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Des théologiens analysent “Ordinatio Sacerdotalis”

Des théologiens analysent “Ordinatio Sacerdotalis”

Je désire être un prêtre de Jésu

Dans “Ordinatio Sacerdotalis” Rome prétend que l’exclusion des femmes de l’ordination sacerdotale a été décidée de manière infaillible par le “Magistère ordinaire et universel”.

Des théologiens de renom des différents continents ont rejeté cette prétention.

  1. La “Catholic Theological Society of America”
  2. Nicholas Lash, professeur de théologie, Université de Cambridge, Grande-Bretagne
  3. Francis A. Sullivan SJ, professeur émérite de l’Université Grégorienne, Rome
  4. Elisabeth A. Johnson, C.S.J., professeur de théologie à l’Université Fordham, New York
  5. Gisbert Greshake, professeur de théologie à l’Université de Freiburg, Allemagne
  6. Ann O’Hara Graff, professeur de théologie à l’Université de Seattle, État de Washington, États-Unis
  7. Peter Hünermann, professeur de théologie à l’Université de Tübingen, Allemagne
  8. Sidney Cornelia Callahan, théologienne pastorale, États-Unis
  9. David Knight, théologien pastoral, Memphis, États-Unis
  10. D’autres analyses publiées sur Internet
  11. Richard Gaillardetz, associate professor, University of St. Thomas, Houseton, USA
  12. Klaus Nientiedt, ‘How Binding? “Ordinatio sacerdotalis” unleashes debate on the Magisterium’, Herder Korrespondenz 9 (1996) pp. 461-466.
  13. John H. Wright, ‘That all doubt may be removed’, America 171 (July 30-Aug. 6, 1994) pp. 16-19.
  14. Père Joseph Moingt SJ, Editeur Recherches de Science Religieuse
  15. Hugh O'Regan, editor of the on-line magazine, San Fransico Bay Catholic.
  16. The commission on "Woman and the Church" of the Belgian Bishops' Conference
  17. Philippe Louveau. Pourrait-il y avoir des femmes-prêtres dans l'église catholique ? - Juin 1996

1. La “Catholic Theological Society of America”

En réponse à “Ordinatio Sacerdotalis”, la “Catholic Theological Society of America” a créé un Comité de travail pour étudier la question. Ce Comité a publié un rapport : ‘Tradition and the Ordination of Women’ = “La Tradition et l’Ordination des femmes”, lequel conclut que “Ordinatio Sacerdotalis” se trompe quant à l’autorité de sa doctrine et au sujet des racines de celle-ci dans la Tradition.

Le 6 juin 1997, l’Assemblée générale de la “Catholic Theological Society of America” a voté la résolution suivante:

“ Il existe de sérieux doutes quant à la nature de l’autorité de la doctrine [= Que l’Église n’a pas le pouvoir nécessaire pour ordonner des femmes au sacerdoce est une vérité qui a été enseignée de manière infaillible et requiert l’assentiment définitif des fidèles] ainsi que de ses racines dans la tradition. Un désaccord sérieux, largement partagé, existe non seulement parmi les théologiens, mais aussi dans une plus large partie de l’Église... Il semble évident qu’il est indispensable de poursuivre une étude approfondie et un débat à ce sujet, appuyés par la prière, en collaboration avec tous les membres de l’Église en fonction de leurs vocations et de leurs dons particuliers si l’Église veut être vraiment guidée par l’Esprit-Saint en demeurant fidèle à la Tradition authentique. ”

Cette résolution a été adoptée après un vote à bulletin secret par 216 théologiens votant “OUI” contre 22 “NON” et 10 abstentions.

2. Nicholas Lash, professeur de théologie, Université de Cambridge

Selon Nicolas Lash, en dépit de la prétention de “Ordinatio Sacerdotalis”, Rome n’avance aucun argument valable tiré de l’Écriture ou de la Tradition. Donner à une position doctrinale une “aura” d’infaillibilité ne compense l’absence de vérité.

