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Dans
certains textes gnostiques, laccent était mis sur le
féminin dans la religion. Dans les mythes gnostiques, Marie
Madeleine était dépeinte comme une figure clé parmi les
disciples de Jésus. Elle a aidé à souligner
différents aspects du mystère féminin. Je présente
ici seulement une courte esquisse du rôle de Marie.
Lutilisation de
limagerie féminine pour décrire Dieu
Un
groupe de sources gnostiques prétend avoir reçu de Jésus
une tradition secrète par Jacques et par Marie Madeleine. Une
part de la révélation semble avoir impliqué la croyance
que Dieu est en même temps masculin et féminin. Ils
nentendaient pas cela littéralement. Le divin était
considéré comme consistant dune part de lIneffable,
du Profond, du Père Primal et, de lautre de la Grâce, du
Silence, de la Matrice du Tout. Les membres de ce groupe priaient le Divin
Père et la Divine Mère : De Toi, Père et par Toi,
Mère, les deux noms immortels, Parents de lêtre divin, et
toi, habitant du ciel, humanité, du nom puissant
Hippolyte (170-236 AD) Refutationis Omnium Haeresium
5.6
Les disciples féminins
étaient considérées comme ayant une relation intime avec
le Christ.
La
figure de Marie Madeleine préfigure la direction spirituelle
prééminente donnée par les femmes dans certaines
communautés gnostiques.
* «
La compagne du [Sauveur est] Marie
Madeleine. [Mais le Christ laimait] plus que [tous] les disciples et
avait lhabitude de lembrasser [souvent] sur la [bouche]. Le reste
[des disciples] en étaient offensés
Ils lui dirent
Pourquoi laimes-tu plus que nous tous ? Le Sauveur
répondit et leur dit Pourquoi est-ce que je ne vous aime pas comme
[je laime]
Évangile de Philippe 63.32 64.5 ;
Bibliothèque de Nag Hammadi, p138.
* Le
Dialogue du Sauveur ninclut pas seulement Marie Madeleine comme
une des trois disciples choisis pour recevoir un enseignement particulier mais
aussi la loue plus que Thomas et Matthieu :
Elle parle comme une
femme qui sait le Tout.
Dialogue du Sauveur 139. 12_13 ;
Bibliothèque de Nag Hammadi, p 235
Les femmes assumaient parfois des
ministères et des rôles dirigeants égaux à ceux des
hommes
LEvêque Irénée (ca. 140
203 PCN) a remarqué que les femmes étaient attirées par
les groupes Gnostiques Même dans notre district de la
vallée du Rhône dit-il, le professeur gnostique Marcus a
attiré beaucoup de folles de sa propre congrégation,
y compris la femme de lun des propres diacres
dIrénée. En reconnaissant lui-même quil ne
parvenait pas à expliquer lattrait quexerçait le
groupe de Marcus, il offrit une seule explication : cétait que
Marcus lui-même était un séducteur diaboliquement
intelligent, un magicien qui concoctait des aphrodisiaques spéciaux pour
tromper, victimiser et corrompre ses proies. Personne ne sait dire
si ces accusations ont été basées sur des faits
réels. Mais quand il décrit les techniques de
séduction de Marcus, Irénée indique quil parle par
métaphores. Il dit que cest parce que Marcus leur parle dune
manière tellement séduisante comme dans sa prière à
la Grâce, Elle est celle qui est avant toutes choses et
à la Sagesse et au Silence, lélément féminin
de lêtre suprême. Ensuite, il dit que Marcus séduisait
les femmes en leur faisant des prophéties ce qui
était strictement défendu dans lEglise orthodoxe.
Lorsquil initiait une femme, Marcus concluait la prière
initiatique par ces paroles Prends garde, la grâce est descendue
sur toi, ouvre la bouche et prophétise. Ensuite, comme
lEvêque le décrit avec indignation, la victime,
trompée par Marcus, imprudemment marmonnait quelques inepties et donc se
considérait comme une prophétesse! Il y avait pire, du
point de vue dIrénée, Marcus invitait les femmes à
agir en prêtres en célébrant leucharistie avec lui :
il remettait la coupe aux femmes pour offrir la prière eucharistique et
prononcer les paroles de la consécration.
Irénée, Adversus Haereses, Livre I, ch 13,
§1-7 ; Hippolyte, Refutationis Omnium Haeresium,
6.35
Un
autre chef gnostique, Marcion, ordonnait les femmes comme les hommes en tant
que prêtres ou évêques. Le professeur gnostique Marcellina
alla à Rome pour représenter le groupe Carpocratien qui
proclamait avoir reçu un enseignement secret de Marie, Salomé et
Marthe. Les Montanistes, un cercle prophétique radical, honoraient deux
femmes, Prisca et Maximilla en tant que fondatrices du mouvement. Parmi des
groupes gnostiques tels que celui de Valentiniens, les femmes étaient
considérées comme les égales des hommes ; certaines
dentre elles étaient révérées comme des
prophètes ; dautres agissaient comme des professeurs, des
évangélistes, des guérisseuses, des prêtres,
peut-être même comme des évêques. Il est plus que
probable que Marie Madeleine était saluée comme un modèle
pour de tels ministères féminins.
