Grund = und probierliche Beschreibung
.Belangend
die frag Ob die Weiber Menschen seyn oder nicht?Auteur anonyme 1618.
Réimprimé en 1619,1671,1673,1720. rexte allemand récemment
publié dans les Archiv für philosophie - und theologie -
geschichtliche Frauenforschung, vol IV, ed. Elizabeth Gösmann, Iudicum
Verlag, Munich, 1996, pp 101 - 124.
Traduction anglaise © John Wijngaards. Retraduction
de l'Anglais au Français : Françoise Bourguignon
La numérotation des sections et les
commentaires entre parenthèses ont été ajoutés par
John Wijngaards
Une description complète et profonde /arguments et
conclusions, avec des réponses approfondies.
Sur la question de savoir
si
Les femmes sont des êtres humains ou
non?
Principalement basée sur les Ecritures Saintes, le
reliquat d'autres auteurs et l'expérience elle-même / encore
inédit en Allemand, mais disponible maintenant pour la bonne instruction
de chacun.
Dédié au sexe féminin/ à sa
défense comme il le mérite / écrit d'une manière
amusante et publié sous forme d'une conversation.
Par un amoureux spécial de l'amour et de la
modestie, anno 1617
Imprimé dans l'année
1618
[Introduction]
Au lecteur bien
intentionné
On le sait, assez souvent, des discussions et des
traités semblables ont été imprimés concernant la
question de savoir si les femmes étaient ou non des êtres
humains.
Sans aucun doute, à partir de ces livrets, on a
tiré des arguments, traduits en Allemand, et cités au hasard, ce
qui ne peut manquer d'agacer le sexe féminin.
Ces arguments sont présentés ici en ordre
logique et accompagnés de répliques qui les réfutent et
les désapprouvent.
De telle manière que les hommes et les femmes
puissent lire la même chose
avec un profit particulier (pour chacun).
Grand bien vous fasse!
______________
[Note du traducteur : Nous
publions ce texte parce qu'il illustre les préjugés
théologiques à l'encontre des femmes, préjugés qui
avaient cours au temps où la Congrégation pour la Doctrine dit :
« depuis cette période (le Moyen-Age) et jusqu'à notre
époque, on peut dire que la question ( de l'ordination des femmes),n'a
plus été soulevée, car la pratique a
bénéficié d'un acceptation paisible et universelle
». Inter Insigniores §
7]
- [ Mise en
scène.]
- [Les Ecritures ne disent pas
que les femmes sont des êtres humains.]
- [Marie est un être
humain, mais c'est seulement une exception.]
- [Les femmes n'ont pas une
intelligence humaine.]
- [On interdit aux femmes de
tenir des charges publiques. ]
- [Les femmes ne sont pas
capables d'utiliser un langage humain complet.]
- [On interdit aux femmes de
parler dans les églises.]
- [L'intelligence des femmes
est juste une ruse animale.]
- [Les femmes n'ont pas
été créées à l'image de
Dieu.]
- [La femme a été
créée seulement pour aider l'homme.]
- [L'homme seul a reçu
l'autorité du Créateur.]
- [L'homme seul fut
créé directement par Dieu. ]
- [Le Christ a comparé les
femmes aux chiens.]
- [Les hommes qui recherchent
la sainteté ne devraient pas parler aux femmes.]
- [Le Christ a dit que les
femmes ne peuvent être sauvées.]
- [Les femmes n'étaient
pas circoncises.]
- [Les péchés
des femmes sont seulement des péchés animaux.]
- [ Les femmes souffrent en
accouchant, comme les animaux.]
- [Les gens qui sont
attachés aux valeurs spirituelles devraient s'éloigner des
femmes.]
- [L'histoire de la papesse
Jeanne est fausse.]
- [Le péché n'est
pas imputé aux femmes parce qu'elles ne sont pas des êtres
humains.]
- [Les femmes ne ressusciteront
pas au dernier jour. ]
- [Quand une femme meurt, elle
retourne au néant.]
- [Les femmes sont
illettrées.]
- [Le fait que le Christ
ressuscité soit apparu d'abord aux femmes ne signifie
rien.]
- [Le Christ savait que les
femmes ne peuvent garder des secrets.]
- [Les femmes ne peuvent
être des témoins valides.]
- [Saint Thomas a
été renvoyé à cause du témoignage des
femmes.]
- [Les apôtres
rejetaient le témoignage des femmes.]
- [Les femmes ne devraient
pas être baptisées.]
- [L'Écriture
réserve le baptême aux hommes.]
- [Les femmes ne participaient
pas à la dernière Cène.]
- [Le Christ ne veut rien
avoir à faire avec les femmes.]
- [Les femmes doivent porter le
voile parce qu'elles sont impures.]
- [Pour être parfait, il
faut abandonner le contact des femmes.]
- [Les femelles qui naissent
sont des anomalies.]
- [L'anormalité des
femmes se révèle dans leurs menstrues.]
- [L'Ecclésiaste dit que
les femmes sont mauvaises.]
Une discussion amusante pour savoir si les femmes sont
oui ou non des êtres humains ?
CAST:
- Frère Andy, , connu aussi sous le nom de L'Ennemi
des femmes. Il appartient à l'ordre des
Bénédictins.
- Le Père Eugène, porte le sobriquet d' Ami des
femmes. Un vieux Jésuite.
[§ 1. Mise
en scène]
Frère Andy:
Bonjour, Révérend Frère
Eugène, comment allez-vous ? Est-ce que vous aimez toujours autant les
femmes? Je comprends que, même à votre âge avancé, si
votre état ne l'empêchait pas, vous vous marieriez volontiers.
Père Eugene:
Merci, mon cher André, toujours prêt
à dire des blagues, hein ! Attention à ne pas le regretter.
Franchement je ne vois aucune raison d'être votre ennemi. Des gens pieux
comme nous sont d'habitude facilement tracassés par leur conscience, non
? Ha, ha !
Frère Andy:
Je connais des tas de bonnes raisons pour lesquelles les
femmes devraient nous tracasser ! Je pourrais vous en dire tout plein - comment
en serait-il autrement ?-
Père Eugene:
J'aimerais bien les entendre. Venez, entrons chez ce
libraire, ici à côté comme si nous voulions regarder un
petit bouquin pendant que les gens quittent l'église après la
messe. Nous pourrons discuter de ce sujet tout notre content.
Frère Andy:
L'assistant du magasin va nous voir et nous chasser !
Père Eugene:
Comment peut-il savoir ce que nous nous disons l'un
à l'autre. Allons donc ! A propos de ce petit bouquin? Vous n'avez pas
besoin d'avoir peur pour ça !
[§ 2. Les
Ecritures ne disent pas que les femmes sont des êtres
humains.]
Frère Andy:
OK, je ne veux pas vous garder plus de temps qu'il ne faut. Voici un
argument contre l'erreur très répandue que les femmes sont des
êtres humains. Comme je le disais, c'est extrêmement banal! Je vous
laisse réfléchir : dans toute l'Ecriture, il n'y a aucun endroit
où on lit que, explicitement ou implicitement, les femmes sont des
êtres humains.
Père Eugene:
Ha !ha !ha ! Ça serait vraiment bizarre, en
effet ! Cherchez et vous trouverez. Cherchez bien, je veux dire, parce que je
ne suis pas venu étant préparé à cette discussion.
