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La perception sociale de la supériorité masculineLe mythe social
1. Lorsque certaines valeurs ont été acceptées par la société, elles tendent à être renforcées dans le cours du temps par le développement dun mythe à travers lequel ces valeurs sont justifiées. Lacceptation de la dominance masculine comme schéma dorganisation sociale a été renforcée par beaucoup de mythes culturels. Le mythe de la supériorité masculine enchasse ce qui devrait être écarté : un préjugé catégorique et une vision dépassée du réel qui nest plus acceptable de nos jours. 2. Aussitôt que les enfants sont assez âgés pour apprendre, la société commence à formater leurs esprits dans son schéma de pensée propre. Par ce quils font et par ce quils disent, les parents imposent leurs conceptions de la place de lhomme et de la femme au sein de la société. La masculinité et la féminité sont deux des catégories qui sont le plus tôt assimilées par un enfant.
Une étude basée sur 110 sociétés contemporaines montre que, dès lâge de quatre ans, les enfants sont moulés dans leur futur rôle dadulte dans la société. Dans la plupart des sociétés (85%), laccomplissement et la confiance en soi sont des vertus exclusivement détenues par les garçons. Les filles sont destinées à donner la nourriture (82%· et à être responsables (61%). Les valeurs inculquées par la société deviennent une part du mythe par lequel lhomme et la femme jugent leurs propres caractéristiques et tâches dans la société.
3. Une des manières par lesquelles le mythe social fossilise les valeurs est le langage. LAnglais emploie le même mot « homme » pour signifier une personne de sexe masculin et un être humain. Par cela, la personne de sexe masculin est faite la norme de la nature humaine. La nature féminine est considérée comme quelque chose de spécial, comme étant différente. Elle est mesurée daprès le critère de lhumanité trouvé chez lhomme. Le même mythe qui identifie le mâle et lêtre humain se retrouve en sanscrit, en hébreu, en grec, en latin, en français, etc. Ce que quelques philosophes occidentaux (Aristote, Thomas dAquin) ont déclaré explicitement : « La femme est un homme incomplet ». Cest dune certaine manière la conviction non dite mais fondamentale dans beaucoup de cultures.
Alors quen réalité la femme est biologiquement la gardienne de la vie et une expression plus accomplie de la nature humaine, elle demeure considérée comme « Le Deuxième Sexe », lautre (Simone de Beauvoir) 4. Le mythe social a lié les catégories de masculinité et de féminité à des professions variées. Là où les mathématiciens, les physiciens et les ingénieurs sont considérés comme détenant des professions masculines, (rudes, dures, intelligentes, dignes de confiance), les romanciers, les poètes et les artistes sont caractérisés comme féminins (sexy, doux, imaginatifs, chaleureux, excitants). Cest sans doute la raison pour laquelle si peu de femmes entrent dans certaines professions, une femme seulement sur 55 physiciens, une sur 300 chimistes, une sur 500 ingénieurs électroniciens ! Ce qui est encore plus intéressant bien que beaucoup de garçons et de filles présentent des talents personnels qui vont dans des directions différentes, est quils sont personnellement psychologiquement convaincus quils ne conviendront pas dans tel ou tel modèle parce que ce dernier ne saccorde pas au mythe social.
5. La recherche sur les pratiques sexuelles en Italie a révélé des préjugés incroyables parmi les hommes. Dans certaines villes 50% des hommes commettent ladultère ou ont commerce avec les prostituées. Alors quils excusent ceci comme étant une faiblesse, 75% des mêmes hommes condamnent fermement les relations sexuelles des femmes avant le mariage et ladultère féminin. La cause de la confusion se trouve dans un mythe social qui se contredit lui-même. Selon cela, il existe deux types de femmes : les femmes sans sexe (qui devraient être respectées) et les femmes dépravées (qui peuvent être aimées sexuellement) Un Italien moyen attend de son épouse quelle nait aucun intérêt pour le sexe (quelle soit chaste comme Notre-Dame) et il cherchera une satisfaction sexuelle avec dautres femmes (quil considérera comme des dépravées selon le modèle dÈve). Chez les femmes également cette situation engendre des tensions psychologiques sévères. Elle ne peut pas sentir quelle est une vraie femme sans éprouver en même temps un complexe de culpabilité.
6. Il est maintenant généralement admis que le théologie chrétienne du sexe, de la chasteté, du mariage et du célibat a été teintée par des perceptions culturelles et sociales différentes, les mythes culturels, au cours des siècles. Pour beaucoup décrivains dans la période patristique, tout ce qui appartient exclusivement au corps ( et donc irrationel en termes Stoïques) était mauvais. Grégoire le Grand prétendait que lacte sexuel contenant en lui-même un élément de péché et que cet élément de péché était le plaisir quon y prenait.
Thomas dAquin et les scolastiques basaient une grande part de leur théologie sur le mythe culturel comme si la seule contribution de la femme à la descendance formait une sorte de fermehumaine dans laquelle la semence mâle ( le futur être humain complet) pouvait être implanté.
Il est clair que les attitudes envers la participation des femmes au Ministère ont été affectées par de tels mythes culturels. Traduction : Françoise Bourguignon |
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