Les femmes ont souvent
défié les prêtres et les évêques
Dautres textes secrets se servent de la figure de
Marie-Madeleine pour suggérer que les activités des femmes ont
défié les dirigeants masculins de leurs communautés qui
considéraient Pierre comme leur porte-parole.
*
LÉvangile de Marie raconte que lorsque les disciples
démoralisés et terrifiés après la crucifixion,
demandèrent à Marie de les encourager en leur
révélant ce que le Christ lui avait dit en secret, elle
acquiesça et le leur enseigna jusquà ce que Pierre furieux
leur demande : « A-t-il vraiment parlé en privé avec une
femme (et) pas à nous ouvertement ? Allons-nous nous retourner et
lLÉvangile de Marie raconte que lorsque les disciples
démoralisés et terrifiés après la crucifixion,
demandèrent à Marie de les encourager en leur
révélant ce que le Christ lui avait dit en secret, elle
acquiesça et le leur enseigna jusquà ce que Pierre furieux
leur demande : « A-t-il vraiment parlé en privé avec une
femme (et) pas à nous ouvertement ? Allons-nous nous retourner et
lLÉvangile de Marie raconte que lorsque les disciples
démoralisés et terrifiés après la crucifixion,
demandèrent à Marie de les encourager en leur
révélant ce que le Christ lui avait dit en secret, elle
acquiesça et le leur enseigna jusquà ce que Pierre furieux
leur demande : « A-t-il vraiment parler.
Evangile de Marie
17.18 - 18.15.
*
Une autre dispute entre Pierre et Marie se trouve dans Pistis
Sophia (Foi Sagesse). Pierre se plaint que Marie domine la
conversation avec Jésus et prend lavantage sur Pierre et sur ses
frères apôtres. Il insiste pour que Jésus la fasse taire et
est vite rebuté. Plus tard cependant, Marie reconnaît devant
Jésus quelle ose à peine lui parler librement « parce
que, dit-elle Pierre me fait hésiter ; il meffrUne autre dispute
entre Pierre et Marie se trouve dans Pistis Sophia (Foi
Sagesse). Pierre se plaint que Marie domine la conversation avec Jésus
et prend lavantage sur Pierre et sur ses frères apôtres. Il
insiste pour que Jésus la fasse taire et est vite rebuté. Plus
tard cependant, Marie reconnaît devant Jésus quelle ose
à peine lui parler librement « parce que, dit-elle Pierre me fait
hésiter ; il meffraie parce quil hait les femmes!. Toutefois
Jésus lui répond quune personne inspirée par
lEsprit reçoit lordre divin de parler et ce, quelle
soit homme ou femme.
Pistis Sophia 36.71.
Dans certains textes gnostiques
féminité veut dire sexualité
Le
respect pour la dimension féminine dans certains textes
Gnostiques entre en conflit avec la méfiance gnostique
général vis-à-vis de ce qui est matériel, du
corps. LEsprit suggérait que le terme neutre pour
esprit, pneuma, était asexué. Cela peut expliquer quelques
phrases étranges.
*
Dans le Dialogue du Sauveur, Marie-Madeleine louée comme la
femme qui savait le Tout se trouve parmi les trois disciples qui
reçoivent les ordres de Jésus : elle, en même temps que
Judas et que Matthieu rejettent les travaux de la
féminité qui sont évidemment le coït et la
procréation.
Dialogue du Sauveur, 139.12 13 ;
bibliothèque de Nag Hammadi p 130
* « Simon pierre leur dit [aux disciples] : laissez
Marie nous quitter car les femmes ne sont pas dignes de la Vie. Jésus
dit : Je la guiderai, pour en faire un mâle, de telle manière
quelle aussi puisse devenir un esprit vivant ressemblant à
vous les hommes. Car chaque femme qui se sera fait mâle entrera dans le
royaume des cieux.
Evangile de Thomas 51. 19 26 ; dans La
bibliothèque de Nag Hammadi, p 130
Lisez : Elaine Pagels, God the Father/God the
Mother in The Gnostic Gospels, Penguin, Harmondsworth, pp 71
88 ; James M ; Robinson (ed), The Nag hammadi Library harper
& Row, San Francisco 1988. pp. 252 527 ; Bentley Layton, The
Gnostic Scriptures, SCM, Londres 1987
Traduction : Françoise Bourguignon
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