Je me rappelle pas mal de textes qui montrent qu'on peut trouver des arguments
explicites et implicites (1) Explicites : dans l'Ancien Testament (Ex 13)
« Dédie-moi ( c'est Dieu qui parle) chaque premier né mis
au monde parmi les enfants d'Israël, tous, parmi les gens et parmi le
bétail » . Dans le Nouveau Testament, est-ce que les histoires de
l'Evangile n'appellent pas le Christ, le Fils d'un Etre Humain «
né d'une femme, Marie (Gal 4) » Implicites : dans l'Ancien
Testament, « Abigaïl, une femme de grande intelligence » (1
Sam 25). « Une épouse intelligente est un don du Seigneur »
(Prov 19). Aussi dans Heb 2 « Le Christ a pris la semence d'Abraham
», la semence d'un être humain, pas d'un ange, comme dit
l'Apôtre. Et maintenant, c'est la semence de la femme qui « marche
sur la tête du serpent « (Gen 3). Et Pierre et les Apôtres
disent (Pet 3) que là étaient les âmes
(c'est-à-dire, dans la langue des Ecritures Sacrées, les
êtres humains avec intelligence) dans l 'Arche de Noé ( qui
contenait la femme de Noé aussi, Gen 7). Pour ne pas mentionner beaucoup
d'autres textes !
[§3. Marie
est un être humain, mais c'est seulement une
exception.]
Frère Andy:
Je ne peux pas discuter cet argument, mais il a peu de
poids pour prouver le sujet en cause. Vous mentionnez Marie, par exemple, la
mère du Christ, mais ce n'est pas juste, pour trois raisons que je vais
brièvement indiquer. Pour commencer, Marie est un être humain,
mais pas par nature, seulement par la grâce, parce que l'ange lui dit :
« Vous êtes pleine de grâces ». Nous n'avons jamais
trouvé une telle expression mentionnée à propos d'autres
femmes. Qu'avez-vous à répondre à ça ?
Père Eugene:
Que Marie, la Mère de Dieu, était un
être humain, elle était humaine par nature, simplement comme tout
le monde. Par la grâce, elle est devenue un être humain
béni, même la plus bénie d'entre toutes les
femmes.
Frère Andy:
En deuxième lieu, nous trouvons cette
particularité : Marie, la Mère bénie du Christ, peut
être, à juste titre, appelée un être humain parce
qu'elle a enfanté sans l'aide d'un homme. Ce n'est que si les femmes
pouvaient enfanter sans hommes, que nous pourrions les appeler des êtres
humains, mais pas autrement.
Père Eugene:
Marie a enfanté sans homme (1) pas comme si
elle en avait le pouvoir en elle de son propre gré, mais par
l'intercession de L'Esprit-Saint(2). Elle n'a pas mis au monde un être
humain ordinaire, mais Le Messie, et le Sauveur du monde. C'est pourquoi il
n'est pas nécessaire que la même chose arrive aux autres
femmes.
Frère Andy:
En troisième lieu, comment se fait-il que le Christ dise que,
parmi tous ceux qui sont nés d'une femme, personne n'est plus grand que
Jean le Baptiste ? Pourquoi ne dit-il pas cela de lui-même, puisqu'il est
beaucoup plus grand que Jean le Baptiste ? Je ne vois aucune autre raison
excepté que Lui, Christ, était né d'un être humain,
Mais Jean était né d'une femme.
Père Eugene:
Ici, ce n'est pas vraiment une question de nature ni
d'origine selon la chair, mais de la réalisation de quelqu'un et d'un
état externe. Parmi tous ceux nés d'une femme, nul n'est plus
grand que Jean le Baptiste, qui a été élevé
à une si grande dignité par Dieu qu'il pouvait le désigner
de la main comme le sauveur incarné, préparer son chemin et
être son ange et son précurseur. En deuxième lieu, Christ
(alors qu'Il semble moindre extérieurement et méprisé) est
encore plus grand que Jean parce qu'Il est et reste le Messie et le Sauveur du
monde, Jean est seulement son serviteur.
[§4. Les
Femmes n'ont pas une intelligence humaine.]
Les
théologiens médiévaux ont souvent diminué
l'intelligence des femmes. Voyez Saint
Gratien,, Durandus et Scotus.
Frère Andy:
Ce que vous avez cité plus haut, à savoir
que les femmes ont une intelligence, ne prouve rien. Les anges et les diables
ont aussi de l'intelligence et pourtant ils ne sont pas et ne seront jamais des
êtres humains.
Père Eugenius:
Tout d'abord, les humains ne diffèrent pas par
l'intelligence des anges ni des autres esprits, mais des animaux stupides,
parmi lesquels vous voudriez que nous comptions les femmes si elle ne
possédaient aucune intelligence (2). En outre, cela concerne moins une
intelligence angélique qu'une intelligence humaine, qui, puisque les
humains sont faits d'une âme et d'un corps, est plus terrestre et plus
sensible. Dans ces textes, on parle seulement d'intelligence humaine. C'est
pourquoi les femmes également doivent être
considérées comme des êtres humains.
[§5. On
interdit aux femmes d'assumer des charges publiques.]
Cette interdiction provient du
Droit Romain et a été adoptée par
l'Église.
Frère Andy:
Quoi ? Intelligence ? Si les femmes avaient une intelligence vraiment
remarquable, pourquoi leur interdirait-on d'assumer les tâches qui
requièrent de l'autorité ?
Père Eugene:
Cher ami, ne croyez-vous pas (1) qu'il faille plus pour
assumer des tâches que simplement l'intelligence, il faut un statut
public, de l'expérience, une solide constitution, de la constance en
paroles et en actions et plus encore de qualités qui se trouvent plus
chez l'homme et le rendent préférable aux femmes (2). On
défend aux femmes d'assumer des tâches quand il se trouve des
hommes qui peuvent les assumer. Quand les hommes adéquats viennent
à manquer, comme des exemples le démontrent, on n'interdit pas
aux femmes d'assumer des tâches, particulièrement celles qui
impliquent des responsabilités matérielles. Oui, nous voyons
souvent que Dieu accomplit plus par l'intermédiaire des femmes que par
celui des hommes. On le voit clairement par (la vie de) l'Impératrice
Irène, Margaret de Danemark, qu'on appelle également
Sémiramis, Catherine Cornélia, Reine de Chypre, Elizabeth, Reine
d'Angleterre etc. etc. Il reste donc vrai que les femmes, créatures
intelligentes de Dieu, sont par nature de véritables êtres
humains. C'est pourquoi elles peuvent parler intelligemment et avec sagesse
comme seuls les êtres humains peuvent le font.
[§6. Les
femmes ne sont pas capables d'utiliser un langage humain
complet.]
Frère Andy:
Frère Andy Quoi ? Parler, dites-vous? Ce point en ne pèse
pas en leur faveur. Pensez donc que même des oiseaux ont pu apprendre
à parler. L'âne de Balaam parlait aussi (Nomb 22). Mais cette
étincelle d'intelligence n'en a pas fait des êtres humains.
Père Eugene:
Il y a une grande différence (1) En ce qui
concerne les oiseaux, ils ne parlent pas naturellement, mais seulement quand
leur langue a été déliée et guidée par un
être humain (2). En plus les quelques mots qu'ils arrivent à dire
sont incomplets et inintelligibles (3) Est-ce que cette manière de
parler ne devrait pas être considérée comme lorsqu'un chien
saute et aboie à l'énoncé de son nom, plutôt que de
lui attribuer de l'intelligence? En effet les deux cas appartiennent
plutôt aux sens externes que les humains ont en commun avec les animaux
et qui sont dus aux habitudes. On peut expliquer l'âne de Balaam ainsi :
il aurait été doué de parole à l'intervention
spéciale de Dieu qui voulait que Balaam fût jeté à
terre. Mais nous discutons d'une autre façon de parler, celle qui est
naturelle et surgit de l'intelligence. S'il en était autrement, les
membres du corps humain, créés pour être des outils et des
instruments de parole, seraient inutiles.