Nicolas Lash a écrit de nombreux livres dont :
* Theology on Dover Beach (1979)
* Theology on the Way to Emmaus
* Voices of Authority
* Newman on development : the search for an explanation in history
* A matter of hope : a theologian's reflections on the thought of Karl Marx
* Change in focus; a study of doctrinal change and continuity
* Banking Laws and Regulations : An Economic Perspective (1987)
* Easter in Ordinary : Reflections on Human Experience and the Knowledge of God (1990)
* Believing Three Ways in One God : A Reading of the Apostles' Creed (1993)
* The Beginning and the End of 'Religion' (1996)

“ Ni le Pape ni le Cardinal Ratzinger ne peuvent faire qu’un enseignement soit “fondé sur la parole écrite de Dieu” uniquement parce qu’ils ont la certitude qu’il est fondé sur celle-ci. Ils ne peuvent pas non plus, simplement en l’affirmant, en faire une question qui a été “constamment conservée et mise en pratique dans la tradition de l’Église”. Cette tentative de recours à la doctrine de l’infaillibilité (une doctrine qui vise à indiquer les bases et le caractère de confiance d’un enseignement officiel) comme d’un instrument émoussé pour empêcher que mûrisse une question dans les esprit des catholiques, est un scandaleux abus de pouvoir, dont la conséquence la plus évidente sera de miner un peu plus à l’avenir l’autorité sur laquelle le Pape cherche à s’appuyer. ”

LE TEXTE COMPLET (en français): “On Not Inventing Doctrine” by Nicholas Lash, The Tablet, 2 décembre 1995, p. 1544.

3. Francis A. Sullivan SJ, professeur émérite de l’Université Grégorienne, Rome et professeur adjoint au Boston College.

Sullivan est un théologien qui fait autorité sur la question du Magistère. Il a écrit : Magisterium : Teaching Authority in the Catholic Church (Paulist, 1983) et Creative Fidelity : Weighing and Interpreting Church Documents (Paulist, Printemps 1996).

(A) En décembre 1995, Sullivan a exprimé son profond désaccord avec la prétention à “l’infaillibilité” de la Congrégation de la Doctrine de la Foi. Ses principaux arguments sont que les conditions d’un tel enseignement infaillible n’ont pas été remplies.

“ La question qui demeure est de savoir si c’est un fait clairement établi que les évêques de l’Église catholique sont aussi convaincus par ces raisons (contre l’ordination des femmes) que l’est à l’évidence Jean-Paul II, et que, en exerçant leur rôle propre de “juges et docteurs de la foi ”, ils ont été unanimement d’accord que la doctrine de l’interdiction de l’ordination des femmes au sacerdoce est une vérité divinement révélée à laquelle tous les catholiques sont obligés de donner leur assentiment dans la foi. À moins qu’il apparaisse clairement que c’est le cas, je ne vois pas comment il peut être certain que cette doctrine soit enseignée de manière infaillible par le Magistère ordinaire et universel. ”

TEXTE COMPLET : America, Vol. 173, 9 décembre 1995, pp. 5-6. A été également publié dans The Tablet 23/30 décembre 1995, p. 1646.

(B) En septembre 1997, Sullivan a critiqué l’archevêque Bertone de la Congrégation de la Doctrine de la Foi pour avoir avancé trois hypothèses gratuites : 1) qu’une simple déclaration du Pape suffit pour établir qu’un enseignement a été établi comme infaillible par le Magistère ordinaire et universel du collège des évêques ; 2) que toutes les vérités qui “sont certainement vraies et non sujettes au doute” sont couvertes par l’infaillibilité ; et, 3) que pour reconnaître qu’il existe un consensus du collège international des évêques, un consensus établi dans le passé peut suffire. Il est stupéfiant de constater que des bévues théologiques sont commises par quelqu’un chargé d’une si grande responsabilité dans les affaires quotidiennes du Magistère romain.

