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Des femmes prêtres ? La boucler ou oser parler ?

"I would want to be a priest"

Des femmes prêtres ? La boucler ou oser parler ?

Par le Professeur René van Eyden

Conférence devant un public de 1500 participants à l’assemblée générale de Act Mei Bewegind en Hollande (le 2 novembre 1996). En réponse à Ordinatio Sacerdotalis (1994) et Déclarations du Cardinal Ratzinger (1994) disant que la discussion à propos de l’ordination des femmes était close.

Ce fut un jour historique. Les Catholiques du monde entier ont su qu’une doctrine avait été décidée de manière infaillible et ensuite ils ont commencé à d

Le thème dont je veux discuter est le suivant : allons-nous coopérer volontairement et souffrir en silence ou parler en public et promouvoir de nouvelles pratiques ?

Je veux seulement aborder un aspect de l’ensemble qui concerne les femmes et le ministère, en particulier : pourquoi y a-t-il tant de chefs pastoraux et leurs paroissiens qui acceptent la pratique officielle d’exclure les femmes et que cela demeure sans être contredit, même s’ils jugent eux-mêmes qu’il s’agit d’une mauvaise pratique? Que signifie cette complicité dans un tel contexte.

Permettez-moi de vous décrire deux expériences : deux ordinations de prêtres auxquelles j’ai assisté récemment.

Expériences opposées

La première ordination a été célébrée dans une paroisse de Hollande. Les paroissiens avaient tout mis en oeuvre pour faire une belle célébration. Il y avait des chants, des décorations, des livrets spéciaux avec les textes avaient été préparés, etc, etc. c’était seulement l’arrière-plan de l’événement réel : la liturgie romaine de l’ordination à la prêtrise. C’était un événement extrêmement clérical, un rituel réservé seulement aux hommes ordonnés. Pas une femme, pas même une travailleuse pastorale en vue dans le sanctuaire. Dans l’homélie et dans les prières, il n’y avait pas la moindre allusion au sujet de l’exclusion (provisoire ?) des femmes. L’évêque et un grand cercle de prêtres, tous mâles, imposent les mains. Pour les fidèles mais sans la participation de ces derniers.

Une différence énorme avec la cérémonie où deux femmes furent, pour la première fois, ordonnées prêtres dans l’Église Vieille Catholique en Allemagne, à Constance, le lundi de Pentecôte du 27 mai 1996. C’était une liturgie portée par la communauté tout entière, un évêque qui irradiait son implication personnelle, qui ne se posait pas au-dessus mais au milieu des fidèles et des prêtres, tous également frères et sœurs dans le ministère.

Un contraste incroyable ! D’un côté la cérémonie romaine cléricale, stérile et patriarcale et de l’autre, une fête de l’Esprit qui réchauffait le cœur.

La douleur et l’humiliation provoquée par la première sorte de cérémonie pour une femme impliquée dans l’apostolat paroissial a été décrite de façon émouvante par Maria Mulder (Trouw 3 juillet 1992 : « Effrayante expérience lors de l’ordination d’un prêtre »). L’exclusion d’une femme, non à cause de son manque de qualités pastorales, mais seulement parce qu’elle est une femme,e est extrêmement humiliante pour toutes les femmes.

L’exclusion des femmes des ministères ordonnés a été étudiée de manière exhaustive (note 1). La conclusion est claire : d’un point de vue pastoral, certaines femmes sont privées d’un droit dans l’Église, toutes les femmes sont humiliées et la communauté des croyants est privée de la direction pastorale dont elle a besoin. D’un point de vue théologique, c’est une trahison de l’identité du ministère et de l’Église et cela implique une compréhension atrophiée de la vraie mission de Jésus et de son, message.