[§7. On
interdit aux femmes de parler dans les églises.]
pour les références, lisez
1 Cor 14,32-34 et
1 Timothée
2,12.
Frère Andy:
D'un autre côté, parler sans intelligence, ce n'est pas
parler du tout, comme vous l'admettrez volontiers. Mais les femmes parlent sans
intelligence réelle. L'injonction de Saint Paul le démontre
clairement : il exige que les femmes se taisent (Cor 14). Les paroles des
femmes donc ne comptent pour rien et on ne devrait pas les considérer
comme des êtres humains
Père Eugene:
Oui, (1) parler correctement ou avec intelligence
signifie communément parler de manière intelligible, clairement
et avec toute la circonspection qu'impose le réel. Le discours de celui
ou de celle qui ne parle pas ainsi compte pour rien et est aussi inutile qu'un
son de trompette. De la même manière, dire la chose juste avec
intelligence sur les sujets importants, comme dans les discussions religieuses
et les autres débats, ou dans les exercices louables de dévotions
et d'autres vertus, signifie : exprimer et présenter tout intelligemment
et pour la véritable édification du public. Mais quoique les
femmes la plupart du temps n'y arrivent pas , pas plus que les hommes, en
revanche, elles ne sont pas dépourvues d'un discours authentique et
intelligent (2). L'apôtre Paul ordonne aux femmes de garder le silence,
pas comme si elles ne sont pas capables d'un discours intelligent ni qu'elles
présument de leurs forces, mais dans le but d'établir et de
maintenir le bon ordre dans les églises de Corinthe, pour éviter
que ceux qui ne sont pas appelés à parler en public, en
poursuivant leurs idées favorites, ne se mettent dans la tête de
prêcher. Et ce serait aussi, au sens terrestre, un abus, si une femme
confisquait la parole publiquement en présence d'hommes et
prétende leur faire un sermon. Cela mis à part, je suis convaincu
que nous ne devrions pas être honteux d'apprendre quelque chose de bon et
de salutaire par les femmes (3). Toutefois, on sait bien que les femmes et
particulièrement les mauvaises, ne disent pas souvent ce qui est juste,
c'est-à-dire qu'elles ne parlent pas des choses dont il faut parler, ni
d'une manière convenable.
[§8. L'intelligence des femmes n'est rien d'autre qu'une ruse
animale..]
Frère Andes:
Il reste quelque chose dans cet argument dont nous devons encore
parler.Vous avez, contre mon avis, mis en avant le fait qu'on devrait
considérer que les femmes sont des êtres vraiment doués
parce qu'elles sont prudentes et intelligentes. Mais, mon cher Père,
excusez un ami de parler ainsi : cela ne soutient pas l'idée qu'elles
auraient une nature humaine. En effet, en ce qui concerne la prudence et
l'intelligence, nous avons l'enseignement du Christ (Mt 10) « Soyez
prudents comme des serpents et simples comme des colombes ». Et dans les
Proverbes 10, nous lisons : « Toi, homme paresseux, prends donc des
leçons chez les fourmis. » Oui, seulement la connaissance de Dieu
fait de l'homme des êtres humains, mais les femmes ont leur connaissance
à elles, le peu qu'elles possèdent, par l'homme. C'est pourquoi
elles réclament en vain le titre d'êtres humains.
Père Eugene:
L'intelligence du serpent, des fourmis et des autres
animaux ne vient pas de leur esprit, mais c'est un instinct de nature,
c'est-à-dire, une impulsion ou une pulsion de la nature qui a pour but
de maintenir la vie et d'éviter des mésaventures. Cet instinct
est inné dans toutes les créatures vivantes, mais ne peut
être comparé à la prudence d'un être humain. (2). La
connaissance de Dieu sauve les êtres humains, mais ne les rend pas
humains à proprement parler. En effet la qualité d'humain vient
de la nature dont Dieu lui-même est le Seigneur et le Créateur. Il
importe peu de savoir d'où les femmes tirent leur connaissance ou
combien elles en ont, aussi longtemps qu'elles n'en manquent pas. Car il n'y a
pas de doute qu'en ce qui concerne un si faible récipient, il est vrai
que « Mon pouvoir est fort dans la faiblesse » (2 Cor
12)
[§9. Les
femmes n'ont pas été créées à l'image de
Dieu.]
Voyez par exemple
Tertullian,
Ambrosiaster et
le Droit de
l'Église.
Frère Andy:
Assez sur ce sujet ! Ecoutez cet autre argument : c'est seulement celui
qui a été créé à l'image de Dieu qui est un
être humain. La femme toutefois n'est pas créée à
l'image de Dieu, mais comme Imago imaginatae imaginis, une image copiée
d'après une image de Dieu, donc, un homme. Et comme un homme
reflète l'honneur de Dieu, la femme reflète ainsi l'honneur de
l'homme.
Père Eugene:
Si l'homme a été créé
à l'image de Dieu, la même chose s'appliquera à la femme.
Pour cette raison : elle est Imaginis imagitatae Imago comme vous dites, une
image de l'image de Dieu, l'homme. Comparez ceci avec l'exemple suivant : si un
peintre ou un sculpteur a créé une image de lui-même, mais
veut ensuite en avoir plus de copies ou si, par commodité, il fait des
copies de la première copie, vont-elles cesser d'être son image?
Le même raisonnement s'applique ici. C'est pourquoi Dieu lui-même
dit « Créons l'être humain à notre image » (Gen
1). Et, dans (Gen 2) : « Il n'est pas bon que l'(être humain soit
seul, je vais lui donner une aide. » En deuxième lieu, l'argument
se retourne contre vous quand vous appelez la femme l'honneur de l'homme. Selon
les enseignements de l'apôtre Paul (1 Cor 11), est-ce qu'un
non-être humain pourrait être l'honneur d'un être
humain?
[§10. La
femme a été créée seulement pour aider de
l'homme]
Voir les références de
l'Écriture dans la
Genèse.
Frère Andy:
Vous devez vous souvenir de deux choses à ce propos, la
première est celle-ci : vous avez raison en rappelant
l'établissement du mariage. La femme est créée pour aider
l'homme et lui est donnée pour mettre au monde (les enfants). Mais de
même que la plume est à l'écrivain ou l'aiguille à
la couturière, la femme n'est pas un être humain, mais seulement
une aidante.
Père Eugene:
C'est précisément à cause de cela
qu'on peut prouver que les femmes sont des êtres humains. En effet (1) on
les appelle des aidantes pour l'homme, et même qu'elles sont là
pour lui, ou, comme le disent littéralement les mots elles sont
simile sibi, comme lui. Par ceci, elles se distinguent non seulement des
outils et des instruments qui aident l'homme dans son travail, mais aussi des
gouvernantes, servantes et autres personnes qui l'aident également, mais
qui après avoir rempli leur office, le laissent et vont où bon
leur semble. On rattache à ceci aussi le fait qu'Adam lui-même
appelait la femme elle-homme (Gen 2). En second lieu, la femme est faite
pour être la compagne de l'homme pour la perpétuation de
l'espèce ( c'est-à-dire, des autres êtres humains).
