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Épiphane
Comment juger la tradition?
* tradition scripturaire
* tradition dynamique
* tradition ‘latente’
* tradition bien documentée

Épiphane

Palestine, Chypre; 315 – 403

Les femmes sont faibles, peu fiables et inintelligentes

Panarion 79;§1.«Quels sont ceux qui enseignent de semblables choses à part les femmes ? En vérité , les femmes constituent une race faible, peu fiable et d’une intelligence médiocre. Une fois de plus, nous voyons que le Diable sait bien comment faire pour que les femmes délivrent des enseignements aussi ridicules, comme il a déjà bien réussi à le faire dans le cas de Quintilla, de Maxima et de Priscilla.

Des femmes prêtres dans l’hérésie Collyridienne?

Panarion 79.§1;cont. «Certaines femmes décorent une sorte de banc ou une litière rectangulaire, en étendant par-dessus une étoffe de lin, un jour de fête annuel, placent par-dessus une miche de pain et l’offrent au nom de Marie : elles communient ensuite avec cette miche…Elles nous diront que certaines femmes viennent ici de Thrace, d’Arabie, façonnent une miche de pain au nom de la toujours Vierge, se rassemblent dans un même endroit et, au nom de la Sainte Vierge, agissent de manière irrégulière, entreprenant des actes blasphématoires et interdits et font, en leur nom, entre femmes, des actions vraiment sacerdotales.»

Note. Épiphane est préoccupé par l’hérésie Collyridienne, un mot qui provient du Grec et qui veut dire: ‘une petite miche de pain’. Les femmes offrent une sorte d’adoration à la Sainte Vierge au cours de laquelle ces miches de pain sont offertes sur la table.

F.J. Dölger dans Die eigenartige Marieverehrung der Philarmarianiten oder Kollyridianer in Arabia, a fait une longue étude de tous les détails de cette secte particulière. La ‘Table du Seigneur’ semble être une sorte de tabouret ou de siège carré. Le ‘Collyris’ est une petite miche de farine pure comme celle qu’on donne aux enfants. Le jour de fête est peut-être un ancien festival Marial. En tout cas le texte prouve une certaine forme de dévotion irrégulière à Notre Dame: la secte elle-même est, selon Epiphane, d’origine Thrace. Il ne fait pas doute que nous ayons représenté en elle une certaine forme d’action symbolique par laquelle Marie prend la place de la déesse et au cours de laquelle les femmes exercent une sorte de prêtrise.

Une femme n’a jamais et nulle part exercé la prêtrise

Panarion 79, § 2. «Courage, serviteurs de Dieu, remplissons-nous de toutes les qualités de l’homme et faisons s’envoler cette folie féminine. Ces femmes répètent la faiblesse d’Ève et prennent les apparences pour de la réalité. Mais entrons dans le vif du sujet…Jamais et nulle part, aucune femme n’a agi en tant que prêtre pour Dieu, même pas Ève; même après sa chute, elle n’a jamais été assez audacieuse pour entreprendre des actions aussi impies que celles-ci, ni elle, ni aucune de ses filles après elle, ne l’ont fait…Beaucoup d’hommes dans l’Ancien Testament ont offert des sacrifices, mais jamais et nulle part une femme n’a exercé la prêtrise.»

Dans le Nouveau Testament non plus, les femmes n’ont pas été faites prêtres

Panarion 79, §3.«J’en viens maintenant au Nouveau Testament. Si les femmes avaient été désignées pour agir en prêtres au nom de Dieu ou pour remplir des fonctions liturgiques au sein de l’Église,il serait apparu d’une manière évidente que Marie elle-même, qui avait reçu le privilège de porter en son giron le Roi Souverain, le céleste Dieu, le Fils de Dieu, aurait, dans le Nouveau Testament exercé l’office sacerdotal. Mais elle ne jugea pas cela juste. On ne lui confia même pas le baptême puisque le Christ lui-même a été baptisé non pas par elle, mais par Jean…Ce furent aux Apôtres que l’on confia ces ministères et ils désignèrent leurs successeurs…On n’a jamais élu de femmes parmi les évêques ni les prêtres. On répondra qu’il y a bien eu les quatre filles de Philippe qui ont prophétisé. Oui, mais elles n’ont pas exercé d’office sacerdotal. Et il est exact aussi qu’il y a l’Ordre des Diaconesses dans l’Église. Mais on ne leur permet pas d’agir en tant que prêtre ni d’avoir quoi que ce soit à voir avec les fonctions sacerdotales.»