Dans une lettre ouverte de l’association’Vrouwmens’ au Cardinal Simonis à l’occasion de ‘Ordinatio Sacerdotalis’, on lit ceci : « Est-ce que cette manière de discuter n’est pas une offense à Dieu ? Et les vraies raisons sont-elles pas davantage le souci qu’ont les chefs de préserver leur pouvoir plutôt que le souci de la vérité? »

Il y avait dans la cérémonie de cette paroisse hollandaise quelque chose de réellement malsain. La liturgie se déroulait sans bavure et pas un seul mot de protestation ne s’élevait. Chacun voulait que le postulant ait une heureuse fête. Personne ne mentionnait le caractère ambivalent de l’ordination dont les femmes avaient été exclues par principe. MAIS la majorité des prêtres présents à cette occasion n’étaient pas vraiment d’accord avec l’exclusion des femmes. Ils se rendaient bien compte de l’erreur dans la théologie de l’Église et dans la mention du ministère dans le texte de l’ordination. Ils étaient conscients du fait que beaucoup de leurs collègues pastoraux féminins dans la paroisse étaient profondément blessées.

Pourquoi alors continuons-nous à supporter cela ?

D’après une recherche parmi les prêtres catholiques romains en Hollande, il est clair que 68% d’entre eux pensent que les femmes devraient être ordonnées ce qui est une majorité confortable Pastores en Ambt, VPW Nederland, juin 1994)

Une question se pose alors : pourquoi est-ce que chacun collabore ainsi avec les prêtres qui imposent les mains etc ? Pourquoi est ce que chacun la boucle ? Pendant la cérémonie, on n’entendait dans le public aucune protestation contre l’exclusion décidée par Rome. Il n’y avait aucun signe de solidarité avec les femmes ? Pourquoi est-ce que chacun embrayait-t-il si joyeusement dans la voie traditionnelle?

Beaucoup de participants étaient conscients des erreurs fondamentales dans la vision officielle de l’Église et dans sa pratique officielle, mais quoi que fasse celle-ci, les mêmes personnes y coopéraient sans protester.

Les mécanismes de la répression

Comment expliquer cette inconsistance?

Elle naît de la manière dont fonctionne un système répressif.

En dépit de beaucoup de forces contradictoires, un système répressif peut continuer à dominer longtemps, aussi longtemps que coexistent trois facteurs :

  1. Les pressions de ceux qui dominent
  2. Le degré de rigidité au sein des structures institutionnelles du système
  3. la complicité consciente ou inconsciente des dominés

Si nous appliquons ceci à notre sujet, nous pouvons dire que l’exclusion des femmes est possible à cause de la combinaison de ces trois facteurs, une combinaison qui, malheureusement perdure sans faillir.

Comment combattre un système répressif?

Si je veux combattre l’exclusion des femmes du ministère (ou, d’autres formes de répression), je peux le faire de trois manières : en me centrant sur les chefs répressifs, sur les structures du système ou sur les ‘pauvres types’ qui agissent souvent en complices.

1.Se centrer sur les chefs.

Les dirigeants de l’Église basent leur exclusion des femmes sur une série de principes théologiques. Notre stratégie devrait être d’essayer de modifier ces perceptions en procurant aux gens de meilleurs arguments. Toutefois, cela s’avère souvent une entreprise assez stérile.

Le pape est toujours en train d’expliquer aux femmes et cela depuis bien longtemps comment elles doivent se considérer elles-mêmes, ce que signifie ‘être une femme’, ce qu’une femme doit faire et ne doit pas faire, ce qu’elle peut et ne peut pas faire. De solides argumentations se sont mises en travers cette théologie romaine, mais sans aucun effet. La vérité est prisonnière du piège du pouvoir (note 2).

Les dirigeant de l’Église n’aiment pas le mot ‘pouvoir’. On préfère l’appeler ‘autorité’. Jan Roes appelle ceci ‘réduire le concept de la vérité à la capacité de prendre des décisions d’un côté, et, à l’obéissance au magistère souverain, de l’autre’(In Kerk Geboren, Nijmegen 1994, p 56). Nous avons déjà atteint le stage où l’exclusion des femmes a été appelée une ‘doctrine infaillible’ et de cette manière, Rome a dit son dernier mot.

2. Se centrer sur les structures.

Exclure les femmes du ministère ordonné est seulement la pointe de l’iceberg, la partie la plus importante flotte, invisible, sous l’eau. C’est la masse des anciennes structures patriarcales et des idéologies. L’inégalité du pouvoir entre les hommes et les femmes s’est, au cours du temps, rigidifiée en une institution patriarcale et idéologique.