“ La question de savoir si une doctrine enseignée est couverte par l’infaillibilité n’est pas une question de doctrine, mais doit reposer sur un fait, qui doit être “manifestement établi” (canon 749, § 3). Ce qui doit être “manifestement établi” lorsque l’on prétend qu’une doctrine a été enseignée infailliblement par le Magistère ordinaire et universel est que non seulement le Pape, mais aussi l’ensemble des évêques du monde entier, présentent la même doctrine comme devant être tenue comme définitive par les fidèles. Je ne vois pas comment il peut être soutenu qu’une déclaration papale, en elle-même, sans preuve supplémentaire, puisse suffire à établir ce fait. ”

TEXTE COMPLET : Theological Studies, Vol. 58, Septembre 1997, pp. 509-515.

4. Elisabeth A. Johnson, C.S.J., professeur de théologie à l’Université Fordham, New York

Elisabeth A. Johnson, C.S.J., est l’auteure de nombreux ouvrages, tels que :
* Consider Jesus: Waves of Renewal in Christology (1992);
* Women, Earth and Creator Spirit (1993);
* She Who Is: The Mystery of God in Feminist Theological Discourse (1993);
* How to Paint Miniatures (1994);
* Pauline Theology: Looking Back, Pressing On (Editor, 1997);
* Friends of God and Prophets: A Feminist Theological Reading of the Community of Saints
(1998).

Elisabeth Johnson affirme qu’aucune des trois raisons avancées par Rome tirées de l’Écriture, de la Tradition ou relevant de la théologie ne résistent à l’examen. Des théologiens sérieux ont le devoir d’exprimer leur désaccord, bien qu’ils tiennent beaucoup à faire montre de respect envers le Magistère.

“ Les raisons (qu’avance Rome) ne tiennent pas, même si l’on s’efforce d’avoir un préjugé favorable. Selon l’enseignement catholique traditionnel, la faculté de jugement n’est pas libre, à la différence de la volonté. Nous ne pouvons donner un assentiment loyal qu’à ce qui apparaît comme vrai à notre intelligence : “La vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance.” (Vatican II, Déclaration sur la liberté religieuse, 1). Si, de manière permanente, vous êtes en désaccord avec une doctrine affirmée ou une pratique parce qu’elle est à côté de la plaque, comme dans le cas qui nous occupe, vous avez le devoir de l’étudier et d’exprimer les raisons de votre contestation. Opposer une résistance ne signifie ni déloyauté ni rébellion, sans parler d’un manque de foi, mais constitue plutôt une forme de fidélité et d’esprit de service. ”

TEXTE COMPLET (en français): Commonweal, vol. 123, 26 janvier 1996, pp. 8-10.

5. Gisbert Greshake, professeur à la Faculté catholique de théologie de l’Université de Freiburg, Allemagne

Voici quelques-uns des livres écrits par Greshake:
* Gottes Heil, Glück des Menschen: Theologische Perspektiven (1983)
* Die Neuzeit (1989)
* Priestersein (1991)
* Resurrectio Mortuorum (1991)
* Geschenkte Freiheit (1992)
* Die Gegenwart (1993)
* Erlöst in einer unerlösten Welt (1995)
* Quellen geistlichen Lebens (with others, 1995-1996)
* Der dreieine Gott. Eine trinitarische Theologie (1997)
* An dem dreieinen Gott glauben. Ein Schlüssel zum Verstehen (1998)
* Die Wüste bestehen. Erlebnis und geistliche Erfahrung (1999).

Gisbert Greshake a déclaré qu’il voulait rester ouvert en ce qui concerne l’ordination des femmes au sacerdoce. Toutefois, il rejette absolument l’affirmation d’“Ordinatio Sacerdotalis” selon laquelle la question a été déclarée infaillible par le Magistère ordinaire et universel.