Les diaconesses appartiennent à un ordre ecclésiastique, mais ne sont pas des prêtres

Panarion 79, §4. «Les diaconesses servent les évêques et les prêtres pour des motifs de bienséance, cela peut être en rapport avec les soins aux femmes malades, cela peut être en rapport avec les rites baptismaux… C’est pourquoi la Parole de Dieu ne permet pas à une femme d’enseigner dans l’Église ni de diriger des hommes.... Vous devez aussi soigneusement observer que seul l’office des diaconesses était nécessaire dans l’ordre ecclésiastique; aussi les ‘veuves’ sont appelé es par leur nom et parmi elles, les plus âgé es sont appelées ‘anciennes’ (grec: presbytidas), mais elles n’ont jamais été nommées ‘anciennes’ (presbytéridas) ni femmes prêtres (sacerdotissas).»

Épiphane n’a jamais ordonné de diaconesses

Lettre de Jean, Évêque de Jérusalem, §2. (an 394) « Beaucoup d’évêques, en communion avec moi, ont ordonné des anciens dans ma province.. Je n’ai pas été capable de les trouver. Ils m’ont envoyé des diacres et des sous-diacres que j’ai été ravi d’accueillir. J’ai moi-même pressé l’évêque Philo de sainte mémoire et le révérend Théoprébus de soutenir l’Église du Christ en ordonnant des anciens dans ces églises chypriotes bien qu’il était entendu qu’elles dépendaient de ma juridiction, j’en étais proche et à cause de cela, ma province était grande et à la traîne. Mais pour ma part, je n’ai jamais ordonné de diaconesses dans les provinces des autres, ni rien fait pour déchirer l’Église. Pourquoi alors avez-vous jugé bon d’être tellement fâchés sur moi et indignés à cause de cette œuvre de Dieu que j’ai tissée pour l’édification des frères et pas pour leur destruction.

L’histoire de la création d’Adam et d’Ève devrait être prise à la lettre

Lettre de Jean, Évêque de Jérusalem, §5. «Je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer d’une des positions qu’il (Origène) lutte pour maintenir…J’oublie l’explication filandreuse des manteaux de fourrure et je ne veux rien dire des efforts et des arguments dont il s’est servi pour nous pousser à croire que ces manteaux de fourrure représentent les corps humains. Il déclare ceci parmi d’autres choses: «Dieu était-il tailleur ou sellier pour qu’il ait à préparer les déguisements des animaux et qu’il ait dû coudre des manteaux de peau pour Adam et Ève?» «Il est clair», continue-t-il, «qu’il parle de corps humains.» S’il en est ainsi, comment se fait-il qu’avant les manteaux de fourrure, et la désobéissance et la chute du Paradis, Adam ne parle pas par allégorie, mais littéralement, ainsi: «Ceci est maintenant l’os de mes os et la chair de ma chair» ; ou, ce qui est à la base de la narration divine, «Et le Seigneur fit tomber sur Adam un sommeil profond et il s’endormit et il lui enleva une côte de la chair et le Seigneur fit une femme à partir de la côte qu’il avait enlevée à Adam» Pour lui ? Ou sinon quel corps auraient pu Adam et Ève couvrir de feuilles de figuier après qu’ils eurent mangé de l’arbre défendu? Qui peut patiemment écouter les dangereux arguments d’Origène quand il nie la résurrection de cette chair, comme il le fait clairement dans son livre d’explications du premier psaume et en beaucoup d’autres endroits? Ou qui peut le tolérer quand il nous donne un paradis au troisième ciel et transpose ce que les Écritures mentionnent de la terre aux endroits célestes, et quand il explique de manière allégorique tous les arbres qui sont cités dans le Genèse, disant qu’en effet, les arbres sont des puissances angéliques, une interprétation que le vrai sens général du passage n’admet pas? En effet, la divine Écriture n’a pas dit «Dieu a rejeté Adam et Ève sur la terre» mais bien «Il les conduisit à l’extérieur et les fit résider face au paradis». Il ne dit pas ‘sous’ le paradis. Il plaça des chérubins et une épée enflammée pour garder le chemin de l’arbre de vie». Il ne dit rien d’une ascension vers lui. «Et une rivière sortit de l’Eden». Il ne dit pas «descendit de l’Eden». Elle se sépara en quatre branches. Le nom de la première est Pison… et le nom de la seconde est Gibon,». J’ai vu moi-même les eaux de Gibon, je les ai vues avec mes yeux physiques. C’est Gibon que désigne Jérémie quand il dit: «Devez-vous, en route vers l’Egypte, boire les eaux boueuses de Gibon?» J’ai bu aussi dans le grand fleuve Euphrate, pas l’eau spirituelle mais l’eau véritable, celle que vous pouvez toucher de vos mains et dont vous pouvez vous imbiber la bouche. Mais de même qu’il y a des fleuves qui se laissent voir et boire, il y aura aussi des figuiers et d’autres arbres et c’est de cela que parle le Seigneur «Vous mangerez librement de chacun des arbres de ce jardin». Ils sont comme les autres arbres et les autres essences, exactement comme les fleuves ressemblent à d’autres fleuves et à d’autres rivières. Mais si l’eau est visible et réelle, alors les figuiers et les autres arbres le sont aussi et Adam et Ève ont été formés à l’origine avec de vrai corps et non des corps fantasmés et ils ne les auraient pas reçu par la suite comme Origène voudrait nous le faire accroire.