Vous-même ne pourrez pas le nier, elle lui est seulement
prêtée et confiée à son soin diligent. La
comparaison que vous venez de faire, n'est donc pas juste. Il y a une
différence palpable entre une femme, d'un côté et une plume
ou une aiguille, de l'autre.
[§11.
C'est l'homme seul qui a reçu l'autorité du
Créateur.]
Frère Andy:
Pour soulever un autre point, Dieu dit à Adam : « Vous
dominerez les oiseaux dans l'air, les poissons dans la mer et tous les animaux
sur terre ». C'est pourquoi la femme est soumise à l'homme comme
(n'importe quelle autre) bestia (animal sauvage), et les gens qui
prétendent que la femme devrait être appelée un être
humain doivent être hors de leur bon sens.
Père Eugene:
Cela me fait justement souvenir de ce que Moïse,
homme de Dieu, disait. Ses mots exacts étaient ceux-ci : « Faisons
des êtres humains une image de nous-mêmes, qui dominons les
poissons dans la mer, etc. Dieu a créé l'être humain
à son image et Il a créé l'homme et la femme, et Dieu les
a béni en disant : « Croissez et multipliez et remplissez la
terre, soumettez-la et dominez les poissons des mer etc » (Gen 1).
D'abord, il apparaît clairement par là que l'homme et la femme
jouissent ensemble de la domination sur la terre et les animaux selon les
intentions de Dieu et sa volonté explicite. En second lieu, si Dieu
avait confié et donné une telle domination à Adam avant
que la femme ne fût créée, comment Dieu aurait-Il pu
compter la femme parmi les bestiae et les animaux qu'Il avait
déjà créés et qui passaient devant les yeux d'Adam.
(Gen 2)? Le terme bestiae (= animal sauvage) et d'autres semblables
peuvent justement être appliqués aux femmes méchantes,
contre nature, mais nous parlons ici de nature et du nom d'être humain
qui en découle.
[§12. Seul l'homme fut créé directement par
Dieu.]
Frère Andy:
Le mot latin homo (= être humain) dérive de
humus (=sol). C'est pourquoi une femme ne peut être appelée
un être humain, parce qu'elle ne sort pas du sol mais d'une côte
arrachée.
Père Eugene:
D'abord la dérivation du mot latin homo
de humus a été solennellement affirmée dans
l'avertissement que Dieu donne au premier être humain : « Tu es
poussière et tu retourneras en poussière. » (Gen 3)
Cependant, en même temps, comme je l'ai démontré plus haut,
l'épouse, une image copiée de la première image Adam, est
pourtant elle aussi une image de Dieu. Ici également, la femme
fabriquée à partir d'une côte (c'est-à-dire de la
terre et extraite de la terre), est terre elle-même et être humain.
Elle meurt aussi comme l'homme (2). Le fait que la femme n'ait pas
été directement créée de la terre, ne diminue pas
seulement son excellence en aucune manière, mais au contraire l'augmente
et l'agrandit puisqu'elle tire son origine d'un matériel plus noble qui
avait été auparavant une partie d'un corps humain.(3). De plus,
parmi les savants, les arguments basés sur la dérivation d'un
mot, spécialement lorsqu'ils n'en sont pas certains ou que cela
prête à controverse, sont considérés comme
limités et fragiles. Ainsi Jules César Scaliger, qui de notre
temps a rang de grand maître des étymologistes, fait
dériver le mot homo non de humus, mais d'un mot grec qui
signifie 'en même temps', 'en un tas' ou 'ensemble' ce qui
démontre que l'être humain a été créé
en couple, comme mari et femme.
[§13. Le
Christ a comparé les femmes aux chiens.]
Frère Andy:
Le Christ lui-même ne compare pas la Cananéenne à un
être humain, mais l'appelle un chien.
Père Eugene:
Elle est appelée un chien, non comme un chien
lui-même ni comme si elle était vraiment un chien ou un autre
animal brutal dans la nature, mais en comparaison aux juifs qui étaient
à l'époque les vrais enfants de Dieu, en accord avec l'alliance
de grâce que Dieu avait conclu avec eux.
[§14. Les
hommes qui recherchent la sainteté ne devraient pas parler aux
femmes.]
Frère Andy:
On reparlera plus tard de cet argument-là ! Ce qui me frappe
justement maintenant, c'est que les Saints Apôtres (Jn 4) étaient
choqués quand ils voyaient leur maître parler à une femme
(= la Samaritaine). Cela ne fait pas mystère!
Père Eugene:
D'abord, en ce qui concerne la femme à qui
parlait le Seigneur Christ, les disciples avaient de bonnes raisons
d'être choqués. En un mot, c'était une femme qu'on
soupçonnait de péché, une femme de mauvaise
réputation (2). Le mystère qui est caché là est la
miséricorde extraordinaire de Dieu qui est offerte, par
l'intermédiaire de son Fils bien aimé, à tous les
êtres humains qui acceptent sa Parole en l'entendant et dans leur
cur. En tant qu'hommes et femmes, ils peuvent avoir péché
aussi gravement que possible, (Dieu est miséricordieux), si seulement
ils font pénitence. Cela ne doit pas être compté contre des
femmes, mais pris en leur faveur.
[§15. Le
Christ dit que les femmes ne peuvent être
sauvées.]
Frère Andy:
Le Seigneur Christ dit (Mt 24) : « Malheur aux femmes qui seront
enceintes et à celles qui allaiteront. » Si « malheur
» s'applique aux femmes, comment peuvent-elles être sauvées
?
Père Eugene:
Rappelez-vous(1) que la question dont nous discutons
n'est pas de savoir si oui on non elles peuvent être sauvées, mais
si elles ont humaines. Mais je remarque que vous voulez dire que seuls les
êtres humains seront sauvés (2). La réponse est qu'on peut
trouver dans les Écritures deux sortes de malédictions, l'une
temporelle et l'autre éternelle. Le Christ faisait allusion aux douleurs
temporelles que les femmes enceintes et allaitantes allaient
expérimenter au moment de la terrible destruction de Jérusalem.
Cela ne peut être appliqué à la malédiction
éternelle qui est reliée à la damnation
éternelle.(3) Mais en ce qui concerne les souffrances temporelles des
chrétiennes, ce n'est pas seulement mauvais mais bon pour leur salut,
comme le prêche l'Apôtre Paul (1 Tim 2) lorsqu'il dit : « Les
femmes seront sauvées par leurs enfantements » Ceci n'arrive pas
sans souffrir , sans peine et sans peur (Jn 16). Ainsi elles restent dans la
foi et l'amour et dans leur sanctification par leurs
maternités.
[§16. Les
femmes n'étaient pas circoncises. ]
Frère Andy:
Le péché originel ne vient pas de la mère car la
Loi exige que chaque individu mâle soit circoncis. Les femmes ne sont pas
circoncises, elles ne sont donc pas humaines.
Père Eugene:
C'est faux de prétendre que le
péché originel ne vient pas autant de la mère que du
père. David dit en effet dans le Psaume 51 : « Je suis né
d'une semence pécheresse et ma mère m'a conçu dans le
péché ». Pour ce que vous voulez prouver à propos
des femmes non circoncises, c'est aller chercher trop loin. Car en dehors du
monde juif, il y avait de nombreux hommes qui n'avaient pas été
circoncis et qui, pourtant affectés du péché originel, le
transmettaient à leurs enfants, en plus les Juifs aussi
possédaient le péché originel avant que la circoncision
leur soit imposée.
[§17.
Les péchés des femmes sont simplement des péchés
animaux.]
Frère Andy:
Quand les femmes pèchent, elles ne pèchent pas comme des
êtres humains, mais comme le font les autres animaux.
