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Une femme, comme tout homme, peut représenter l’amour du Christ, l’essence de son sacerdoce

Une femme, comme tout homme, peut représenter l’amour du Christ, l’essence de son sacerdoce

Comment juger la tradition?
* tradition scripturaire
* tradition dynamique
* tradition ‘latente’
* tradition bien documentée

En mettant l’accent sur le sexe masculin comme caractéristique essentielle du sacerdoce, Rome ne dévalue-t-il pas le sacerdoce du Christ ? Quelles sont les particularités décrites par l’Écriture elle-même comme étant avant tout nécessaires pour signifier la présence du Christ ? Si nous en jugeons par les caractéristiques observées dans le cas de Jésus, le grand prêtre, nous trouvons qu’il est essentiel pour son sacerdoce :

C’est tout à fait différent d’exiger qu’il soit un descendant (de sexe masculin !) d’Aaron. Il s’agit ici d’un nouveau sacerdoce régi par sa propre loi (Héb 7, 11-12).

Si nous écoutons le Christ lui-même, il demande avant tout comme signe l’amour.

Il faut noter qu’ici nous ne considérons pas l’amour comme une simple exigence morale mais comme comportant un élément qui a valeur de signe. “À ceci tous vous reconnaîtront comme mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres” (Jean 13,35). Bien qu’ailleurs le Christ parle de l’amour comme d’un commandement, il s’adresse ici à ses apôtres au moment même où il les ordonne comme prêtres. Son “Faites ceci en mémoire de moi” présuppose un amour pastoral comme signe particulier par lequel ses disciples devraient être reconnus. C’est un tel amour qu’il exige de Pierre avant de lui confier sa mission apostolique (Jean 21, 15-17).

De telles considérations ne prouvent pas directement que les femmes pourraient être ordonnées prêtres. Elles démontrent toutefois que l’Écriture elle-même met l’accent sur des valeurs telles que la compassion, le service et l’amour plutôt que sur certains éléments non essentiels comme le fait d’être un homme, même au niveau du signe sacramentel.

Sommes-nous si éloignés de l’esprit du Christ quand nous déclarons qu’une femme ayant l’esprit d’amour du Christ est une meilleure image de sa présence qu’un homme qui n’a pas un tel amour ?

“Il est bien évident qu’il existe un certain nombre de faits avérés concernant Jésus. Certainement, c’était un homme. Il avait également un certain teint et une certaine stature. Il était Juif. Il appartenait à une certaine classe sociale. Il avait un certain groupe sanguin. Devons-nous alors supposer que chacune de ses caractéristiques doivent être “reflétées” dans chaque presbytre ou évêque que l’Église ordonne ? Probablement que non. Dans ce cas, il doit bien exister une raison pour laquelle une de ces caractéristiques (ou plusieurs) est essentielle dans un ministère, et les autres non. Le simple fait que Jésus soit un homme ne veut rien dire. La question - répétons-la - est celle de l’importance de telle ou telle caractéristique de Jésus.”

“Les questions d’importance, cependant, doivent recevoir une réponse dans un certain cadre de référence. On doit se demander : ‘importance pour quoi ? C’est à ce point que surgit le problème crucial. Quand l’Église s’exprime à propos de Jésus (dans une déclaration, dans la louange, en théologie) quelle est en fait la préoccupation centrale qui définit son intérêt vis-à-vis de lui ? En référence à quelle question les déclarations au sujet de Jésus apparaissent-elles comme pertinentes ou non pertinentes, comme importantes ou sans importance ? La réponse à cette interrogation apparaît maintenant avec clarté. En effet, elle a été donnée dans ce papier, implicitement du moins. L’Église s’intéresse à Jésus en tant que Christ, christologiquement. Elle est intéressée par lui comme celui par lequel s’établit la relation directe de l’humanité avec Dieu, sur l’initiative de celui-ci. Pour dire les choses simplement, l’Église, à la différence de l’historien, du portraitiste réaliste, du biographe ou du psychiatre, n’a pas d’intérêt comme telle dans la Jésuologie, mais dans la Christologie, dans Jésus comme celui qui apporte le salut de Dieu. Quand, par conséquent, se pose la question de l’importance de la masculinité de Jésus, “importance” veut dire “importance dans l’œuvre rédemptrice de Dieu en Christ et pour celle-ci”.”

R.A. Norris, “The Ordination of Women and the Maleness of the Christ” (“L’ordination des femmes et la masculinité du Christ”), in Feminine in the Church (Le féminin dans l’Église), publié par Monica Furlong, SPCK, Londres 1984, pp. 71-85 ; ici p. 75.

Texte de John Wijngaards.
Traduction française par Jacques Dessaucy.

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