L’homme et la femme sont tous deux faits à l’image de Dieu

Lettre à Jean, évêque de Jérusalem, §96. «En effet,au milieu d’autres déclarations méchantes, Origène est censé avoir dit également ceci, qu’Adam est l’image de Dieu, bien que cela ne soit dit nulle part dans les Écritures et que rien ne permette de dire qu’il en est ainsi. En serait-il ainsi, jamais aucune créature de ce monde ne serait issue de la semence d’Adam, donc, l’espèce humaine entière n’existerait pas; pourtant, dans les paroles de l’Apôtre, chaque chose est «soumise et doit être soumise à l’humanité» Cependant tout n’aurait pas été soumis aux hommes si les hommes n’avaient pas- avec en même temps reçu toute leur autorité sur tout – à l’image de Dieu. Mais la divine Écriture rassemble et associe à ceci la grâce de la bénédiction qui a été accordée à Adam et aux générations de sa descendance.Personne ne peut, en travestissant les mots, être censé dire que cette grâce a été accordée à un seul et que lui seul ait été fait à l’image de Dieu (lui et sa femme, quand il a été formé à partir de l’argile et qu’elle a été formée à partir d’une de ses côtes), mais que ceux qui auraient été par la suite conçus dans une matrice et ne sont pas nés comme Adam ne seraient pas à l’image de Dieu. En effet l’Écriture ajoute après la déclaration suivante: «Et Adam vécut deux cent trente ans et connut Ève son épouse et elle conçut pour lui un fils à son image et à sa ressemblance qu’ils dénommèrent Seth» Et encore, à la dixième génération, deux mille deux cent quarante-deux ans après, Dieu, pour soutenir Sa propre image et pour montrer que la grâce qu’il avait donnée aux hommes continuerait en eux, a donné le commandement suivant: «Tu ne mangeras pas de la chair…ni de son sang. Et certainement je réclamerai le sang de la main de chaque homme qui l’aura répandu; parce que, de l’image de Dieu, j’ai créé un homme» Paul aussi « le vase élu» qui dans sa prédication a complètement maintenu la doctrine de l’Évangile, nous apprend que l’homme est fait à l’image et à la ressemblance de Dieu. «Un homme, dit-il, ne devrait pas porter de longs cheveux dans la mesure où il est l’image et la gloire de Dieu.» Il parle simplement de ‘l’image’, mais explique la nature de la ressemblance par le mot ‘gloire’.

Traduction :Françoise Bourguignon.

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