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Cela ne prend pas avec les femmes Mary McAleese, President of Ireland

Cela ne prend pas avec les femmes

by Mary McAleese

Article publié par The Tablet, le 15 mars 1997

Reproduit sur Internet avec la permission de The Tablet. Adresse : 1 King Street Cloisters, Clifton Walk, London W6 0QZ UK. Tél: 44-20-8748 8484; fax: 44-20-8748 1550; email: thetablet@the tablet.co.uk.

Mary McAleese, Présidente de la République d’Irlande (1997-2011). Voici les principaux postes qu’elle a assumés :

Y a-t-il seulement un évêque en Irlande qui ait suivi une formation sur l’égalité des hommes et des femmes face à l’emploi ? C’est une question très importante que j’ai déjà posée et qui amène une réponse prévisible très déprimante. J’aurais pu poser la même question à la Curie et au Pape et j’aurais été à peu près sûre de la réponse.

Le fait que la réponse soit un “non” retentissant pose aujourd’hui le problème avec une acuité qu’il n’avait pas voici quatre ou cinq ans. Le monde profane occidental a été fortement influencé par des décennies de critiques, de recherches très sérieuses sur l’égalité d’accès qui ont abouti à des lois. Ce mouvement a eu un impact croissant sur l’Irlande comme sur de nombreux autres pays, amenant chacun d’entre nous à un changement considérable d’attitude qui a provoqué des modifications dans l’enseignement, l’emploi, la politique en général et la politique sociale en particulier, les relations humaines comme les idées relatives à la culture. Certains bastions du conservatisme se raidissent face à cette évolution radicale. D’autres la suivent avec réticence, certains y viennent contraints tandis que d’autres encore l’accueillent franchement.

Dans un petit pays relativement homogène comme l’Irlande, avec une population cultivée et bien informée, il est toujours possible qu’une argumentation bien conçue et persuasive puisse, avec le temps, susciter un nombre de convertis atteignant la masse critique. Il se pourrait également que la structure de pouvoir de l’Église, isolée et dans les mains de représentants d’un seul sexe, avec son système de communication allant de haut en bas mais ne fonctionnant pas en sens inverse, mette beaucoup de temps à prendre au sérieux ce que disent, pensent et se persuadent les classes cultivées. Le résultat est que, à l’intérieur de l’Église d’Irlande comme ailleurs, on soit bloqué dans une situation dans laquelle sont opposés ceux qui croient à l’égalité des hommes et des femmes voulue par Dieu et ceux qui n’y croient pas.

Ce n’a jamais été seulement un débat opposant les hommes aux femmes. Plutôt, c’est un débat d’une part entre les forces rigides et conditionnées d’un monde ancien et d’autre part les voix insistantes et provocantes d’une monde nouveau qui émerge. Il y a plus que cela : ces dernières voix, en dépit du récent repliement frileux à propos de l’ordination des femmes, et peut-être aussi à cause de lui, sentent que la victoire est à la portée de la main.

Il n’y a pas si longtemps, les voix soutenant que le sexisme défigurait de manière caricaturale l’Église du Christ sur terre étaient des voix marginales, criant face à un édifice, une citadelle, si bien protégée qu’elle semblait imprenable. Dans la partie irlandaise de cet édifice, un clergé totalement masculin avait conclu une alliance parfaite, apparemment sans risque, avec les mères irlandaises. La foi se transmettait de génération en génération canalisée par ce formidable partenariat. Elle se transmettait sans difficulté car la confiance et le respect existaient d’un côté et la certitude et le paternalisme de l’autre.

Le poète W. B. Yeats définit les relations comme étant “un code de soumission infâme”. C’est là peut-être un jugement abrupt mais il découle du statut déplorable des femmes à travers le globe à son époque et cela, en fait, dans toute confession religieuse. Ses mots, cependant, trouvent un écho dans les paroles récentes de Jean-Paul II : “À chaque époque et en chaque région, notre conditionnement a constitué un obstacle au progrès de la femme. La dignité de la femme a été souvent méconnue, la femme a été souvent reléguée aux marges de la société et même réduite à la servitude... Que la responsabilité objective, spécialement dans certains contextes historiques, en revienne à certains membres de l’Église qui étaient loin de former une petite minorité, je le regrette sincèrement.”

Le fait même que le Pape ait ressenti la nécessité de revenir fréquemment, ces dernières années, sur le problème de la femme, découle de sa propre vie. Ses paroles ne sont pas celles d’un homme qui pense être du côté facile du débat. Loin de là. Ce sont les mots d’un homme qui comprend petit à petit qu’une brèche a été pratiquée dans les défenses de la citadelle et que le nombre de ses défenseurs convaincus est en diminution.

