le rite que nous possédons provient de la partie byzantine de l’Église primitive de langue grecque (Palestine, Syrie, Asie Mineure, Grèce, Chypre, Crète, Italie du Sud).

La discussion au sein de l’Église Catholique sur l’admission des femmes aux Saints Ordres s’est recentrée. Elle tourne autour d’un fait historique apparemment dépassé: les dizaines de milliers de femmes ordonnées diacres au premier millénaire de l’ère chrétienne ont-elles reçu ou non une ordination valide? Un des arguments-clefs que le Vatican avance contre l’ordination des femmes est l’affirmation que les femmes n’ont jamais été admises aux Ordres Saints. Les historiens démontrent que c’est faux. En effet, les femmes ont reçu une ordination sacramentelle au diaconat et le diaconat fait part des Saints Ordres.

Selon la doctrine catholique, si les femmes peuvent être diacres, elles peuvent être prêtres ou évêques pour cette raison. Lisez iciune explication plus complète.

Un mot sur les sacrements: selon la terminologie catholique, 'les sacrements’ sont des signes par lesquels Jésus manifeste sa Présence dans l’Église. La majorité des gens connaît bien deux sacrements: le baptême et l’eucharistie. L’Église catholique reconnaît cinq sacrements en plus: la confirmation, le mariage, le sacrement des malades, et les saints ordres. Les conciles de l’Église (Trente, XVIe siècle et Vatican II, XXe siècle) ont enseigné l’unité du sacrement des saints ordres, avec trois ministères: le diaconat, la prêtrise et l’épiscopat

La célébration

Le modèle que nous proposons ici, a été mis en scène par de Site Web des Femmes Prêtres et par l’Ordination des Femmes Catholiques, UK à l’église Saint James de Piccadilly, à Londres, le 18 janvier 2003. Voyez-en le reportage et un poème ici.

La cérémonie se compose de trois parties.

  1. En appeler au témoignage des femme diacres du premier millénaire.
    Pendant le premier millénaire, l’Église ordonna des milliers de femmes. Beaucoup d’entre elles nous sont connues par des pierres tombales, des témoignages historiques et le calendrier des saints. Nous les appelons pour qu’elles témoignent de leur ministère.
  2. Le rite d’ordination d’une femme diacre.
    En nous basant ce que nous savons par les anciennes sources liturgiques,, nous reconstruisons la manière dont les femmes étaient ordonnées diacres.
  3. Une femme diacre aidant au baptême et à la catéchèse des adultes.
    Comme l’aide au baptême était une des principales tâches des femme diacres, nous reconstruisons ce qui se passait et montrons pourquoi il était nécessaire que ce ministère fut exercé par des femme diacres.

Lala Winkley a réalisé la chorégraphie de la célébration.

Les illustrations photographiques du script ont été faites par Doreen Wyatt. Cliquez sur chaque petite photo pour l’agrandir.

Première partie : Appeler les femme diacres du premier millénaire à témoigner.

Références: Le script de cette partie a été rédigé par Lala Wincley, basé sur des recherches faites par le Docteur Mary Ann Rossi et John Wijngaards.

Bibliographie. Pour cette section, lisez:


La scène d’ouverture [Un ancien cimetière. Cinq pierres tombales sont dans la partie réservée à un sanctuaire. Sur chacune d’entre elles, on peut voir une inscription reprise sur les tombes originelles des femmes ordonnées au diaconat].

[Chaque femme vient à son tour au-devant de la scène et récite l’histoire de la diaconesse qu’elle représente, puis, une fois qu’elle a terminé, elle retourne s’asseoir.]

1. Sainte Phoébé

«Je suis Phoébé, la diacre (diakonos) de la congrégation de Cenchrée, un faubourg de Corinthe. J’ai vécu et exercé mon ministère durant le premier siècle. J’aime bien que vous pensiez à moi et que vous vous souveniez de moi, mes sœurs, car comme je travaillais avec Paul, plus tard, les historiens de l’église n’ont pas cessé de me décrire comme son «assistante».

Paul nous respectait, il prévenait les gens d’ici, à Corinthe et leur disait:
« soyez soumis à chaque compagnon [comme moi] et à chaque travailleur.»[1Cor.16:16] Il me recommandait, moi et les autres femmes pour la qualité de notre évangélisation et de notre enseignement. J’avais la chance alors d’avoir une fortune importante que j’ai choisi d’utiliser pour aider Paul et soutenir les frais inhérents au travail à faire. Ma haute position dans la société lui vint également à l’aide dans beaucoup d’occasions. Je transmettais ses lettres aux Romains chez qui il me présentait comme sa collègue et sa protectrice. En fait, beaucoup m’ont fait la grâce de m’appeler apôtre. Souvenez-vous de moi comme de sa collègue et une partenaire à part entière dans l’église primitive.»

2. Junie

«Je m’appelle Junie, femme comme vous le voyez et apôtre de l’église. Je travaille en tant que diaconesse avec Andronicus, mon partenaire de mission. Nous sommes devenus chrétiens avant Paul, mais nous avons œuvré ensemble et nous avons même partagé son emprisonnement.Dans ses lettres, Paul nous a toujours considérées comme des.membres importants du cercle de ses apôtres. Il y eut plus tard une tentative pour transformer mon nom en Junias (un nom grec masculin). Qu’auriez-vous pensé de ceux qui l’ont fait? Ont-ils imaginé que s’ils supprimaient ma véritable identité de femme cela rendrait mon travail plus valide? Sans doute! Je vous salue, femmes d’aujourd’hui. Soyez fière d’être des femmes et merci de m’avoir rendu ma féminité et de m’avoir reconnue comme une véritable femme apôtre.»

[Les femmes qui personnifient les femme diacres portent un foulard ( l’ancien’maphorion’) avec une étole pourpre par dessous. Ces deux photographies vous montrent Alison Gelder à droite et Pia Huber à gauche. Nous devons ces photos à John Hatfield.]]