Père Eugene:
Pécher est et reste pécher quel que soit
le pécheur. (2) Vous pourriez aussi bien dire ceci à propos des
hommes : quand ils pèchent, ils ne pèchent pas comme des
êtres humains, mais comme les autres animaux, c'est-à-dire qu'ils
agissent et se mettent eux-mêmes dans la position des animaux
non-intelligents qui ne connaissent pas Dieu et ne le gardent pas devant leurs
yeux. Je souhaite pour Dieu, qu'ils ne dépassent pas eux-mêmes
souvent les animaux sauvages par des comportements de bêtes
!
[§18. Les
femmes souffrent en accouchant, comme les animaux]
Frère Andy:
En citant l'Apôtre Paul, vous avez mentionné que
l'épouse sera sauvée en portant des enfants et que partant de
cela, vous faites des femmes des êtres humains, mais vous vous trompez
misérablement. La réponse est évidente : les animaux aussi
mettent leurs petits au monde avec des douleurs, mais cela n'en fait pas des
êtres humains.
Père Eugene:
Vous devriez noter ceci là-dessus : (1) Puisque
cette punition pendant l'accouchement a été imposée par
Dieu à la première femme à cause de la chute, quelque
chose qu'on ne dit pas à propos des animaux sans intelligence, les
femmes ont attiré la souffrance sur elles. (2) Les femmes devraient
être considérées comme des êtres humains à
cause de leur maternité, pas parce qu'elles accouchent dans la
souffrance, mais plutôt parce qu'elles accouchent d'une manière
humaine et donnent naissance à des êtres humains. (3) Si les
animaux donnent parfois également naissance dans la souffrance, cela ne
peut être comparé aux souffrances de la femme, une créature
beaucoup plus noble et plus tendre.
[§19. Ceux
qui sont attachés aux valeurs spirituelles devraient s'éloigner
des femmes]
Concernant la crainte des femmes
d'être corps, lisez Tina
Beattie.
Frère Andy:
Avant que nous ne commencions un autre argument, j'aimerais savoir -et
c'est bien à propos - si votre défense des femmes ne va pas
à l'encontre de votre Ordre religieux, la vénérable
société (de Jésus), comme cela se passe dans mon Ordre
à moi. J'ai en effet réfléchi parfois : ne devrions-nous
pas tous deux, pour sauvegarder nos consciences, parler contre les femmes
plutôt qu'en leur faveur ?
Père Eugene:
(1) Nous parlons ici confidentiellement, de telle
façon que nous n'impliquons pas plus que ce dont nous discutons
maintenant.(2) C'est l'habitude parmi les savants de disputer en faveur des
deux parties dans un débat. (3) Qui pourrait nous blâmer
d'être concernés au sujet des femmes alors que le Seigneur Christ
lui-même dans les Écritures leur accorde souvent de l'attention ?
Oui, nous devons leur accorder de l'attention, particulièrement dans une
discussion philosophique puisque vous-même autant que les autres vous
descendez d'elles. Nous sommes des hommes et rien que cela.
[§20. L'histoire de la papesse Jeanne est fausse.]
Frère Andy:
D'accord, mais que faites-vous de cette calomnie des
hérétiques disant que le Pape Jean VIII était une femme ?
Il s'ensuivrait donc que les femmes sont des êtres humains. Je n'accepte
pas cela.
Père Eugene:
Arrêtez ! Ne parlez pas de ça. Par cette
(histoire), une incroyable souillure nous a été infligée,
à nous, Catholiques. Pas étonnant que même les historiens
baptistes n'aient pas cessé de gloser là-dessus, non ? Pour ma
part, je pense que Bellarmin, Baronius et les autres ont suffisamment
prouvé l'évidence contraire, alors pourquoi nous
préoccuper de ces profanes ?
[§21. Le
péché n'est pas imputé aux femmes parce qu'elles ne sont
pas des êtres humains.]
Frère Andy:
Laissons cette digression de côté. Mais n'est-il pas ainsi
que tout le mal fait par les femmes selon les Écritures est loué
en elles alors toutes les fautes sont mises sur le dos des hommes, comme sur
des êtres humains. L'inceste honteux des filles de Lot s'explique par
leur père, Rebecca trompe Isaac pour qu'il ait la
bénédiction d'Esaü. Thamar est approuvée pour sa
fornication, la prostituée Rahab trahit son propre peuple et cela lui
est compté comme juste. Jaëlle étrangle Siséra et on
l'en bénit. Finalement le Christ lui-même n'a pas permis que la
femme adultère soit punie. Ces femmes n'ont pas été
pénalisées pour leurs crimes.
Père Eugene:
Minute, cher André, vous allez vous noyer!
C'est faux de dire, en effet que dans les Écritures, les femmes sont
louées pour le mal qu'elles ont fait. Tout aussi faux de dire que toute
la faute est mise sur le dos des hommes. Certains crimes, même commis par
les femmes, ont affecté les hommes : les femmes n'ont pas
été excusées pour tout le mal qu'il y avait en elles, on
leur en a autant tenu rigueur que si le mal avait été commis par
des hommes. Par exemple, le vice de Lot est carrément imputé
à l'homme, c'est-à-dire au père parce qu'il s'est permis
de s'enivrer et de s'être laissé consciemment tenter par
l'inceste, mais les filles ne sont pas excusées pour le fait qu'elles
ont ainsi causé la chute du vieil homme. Rebecca a trompé Isaac,
pas dans une mauvaise intention, mais en montrant une louable prudence à
travers laquelle la Divine Providence était visiblement à
l'uvre. Quoi encore ? Thamar a-t-elle été louée pour
sa fornication ? Pas du tout. Rahab est applaudie (Heb 11), non pas parce
qu'elle a été une prostituée et une traîtresse mais
parce qu'elle avait la foi et que sa foi lui a fait justice. Jaëlle a
reçu des louanges à cause de l'action héroïque faite
à Siséra. Finalement, le Christ ne voulait pas punir la femme
prise en adultère et n'aurait pas trouvé juste que d'autres
particuliers la punissent. La raison en était que ce n'était ni
ses affaires ni les leurs, mais que le jugement appartenait aux
autorités séculières..
[§22. Les
femmes ne ressusciteront pas au dernier jour.]
Frère Andy:
Vous pouvez dire ce que vous voulez, cher Eugène. Je ne peux
toujours pas accepter le fait que les femmes soient des êtres humains. Si
vous trouvez en effet que l'argument précédent est faible, que
penserez-vous du suivant ? Les femmes et leurs filles ne sont pas des
êtres humains parce qu'elles ne ressuscitent pas ( au dernier jour).
Pourquoi, cher ami, n'allons nous pas nous marier à la
résurrection ? Précisément parce qu'il n'y aura pas de
femmes au ciel puisque nous serons tous comme des anges de Dieu. Et que sont
les chers anges de Dieu ? Tous des hommes certainement, pas de femmes !
Père Eugene:
Vous m'ôtez les mots de la bouche. (1) Nous ne
convolerons pas à la résurrection, pour la raison que nous serons
comme des anges de Dieu. Le Seigneur lui-même donne cette raison et
enseigne en même temps que cela n'empêchera pas la
résurrection ni des hommes ni des femmes. (2) Vous mélangez la
condition de notre vie sur terre et la condition de notre vie après la
résurrection en ce qui concerne les gens mariés. En effet ni les
hommes ni les femmes ne montreront alors le moindre intérêt ni au
mariage ni à rien de charnel, mais ils jouiront les uns des autres sous
le regard de Dieu, en l'adorant et en le louant (3). C'est ridicule que vous
transformiez les anges en hommes, c'est dire que, pour vous ils sont simplement
des êtres humains.
