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‘En souvenir d'elle’

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‘En souvenir d'elle’

Marie de Magdala. Méditation - 8ème jour






Peinture de Dieric Bouts aux Pays-Bas (1410-1475). Staatliche Museen Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Cliquez ici ou sur l'image pour l'agrandir.

Analyse de l'illustration

Dieric Bouts a dépeint l’Évangile dans un environnement médiéval. La scène montre une combinaison de quatre versions de la scène où Marie de Magdala verse de l’huile parfumée sur les pieds de Jésus. Bien que Luc suive normalement les récits de Matthieu et de Luc, dans le cas de cet épisode (Luc 7, 36-50), il nous raconte une histoire quelque peu différente. Jean, toutefois, dont le récit diffère en général de celui des autres évangélistes, rejoint pour une fois la manière dont les autres voient l’événement. Ceci est la preuve que cette scène a revêtu une très grande importance dans les derniers jours du ministère de Jésus mais qu’elle a suscité des interprétations diverses.

L’artiste a doté chaque personnage de caractéristiques distinctives. Les visages sont éloquents, de même que les gestes de la main. Chacun, sauf peut-être le frère dominicain près de la sortie, a quelque chose de particulier à dire. Il est facile de reconnaître le rôle qu’ils jouent. Rappelez-vous ce que, selon l’Évangile, ils disent : "S’il savait qui est cette femme..." (Le pharisien en vert). "À quoi bon..." (Judas et les autres apôtres, reconnaissables par leurs pieds nus). "Elle a montré beaucoup d’amour... Ta foi t’a sauvé..." Et également "Partout où sera proclamé cet Évangile dans le monde entier, on racontera aussi, en souvenir d’elle, ce qu’elle a fait" (Jésus).

Réflexion

Et nous, qu’aurions-nous pensé si nous avions été là ? Quelle aurait été notre attitude vis-à-vis de Marie de Magdala ? Aurions-nous été, comme les autres hommes, embarrassé(e)s ou hostiles ? Ou aurions-nous compris son geste, ayant suivi le Rabbi durant plusieurs années ? Nous serions-nous senti(e)s assez libres pour nous opposer au jugement des autres assistants ?

On peut se demander ce que vient faire le Dominicain dans ce tableau. Il semble être un personnage ayant une certaine autorité. Il est peut-être le commanditaire du tableau et il vient à point pour équilibrer la scène... Ou l’artiste veut-il dire quelque chose de plus ? Le prêtre ne regarde même pas ce qui se passe... Est-ce de la sainte indifférence ou apercevons-nous un sourire affecté sur son visage ?

Sœur Theresia Saers

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