3. Thécla

«Je me nomme Thécla, une femme missionnaire à Iconium au 1er siècle. J’ai été impressionnée par ce gars, Paul, par ce qu’il nous demandait et par la façon dont il voulait que nous changions notre vie. J’étais de noble origine, j’ai rejeté ma position et le mariage, mon fiancé n’était pas content! En fait, ma famille et lui sont devenus très cruels à mon égard, m’ont persécutée au point de me condamner à mort. J’ai réussi à me sauver et j’ai accompagné Paul à Antioche.Le pense que la mentalité de cette époque était différente. J’ai été condamnée à me battre contre des bêtes sauvages! Est-ce que cela arrive encore aujourd’hui? Je me suis précipitée moi-même dans un puit rempli d’eau en priant Dieu pour obtenir le baptême. Après cela, les bêtes refusèrent de me blesser. J’aime à croire que c’était pour autre chose que pour mon odeur de vase. On me libéra de nouveau et je partis avec Paul pour Myra. J’ai prêché, guéri et baptisé. J’ai construit un centre d’enseignement et un hôpital et j’en ai inspiré beaucoup, je l’espère.»

4. Sainte Nonna 4ème s. Cappadoce

«Je suis Nonna. J’ai vécu en Cappadoce pendant le 4ème siècle. C’est la Turquie aujourd’hui. J’ai été bénie par un mariage avec un homme très bon. Il s’appelait Grégoire. Bien que je le dise moi-même, c’est moi qui ai aidé Grégoire à découvrir la foi chrétienne. Il prit son envol. Il devint prêtre et plus tard, on le choisit pour être l’évêque de Naziance. J’ai également été ordonnée au diaconat. Nous avons œuvré très près l’un de l’autre, nous aidant mutuellement dans notre apostolat.

5. Sainte Gorgonia 4ème s Cappadoce

«Je suis Gorgonia, la fille de Nonna et de Grégoire, le même évêque de Naziance.

Je suis seulement devenue chrétienne plus tard dans la vie, après avoir élevé ma famille. J’ai été baptisée et ordonnée diacre ce qui m’a conduite à convertir ma maison en abri dans lequel les pauvres et les sans logis trouvaient de bons soins.»

6. Marie de Cappadoce en Asie Mineure (sur une pierre tombale)

«Je suis aussi de Cappadoce. Mon nom est Marie comme vous pouvez le lire sur ma pierre tombale du 6ème siècle. Lisez-la et vous verrez que j’ai été ordonnée diacre et que j’ai consacré ma vie à aider les pauvres, à accueillir les étrangers, à laver les pieds de tous ceux qui étaient dans le besoin et à m’occuper des orphelins. Bien que mon nom se soit perdu pendant 1600 ans,je vous apporte tous les saluts de cette femme de Magdala dont je porte le nom.»

7. Sainte Macrina de Cappadoce

«Je suis Macrina,aussi du 4ème siècle,de Bythinia. Après le décès de maman, j’ai aidé à élever mes neuf frères et sœurs. J’ai seulement pu commencer mon propre ministère quand j’ai eu terminé ce boulot. J’ai travaillé en tant que diacre dans une ville appelée Annisa de Ponte. Deux de mes frères devaient y devenir évêques. L’un était Basile, certains l’appellent ‘Basile le Grand’. Bon Dieu, il n’était pas si grand que ça! Allons, peut-être bien!… Parfois! Je le sais bien: c’est moi qui l’ai élevé et éduqué. L’autre, c’était Grégoire. Il est devenu évêque de Nyssa. C’était un bon mari pour Théosébia qui était aussi diacre. Moi, j’étais assez particulière à mon époque parce que j’étais aussi une excellente théologienne. Je n’avais que 20 ans quand j’ai ressenti un extraordinaire besoin de fonder une communauté de femmes. Je sais bien que j’ai influencé mes frères. Basile à crée son monastère sur le modèle de celui que j’avais entrepris, mais pour des hommes bien sûr et Grégoire était un bon savant. Il a aidé à traduire les écritures et y a inclus nos opinions sur l’Esprit Saint et la Foi. Ainsi si ces hommes privilégiés peuvent prendre en compte les réflexions que nous, femmes pouvons leur donner, ils peuvent être vraiment inspirés.»

8. Sainte Théosébia Bythinie

«Un certain nombre d’entre nous, comme vous allez voir, vient de Bythinie en Asie Mineure, près de la Mer Noire. Aujourd’hui, on appelle ce pays la Turquie. Je suis Théosébia, née au 4ème siècle. Je suis la femme de Grégoire, le frère de Macrina, prêtre, théologien et, plus tard, évêque de Nissa. J’ai été ordonnée diacre et j’ai fait beaucoup de catéchèse, en me suis occupée des catéchumènes qui étudiaient la foi, je les ai baptisés. Aussi, comme diacre, j’ai fait beaucoup de visites aux malades à leur domicile et je les ai aidés.»

9. Lampadie de Ponte.

«Je suis Lampadie et je sers aussi en tant que diacre à Ponte en Asie Mineure avec ma bonne amie Macrina. Mon ministère de diacre s’exerçait au 4ème siècle. J’ai centré mon attention sur les femmes au foyer.»

10. Eugénie; Bythinie

«Moi aussi, je suis de Bythinie en Asie Mineure. Je m’appelle Eugénie. J’ai vécu à Gargathis au 4ème siècle. J’ai été ordonnée diacre et j’ai travaillé pour tout le monde, je me suis occupée des pauvres et j’ai soigné les malades. Je leur apportais la communion et les saintes huiles lorsqu’ils étaient mourants. Je crois qu’on a trouvé mon sacerdoce de guérison très utile.»

11. Les Martyres de Bythinie

«Il y eut deux femme diacres dont les noms furent expurgés par les autorités romaines. Elles étaient les chefs de leur communauté locale à Bythinie durant le second siècle. Elles furent torturées par le gouverneur romain, Pline le Jeune en 112 après J.C.. Je vous demande de vous souvenir de leur témoignage anonyme.»

11. Léta, Presbytéra, un prêtre, à Tropéa, 5ème siècle.

«Je suis Léta. J’ai servi comme prêtre dans une petite ville d’Italie qui a revélé beaucoup de secrets et de témoignages. Voyez l’inscription sur ma tombe. ‘Léta, la Presbytéra a vécu 40 ans, 8 mois et 9 jours, pour laquelle son mari a érigé cette tombe’ Mon mari se désignait lui-même comme ‘maritus’ (mari). Certains ont suggéré que j’étais l’épouse, pas le prêtre de Tropéa. Mais s’il en était ainsi, mon mari se serait désigné comme presbyter et pas comme maritus. La preuve est bien là, on ne peut plus désormais dénier ma prêtrise. Je vous honore, vous qui êtes des prêtres et vous, mes soeurs, qui êtes appelées mais à qui l’on dénie la chance d’accéder à votre vraie vocation.»

