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Richard de Middleton OFM

Richard de Middleton OFM

13 ième siècle

Ce passage peut être trouvé dans Ricardus de Media Villa [=Richard de Middleton] Super Quarto Sentientarum [=Commentaire sur les Sentences de Pierre Lombard] vol 4 Dist 25, a.4 n.1 ; éd Bocatelli, Venise, 1499 (Pellechet-Polain, 10132/9920,f 177-R. Lisez le texte original en latin ou sa traduction en Anglais.

Traduit spécialement pour womenpriests.org du latin original à l'Anglais
par Dr Mary Ann Rossi – références
Retraduit de l’Anglais par Françoise Bourguignon

Les numéros de paragraphe ont été ajoutés par John Wijngaards pour faciliter la recherche.

Distinctio 25, Article 4

.Latin manuscript Richard of Middleton

§1. Trois questions sont posées : la première est pour s’interroger si le fait d’être du sexe féminin empêche de recevoir les Saints Ordres ; la seconde pour savoir si le jeune âge l’empêche ; la troisième, si des défauts de naissance l’empêchent.

[Arguments en faveur de l’ordination des femmes]

§2. D’abord, je montre qu’appartenir au sexe féminin n’empêche pas la réception des [Saints] Ordres. C’est le Christ qui, principalement, ordonne, mais justement, comme il est dit dans Gal.3. : En Jésus Christ, il n’y a ni femme ni homme, une femme peut donc être ordonnée aussi bien qu’un homme.

§3. Aussi dans ‘Décr. dist.32 prêtres et femmes’ [= selon les Decretum Gratiani] : la mention est faite de presbytera [=femme prêtre] ; et en dist. 27 q1 ( ?) : qu’une diaconesse ne devrait pas être ordonnée avant d’avoir atteint quarante ans: donc les femmes pouvaient recevoir les [Saints] ordres du diaconat et de la prêtrise.

§4. La femme peut aussi posséder l’acte de prophétiser. Voir Luc 2 :Anne était une prophétesse. Donc, de la même façon, les femmes peuvent être ordonnées.

Contre : [Arguments contre l’ordination]

§5. Décret. dist 23 ‘Consacrée ‘ : ‘Il a été rapporté à ma Vision que parmi vous, femmes, qui êtes consacrées à Dieu, il y en a qui touchent les objets du culte et les vêtements sacerdotaux et qui portent l’encens autour de l’autel ce qui, personne en son bon sens n’en douterait, mérite répréhension et condamnation’. Ce qui empêche de toucher les objets sacrés, empêche la réception des [Saints] Ordres. Donc, être du sexe féminin, empêche de recevoir les [Saints] Ordres.

§6. Aussi, les clercs doivent recevoir la tonsure, comme il l’a été stipulé avant. Mais 1. Cor. dit qu’il est honteux pour une femme de se raser les cheveux et qu’elle ne devrait pas le faire. Si elle est soigneuse de sa chevelure, c’est sa gloire. Donc, seulement les clercs devraient être ordonnés, une femme ne devrait pas l’être.

Je réponds [= le propre jugement de Middleton]

§7. Je réponds que le sexe féminin constitue un empêchement pour recevoir les [Saints] Ordres par la loi qui fait qu’une femme ne devrait pas être ordonnée et aussi par le fait que, même si toutes les cérémonies qui entourent le postulant étaient appliquées à une femme, elle ne recevrait pas les [Saints] Ordres. La raison de ceci est que les réalités sacrées tiennent leur validité de leur institution. Mais le Christ a institué ce sacrement afin qu’il soit seulement conféré aux personnes de sexe masculin et pas aux personnes de sexe féminin.

§8. Il y a deux raisons à la pertinence de cette institution.

§9. La première raison est la suivante : La charge de l’enseignement appartient aux [Saints] Ordres et chaque Ordre est conçu en fonction de la prêtrise à qui appartient cette charge en propre (Dist 16.qu.1). Nous ajoutons qu’il appartient également au diaconat (Décret.Dist. 25 ‘perlectis’ r.92 dans ‘In facta’), qui devrait être interprété de cette manière : le prêtre tient la charge principale [d’enseigner], mais le diacre la remplit par délégation ou, prêcher, pour eux, signifie lire l’Évangile. Mais, enseigner en public n’est pas propre aux femmes à cause de la faiblesse de leur intelligence et de l’instabilité de leurs émotions, défauts dont les femmes souffrent plus que les hommes par la loi commune ; mais un professeur doit avoir une intelligence vive pour reconnaître la vérité et des émotions stables pour persister dans son expression.

§10. La seconde raison est que les [Saints] Ordres établissent la personne ordonnée dans un certain degré de supériorité qui doit d’une certaine manière apparaître dans la supériorité de la nature de la personne ordonnée. Mais, la femme se trouve dans un état de sujétion par rapport à l’homme qui correspond également à sa nature. Parce que le sexe féminin est naturellement imparfait en comparaison du sexe masculin.

§11. Nous pouvons également tirer ces deux motifs de la déclaration judicieuse dans 1. Tim. 2 :Que les femmes se taisent à l’église. Je ne permets pas à une femme d’enseigner ni d’avoir de l’autorité sur un homme.

[Réponse aux arguments en faveur de l’ordination des femmes]

§12. Ma réponse au premier argument : quand on disait qu’il n’y avait ni homme ni femme, je dis que cela signifie, en comparaison au Christ, il n’y a pas de différence entre l’homme et la femme quant au mérite, mais il y en a une quant à l’office [= l’office des saints Ordres]

§13. En ce qui concerne le second, je dis que ces veuves âgées et ces femmes non ordonnées qui sont dénommées ‘Presbytera’ sont des veuves, pas des femmes ordonnées. De plus, en ce qui concerne celles qu’on appelle ‘presbyterae’ [=femmes prêtres], le même canon stipule ceci : « Nous avons décidé qu’elles ne seraient pas établies comme femmes ordonnées dans l’Église ». ‘Diaconesse’ doit être compris comme ‘abbesse’, comme l’explique un commentaire. C’est peut-être même mieux de dire que les femmes qui ont reçu une forme de bénédiction pour lire l’homélie aux mâtines [= un service matinal] sont appelées des diaconesses comme il est précisé par un autre commentaire.

§14. En ce qui concerne le troisième argument, je réponds qu’il n’y a aucune ressemblance. Le fait de prophétiser ne donne aucun pouvoir à une femme sur un homme. Mais les hommes ordonnés sont dans un état de supériorité par rapport à ceux qui ne le sont pas. Donc, bien qu’il ne soit pas répugnant qu’une abbesse soit placée au-dessus des autres femmes et les dirige [avec autorité] – et [un homme ne pourrait pas le faire ] à cause du danger présenté par des [femmes] vivant ensemble avec un homme--, ce serait ridicule pour elles d’être une abbesse dirigeant des hommes.

Retraduit de l’Anglais par Françoise Bourguignon

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