Ici, notre stratégie pour changer les institutions et ses structures, devrait consister dans l’organisation d’un contre-pouvoir. Ce ne semble pas une tâche facile non plus. Jusqu’à présent, on n’a fait que des réformes superficielles. Les tentatives dans cette direction n’ont pas eu plus de succès que d’essayer d’enfoncer une épingle dans un bloc de granite.

3. La complicité des dominés.

Le troisième facteur est la complicité de ceux qui souffrent de la répression. Dans le passé, l’exclusion des femmes était ressentie comme une évidence par l’Église, une partie de l’ordre établi qui allait de soi. Ceci est dans le droit-fil de la philosophie officielle de l’Église ; les dirigeants pastoraux et les paroissiens s’y conforment, particulièrement en ce qui concerne leurs actes publics.Ils suivent les règles, même s’ils ont des doutes. Le pouvoir du système romain est aussi conservé intact par ceux qui sont en son pouvoir.

La stratégie qui est demandée ici est plus proche de nous. Cela signifie se changer, se libérer en conscience des règles qui oppriment, ne plus regarder le monde avec le regard d’une plus haute autorité, écouter ceux qui sont à la marge et délibérément choisir de les accompagner.

Cette attitude permet aux hommes et aux femmes de se sentir libres, à la fois personnellement et collectivement, de critiquer la doctrine officielle et de contester la pratique de l’exclusion des femmes dans des situations spécifiques. Par la suite une ‘interaction’ salutaire peut survenir. Selon le théologien J.B. Metz, le renouvellement nécessaire dans un système de doctrine rigidifié depuis toujours ne peut se produire que lorsque surviennent des ‘interruptions’ (note 3).

Le but de réformer l’Église et le ministère.

L’ordination des femmes à la prêtrise n’est pas un objectif isolé. Ce qui est en jeu est beaucoup plus large : un renouvellement général du ministère de l’Église comme l’indique le slogan de la conférence pour l’ordination des femmes : ‘Nouvelle femme – Nouvelle Église – Nouveau sacerdoce’.

Si les femmes se mettaient à assumer le sacerdoce en le laissant tel quel, on renforcerait l’institution patriarcale de l’Église comme elle existe actuellement. Il y des gens qui considèrent que l’arrivée des femmes dans les ministères ordonnés est indésirable. Mais d’autres ont expérimenté qu’une fois que les femmes remplissent un ministère d’Église, ce dernier devient d’office ‘un ministère différent’. (note 4).

Ce qui est important, c’est qu’il devrait y avoir de la place pour une diversion dans la vision et la stratégie :ne pas travailler les uns contre les autres, mais ensemble afin d’atteindre la même finalité. Pour les hommes dans une Église dominée par les hommes, c’est un processus fatigant.

Complicité

Dans beaucoup d’études féministes, on a noté que les changements de mentalité se font plus facilement que les changements de pratique. Cela veut dire qu’il y a une grande différence entre penser et faire. Cela permet aux hommes de rester complices par leur attitude conformiste, même s’ils tombent d’accord que telle ou telle chose devrait bien changer dans l’Église.

Le mot ‘complice’ peut sembler déconcertant aux hommes qui croient faire seulement ce qu’on attend d’eux.Que signifie donc ce terme ? Lieve Troch a dit des choses excellentes sur la complicité dans son livre ‘Verzet in het geheim van Vreugde’(Zoetemeer 1996). Nous parlons de complicité dans les personnes ou les groupes si le conflit contre l’injustice n’est pas ouvertement exprimé et n’a pas de forme concrète. Dans ce cas, ceux qui se conforment sont co-responsables de la poursuite de la dominance et de la répression.

La complicité ne se situe pas seulement dans le comportement personnel mais aussi dans le comportement collectif. Ce n’est pas nécessairement la même chose que le comportement coupable.

Souvent les gens ne sont même pas entièrement conscients du fait qu’en réalité ils sont eux-mêmes co-responsables de la perpétuation d’une injustice spécifique à cause de leur comportement conformiste et leur manque de critique. Ce phénomène s’appelle la complicité inconsciente. Si cela se produit à large échelle, cela peut être encore plus nuisible à ceux qui sont injustement traités que des formes de complicité conscientes.