Désormais, quand des voix s’élèvent pour défendre une position des plus radicales en ce qui concerne le rôle de la femme dans l’Église, ces voix ne viennent plus des marges de l’Église. Ce ne sont pas les voix provocatrices de ceux que leurs frustrations ont poussés hors de l’Église ; ce sont plutôt les voix des fidèles (d’hommes, de femmes, de prêtres, de religieuses et, à l’occasion, d’un évêque) qui possèdent une foi solide et sont bien arrimés à l’intérieur de l’Église, qui l’aiment, qui en vivent et sont bien déterminés à y rester et à la faire changer. Celui qui a l’occasion d’assister à des réunions organisées dans l’Église où la place des femmes dans l’institution est débattue ne peut faire que noter, comme je l’ai fait, que la majorité des fidèles a changé de camp. Le processus de conversion n’est pas encore achevé mais nous ne sommes pas loin de sa fin.

Il y a ceux qui affirment que l’actuel manque de confiance des fidèles envers l’Église institutionnelle provient des récentes révélations concernant les abus sexuels commis sur des enfants par des membres du clergé et la manière très contestable dont les autorités de l’Église ont géré la crise. La vérité est plutôt que cela a simplement accéléré le rythme de la détérioration des relations entre les fidèles (en particulier les femmes) et les structures de pouvoir de l’Église. Le conditionnement sexiste auquel le Pape a fait allusion n’est plus une affaire mystérieuse. Il a été étudié, ses différentes facettes ont été mises à jour et ses comportements insidieux, dénoncés. La plupart des femmes et des hommes intelligents peuvent repérer le langage sexiste à des kilomètres, de quelques beaux atours qu’il soit revêtu, quelle que soit la position de celui qui l’emploie. Aussi quand le Saint-Père admet que l’Église pourrait avoir été un peu sexiste à une certaine époque, nous attendons qu’il fasse une autre déclaration et s’exprime de manière plus claire ; nous attendons que l’Église s’examine longuement, avec minutie, en profondeur.

L’Église est en train de tenter de comprendre comment sa propre pensée, l’idée même qu’elle se fait de Dieu, a été déformée, défigurée, par 2000 ans de convention sociale travestie en théologie et, pire encore, présentée comme la volonté de Dieu. Mais la déclaration attendue ne vient pas. Au lieu de cela, on arme et on brandit le revolver - que dis-je - le canon de l’infaillibilité en mettant les coupables en joue.

Les fidèles se rendent-ils sans résistance ? Se soumettent-ils humblement à un édit qui a la prétention de lier l’Église pour l’éternité ? Non, en Irlande, ils ne lâchent pas prise. Désormais, ils répondent aux arguments avancés, armés des découvertes d’une recherche moderne et décapante qui place les théologiens dogmatiques sous des spots qui jettent une lumière crue qui ne laisse rien dans l’ombre. Désormais, on entend des femmes à la foi profonde déclarer qu’elles se sentent appelées au sacerdoce. Elles parlent avec une confiance en soi toute nouvelle et elles sont écoutées avec un respect inattendu.

Réside dans ce débat une ironie cruelle. Les deux camps estiment qu’ils combattent pour l’existence même de l’Église. Ils ne peuvent avoir raison tous les deux. Les défenseurs de la ligne vaticane, qui adoptent de plus en plus le ton des apparatchiks du parti communiste débitant des clichés éculés, ont souvent considéré l’Irlande comme le dernier bastion du catholicisme, le seul endroit du monde où la foi ne vacillera jamais, où l’on trouvera toujours le témoignage d’une fidélité indéniable.

Curieusement, j’estime qu’ils ont raison, mais pour de mauvaises raisons. Peu de hiérarchie dans l’Église doit livrer une bataille aussi rude pour défendre sa crédibilité et sa pertinence comme la hiérarchie irlandaise. Elle a besoin d’alliés, en particulier du côté des femmes de foi. Celles-ci veulent forger de nouvelles alliances, mais les femmes d’aujourd’hui tiennent un langage que beaucoup de représentants de la gent masculine ne comprennent tout simplement pas et qui les place dans une position difficile. C’est le langage du monde de demain, non le langage du séminaire d’hier.

Ce langage dépassé doit être désappris. Il est rapidement devenu un signe d’inadaptation et sa date de péremption est depuis longtemps dépassée.

Mary McAleesse

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