“ Nous ne pouvons pas simplement supposer que l’”impossibilité” d’ordonner des femmes relève de la Tradition qui était et qui est présentée comme liant définitivement. Cela doit être prouvé sur base du Canon 749 § 3, afin que cela soit “clairement établi”. Mais c’est finalement, et c’est très important, une question de nature historique. Je ne connais vraiment aucun document pertinent du Magistère duquel l’on puisse conclure que la possibilité d’ordonner des femmes ait été rejetée comme “liant définitivement”, encore moins qui “liant définitivement” tout au long de l’histoire. Et c’est justement ce fait qui importe : que cela “lie définitivement ”.

TEXTE COMPLET (en français): Pastoralblatt 48 (1996) 56.

6. Ann O’Hara Graff, professeur d’études religieuses et de théologie à l’Université de Seattle, État de Washington, États-Unis

Ann O’Hara Graff a publié In the Embrace of God: Feminist Approaches to Theological Anthropology (1995).

Ann O’Hara Graff, qui a relevé les défauts de la prétention de “Ordinatio Sacerdotalis”, s’est spécialement intéressée à l’histoire de l’ordination sacerdotale elle-même. Comme d’autres pratiques de l’Église, celle-ci est née en réponse à la foi au Seigneur ressuscité, plutôt que d’une grande idée qui aurait germé dans la tête de Jésus. Il faut aussi se rappeler que la conception qu’a Rome concernant la manière d’exercer son autorité découle de l’idée de hiérarchie provenant de la culture du Moyen Âge.

“ Mettre l’ultime autorité enseignante (le Magistère) dans les mains du Pape découle de la conception médiévale de la hiérarchie qui voit dans la tête de celle-ci la somme des membres [de l’Église] (une idée évidemment différente de celle que peuvent avoir ceux qui participent à une démocratie)... Le Pape est considéré comme exprimant la foi de toute l’Église et il est sûr qu’il n’ira jamais contre la foi de l’Église... Qu’on aime ou pas la proclamation de l’infaillibilité pontificale, celle-ci n’est nullement surgie par hasard, et elle correspond à une conception particulière de la hiérarchie relevant d’une certaine culture qui était autrefois une norme acceptée.” Que ce rôle fut souligné à une époque où la hiérarchie à travers l’Europe était en train de s’effondrer (c’est-à-dire en 1870) est certainement l’un des paradoxes de l’Histoire. ”

TEXTE COMPLET : U.S. Catholic, vol. 61, Avril 1996, pp. 6-11

7. Peter Hünermann, professeur à la Faculté catholique de théologie de l’Université de Tübingen, Allemagne

Voici quelques-uns des livres de Peter Hünermann :
* Streitgespräch um Theologie und Lehramt (1991)
* Wissenschaft, kulturelle Praxis, Evangelisierung (1993)
* Das neue Europa (1993)
* Demokratie (1993)
* Armut (1993)
* Jesus Christus, Gotteswort in der Zeit. Eine systematische Christologie (1994)
* Ekklesiologie im Präsens. Perspektiven (1995)
* Gott, ein Fremder in unserm Haus? Die Zukunft des Glaubens in Europa (1996)
* Diakonat. Ein Ambt für Frauen in der Kirche (with others, 1997)
* Papstamt und Ökumene. Zum Petrusdienst an der Einheit aller Getauften (1997)
* Und dennoch . . . (1998)
* Das Zeite Vatikanum. Christlicher Glaube im Horizont globaler Modernisierung (1998)

Dans un livre sur “Le débat concernant les femmes prêtres dans l’Église catholique” (Frauen Ordination. Stand der Diskussion in der Katholischen Kirche, ed. Walter Gross, Erich Wewel Publications, Munich 1996), Peter Hünermann expose son opinion sur la position de Rome en trois chapitres (voir pp. 83-96 ; 120-127 ; 129-146). Il rejette les arguments de Rome tirés de l’Écriture et de la Tradition comme ceux relevant de la théologie. Il exprime sa consternation et sa surprise face à la prétention d’une “décision infaillible du Magistère ordinaire et universel“. Finalement, il pense qu’il y a grand besoin de mieux affiner notre compréhension de ce qu’est le Magistère, précisément parce que celui-ci s’est si souvent trompé - comme il le fait cette fois encore.

