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Le sens “littéraire”

Le sens “littéraire”

Règle n° 1 : Nous devons savoir ce que l’auteur humain d’un texte scripturaire veut dire avant d’en tirer quelque conclusion concernant ce que Dieu veut nous signifier.

... on doit maintenir comme affirmé par le Saint-Esprit tout ce qu’affirment les auteurs inspirés ou hagiographes... l’interprète de la Sainte Écriture, pour saisir clairement quels échanges Dieu lui-même a voulu avoir avec nous, doit rechercher ce que les hagiographes ont eu réellement l’intention de nous faire comprendre, ce qu’il a plu à Dieu de nous faire connaître par leur parole.”

La Révélation Divine n° 11 et 12, Concile Vatican II, Fides, Montréal & Paris 1967, pp. 109-110.

Ce qu’on appelle le sens “littéraire”, c’est le sens qu’a voulu donner l’auteur humain de l’Écriture.

Note : l’élément important est ce que l’auteur a voulu dire, non pas la “lettre” de ses mots.

Pourquoi la “lettre” ne suffit pas

Commençons au début et partons d’un exemple simple. Dans Matthieu, nous trouvons cette exhortation de Jésus :

Aimez vos ennemis
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux,
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
et tomber la pluie sur les justes et les injustes.

Matthieu 5, 44-45.

Le sens général est évident. Mais supposons que nous voulions pousser plus loin et nous demander que signifie l’affirmation selon laquelle Dieu “fait lever son soleil” ? Nous pourrions tomber dans le piège de croire que ce sont les mots qui comptent et nous limiter à consulter un dictionnaire.

C’est ce que font les fondamentalistes et les littéralistes. Ils pensent qu’ils peuvent tirer le sens d’une phrase de celui de ses mots. Cependant, cette manière de procéder peut mener à des impasses.

Fondamentalistes, c’est devenu un terme pour qualifier les chrétiens conservateurs qui s’en tiennent à une série de doctrines étroites, anti-scientifiques et souvent même intolérantes. Le nom provient d’une série de 12 brochures intitulées “The Fundamentals” qu’édita, en 1902, la Ligue Américaine de la Bible. Dans celles-ci, l’interprétation traditionnelle de la Bible est défendue en opposition aux résultats des études modernes de l’Écriture.

Les littéralistes tirent le sens d’un texte du sens superficiel des mots, sans tenir compte du contexte ou du genre littéraire. Il ne faut donc pas confondre une interprétation “littéraliste” de ce que nous appelons l’interprétation “littéraire” !

Au seizième siècle, par exemple, l’astronome Copernic a été le premier à montrer que ce n’est pas le soleil qui tourne autour de la terre, mais la terre qui tourne autour du soleil. Les chrétiens littéralistes ont rejeté cette découverte car, disaient-ils “elle va à l’encontre des Écritures inspirées”. Matthieu 5, 45 est un des textes cités pour soutenir cette protestation. Car Jésus dit : “Dieu fait lever son soleil...” Par conséquent, c’est le soleil qui se déplace et non la terre, soutiennent-ils. Un autre texte semblablement mal interprété est Josué 10, 12-15 dans lequel il est dit que Josué a arrêté le soleil. En raison de la solidité de telles interprétations littéralistes, en 1633 Galileo Galilei fut arrêté sur ordre du Saint-Office et sommé de se rétracter au sujet de sa conviction selon laquelle la terre tourne autour du soleil, et fut condamné à résidence jusqu’à la fin de sa vie !

Mais si les mots eux-mêmes ne peuvent déterminer le sens d’une phrase, où trouver celui-ci ? La réponse est : dans ce que nous avons appelé le “sens littéraire”.

Qu’est-ce que le sens littéraire ?

Le sens littéraire d’un texte, au contraire de son sens littéraliste, est le sens que voulait lui donner l’auteur original. En d’autres termes, nous devons nous demander ; que voulait dire cet auteur ? Dans un texte, nous ne devons lire ni plus, ni moins que ce que l’auteur avait réellement en tête.

Quand Jésus cite en exemple son Père qui fait briller le soleil sur les méchants et sur les bons, il ne veut nullement nous enseigner l’astronomie. La science moderne lui échappe et aurait été de toute façon incompréhensible pour ses auditeurs. La question de savoir si c’est la terre qui est au centre ou le soleil ne trouve pas réponse dans ses paroles interprétées à la lettre. Jésus a simplement recours une façon commune de parler comme nous le faisons encore aujourd’hui. Nous disons : “Le soleil se lève” en dépit de nos connaissances astronomiques modernes.

Nous discutons ici d’un important principe qui s’applique à tous les auteurs de l’Écriture. Il indique, en fait, que Dieu parle par la bouche d’auteurs qui sont des hommes. Dieu se sert de leur esprit et de leur cœur humains et emploie leur façon de parler. Nous ne pourrons vraiment savoir ce que Dieu veut dire qu’en sachant ce que veut dire l’homme qui est son instrument.

La règle du sens “littéraire” est étroitement liée aux autres règles :

Texte de John Wijngaards.
Traduction française par Jacques Dessaucy.

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L’éditeur


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