Frère Andy:
Les femmes vont-elles ressusciter ? Où cela est-il écrit ?
Oui, nous avons lu l'histoire de la fille du chef (Mt 9) que le Seigneur Christ
a ressuscitée, mais c'était pour la vie terrestre. Vous devez
bien remarquer que Le Seigneur lui-même dit à cette occasion :
« La fille n'est pas morte, elle dort ». Si elle avait
été morte, il ne l'aurait pas ressuscitée. Toutefois
puisqu'elle n'était qu'endormie, il est pas étonnant qu'elle ait
pu se relever.
Père Eugene:
Vous demandez s'il est écrit dans les
Écritures que les femmes ressusciteront (le dernier jour) ? Comment
Pierre peut-il dire alors que les femmes (avec les hommes) sont
héritiers de la grâce de vie ? Elles hériteront de la
grâce de vie en même temps que les hommes. Bon, elles
ressusciteront et ne resteront pas dans la mort. (2) Mais, cher André,
votre interprétation des paroles du Seigneur qui rappelle de la mort une
fille endormie (dans l'Évangile de Matthieu), en faisant croire qu'elle
n'aurait pas réellement été morte, est presque
blasphématoire et ne convient pas à un religieux comme vous.
Pensez-y !
[§23. Quand
une femme meurt, elle retourne au néant.]
Frère Andy:
Expliquez cela comme vous voulez, cher Eugène, parce que je ne
peux pas comprendre comment le Seigneur aurait pu la ressusciter autrement
encore une fois. C'est également ce que le domestique du chef veut dire
quand il vient près de son patron et lui raconte que sa fille est morte.
Il ajoute en effet : « Pourquoi ennuyer davantage le Maître ?
». Il savait en effet qu'une fois qu'une femme était morte,
c'était inutile de faire appel à l'aide du Christ.
Père Eugene:
Attention ! Est-ce que vous n'avez pas au moins retenu
ceci de votre éducation chrétienne : le Seigneur l'a
ressuscitée par son omnipotent pouvoir. C'était aussi facile pour
lui que de la réveiller. Le témoignage du domestique affaiblit
votre précédente affirmation que la fille n'était pas
vraiment morte, mais seulement endormie. (3) La raison pour laquelle ce
domestique ne voulait pas déranger le Seigneur davantage semble
être plus la politesse qu'autre chose, mais cela provient du fait qu'il
considérait le Seigneur comme un être humain seulement. Ne
pensez-vous pas cela aussi ?
Frère Andy:
Je sais ce qu'il faut croire dans ce cas. Comme nous sommes tous deux de
bons Catholiques Romains, tout cela n'est pas espérons-le très
éloigné du fait que nous élaborions également de
quoi nourrir la légende de notre Église. Nous lisons au sujet du
Saint évêque Germanius qu'il a miraculeusement ressuscité
un âne, mais personne n'en déduira que l'âne sera
ressuscité pour la vie éternelle. Il n'en découle donc pas
que la petite fille qui a été rappelée à la vie ,
ressuscitera comme femme à la vie éternelle (au dernier
jour).
Père Eugene:
En réalité, pour nous, Catholiques,
cette histoire est indiscutable et personne ne devrait y changer quoi que ce
soit. Malheureusement, nous savons par expérience que les
hérétiques ne se comportent pas ainsi, mais qu'ils se moquent de
tout. Nous devons en être conscients. (2) Nous devrions remarquer aussi
une dissemblance entre le Christ et Germanius. Germanius n'a pas
ressuscité l'âne par son pouvoir propre comme le Christ a
ressuscité la petite fille. (3) Quand nous disons que le fait que la
petite fille ressuscitée par le Seigneur montre qu'Il ressuscite toutes
les femmes au dernier jour, nous parlons à ce moment d'une
véritable résurrection finale, c'est-à-dire, celle de
créatures intelligentes.
[§24. Les
femmes sont illettrées.]
Frère Andy:
Lorsque nous partons des bases de notre doctrine catholique
chrétienne, quel est celui qui est tellement aveugle ou sans cervelle
pour ne pas voir ni comprendre que les femmes ne sont certainement pas des
êtres humains. Elles ne s'intéressent ni aux mots ni aux
Écritures, mais seulement aux actes.
Père Eugene:
Là, vous plaisantez vraiment, Andy ! Dans ce
cas, elles sont de bonnes catholiques, non ?
[§25. Le
fait que le Christ ressuscité soit apparu d'abord aux femmes ne signifie
rien.]
Frère Andy:
Il y a un article de la foi Chrétienne par lequel les femmes
s'accordent un tas de crédit ! De la même manière, pour
autant que je sache, elles se réfèrent à la
résurrection du Christ quand elles disent : « Ne sommes-nous pas
des êtres humains puisque le Christ après sa glorieuse
résurrection s'est révélé lui-même d'abord
aux femmes ? » Est-il besoin de répondre à cela que, quand
le Christ est né, il s'est d'abord montré au buf et
à l'âne, pourtant ni le buf ni l'âne n'ont jamais
été des êtres humains.
Père Eugene:
La révélation du Seigneur (1) a
seulement une signification pour les créatures intelligentes, celles
pour qui le bien est venu dans le monde. (2) Il n'est pas convenable et il est
risible de dire que le Sauveur nouveau-né, un petit bébé,
incapable de parler, s'est montré au buf et à l'âne.
Etre vu par un buf et un âne et se montrer, sont deux choses
différentes.
[§26. Le
Christ savait que les femmes ne peuvent garder des
secrets.]
Frère Andy
On ne va pas rire à mes dépens, particulièrement en
ce qui concerne les femmes. Vous avez omis quelque chose dans votre
réponse, Père Eugène : vous auriez dû indiquer la
raison pour laquelle le Christ s'est d'abord montré aux femmes.
Puisque vous ne l'avez pas fait, je vais prendre la peine de corriger cette
omission. C'est arrivé spécialement pour s'assurer que la
nouvelle de la résurrection allait se répandre et serait
communiquée aussitôt de d'une manière aussi efficace que
possible. Parce que si une femme sait quelque chose, elle le passe
immédiatement, pas seulement à ses voisins, mais bientôt
à toute la communauté, oui, toute la ville en entend parler.
Père Eugene:
Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles le Christ
n'est révélé d'abord aux femmes.(1) Je pense que la
meilleure est que cela est arrivé parce que les femmes étaient
les premières à chercher le Seigneur. Les hommes, comme les
apôtres, s'étaient cachés et enfermés. Ils n'avaient
pas le courage de se lever si tôt et d'aller chercher le Seigneur le
troisième jour après sa prophétie et sa promesse.(2) Vous
imputez cela au bavardage et à la faiblesse des femmes. Cela aurait
été certainement utile au Seigneur s'il avait manqué
d'autres moyens. (3) Vous devez vous souvenir qu'il y avait des femmes saintes
et dévotes (que nous, Catholiques, honorons tant à cause de
cela). Elles ont annoncé la résurrection aux disciples non avec
bruit et fureur, mais avec la plus haute dévotion et
modestie.
[§27. Les
femmes ne peuvent être des témoins valides.]
Des
préjugés tels que celui-ci proviennent du Droit Romain, qui fut accepté plus tard dans la Loi séculière de
l'Église.
Frère Andy:
Juste ! Elles annonçaient la résurrection.