“L’expérience de l’Église à travers l’histoire en ce qui concerne sa fidélité à l’Évangile montre qu’elle a été marquée par quantité de défaillances et interprétations erronées. Il est pareillement vrai que l’Église prise collectivement n’a pas perdu la foi. Le Saint-Esprit a conservé de quelque manière la foi de l’Évangile. Mais ceci ne signifie nullement que le Saint-Esprit préserve l’Église de nombreuses erreurs ou lui évite de se tromper. Il est évident que la promesse du Saint-Esprit à l’Église dans son ensemble ne concerne que les vérités essentielles et fondamentales de la foi. À partir de ce noyau, l’Église a toujours - grâce à l’aide de l’Esprit et au dévouement de nombreux saints hommes et saintes femmes - trouvé la force de prendre ses distance vis-à-vis de ses erreurs et de faire marche arrière lorsqu’elle a emprunté des chemins de traverse, et de se renouveler. (Une restriction semblable devrait aussi s’appliquer à ce qui est sujet à l’infaillibilité.) ”

TEXTE COMPLET (en français): Frauen Ordination, pp. 145-146.

8. Sidney Cornelia Callahan, théologienne pastorale, États-Unis

Sidney Cornelia Callahan a écrit plusieurs livres touchant à la pastorale, notamment :
* The Magnificat: The Prayer of Mary
* Parenting: Principles and Politics of Parenthood
* The Working Mother.

Sidney Cornelia Callahan parle au nom de millions de catholiques lorsqu’elle exprime sa frustration face à l’insensibilité dont Rome fait preuve en matière de théologie et de pastorale. Et il n’y a pas que les arguments théologiques qui comptent. Elle sait “dans sa propre chair” que l’ordination des femmes ne va pas contre la volonté de Dieu (ou du Christ). Pour renforcer son appel, sa protestation a pris la forme d’une lettre personnelle adressée au Cardinal Ratzinger.

“ Les contradictions et les inconsistances de votre position explique pourquoi la plupart des théologiens, et même des évêques, ont estimé que ce serait être vraiment fidèle au Saint-Esprit que d’en venir à ordonner des femmes. C’est l’avis des laïcs d’Amérique du Nord. Après quarante années de prière, d’étude, d’adoration et de méditation, je suis convaincue en conscience que c’est la volonté de Dieu que des femmes soient ordonnées. Dans cette impasse, votre ordre demandant la soumission de ma conscience et que je croie à ce que vous avez défini comme étant vrai, est devenu impossible, constituant en fait un suicide moral. Je ne puis faire autrement que de croire sincèrement ce que la foi, la raison, le cœur, l’expertise et l’expérience de toute une vie me disent être vrai et en accord avec ce que le Christ veut pour l’Église. ”

TEXTE COMPLET (en français): Commonweal, vol. 123, 9 février 1996, pp. 6-7.

9. David Knight, théologien pastoral, Memphis, États-Unis

Le P. David Knight est un théologien pastoral et curé de l’église du Sacré-Cœur à Memphis, Tennessee. Il est très connu pour ses livres pratiques, très populaires, notamment :
* His Way (1981, 1997)
* Cloud by Day/ Fire by Night (1985)
* Confession Can Change Your Life (1985)
* His Word, Letting it Take Root and Bear Fruit in our Lives (1986, 1998)
* Best True Ghost Stories of the 20th Century (1986)
* Lift Up Your Eyes to the Mountains. A Guide to the Spiritual Life (1988)
* Make Me a Sabbath of Your Heart (1988)
* Mary in an Adult Church: from Devotion to Response (1988)
* Blessed are They: Call to Conversion (1988)
* Chastity Who Lives It? The Baptized Christian’s Call to Conversion (1990)
* Good News About Sex (1991)
* Armchair Retreat (1994)
* Reaching Jesus: Five Steps to a Fuller Life (1997)
* I Can Read about Alligators and Crocodiles (1999)
* Living God’s Word (1999)

