Le marteau des sorcières

Le Marteau des Sorcières

Comment juger la tradition?
* tradition scripturaire
* tradition dynamique
* tradition ‘latente’
* tradition bien documentée

Caractéristique de l’opinion des théologiens post-scholastiques, l’ouvrage judicieusement dénommé « Le Marteau des Sorcières » est un manuel sur la manière de débusquer et de punir les sorcières.

H.KRAMER et J. SPENSER. The Malleus Maleficarum ( Lyon 1486). Ici extrait des Dover Publications, réimprimé à New-York en 1971.

Un extrait typique de ce livre montre les incroyables préjugés contre les femmes ! Ces préjugés ont conduit des milliers de femmes innocentes à être exécutées comme sorcières.

L’influence exercée par le « Marteau des Sorcières ».

Imprimé tout d’abord en 1486, le livre a eu d’innombrables republications en Allemand, en Français, en Italien et en Anglais et a été responsable du fait que des milliers de femme innocentes ont été traînées au poteau d’exécution.

On peut rétorquer que le « Marteau des Sorcières » était un livre exceptionnel et que, le citer pourrait porter préjudice d’une manière injuste aux théologiens post-scholastiques. La vérité est que, en dépit de ses monstruosités, le livre a été universellement accepté comme contenant de la bonne théologie et une saine doctrine catholique. Un de ses auteurs, Jakob Sprenger, O.P., était Doyen de l’Université de Cologne. L’autre Heinrich Kramer, O.P. était prieur et directeur spirituel dans beaucoup d’endroits. Les deux hommes furent désignés en tant qu’inquisiteurs par le Pape Innocent VIII. Ils ont tous deux écrit beaucoup de traités de théologie. Citons ce passage, extrait de l’introduction :

« Il n’y a aucun doute que le Malleus Maleficarum n’ait eu en son temps, et pendant deux siècles entiers, une influence énorme. Il existe peu de démonologistes et d’écrivains traitant de la sorcellerie qui ne se réfèrent pas à cet ouvrage comme étant l’autorité ultime. Ce livre a été continuellement cité et on a fait appel à ses pages dans les procès de sorcières en Allemagne, en France, en Italie et en Angleterre ; pendant que les méthodes et les exemples des deux Inquisiteurs gagnaient un crédit encore plus étendu et une reconnaissance due à leur reproduction ( parfois même sans reconnaissance directe) dans les travaux de Bodin, de De Mour, d’Oberdal, Cocogna, Peperni, Martinus Aries, Ananie, Binsfeld, Bernard,Basin, Menghi, Stampa, Clodius,Schslharmer, Wolf, Stegmann, Neissner, Voigt, Cattani, Richardus et d’une centaine d’autres. »(Ibid, pg XXXIX).

Dans une préface de son livre écrit le 7 octobre 1496 ( !!), Fr Montague Summers a des choses étonnantes à raconter.Après avoir certifié que les écrits des deux auteurs « sont bien approuvés par beaucoup d’érudits, des Papes, des Saints et des Théologiens à la fois » il chante les vertus du « Marteau des Sorcières ». :

« On se tourne vers cet ouvrage encore et encore d’une manière édifiante ( !) et avec intérêt. Au point de vie de la psychologie (!), au point de la jurisprudence, au point de vue de l’histoire, il est un sommet. Ce qui est le plus surprenant est sa modernité. Il existe à peine un problème, une situation compliquée, une difficulté qui n’ont pas été anticipées, discutées et résolues avec la plus grande clarté, une logique inébranlable et avec une scrupuleuse impartialité ( !)(Ibid, 1948 Préface, pg IX-X)

Et c’est pourtant dans ce livre qu’on décrit avec les détails les plus horribles d’imaginaires orgies sexuelles entre des diables ayant le pénis en érection et des sorcières humaines (tout cela prouvé par les Écritures, naturellement). C’est ce livre qui a fait reconnaître l’usage des tortures sans limites pour arracher les confessions des accusés. C’est un livre rempli de croyances superstitieuses, de cruauté sadique, de bigoterie et de haine des femmes.

Il est bien triste de penser qu’alors que tant de livres non dangereux ont été mis à « l’index » des livres interdits, un livre de cette nature a été continuellement réimprimé avec une bulle d’approbation d’Innocent VIII (1484) afin qu’il bénéficie de l’autorité ecclésiastique.

Traduction de Françoise Bourguignon


John Wijngaards Catholic Research

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