Précisément ce que j'étais en train de souligner. Il est
en effet bien connu que les femmes doivent être écartées en
tant que témoins et qu'on doit les compter pour rien. Donc, le Seigneur
ne les utilisait pas comme témoins, mais seulement pour sa
propagande.
Père Eugene:
Pas pour la propagande,(1) cela c'était le
travail des Apôtres en temps voulu, mais seulement pour faire passer le
message aux disciples, de telle sorte qu'ils puissent venir et voir les choses
par eux-mêmes, ou, du moins, se remémorer la promesse du
Seigneur.(2). Mais le fait que les femmes ne soient pas retenues comme
témoins dans les cours séculières, n'a rien à voir
ici. Il y a une bonne raison à cela, mais cela ne les réduit pas
à être moins qu'un être humain. La même chose avait
déjà été dite, à savoir que les femmes ne
pouvaient pas obtenir de offices publics.
[§28. Saint Thomas a été renvoyé à cause
du témoignage des femmes.]
Frère Andy:
Voyez Thomas, le sceptique. Pour quelle raison précisément
ne crut-il pas les autres disciples et n'accepta-t-il pas que le Christ
était ressuscité ? Parce qu'ils l'avaient seulement entendu dire
par des femmes et pas par des hommes.
Père Eugene:
Cela contredit (1) la déclaration des disciples
qui disent : « Nous avons vu le Seigneur » (Jn 20). Ils ne
disent pas : « Les femmes nous ont parlé de lui et de sa
résurrection. » (2) Oui, ils avaient entendu la même chose
plus tôt par les femmes, mais cette fois, ils avaient vu eux-mêmes,
comme ils l'ont dit à Thomas. (3) Comment pouvez-vous blâmer les
femmes si Thomas ne les croyait pas ? Cela était du à son
manque de foi et à sa méfiance des
autres.
[§29. Les Apôtres rejetaient le témoignage des
femmes.]
Frère Andy:
Pourquoi l'Apôtre a-t-il d'abord pensé que les femmes
étaient folles lorsqu'elles disaient que Le Seigneur était
ressuscité ? C'est un événement tellement rare et
tellement bizarre d'entendre des femmes dire quelque chose d'intelligent et de
vrai !
Père Eugene:
Les Apôtres considéraient les paroles des
femmes comme des sottises et des bêtises ( comme Luc 24 le montre), mais
qui blâmer pour cela ? Les femmes et leur message ou les Apôtres
eux-mêmes ? Par exemple, lorsque l'hérétique
considère que chaque chose que l'Église catholique Romaine exige
est une idolâtrie et que nous sommes des idolâtres, comme leurs
écrits et leurs discours le montrent, est-ce la faute de l'Église
Catholique ou leur propre faute ? Je pense que c'est de leur propre faute. Le
même raisonnement s'applique ici. (2) Notez aussi que Saint Pierre (dont
le siège a été hérité par notre Père
le Pape, personne ne le niera), persuadé par leur message, s'habilla et
courut vite au tombeau et vit de lui-même qu'Il n'était plus
là et qu'Il était ressuscité. Nous pouvons apprendre par
là que, s'il avait pensé que les femmes étaient folles et
faibles, il aurait écarté leur message et perdu l'occasion de
faire une bonne action. (3) C'est principalement à cause de leur manque
de foi et de leur crainte que les Apôtres ont donné si peu de
crédit à ce que disaient les femmes. C'est pourquoi, quoiqu'ils
aient par ailleurs pensé que les femmes étaient dignes de
confiance, ils ne pouvaient pas, dans ce cas, être si facilement
être d'accord avec elles jusqu'à ce qu'ils aient vu par
eux-mêmes et expérimenté ce qui s'était
passé. Et ce n'est pas un miracle qu'ils ne pouvaient pas croire les
femmes puisqu'ils ne croyaient pas le Seigneur, leur maître ni la
vérité elle-même alors qu'Il avait si souvent prédit
et promis une telle résurrection, oui et, même quand Il leur
était apparu Lui-même après sa résurrection.
[§30.
Les femmes ne devraient pas être baptisées.]
Frère Andy:
Les femmes n'ont pas à réclamer les Saints Sacrements non
plus. Si les femmes (de l'Ancien Testament) n'étaient pas circoncises,
elles ne devaient pas être baptisées, car le baptême a
été institué pour remplacer la circoncision. Ce qui a
été fait pour elles jusqu'à présent l'a
été simplement pour éviter de les fâcher.
Père Eugene:
Je n'ai encore jamais entendu un religieux catholique
énoncer pareille bêtise et je ne pense pas que même notre
Saint Père le Pape ait une attitude aussi inamicale vis-à-vis des
femmes que la vôtre ! Les Saints Sacrements sont certainement pour les
femmes aussi. En effet, (1)tout comme dans l'Ancien Testament, elles
étaient considérées comme étant circoncises, par
l'intermédiaire de leurs hommes comme mentionné plus haut, ainsi,
dans le Nouveau Testament, le baptême ne devrait pas leur être
refusé. (2) Le fait qu'elles soient elles-mêmes baptisées
dans leur propre chair dans le Nouveau Testament, nous le devons à une
très sage administration de Dieu qui a de plus larges vues dans le
Nouveau Testament, pas seulement dirigé contre les Juifs, mais aussi
contre les païens. (3) Votre opinion est en contradiction aussi avec le
fait que, dans la Chrétienté entière, les femmes sont
baptisées comme les hommes, et ce n'est pas seulement pour éviter
de les fâcher, comme vous le maintenez, mais nécessairement
à cause du commandement de Dieu : »Allez et enseignez toutes les
nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
[§31. L'Écriture réserve le baptême aux
hommes.]
Frère Andy:
Mais que penser de la phrase suivante là-dessus ? Elle dit :
« Qui baptizatus ( = forme masculine en Latin),
c'est-à-dire, l'homme qui croit et est baptisé » et
pas «qui fuerit baptizata ( = forme féminine en Latin) ,
c'est-à-dire la femme qui est baptisée ». il ne dit
pas non plus :« salva erit ( forme féminine en Latin),
c'est-à-dire, elle sera sauvée », mais «
salvus erit (=forme masculine en Latin), c'est-à-dire, il
sera sauvé. » Vous devez faire là attention aux lettres
utilisées.
Père Eugene:
Je suis presque honteux de répondre à
cela ! J'aurais voulu qu'un écolier ici parle à ma place ! Le
pronom quis, 'qui' signifie aussi bien un être humain qu'il soit
homme ou femme. Il se rapporte aux deux genres. Il s'applique sans
différence aux hommes et aux femmes. Comme en Christ, il n'y a plus ni
homme ni femme, comme nous l'avons déjà vu chez l'Apôtre
Paul (2). Et pour les mots baptizatus (baptisé) et salvus
(sauvé), ils sont formulés au masculin en Latin. Mais en Grec et
en Allemand , notre langue maternelle, cela ne s'applique pas. (3) Donc, il est
complètement ridicule que vous mainteniez qu'il faut faire attention aux
lettres et pas à l'exemple et à l'esprit.
[§32. Les
femmes ne participaient pas à la Dernière
Cène]
Pour le milieu d'Écritures,
lisez Tunc et
Maguire.
Frère Andy:
La même chose est vraie en ce qui concerne le sacrifice de la
Messe ou le sacrement de l'autel, comme certains l'appellent. Le Christ l'a
célébré avec ses disciples comme des hommes et des
êtres humains. Il n'a pas permis aux femmes de s'approcher de la table.
Autrement il aurait commencé par laver les pieds des femmes s'il ne
voulait pas paraître mal élevé.
