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Durand de Saint-Pourçain

Durand de Saint-Pourçain

1270-1334 ap J.-C.

Né en Auvergne, France, Durand était un frère dominicain qui écrivit des livres influents de philosophie et de théologie. Il fut également professeur de philosophie à Avignon à l’époque où le Pape y résidait. Il devint successivement évêque à Limoux, au Puy et à Meaux. Durand était en désaccord avec Thomas d’Aquin sur la fonction de la raison en philosophie et en théologie.

Pourquoi les femmes ne peuvent-elles être ordonnées prêtres

Brève analyse de ses arguments

Notre analyse sera basée sur un texte du commentaire de Durand des Sentences de Pierre Lombard, éditées dans les Petri Lombardi Sentencias Theologicas Commentarium,Venise 1571, vol.4, Dist.25, Questio 2, f 364-v. Lisez ici le texte latin original ou sa traduction en français. Les numéros en marge et les numéros des paragraphes dans cette analyse se réfèrent à cette traduction.

Raisons pour lesquelles les femmes ne peuvent être ordonnées :

  1. Le Christ lui-même a exclu les femmes des Saints Ordres. Raison principale (voir n· 6. §2 ; Mn·10)
    Durand base sa conclusion sur les arguments suivants :
    a. Le Christ a ordonné seulement des hommes à la Dernière Cène (voir 6. §3) Mais il vous faut envisager les raisons culturelles de l’époque.
    b. Il n’a même pas ordonné sa propre Mère (voir 5. §4)Mais la Tradition considère que Marie possédait l’équivalent de la prêtrise.
    c. Cela DOIT avoir été la propre décision du Christ. Sinon exclure les femmes aurait constitué une réelle discrimination (voir n·6. §6). Mais c’est un cercle vicieux ! Nous savons bien que, dans le passé, l’Église a souvent été coupable de discrimination.
  2. Paul défend aux femmes d’enseigner (voir n· 6. §5)
    Réponse. 1Timothée1 2,11-15 est pris hors de son contexte. Il ne doit pas être interprété comme énonçant une règle générale empêchant les femmes à jamais d’enseigner. Le Droit Canon moderne le leur permet.
  3. .Les femmes sont inférieures aux hommes (n·6. §7). Durand énumère les préjugés de son temps : les femmes ont une intelligence inférieure et un corps faible. Elles sont dans un état de sujétion. Un haut rang ne leur convient pas.
    Réponse. Cette sorte de préjugé sous-tend toute la pensée médiévale et rend impossible d’imaginer que les femmes aussi pourraient être prêtres. Les raisons théologiques qui sont données sont des rationalisations pour justifier les préjugés.

Scot répond aux objections :

  1. 1.Que penser des femmes qui reçoivent tous les autres sacrements ? Durand dit que les autres sacrements concernent les besoins spirituels sont communs aux hommes et aux femmes. Les Saints Ordres confèrent un grade et un rang qui ne conviennent pas aux femmes (voir n·1 ; n·9).
  2. Les hommes et les femmes possèdent-ils la même nature humaine ? Durand dit que c’est ainsi, mais l’évêque qui ordonne est limité dans ses pouvoirs par le Christ qui détient l’autorité principale (voir n·2 et 10).
  3. Que penser des ‘presbyterae’ (femmes prêtres) et des ‘diaconesses’ (femmes diacres) dans la tradition ? Durand écarte ces termes comme ne faisant pas référence aux femmes qui étaient ordonnées aux Saints Ordres (voir n·3, n·11). Toutefois, nous sommes aujourd’hui mieux informés. Les femmes diacres étaient sacramentellement ordonnées comme le montrent les rituels des premiers siècles. Dans certaines paries de l’Europe, les femmes étaient également ordonnées prêtres.

traduction : Françoise Bourguignon

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