Nederlands/Vlaams Deutsch Francais English language Spanish language Portuguese language Italiano
Catalan Czech Esperanto Greek Igbo Japanese Korean Latin Malay language Norwegian Polish Swahili Tagalog
Openingspagina!

L’analyse de “Ordinatio Sacerdotalis”

Je désire être un prêtre de Jésu

L’analyse de “Ordinatio Sacerdotalis”

par Gisbert Greshake

Voici quelques-uns des livres écrits par Greshake :
* Gottes Heil, Glück des Menschen: Theologische Perspektive - (Salut de Dieu, bonheur de l’homme : perspectives théologiques)(1983)
* Priestersein - (L’essence du sacerdoce)(1991)
* Resurrectio Mortuorum(1991)
* Geschenkte Freiheit - (Le don de la liberté) (1992)
* Erlöst in einer unerlösten Welt - (Libéré dans un monde enchaîné) (1995)
* Quellen geistlichen Lebens - (Sources de la vie spirituelle) (écrit en collaboration, 4 volumes)
* Der dreieine Gott. Eine trinitarische Theologie - (Le Dieu trine. Une théologie trinitaire)(1997)
* An dem dreieinen Gott glauben. Ein Schlüssel zum Verstehen - (Croire au Dieu en trois personnes. Une clé d’interprétation) (1998)
* Die Wüste bestehen. Erlebnis und geistliche Erfahrung - (Demeurer dans la solitude. Expérience vécue et expérience spirituelle) (1999).

“J’affiche ma position.” Réponse à la Déclaration de la Congrégation de la Doctrine de la Foi concernant la doctrine proposée dans la Lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis , de Gisbert Greshake, Pastoralblatt 48 (1996) pp. 56-57.

Traduit et diffusé sur Internet avec la permission de l’auteur.

Dans la Déclaration de la Congrégation de la Doctrine de la Foi du 28 octobre 1995, il est affirmé que l’exclusion des femmes de l’ordination sacerdotale est une doctrine infaillible définie par le magistère ordinaire et universel. Dans un commentaire semi-officiel de “L’Osservatore Romano” (édition allemande du 24 novembre 1995), il est dit plus explicitement que “le caractère définitif et infaillible de cette doctrine de l’Église ne vient pas de “Ordinatio Sacerdotalis”... mais est dans ce cas un acte posé par le magistère ordinaire qui, s’il n’est pas infaillible en lui-même, déclare infaillible une doctrine qui était déjà celle de l’Église”.

En réponse à cette déclaration, je propose ici l’analyse suivante en tant que Professeur de dogmatique de la Faculté Catholique de Freiburg :

Étant donné le fait que moi-même - contrairement à nombre de mes collègues théologiens de langue allemande - suis plutôt réservé quant à l’ordination des femmes, personne ne peut prétendre que j’examine les déclarations de Rome concernant cette question avec un solide préjugé. Avec la plus grande candeur, je puis par conséquent exprimer mon avis : je considère que le dernier document de la Congrégation de la Doctrine de la Foi est contestable dans son argumentation car il fait preuve d’un manque de discernement dans une matière importante.

Selon le canon 749 § 3 : “Aucune doctrine n’est considérée comme infailliblement définie que si cela est manifestement établi.” Ceci dit, “être infaillible” ne se rapporte pas seulement à une vérité doctrinale qui est proposée comme infaillible par le magistère d’un concile ou le magistère pontifical, mais aussi à une vérité doctrinale qui - comme le déclare la Congrégation romaine en citant Lumen Gentium 25, 2 - est “enracinée par la Parole écrite de Dieu et a été conservée par la tradition de l’Église depuis le commencement et mise en pratique, et présentée par le magistère ordinaire et universel comme infaillible”. Et ceci est précisément censé être le cas concernant l’impossibilité d’ordonner des femmes.

Cependant, la Congrégation a omis une expression essentielle de Lumen Gentium 25, à savoir “qu’il faut” et n’a pas fait remarquer que le passage cité se trouve sans raison dans un contexte qui en restreint la portée. Car le texte original dit que les évêques (par conséquent le magistère ordinaire et universel) “énoncent infailliblement l’enseignement du Christ” seulement “quand ils déclarent d’un commun accord qu’il faut soutenir sans hésiter tel point de doctrine”. C’est là exactement le nœud de la question.

Afin d’établir qu’une doctrine est infaillible et fait partie de la vérité révélée, il ne suffit pas d’affirmer que cette doctrine-là a été conservée depuis le début de l’Église et mise en pratique et qu’elle lie, mais il doit être aussi prouvé que cette doctrine qui “doit être soutenue sans hésiter” a été imposée comme liant définitivement.

Prenons un exemple : au commencement du 20ème siècle, la théorie de l’évolution a été condamnée par le magistère en fonction de l’argument selon lequel l’Église avait enseigné constamment et appuyé de son autorité, sur la base de l’Écriture Sainte, que Dieu avait créé le monde de manière continue et non par à-coups. En passant par une pénible maturation, le magistère a dû finir par comprendre que si cette doctrine a été tenue pour vraie par la tradition, elle n’a jamais été présentée comme liant définitivement de la manière dont on le comprend usuellement car, dans un contexte nouveau, l’“ancienne”doctrine se présente de manière complètement différente.

Nous ne pouvons nous contenter de supposer que l’“impossibilité” d’ordonner des femmes appartient à la tradition qui a été et est présentée comme devant être soutenue et donc, liant définitivement. Cela doit être prouvé sur la base du canon 749 § 3, afin que cela soit “manifestement établi”. Pour conclure, c’est finalement une question historique. Je ne connais aucun document se rapportant à ce sujet duquel on puisse conclure que la possibilité de l’ordination des femmes a été rejetée comme liant définitivement, encore moins comme liant définitivementà travers toute l’histoire. Et c’est précisément l’existence de ce “comme liant définitivement” qui importe.

Aussi longtemps que la Congrégation de la Doctrine de la Foi n’a pas pris en compte ce facteur décisif, son argumentation reste une maison bâtie sur le sable, c’est-à-dire n’a aucune valeur décisive.

Évidemment, cela ne résout la question elle-même de l’ordination des femmes ni de manière positive, ni négative. Pour moi, un fait toutefois peut être “manifestement établi” : le problème ne peut être résolu ou rejeté comme cela a été fait dans le dernier document de la Congrégation de la Doctrine de la Foi.

Gisbert Greshake

Traduction française par Jacques Dessaucy.

RETOUR vers le point de vue d’autres théologiens.

Trouvez des liens! Faites ce site une favorite! Donnez information sur notre URL Questions? Faites votre site partie de notre reseau Women's Ongoing Internet Consultation Les 'Ami(e)s' nous donnent des contributions Aidez-nous!

"Lorsque vous citez ce document,
veuillez signaler S.V.P qu'il est publié par www.womenpriests.org !"