12. Théodora. Évêque. (Mosaïque dans l’église de Saint Praxède)

«Je suis Théodora. Evêque. On peut voir aujourd’hui mon image dans l’église de Saint Praxède à Rome.Une érudite de votre époque, Joan Morris, a aidé à reconstituer mon histoire et mes rapports avec cette église. La famille Pudens, connue par Paul (2 Timothée 4,21) a utilisé sa maison familiale comme église plus tard et elle est devenue un des plus anciens ‘bâtiments église’. Sainte Pudentiana de la famille de sainte Praxède, est représentée sur la même mosaïque. c’étaient les chefs, courageux et constamment en danger, des bâtiments églises avant que la chrétienté ne fût légalisée en 313 après J.C.. Honorons-les tous ensemble. Vous me verrez sur cette mosaïque avec un halo carré qui montre que je vivais encore au temps où on l’a réalisée, 820 après J.C. Sainte Praxède de la maison Pudens,700 ans plus tôt se trouve à mes côtés. Nous tenons toutes les deux nos crosses d’évêque. Moi, Théodora, je suis voilée de blanc avec mon nom et mon titre inscrit au-dessus de ma tête: Episcopa, La terminaison féminine en latin signifie un ‘évêque qui est une femme’ Je vous donne à tous ma bénédiction épiscopale.»

14. Sainte Apollonia; 3ième siècle, Alexandrie

«Je suis Apollonia. J’ai été ordonnée diaconesse à Alexandrie, une merveilleuse ville d’Egypte, au cours du 3ième siècle. Toutefois, c’était une époque dangereuse pour les Chrétiens. En effet, beaucoup furent persécutés avec une affreuse cruauté. J’ai moi-même été traînée devant le tribunal. Lorsque j’ai refusé d’adorer les dieux païens, on me livra à la foule pour me lyncher qui, je le sais, prit plaisir à me battre et à me tuer en me jetant dans les flammes. Une mort terrible. Je suis morte pour ce à quoi je croyais.

15. Sophie;Jérusalem (sur une pierre tombale)

«Je suis Sophie de Palestine. Au 4ième siècle j’étais une sœur religieuse et une diacre ordonnée. On m’honorait beaucoup car sur ma tombe, là-bas, était écrit le nom dont m’appelaient souvent les membres de ma communauté. ‘Leur ‘deuxième Phoébé’»

16. Enéon; Jérusalem (sur une pierre tombale).

«Moi aussi, j’étais diacre à Jérusalem pendant le 4ième siècle. Mon nom est Enéon, fille de Néoikétis. J’ai servi comme diacre dans notre hôpital local. Je m’occupais spécialement des malades et des mourants, leur apportant la communion et les huiles saintes comme on le lit sur ma pierre tombale là-bas.»

17. Théoprépia; Macédoine. (sur une pierre tombale)

«Je suis Théoprépia, de Macédoine, en Grèce. J’ai vécu au 4ième siècle dans un monastère religieux, mais j’étais aussi ordonnée diacre. De cette manière, je pouvais servir l’église paroissiale locale. J’étais capable d’aider et de guider beaucoup de gens.Vous me connaissez parce que, par chance, ma tombe n’a pas été détruite. Trente-deux seulement parmi les milliers de femmes qui servaient comme diacres sont ainsi identifiées. Se pourrait-il que certaines personnes, dans la longue histoire de l’église et même aujourd’hui, ne désirent pas que ni nous, ni notre contribution à la vie de l’église restent dans le souvenir et soient honorées.?»

18. Athanasia; Delphes (sur une pierre tombale).

«Je m’appelle Anastasie, aussi de Grèce, mais je viens de Delphes au 5ème siècle. L’évêque Pantamianos m’a ordonnée diacre pour aider à baptiser beaucoup de femmes qui rejoignaient l’église chrétienne. Lisez mon épitaphe sur ma tombe là-bas. L’évêque l’a érigée et il a beaucoup insisté sur ce qu’on allait y graver. Il m’a beaucoup honorée.»

19. Sainte Xénia; Kos

«Je suis née à Rome sous le nom d’Eusébia au cours du 5ième siècle. Mon père était un magistrat romain. Quand ma famille voulut me marier de force, je me suis sauvée habillée d’une minable robe de pèlerin et j’ai atterri à Kos, une île grecque. J’ai adopté le nom de Xénia, ce qui signifie ‘étrangère’. L’évêque Paul de Molassa m’a ordonnée diacre. J’ai découvert qu’une bonne partie de mon ministère consistait à m’occuper d’autres qui avaient fui aussi une patrie cruelle. Des gens aussi cherchent à se réfugier dans votre pays maintenant, à ce que j’ai entendu dire. J’espère que certains parmi vous sont autant affermis dans leur ministère que je l’ai été moi, par mon ordination.»

20. Sainte Olympe; de Constantinople

«Je suis Olympe, née à Constantinople au 4ième siècle. J’ai été ordonnée diacre par le patriarche Nektarios et je suis devenue coordinatrice des femme diacres attachées à la cathédrale Sainte Sophie. J’étais une ferme alliée de Saint Jean Chrysostome quand il a résisté à l’empereur qui voulait se mêler des affaires de l’Église. Quand John a été exilé, j’ai publiquement soutenu sa cause en dépit des persécutions des officiels de l’état. J’ai aussi participé activement à continuer la gestion de la cathédrale. Naturellement, nous nous en sommes montrées parfaitement capables.»

21. Sainte Domnika; Rome/Alexandre/Constantinople

«Je suis Domnika, née à Rome au cours du 4ième siècle. J’ai émigré à Alexandrie quand je suis devenue Chrétienne. J’ai également étudié l’art de la médecine. Je suis revenue m’établir à Constantinople quand le patriarche Nektarios jugea bon de m’ordonner diaconesse. Mon ministère consistait principalement en la guérison et la guidance spirituelle comme je sais que le font bon nombre d’entre vous.»

22. Sainte Poplia

«Je suis Poplia, de cette cité pleine de richesse et de culture qu’était Antioche en Syrie, au 4ième siècle. J’étais mariée et j’avais un fils. Peu de temps après mon ordination comme diacre une persécution surgit sous l’empereur Julien. J’ai été capable de conseiller beaucoup de gens, les affermissant dans leur foi et dans leurs résolutions quand mon tour arriva. Je fus torturée par les soldats romains parce que j’avais refusé de renoncer à ma foi. Soyez forts mes amis, tous les abus semblables de l’autorité sont minants, mais nous pouvons rester forts, spécialement si nous nous engageons tous ensemble dans l’action.»