David Knight a rappelé que son principal souci est d’ordre pastoral : éviter que les Catholiques qui sont en désaccord avec Rome au sujet de l’ordination des femmes ne soient conduits à quitter l’Église. Selon lui, “Ordinatio Sacerdotalis” n’est pas couvert par l’infaillibilité, en dépit du langage trompeur de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ou du commentaire erroné qu’en ont fait certains évêques. Il termine par un avertissement :

“ Supposons que nous laissions croire aux Catholiques - ce qu’on est en train de faire actuellement, exprès ou non - que cette doctrine a été déclarée vraie par l’exercice de l’autorité enseignante de l’Église couverte par l’infaillibilité. Et supposons que le prochain Pape décide finalement d’ordonner des femmes - ce qui pourrait aisément se passer si en fait l’opinion du Pape actuel et de son comité doctrinal est incorrecte. Si des fidèles commencent alors à quitter l’Église en masse, prétendant que l’Église contredit son propre enseignement infaillible, nous serons dans une position très malaisée pour expliquer, après coup, que l’enseignement de Jean-Paul II et de son comité doctrinal n’a jamais été infaillible, et que nous le savions à l’époque mais que nous n’avons fait que de nous taire. L’erreur réside aussi bien dans une affirmation excessive que dans sa négation. Il est aussi erroné de prétendre qu’il y a quatre Personnes dans la sainte Trinité que d’affirmer qu’il n’y en a que deux. Et il est aussi mauvais de rendre le Pape plus infaillible qu’il n’est que de le rendre moins infaillible. D’un point de vue pratique, donner l’impression, exprès ou non, que quelque chose est enseigné de manière infaillible quand ce ne l’est pas, est irresponsable et dangereux d’un point de vue pastoral . ”

TEXTE COMPLET (en français): U.S. Catholic, vol. 61, Avril 1996, pp. 11-13.

10. Autres opinions sur Internet

• “Qu’en est-il de la prétention que cette doctrine est infaillible selon les règles gouvernant le Magistère ordinaire et universel ? Les quatre conditions à l’exercice légitime de cette autorité ont-elles été remplies ? La réponse est non. La première condition exige que ce soient les évêques qui exercent ce genre d’infaillibilité. Exceptés les évêques qui pourraient être membres de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, aucun des évêques de ma connaissance n’a jamais été consulté sur ce qu’il enseigne ou croit au sujet de l’ordination des femmes. Même si l’on a demandé leur avis à certains évêques, il est évident que la seconde condition n’est pas remplie, à savoir que les évêques professent cette doctrine en union les uns avec les autres et avec le pape. La question n’a tout simplement pas été abordée quand les évêques étaient rassemblés en assemblée solennelle où de tels sujets leur ont été proposés. Troisièmement, il y a un doute très sérieux que la doctrine de l’ordination puisse être considérée comme une matière de foi ou de morale. De nombreux théologiens réputés, y compris ceux réunis par le Vatican lui-même afin d’étudier s’il y a dans l’Écriture des éléments indiquant que les femmes ne peuvent être ordonnées, n’ont en définitive rien trouvé dans les évangiles. Quatrièmement et enfin, on pourrait nous mettre l’épée dans le dos que nous serions bien incapables de prouver que les évêques se sont mis d’accord sur une opinion qui doit être tenue pour vraie par les fidèles. Suffisamment d’évêques de ce pays (les États-Unis) ont donné leur opinion que pour nous convaincre qu’il existe pour le moins des opinions très variées. Ainsi, pas même une des quatre conditions nécessaires pour l’exercice de ce genre d’infaillibilité n’est satisfaite. ”

Diane M. Caplin Ph.D., chargée de cours et directrice
adjointe de Mount Saint Agnes Theological Center for Women, Baltimore, Maryland.