Depuis que la discussion sur les femmes et le ministère a été déclarée close, un nouveau problème a surgi dans l’Église. Si les dirigeants pastoraux et les fidèles maintenant restent silencieux, ils deviendront complices dans le sens plein du terme.

Plus que jamais, il est important de reconnaître toutes les formes de complicité et de les rejeter. Comment pouvons-nous préserver une intégrité collective si nos actes ne sont pas en conformité avec les discernements que nous avons acquis ? La façon dont nous serons cohérents en cela dépendra aussi du soutien que nous nous donnerons les uns les autres à travers des communications personnelles et des contacts organisés.

Si nous essayons de nous opposer à l’exclusion des femmes par une protestation publique, nous recevrons quelques soutiens mais aussi des oppositions. Par exemple, nous serons accusés de diviser l’Église en critiquant ses dirigeants. Hamma-Renate Laurien, membre du comité central des Catholiques Hollandais dit : « Parler haut est non seulement un droit de la foi pour tous ceux qui veulent que l’Église ait plus de crédibilité, la loyauté critique est ce que nous devons avoir, également en ce qui concerne les femmes et la prêtrise ».Elle déclare que notre espoir dans l’avenir de l’Église gît dans « nos communautés paroissiales, dans notre conseil paroissial, nos conseils pastoraux diocésains et de notre orthopraxie (= manière d’agir correcte), c’est-à-dire, la pratique basée sur la foi comme cela se passe dans les communautés de base de l’Église. » Son livre est un plaidoyer pour qu’il y ait une discussion honnête dans l’Église sur l’ordination des femmes (note 5)

Comment donner forme à la protestation et à la solidarité

Je voudrais conclure en donnant des exemples concrets sur la manière dont l’opposition aux dirigeants de l’Église et la solidarité avec les femmes peuvent s’exprimer.

Une chose que nous ne devons pas faire, c’est rester silencieux, partager la complicité dans une exclusion abusive des femmes hors des ministères ordonnés. D’une manière comme d’une autre, il nous faut parler !

René van Eyden

Notes :

1. L’interdiction par Rome de continuer à débattre sur l’ordination a fait surgir un flot de publications théologiques. Voyez par exemple : Walter Gross (ed) Frauenordination . Stand der Diskussion in der Katholischen Kirche, Munich 1996.

2. La documentation sur les droits humains dans l’Église (Mensenrechten in de Kerk, commission Justicia en Pax, Nederland, Oegstgeest 1993, p33), cite Vaclav Havel parlant des systèmes totalitaires : « Quand le centre du pouvoir coïncide avec le centre de la vérité, la corruption se cache derrière le coin ». .

3. J.B.Metz, J.B.Metz. Unterbrechungen. Theologish-politishe Persektive und Profile, Gütersloh 1981.

4. Martine Bakema et Liese Sluis (ed) Een ander ambt. 25 Jaar vrouwen in het ambt in de Gereformeerde Kerken in Nederland, Kampen 1994.

5. Hanna-Renate Laurien, Hanna-Renate Laurien, Abgeschrieben ? Plädoyer für eine faire Diskussion ûber das Priestertum der Frau, Freiburg-Basel-Wien 1995.

6. Een vrouwvriendelijke liturgie in de rooms-katholieke kerk. Advies van de werkgroep Vrouw en Kerk, de Katholieke Raad voor Kerk en Samenleving en de Unie Nederlandse Katholieke Vrouwbeweging aan de Nederlandse Bisschoppen , september 1991,pp.37-44.

7. Lisez le texte dans Archief van de kerken, vol 42 no 6 juin 1987.

8. Lisez le magazine international Diakonia,vol. 24,n·3, mai 1993.L’édition spéciale est consacrée aux hommes et montre comment les prêtres peuvent partager la peine de leurs collègues féminines dans le ministère concernant leur exclusion de l’ordination.

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Texte traduit par John Wijngaards et publié sur www.womenpriests.org avec la permission de l’auteur.

Retraduit en français par Françoise Bourguignon



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