23. Sainte Mélanie; dite ‘la Jeune’ a voyagé

«Je suis Mélanie, la Jeune, 4ième siècle . Je viens de Rome. J’étais mariée et j’avais deux enfants. Plus tard, dans ma vie, j’ai été en Egypte. J’ai été ordonnée diacre, et finalement je me suis établie à Jérusalem. J’ai passé là beaucoup de temps à étudier, à enseigner l’Écriture et à organiser la copie de la Bible. Beaucoup d’intellectuels se sont convertis au Christ par mon travail.»

24. Sainte Geneviève; Paris

«Je suis Geneviève, 6ième siècle, Paris, France.En tant que femme diacre ordonnée, mon principal service était de m’occuper des femmes catéchumènes que j’instruisais et que je préparais au baptême. Quand les drakkars des Vikings s’approchèrent de la ville de Paris, je sortis pour négocier avec les Vikings! Ils s’en allèrent. Encore aujourd’hui, je suis reconnue comme la sainte patronne de Paris.»

25. Sainte Radegonde;Poitiers en France

«Je suis Radegonde. J’ai vécu au 6ième siècle à Thuringe, en France. J’ai essayé d’échapper au mariage, mais on m’a mariée de force au roi Clotaire quand j’avais 18 ans. Mon mari, le roi, était un homme effrayant et violent. Je me suis sauvée et je me suis débrouillée pour arriver à Poitiers, où l’évêque Médard de Noyon m’ordonna diacre. Je me suis servie de ma fortune pour fonder un couvent et je suis contente de dire qu’avec le temps, ce couvent est devenu un grand centre d’études pour les femmes. Mon monastère était également un couvent «libre» sur lequel personne, même pas l’évêque local, n’exerçait d’autorité. Notre travail était dédié à l’établissement de la paix, bien nécessaire dans le royaume franc et je crois comprendre que ce serait également bien nécessaire pour tous, spécialement à cette époque-ci.»

26. Martyres de Perse

« Je représente les 7 femme diacres qui sont mortes pour leur foi en Perse au cours du 5ième siècle, en même temps que l’évêque Abdjésus et un groupe de prêtres, de diacres, de moines et de religieuses. Nous avons été massacrés. Les terres de la vallées de l’Indus sont chargées de semblables massacres aujourd’hui. Nous nous souvenons d’eux.»

27. Femme diacres de Grèce

« Je représente les femme diacres qui ont officié en Grèce et dont nous connaissons beaucoup de noms grâce aux témoignages historiques: Agliasis de Mélos, Agripiane de Patras, Posidonia et Agathe de Philippe, Agathokleia et Théodosia d’Edessa et beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres dirigeantes, aimantes, érudites et capables dont on a permis que les noms soient effacés de nos mémoires. Peut-être parce que c’étaient des femmes?»

28. Femme diacres de l’ouest

«Je représente les femme diacres qui ont œuvré dans les paroisses en Italie, en France, en Grande-Bretagne à partir du 4ième siècle au 9ième siècle. En particulier Anna de Rome, Ausonia de Docléa, Théodora de Ticini en Gaule, dont on a retenu les noms. Souvenons-nous également de celles dont on n’a pas retenu les noms.

[Toutes les femme diacres disent alors ensemble]

Profitons de cette occasion favorable et ne terminons pas sans nous souvenir aussi des femmes qui, plus tard, furent tellement importantes à leur époque et cependant rarement respectées pour le travail courageux qu’elles ont accompli et continuent à accomplir encore aujourd’hui pour la chrétienté. Ce sont: Julian de Norwich, Margaret d’Ecosse, 11ième siècle, Brigitte de Suède 14ième siècle, Hilda de Whitby, Hildegarde de Bingen, les Thérèse d’Avila et de Lisieux, Catherine de Sienne et les femmes qui ont fondé et conduit beaucoup de congrégations de femmes, commençant le travail qui devait être fait, en rencontrant souvent de lourdes difficultés. Nous honorons les femmes qui servent aujourd’hui comme diacres dans la tradition anglicane, beaucoup d’entre elles sont également prêtres. Nous prions particulièrement pour Una Kroll, prêtre anchorite dans le Monmouthshire, et la laïque, Monica Furlong, qui est décédée cette semaine. Elles ont avec un semblable dévouement et avec humour repris l’appel pour plus de justice au commencement de cette période de lutte dans ce pays.

Chant Elle est comme une montagne / Grande et forte / Elle va et elle vient / Elle est comme une montagne / Grande et forte / Elle va et elle vient / Elle est comme une montagne... Etc. etc.

Deuxième partie: reconstitution du rite d’ordination des femme diacres.

Le script de cette partie a été écrit par John Wijngaards, la chorégraphie est de Lala Winckley

Bibliographie de cette section:

2.1. Introduction

Le Commentateur;

Depuis les temps apostoliques, les ministères sacrés ont été enrôlés dans leurs services par l’ordination. «Les apôtres priaient et étendaient les mains sur eux (Actes 6,6)». Cette pratique a perduré au cours des siècles jusqu’à nos jours. Le diaconat a toujours fait partie des ordres sacramentels de l’Eglise, même s’il y eut des changements dans le ministère du diaconat d’une période à une autre.

Pendant le premier millénaire, des hommes, mais aussi des femmes furent ordonnés diacres. C’est un point crucial pour la réforme de l’église aujourd’hui. En effet un des arguments-clefs de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du Vatican est l’affirmation que les femmes n’ont jamais été admises aux Ordres Saints. Et bien, on a tort. Les femmes recevaient vraiment une ordination sacerdotale valide au diaconat.

Depuis le concile de Trente, l’Eglise reconnaît un sacrement des Ordres Saints. Si les femmes pouvaient être diacres, elles pouvaient aussi être prêtres et évêques pour cette même raison

Le rite d’ordination que nous reconstruisons se trouve dans l’ancien rite d’ordination utilisé par les évêques. Ce rite est confirmé dans les plus grandes bibliothèques; Oxford, paris, Le Caire, Athènes, le Mont Athos et Rome.[ Tous les textes sont publiés in extenso dans le livre de John Wijngaards: [No Women in Holy Ordres? The Women Deacons of the Early Church] Selon les témoignages contemporains, nous savons, qu’à une certaine époque, des milliers de femmes servaient leurs paroisses comme diacres.