• “ L’ensemble des évêques sont censés avoir entrepris préalablement une recherche sérieuse sur le dépôt de la foi, et la doctrine ne peut rien apporter de neuf, ou de supplémentaire, au dépôt de la foi originel. Les évêques ne peuvent se permettre d’inventer une nouvelle doctrine dont les générations précédentes d’évêques n’imaginaient aucunement comme faisant partie du dépôt de la foi. Le Collège des Évêques s’est-il jamais, comme entité morale, bien que ses membres soient dispersés à travers le monde mais en communion les uns avec les autres et avec le successeur de Pierre, mis d’accord sur l’idée que des femmes ne puissent être ordonnées, que cette idée constitue une doctrine appartenant au dépôt de la foi, et qu’en tant que telle elle doit être tenue pour définitive ou décisive ? Il semble bien que cela ne soit jamais arrivé. Rappelons-nous qu’ils doivent proclamer cette doctrine avec une unanimité morale. Ils doivent enseigner qu’elle fait partie de la révélation divine. Ils doivent l’enseigner comme une doctrine qui doit être tenue comme définitive par les fidèles. Où et quand cela serait-il arrivé ? “

Peter Burns SJ

• “ La “National Coalition of American Nuns” (Coalition Nationale des Religieuses Américaines) est surprise et profondément troublée par le fait que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ait prétendu recourir à l’infaillibilité pour soutenir et perpétuer l’injustice de la doctrine de l’Église qui exclut les femmes du sacerdoce ministériel. La “National Coalition of American Nuns” est convaincue que cette doctrine ne peut se prévaloir de l’infaillibilité parce qu’elle est injuste, et donc ne peut être qu’erronée... Parce qu’il n’existe pas encore d’assentiment universel de la part des évêques, des théologiens comme des fidèles sur la question de l’ordination des femmes au sacerdoce, toute déclaration prétendant à l’infaillibilité sur cette question est prématurée et déplacée. ”

Résolution adoptée par la “National Coalition of American Nuns” [the National Coalition of American Nuns] le 8 décembre 1995.

• “ Un bureau du Vatican peut-il se permettre de proclamer qu’une déclaration papale est couverte par l’infaillibilité ? Et ses responsables peuvent-ils le faire ex post facto ? Au moment qu’ils choisissent ? Éventuellement plusieurs siècles plutôt que quelques mois après qu’elle ait été rédigée ? Pourquoi alors, quand des évêques de toutes les parties du monde demandent que la question soit discutée, on se contente de les ignorer. Quand, par ailleurs, une des congrégations du Vatican traite unilatéralement de la question - et même définit ses termes imprécis - sans consultation de l’ensemble des évêques du monde entier, sans parler du Peuple de Dieu, le sujet est heureusement ouvert... afin d’être définitivement clos. Et sans un évêque en vue. Sommes-nous arrivés à un point où l’on ignore encore plus les évêques que les femmes dans l’Église ? “

Sœur Joan Chittister OSB

• “ Il est caractéristique que la déclaration indique que l’infaillibilité de cette doctrine ne provient pas d’une déclaration papale, mais du Magistère ordinaire. Une telle affirmation selon laquelle le Magistère ordinaire a raison n’est défendable que si l’idée a été acceptée de manière générale au cours de l’histoire de l’Église, et pareillement dans l’Église contemporaine. Mais c’est précisément ce large consensus qui manque aujourd’hui. Non seulement la plupart des Églises protestantes, y compris l’Église Anglicane, ont examiné avec soin cette interdiction et l’ont rejetée pour des motifs relevant de l’Écriture, de la théologie et de la morale. Dans un cas semblable, lorsqu’une idée n’est plus largement partagée dans l’Église, il est évidemment impossible de déclarer qu’elle est couverte par l’”infaillibilité” parce qu’il y a consensus. “

Rosemary Radford Ruether

En rapport avec le Magistère ordinaire et universel, lisez ici une discussion détaillée des cinq conditions auxquelles doit répondre l’infaillibilité, et pourquoi elles n’ont pas été rencontrées.

Texte de John Wijngaards.
Traduction française par Jacques Dessaucy.


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