[Toutes les femmes qui jouent le rôle de diacre du premier millénaire se lèvent et marchent vers le côté pour former une seule file au pied du sanctuaire, le visage vers l’autel en tournant le dos à l’assistance.].

Le Commentateur

Dans l’ancienne liturgie catholique de la partie de langue grecque de l’Eglise, un écran sacré appelé iconostase, c’est-à-dire un ‘écran porteur d’icônes’ divisait le corps de l’église, où se trouvaient les fidèles, du sanctuaire qui entourait l’autel. Cet écran avait environ 1 mètre 90 de hauteur. Il devait son nom aux icônes du Christ, de Marie et des apôtres qui l’ornaient devant.

[Toutes, en remontant le long de l’écran, tournent lentement vers la gauche et reviennent face au public, toujours en restant en file. Elles restent immobiles et en silence pendant un court moment pour marquer la solennité de ceci et des femmes présentes].

Le commentateur:

Pour ce que nous ferons aujourd’hui, l’iconostase doit être ornée des représentations des femmes dont nous nous souvenons et qui furent appelées au diaconat au cours du premier millénaire, mais qui furent gardées dans le silence de leurs tombes. Au lieu des peintures pendant d’habitude sur l’écran, celles du Christ, de Marie et des apôtres, nous voyons les visages des femmes d’aujourd’hui, du 3ième millénaire, nos icônes, des femmes qui travaillent, bien que si souvent non-reconnues et toujours non-nommées, comme diacres servant notre église d’aujourd’hui.

2.2. L’ouverture de l’écran sacré

[La file des femme diacres se partage par le milieu et en deux files de femmes qui marchent à droite et à gauche, ouvrant ainsi les portes de l’iconostase. Les femmes se placent de chaque côté de manière qu’on puisse voir ce qui se passe dans le sanctuaire.]

Nous voyons l’évêque debout devant l’autel avec l’archidiacre à sa gauche. Le rituel d’ordination est sur un lutrin devant l’évêque. Dans cette reconstitution, les actes de l’évêque, de archidiacre et de la postulante sont mimés. Ce qu’ils disent est dit en voix off.

Pendant que parle le commentateur, l’archidiacre quitte le sanctuaire, va chercher la postulante au fond de l’église et l’amène lentement dans le sanctuaire.

Le commentateur

L’ordination prenait place après les lectures et l’homélie, au cœur de la célébration eucharistique. Le rituel dit que «Après l’offertoire sacré, les portes ( du sanctuaire) sont ouvertes et avant que l’(archi)diacre ne commence la litanie de ‘tous les saints’, la postulante est amenée.»

Il est significatif que les femme diacres aient été ordonnées dans le sanctuaire, devant l’autel. Cela était fait, non seulement pour indiquer l’accès du diacre à l’autel, mais pour marquer l’ordination comme un des ‘ordres majeurs’ pour le distinguer des ordres mineurs comme le sous-diaconat et le lectorat. Un père de l’Eglise du IVe siècle, Théodore de Mopsuestia, explique que les lecteurs, les sous-diacres etc., étaient ordonnés dans la sacristie. Seuls les évêques, les prêtres et les diacres étaient ordonnés à l’intérieur du sanctuaire ‘parce qu’ils servaient aux choses sacrées’.

Pour cette reconstitution, nous appellerons la postulante ‘Sophie’.

2.3. L’élection publique de la candidate.

[ La candidate vient devant l’évêque, s’incline devant lui, s’incline profondément devant l’autel à droite de l’évêque et se retourne pour faire face à la congrégation. L’archidiacre se tient à la droite de l’évêque.

Le commentateur

Les femmes étaient ordonnées devant l’assemblée entière et en ‘présence des prêtres, diacres et femme diacres’ (Constitutions Apostoliques. 380 Après J.C.). Ce caractère ‘public’ de la cérémonie marquait l’ordination comme un des ordres les plus élevés. De plus, une étude du processus de l’ancienne ordination montre que l’élection du nouveau ministre faisait partie de l’ordination elle-même. Les évêques, les prêtres et diacres étaient publiquement désignés par ce qu’on appelait la proclamation de la ‘Grâce Divine’ par laquelle l’évêque annonçait qu’untel ou unetelle était élu à tel ministère ou à tel autre dans un lieu précis. Cette proclamation ne se faisait que pour les ordres majeurs.

[L’évêque étend la main droite, pointant le doigt vers la candidate et fait semblant de lire pendant que la personne qui lit les mots de l’évêque parle dans le micro.]

La voix de l’évêque;

‘La Grâce Divine, qui a toujours guéri ce qui est infirme ou complété ce qui manque, choisit Sophie pour être diacre de cette paroisse. Prions donc pour que la grâce de l’Esprit Saint descende sur elle.’

L’Assemblée:

«Amen! Seigneur prends pitié de nous!»

2.4. Première prière d’ordination

[La postulante se retourne, incline la tête et l’évêque lui impose la main droite sur la tête.].

Le commentateur

L’évêque trace par trois fois le signe de la Croix sur le front de la postulante et lui impose la main droite sur la tête.

Au cours des siècles, cette ordination a été faite par l’imposition des mains et l’invocation de l’Esprit Saint. Dans le texte qui suit, notez combien le ministère du diaconat lui est clairement et explicitement confié.

La voix de l’Évêque.

«Seigneur Saint et Tout Puissant, par l’incarnation de ton Fils Unique, notre Dieu, né d’une Vierge, tu as sanctifié la Femme. Tu as accordé non seulement aux hommes, mais aussi aux femmes, la grâce et la venue du Saint-Esprit.
Qu’il te plaise aussi, maintenant, Seigneur de veiller sur ta servante et de la consacrer à la tâche de ton diaconat et de verser en elle le don abondant de ton Saint-Esprit.
Préserve-la pendant qu’elle accomplit son sacerdoce selon ce qui te plaît, dans une foi orthodoxe et dans une conduite irréprochable.
Car toute gloire, honneur et adoration te sont dus.»

L’Assemblée

«Amen!Amen! Amen»

Le Commentateur

Il faut noter qu’accorder un ministère à une femme est justifié par un rappel de ce que, en Christ, Dieu a sanctifié le genre féminin. L’évêque sait ce qu’il fait. Clairement et explicitement, il appelle l’Esprit Saint sur la femme pour le ministère du diaconat. Elle est donc sacramentellement ordonnée. Notez également que l’imposition des mains est faite pour que tous les croyants le voient et, que la prière sacramentelle est récitée à voix haute, pour que toute l’assemblée l’entende et qu’elle soit avalisée par elle.

2.5. Les Intercessions

[La personne qui représente l’archidiacre se porte à l’avant et les lit sur une feuille de papier].

Le Commentateur

L’archidiacre entonne alors une longue litanie d’intercessions. Nous n’en écouterons qu’une partie puisqu’elles mentionnent la nouvelle ordonnée parmi les prières dites à l’intention du clergé.

La voix de l’Archidiacre (psalmodie)

«Pour la paix et le bien de tout l’univers. Prions le Seigneur.»

L’Assemblée (psalmodie)

«Seigneur, prends pitié»

La voix de l’Archidiacre [psalmodie]

«Pour notre archevêque, pour sa prêtrise, son aide, sa persévérance, sa paix, son bien-être, sa santé et le travail de ses mains. Prions le Seigneur.»

L’Assemblée ( réponse psalmodiée)

«Seigneur, prends pitié»

La voix de l’Archidiacre (psalmodie)

«Pour Sophie qui vient d’être ordonnée diacre et pour son salut. Prions le Seigneur.»

L’Assemblée (psalmodie)

«Seigneur, prends pitié»

La voix de l’Archidiacre (psalmodie)

«Que le Seigneur miséricordieux lui accorde d’exercer un diaconat sincère et sans faute. Prions le Seigneur.»

L’Assemblée (psalmodie en répons)

«Seigneur, prends pitié.»

2.6. Seconde imposition des mains et prière d’ordination

[L’évêque impose encore une fois la main sur la tête de Sophie.]

Le commentateur.

L’évêque qui, pour la seconde fois, impose la main droite sur la tête de Sophie, dit une seconde prière d’ordination. Seuls, les trois ordres majeurs ont deux prières d’ordination. Notez également que les candidats aux ministères mineurs étaient seulement bénis. Seule une vraie ordination contenait l’invocation au Saint-Esprit.

La voix de l’Evêque

«Seigneur, notre Maître, ne rejette pas les femmes qui se consacrent à toi pour servir ta Sainte Maison, mais admets-les dans l’ordre de tes ministres.
Accorde aussi le don de ton Esprit Saint à ta servante qui veut se consacrer à toi et assumer la grâce du diaconat, comme tu as accordé par ta main cette grâce à ta servante Phoébé que tu avais choisie pour travailler à ton sacerdoce.
Accorde-lui aussi, Seigneur, qu’elle puisse persévérer sans faute dans ton Saint Temple, qu’elle puisse se garder dans son comportement particulièrement par sa modestie et sa tempérance. Et rends ta servante parfaite pour qu’elle puise se tenir debout devant de siège du jugement de ton Christ, qu’elle puisse recevoir la récompense que lui vaut sa bonne conduite par la miséricorde et l’humanité de ton Fils Unique.»

Le Commentateur

Cette seconde prière d’ordination par elle-même, avec l’imposition des mains, constituait une ordination parfaitement sacramentelle. Pourquoi deux prières d’ordination? Probablement parce que, dans le cas des évêques, des prêtres et des diacres, l’Eglise voulait s’assurer que le sacrement avait été réellement conféré.

2.7. L’investiture

[L’archidiacre va chercher un grand plateau sur lequel se trouve l’étole du diaconat. Il l’offre à l’évêque qui impose les mains sur la diacre, soulève son voile et lui glisse l’étole par-dessous, sur les épaules avec les deux extrémités pendant sur le devant.

Le Commentateur

Selon une pratique ancienne, la nouvelle ministre recevait l’étole du diaconat, le vêtement par lequel elle pouvait être reconnue comme telle. Le rituel explique que l’étole devait être placée sur les épaules de la diacre, sous son voile, mais avec les deux extrémités pendant sur le devant de sorte qu’on puisse les voir.

Seuls, les diacres ordonnés pouvaient porter l’étole du diaconat. Le Concile de Laodicée, au IVe siècle défendit aux sous-diacres, aux lecteurs et aux chanteurs de la porter et menaça d’excommunication les personnes non ordonnées qui s’afficheraient en la portant.]

2.8. Communion

[Les portes de l’écran sacré sont refermées pendant un instant]

Le Commentateur

L’ordination proprement dite est quasi complète. Les fonctions centrales de l’eucharistie commencent avec les différents rites de l’ancienne liturgie. L’écran sacré est refermé. Seuls, l’évêque et le clergé sont dans le sanctuaire. La nouvelle femme diacre reste également à l’intérieur. Nous reprenons l’ordination au moment de la Sainte Communion.

Les portes de l’écran sacré se rouvriront seulement quand l’assistance recevra la Sainte Communion. Pour cette reconstitution, nous ouvrirons l’écran pour montrer ce qui se passait à l’intérieur du sanctuaire.

[Les portes de l’écran sacré sont ouvertes]

Le commentateur

C’était la coutume, à ce moment, comme ce l’est encore dans l’Eglise Orthodoxe d’aujourd’hui, que les fidèles reçoivent la Sainte Communion d’un calice dans lequel le pain avait été détrempé dans le vin. Une partie de ce mélange leur était déposée sur la langue au moyen d’une petite cuillère. Le prêtre et les diacres, d’autre part, recevaient la communion sous les deux espèces et directement de l’évêque. Cela s’appliquait également à la diaconesse nouvellement ordonnée. Elle s’inclinait devant l’évêque qui lui donnait la communion sous les deux espèces.

[La diaconesse s’incline devant l’évêque. Il tient le plateau avec le plateau avec le pain consacré dans la main gauche et lui en dépose un morceau dans les mains. Avant qu’il ne le fasse, elle lui baise la main droite.]

La voix de l’Évêque

« À toi, ministre de Dieu, diacre Sophie est donné le précieux sang de notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ, pour le pardon de tes péchés et pour la vie éternelle.»

L’évêque prend le calice à l’archidiacre et offre le calice à la diaconesse pour qu’elle boive. Avant de le faire, elle lui baise la main droite. Après l’archidiacre remporte le calice.

La voix de l’évêque.

«A toi, ministre de Dieu, diacre Sophie, est donné le précieux et Saint Sang de Notre Seigneur pour le pardon de tes péchés et la vie éternelle.»

Le commentateur

Il est hautement significatif que la nouvelle femme diacre était présente dans le sanctuaire en même temps que les autres membres du clergé, que l’évêque lui donnait l’hostie dans la main comme il le faisait avec les diacres et qu’elle buvait au calice tout comme eux.

2.9. Reprise du calice avec le pain détrempé dans le vin

Le commentateur

Un rite particulier était alors ajouté.On avait coutume d’introduire un nouveau diacre dans sa tâche en lui faisant partager la distribution de la sainte communion aux laïcs. La femme diacre ne distribuait normalement pas la communion à l’intérieur de l’église. C’était le diacre qui assistait l’évêque ou le prêtre à l’autel, simplement parce que, dans la plupart des paroisses, il n’y avait que deux ministres du culte et il n’aurait pas été convenable qu’un prêtre et une femme diacre soient hors de vue de l’assemblée pendant une durée indéterminée. Les femme diacres apportaient la communion aux malades.

[L’archidiacre ramène le calice et le donne à l’évêque. Celui-ci tend le calice à la femme diacre qui se retourne et le pose sur l’autel.]=

Le Commentateur.

Pour montrer que la femme diacre recevait également le ministère de distribuer la communion, l’évêque lui tendait le calice contenant le mélange de pain et de vin. L’ancien rite nous dit: «Au moment du partage des mystères sacrés, la femme diacre partage le Corps divin et le Sang avec les autres diacres. Quand la nouvelle ordonnée a elle-même communié sous les deux espèces, l’évêque lui tend le vase sacré. Elle l’accepte et sans en distribuer le contenu aux autres, le redépose sur le saint autel. Elle avait bien donc le pouvoir d’avoir accès à l’autel et de distribuer la communion.

[D’autres femme diacres entrent dans le sanctuaire et congratulent la nouvelle diaconesse. Pendant ce temps, le commentateur poursuit.]

2.10. Conclusion

Le Commentateur

Nous concluons donc que le rite de l’ordination d’une femme diacre était une ordination complète.

Tout prouve sans aucun doute possible que les femme diacres recevaient l’ordre sacramentel complet du diaconat. De plus les diacres mâle étaient ordonnés avec exactement le même rite d’ordination et personne n’en a jamais mis en question leur caractère sacramentel.

Terminons avec ces paroles du Concile de Trente:

La voix de l’Evêque

«Si quelqu’un déclare que, par l’ordination sacrée, l’Esprit Saint n’est pas donné et que, dès lors l’évêque dit en vain: «recevez l’Esprit Saint, ou que par cette ordination, la spécificité (des saints ordres) n’est pas reçue…que cette personne soit considérée comme coupable d’anathème»

L’Assemblée (psalmodiant)

«Amen! Amen! Amen! Amen!» (applaudissement)

Troisième partie: Reconstitution du rite du baptême

Le script de cette section est de John Wijngaards, la chorégraphie de Lala Wincley

[Nous voyons les contours d’un fond baptismal sur le sol. L’évêque se trouve en face, la nouvelle femme diacre à son côté.]

Le Commentateur

Au cours de premier millénaire, le sacrement du baptême avait une place beaucoup plus importante dans la vie chrétienne qu’aujourd’hui. Par le baptême, les nouveaux croyants entraient dans le Royaume du Christ. Des milliers et des milliers d’adultes furent baptisés chaque année.

Les catéchumènes passaient par une longue période de préparation: d’instructions, de prières et d’exorcismes, de jeûne et de pénitence, d’examens et de guidance personnelle. Ici, les femme diacres jouaient un rôle, particulièrement en ce qui concernait les femmes. Dans la reconstitution de leur ministère, nous allons nous centrer sur la dernière phase: le baptême lui-même.

Après de finales exhortations et un renoncement au diable, les catéchumènes étaient conduites au baptistère. L’évêque baptisait les hommes d’abord, assisté d’un diacre. Les femmes étaient ensuite conduites au baptistère.

[Les femme diacres viennent du centre de l’église et forment un demi croissant symbolisant l’écran autour du baptistère.]

Les anciens baptistères étaient de petits bassins, enfoncés dans le carrelage du sol avec des marches qui descendaient dans l’eau. La partie de l’église autour ce bassin était protégée par un écran pour que le ministre qui baptisait et les catéchumènes puissent avoir un peu d’intimité. Dans cette reconstitution, nous allons de nouveau utiliser nos femme diacres pour représenter cet écran.

3.2 Exorcisme

[La nouvelle femme diacre amène la catéchumène adulte et la présente à l’évêque qui trace le signe de la croix sur le front de cette dernière. Il ne lui impose pas les mains.]

Le commentateur

L’évêque officiant va se placer à l’entrée du baptistère. Il va oindre la catéchumène en lui traçant au front le signe de la croix, et en prononçant des paroles d’exorcisme.

La voix de l’évêque

«Sois ointe,[Agathe], avec l’huile de joie qui surmonte toute la violence de l’ennemi et par laquelle tu sers protégée, au nom du Père, du Fils et du saint-Esprit.»

3.3 Préparation

[ La femme diacre conduit la catéchumène à l’intérieur du baptistère et lui enlève symboliquement des ornements et sa robe.]

Le commentateur

Ensuite la femme diacre la conduit à l’intérieur même du baptistère. Là, elle l’aidera à se déshabiller et à enlever tous ses vêtements et ses ornements. Elle lui détachera les cheveux pour s’assurer qu’aucun esprit étranger ne descendra avec elle dans l’eau de la‘seconde naissance’.

3.4. Onction avec l’huile des catéchumènes.

[La femme diacre fait semblant de verser de l’huile contenue dans une grosse jarre dans une petite fiole qu’elle peut tenir dans sa main gauche. Elle en verse un peu dans la main droite et elle commence symboliquement à oindre la catéchumène nue sur chaque partie du corps.]

Le commentateur.

La femme diacre verse un peu d’huile provenant d’une petite fiole dans sa main droite. Elle va oindre chaque partie du corps de la catéchumène nue. Les anciennes rubriques ne laissent aucun doute sur le fait que l’onction était totale. «la personne qui doit être baptisée est dénudée…Tous les ornements en or et en argent, les vêtements sont enlevés. Il faut oindre la personne sur la poitrine, les bras, l’estomac, le dos et au milieu des deux mains»

L’onction elle-même était un exorcisme, impliquant une guérison de tout mal concernant le corps. Il est évident qu’il ne fallait pas en oublier une partie. Le massage des huiles aromatiques sur la peau du corps et des membres, culminait avec le massage de l’huile dans les cheveux. C’était une expérience profondément sensuelle, un sentiment d’être totalement vulnérable et cependant merveilleusement désirée. Cela évoquait l’émotion d’un nettoyage total, d’être totalement accepté, corps et âme, d’être remodelé pour la renaissance à une nouvelle vie. L’onction d’une femme de cette manière intime exigeait le service d’une autre femme. De plus, comme c’était une cérémonie d’une telle importance au milieu du saint baptême lui-même, cela exigeait de préférence le service d’une femme ministre qui avait été ordonnée pour cette fonction.

3.4 Le baptême lui-même

[La femme diacre conduit la catéchumène dans le fond baptismal, encore symboliquement]

Le commentateur

La femme diacre conduit maintenant la catéchumène au bas des escaliers, de l’ouest vers l’est, de telle sorte que la catéchumène soit tournée vers l’est. Au milieu, le bassin a une profondeur d’eu qui va jusqu’à la taille d’une personne. La catéchumène descend dans le bassin. En ce qui concerne les hommes, ceci était fonction du baptiseur principal, l’évêque ou le prêtre immergeant eux-mêmes le catéchumène par trois fois en utilisant une formule trinitaire.

Pour les femmes, l’immersion était faite par une femme diacre alors que la formule baptismale était d’habitude prononcée par l’évêque ou par le prêtre qui se trouvait hors de baptistère, ou, peut-être derrière un rideau à l’intérieur de baptistère.

[La diaconesse immerge la catéchumène une première fois]

La voix de l’évêque

«Cette créature de Dieu [appelée Agathe] est baptisée au nom du Père.»

Voix de la femme diacre

«Amen!»

[La diacre procède à une seconde immersion de la catéchumène]

La voix de l’évêque

«Cette créature de Dieu [appelée Agathe] est baptisée au nom du Fils.»

Voix de la femme diacre.

«Amen!»

[La femme diacre procède à une troisième immersion de la catéchumène].

Voix de l’évêque

Cette créature de Dieu [appelée Agathe] est baptisée au nom de l’Esprit».

Voix de la femme diacre

«Amen!»

Le commentateur

Imaginez l’excitation physique de ce signe appliqué à la catéchumène. Bien qu’elle y fût préparée intellectuellement, elle ressentirait longtemps encore le choc de sa poitrine et de son visage plongés dans l’eau froide, la tête et les cheveux complètement immergés, pour ensuite sortir de l’eau en essayant de respirer et dégoulinante. Et ceci se faisait trois fois de suite! Immergée en Dieu! Effrayant! Autant que d’être enfermé dans une tombe et pourtant étrangement excitant et revigorant. Voici donc un sacrement qui resterait imprimé dans la mémoire.

3.6. Réception

[La diaconesse aide alors la néophyte à sortir du bassin et la sèche avec une serviette.]

Le Commentateur

La femme diacre va aider la nouvelle baptisée à sortir du bassin, marchant vers l’est. Elle va alors recevoir là son ‘Bienvenue à elle’, dans les mots des textes anciens. Cela signifiait: sèche-la avec une serviette. Encore une fois, elle apprécierait l’extraordinaire expérience des nouveaux baptisés. la diaconesse lui essuierait délicatement les membres, en veillant à ce quel’huile qui avait imbibé la peau reste bien dessus, faisant en sorte que la néophyte se sente saine, complète et renouvelée entièrement. Elle la sécherait, lui peignerait les cheveux, complétant ainsi la toilette spirituelle qui a scellé l’arrivée de la nouvelle chrétienne dans la communauté de foi.

3.7. Habillage

[La diaconesse aide la néophyte à revêtir une robe blanche]

Le commentateur

La femme diacre va maintenant l’aider à revêtir une robe blanche, en disant une prière

Voix de la femme diacre

«La créature de Dieu (Agathe) est revêtue du vêtement de droiture au nom du Père, du Fils et du saint Esprit.»

3.8 Onction avec le Saint Chrème

[La diaconesse conduit la néophyte à l’évêque qui lui impose le saint chrème sur le front].

Le commentateur

La femme diacre la conduit ensuite à l’évêque. L’évêque oint de saint Chrème le front de la néophyte en traçant le signe de la Croix. Le saint Chrème est une huile bénie spéciale dans laquelle macèrent des herbes.

La voix de l’évêque

«Le sceau du don du Saint Esprit!»

3.9. Salut de bienvenue de la communauté

[La femme diacre présente la néophyte aux membres de la congrégation qui l’embrassent. Pendant ce temps le commentateur poursuit:]

Le commentateur

A la fin de la cérémonie de baptême, les nouvelles baptisées étaient accueillies par les autres membres de la communauté chrétienne. Comme nous le raconte saint Jean Chrysostome:

La voix de l’évêque

Lorsque les néophytes émergent des eaux sacrées, toute la congrégation les salue, les embrasse, les congratule et partage leur joie. Avant, elles étaient esclaves et captives et maintenant, en un instant, elles sont devenues des personnes libres, des enfants invités à la table royale. Aussitôt sorties de l’eau, elles sont conduite à la merveilleuse table, la source d’un millier de faveurs ( c’est-à-dire: l’autel), elles goûtent le corps et le sang du Seigneur et deviennent l’abri de l’Esprit Saint: elles sont revêtues du Christ lui-même et, de cette manière, où qu’elles aillent, elle apparaissent comme des anges terrestres aussi radieuses qu’un éclat de la lumière du soleil.

3.10 Conclusion

Le commentateur

Le rôle important qu’on joué les femme diacres au cours des cérémonies baptismales est clairement montré d’après ce schéma. La diacre femelle n’était pas le principal célébrant, mais comme sa contrepartie masculine, elle aidait l’évêque ou le prêtre en administrant ce sacrement crucial. Elle était associée aux moments les plus sacrés du baptême, les onctions et les immersions. Il est compréhensible que l’Eglise ait ordonné des ministres qui ont sacramentellement été dévolus à cette tâche.

FIN

Voyez aussi le script pour le modèle simplifié!

traduction: Françoise Bourguignon

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