Père Eugene:
Que nous racontez-vous encore là ?!
André, vous devez certainement avoir minutieusement examiné tous
les problèmes des femmes puisque vous abordez tant de questions à
leur sujet. Je croyais être la seule personne qui s'intéressait
tellement à elles que je pouvais en prendre soin et les protéger
! Ha, ha, ha ! Parce que, comme le Seigneur Christ n'invite pas de femme
à la table et au service de la Sainte Messe, et, comme il ne leur lave
pas, encore moins, les pieds d'abord, il nous les a d'autant plus
recommandées pour que nous les nourrissions aussi (par la Sainte
Communion). Pas seulement les hommes ! Cela a été la coutume
pendant des centaines d'années et aussi de les asperger d'eau
bénite, sur la tête, le dos et les pieds aussi. Et pourquoi
l'abbesse ne laverait-elle pas les pieds de ses nonnes ? Et l'abbé, ceux
de ses moines ?
[§33. le Christ ne voulait rien avoir à faire avec les
femmes]
Les Évangiles montrent exactement
le contraire.
Frère Andy:
Pour terminer rapidement cette question, mon cher Eugène, que
dois-je faire de la parole que l'on trouve dans Jean 2 où Jésus
parle à sa mère : « Femme, je n'ai rien à voir avec
vous ? » S'il ne veut rien avoir à faire avec sa propre
mère, il veut encore moins ne rien avoir à faire avec les
autres femmes.
Père Eugene:
C'est tout à fait exact, André, c'est
bien pour un Chrétien Catholique d'aborder avec plus de circonspection
la question de la vénérable mère de Dieu. Parce qu'elle ne
doit pas être traitée juste comme une femme ordinaire. Si notre
Seigneur Le Christ ne voulait pas qu'on lui dicte sa conduite, ce
n'était pas pour s'opposer à sa mère, mais parce qu'il
n'était pas encore temps pour lui de faire un miracle ( comme il le
savait aussi en tant que seul Sauveur omniscient). Même ainsi, il a
décidé d'aider le jeune couple concerné et de faire
plaisir à sa mère.
[§34. Les
femmes doivent porter des voiles parce qu'elles ont impures.]
Lisez les références
dans les Écritures et comment les femmes étaient
considérées comme étant sales.
Frère Andy:
Saint Paul dit aussi que les femmes devraient être voilées
parce qu'elles sont impures. Les femmes ne peuvent donc être
sauvées parce que rien d'impur ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.
Et puisqu'elles ne peuvent être sauvées, je ne les
considère pas comme des êtres humains.
Père Eugene:
La raison (1) pour laquelle l'Apôtre dit aux
femmes d'être voilées n'est pas vraiment qu'elles sont impures,
parce que c'est ici une question d'adoration publique. Il leur demande
d'être voilées pour le bon ordre, pour qu'elles fassent preuve
d'obéissance, ou, comme dit littéralement le texte, à
cause des anges, qui, comme l'explique Chrysostome, sont les témoins de
l'obéissance ou de la désobéissance. (2) Que ces femmes
soient parfois considérées comme impures est apparenté aux
nombreux défauts et faiblesses dont nous avons à nous accommoder
dans l'existence. (3) De semblables défauts et petites fautes chez les
femmes comme il en arrive dans la vie, ne nuisent pas plus à leur salut,
que le fait d'enfanter ainsi que nous l'avons vu plus haut.
[§35. Pour être parfait, il faut abandonner le contact des
femmes.]
Frère Andy:
Le Christ lui-même a dit : « Celui qui veut être
parfait ne doit plus fréquenter les femmes. » C'est pour cela
qu'il ne n'a pas pris d'épouse et que les Saints Apôtres se sont
débarrassés des leurs. Les hommes avisés devraient faire
de même.
Père Eugene:
Il faut comprendre que c'est sous certaines conditions
que le Christ a dit que celui qui désire être parfait doit quitter
sa femme, par exemple dans le cas où la femme s'oppose à l'homme
qui veut être parfait. Parce qu'Il dit également qu'on devrait
aussi abandonner ses parents (Mat 19 et ailleurs). Il ne s'est lui-même
pas marié parce que cela aurait été en contradiction avec
sa mission et sa tâche dans le monde.(3) Le fait que les Apôtres
ont laissé leurs épouses et voulu ainsi être un exemple
pour les autres, ne doit pas aller au-delà de la tâche qu'ils
avaient à accomplir dans ce monde et du contexte de leur époque.
Nous parlons ici de la vie ordinaire des gens et pas du clergé de notre
époque.
[§36. Les femelles qui naissent sont des
anomalies.]
C'est
ce qu'enseignait Thomas d'Aquin , et
c'était sa principale raison d'exclure les femmes de
l'ordination.
Frère Andy:
Je vous retiens trop longtemps, Père Eugène. J'aurais pu
vous donner autrement beaucoup plus d'arguments par lesquels je peux prouver
que les femmes ne sont pas des êtres humains. Cela ne sert à rien
de mépriser le fait que chaque créature donne naissance à
un être de sa sorte et ce serait pourquoi les femmes devraient être
des êtres humains parce que, comme dit plus haut, elles donnent naissance
à des humains. Cela ne sert à rien non plus de dire hardiment en
plein visage de quelqu'un : « Quoi ? Votre mère était-elle
une truie ou un chien ? » Parce qu'alors on peut répliquer :
« ma mère était une femme et rien de plus. » Et notez
bien que lorsqu'une femme met une fille au monde, elle donne naissance à
un individu de sa sorte car elle a donné la vie à quelque chose
d'égal à elle, un monstre (= une anomalie).
Père Eugene:
L'expérience démontre (1) que chaque
créature donne naissance à un être de sa sorte. (2).Ce
n'est pas étonnant que les femmes deviennent impatientes quand elles
sont méprisées au point qu'on ne les traite pas d'êtres
humains et que cela devient personnel ! (3) C'est pareil pour l'accouchement,
que l'enfant soit garçon ou fille, parce qu'elle ne peut accoucher
seulement que si elle a conçu par un homme.
[§37. L'anomalie des femmes se révèle dans leurs
menstrues.]
Lisez ce qu'a écrit
Ranke-Heinemann sur ce tabou
.
Frère Andy:
L'accouchement peut être le même, pas la naissance.
Parce que, comme on a dit, à sa naissance, la fille est un
monstre, comme sa mère. Et ce n'est pas neuf, car en ce qui
concerne les fils, les femmes aussi accouchent d'un être humain qui n'est
pas de même sorte qu'elles. Un âne seulement est né d'une
mule ou d'un cheval, du crottin de cheval (excusez l'expression) il ne sort que
des scarabées, de la sueur, des poux, de la poussière, des puces
etc. D'un point de vue philosophique, chacun sait qu'un être humain a une
nature pure. Mais la femme est empoisonnée. On voit bien à quel
point le flux menstruel est dangereux ! Je n'ai pas besoin d'en dire plus.
Père Eugene:
Monstre est en un mot : erratum naturae
propter materiae inconstantiam, c'est-à-dire : un défaut dans
la nature à cause d'une irrégularité de la matière,
comme on le sait par Aristote. Bien, soyez donc assez audacieux pour montrer un
tel erratum, un tel défaut de nature, chez les femmes qui
viennent chaque jour au monde en suivant le cours de la nature ? Parfois
aussi monstruosi partus ( des handicapés) du sexe féminins
voient le jour, mais la même chose arrive aussi aux individus du sexe
masculin. (2) En ce qui concerne la naissance inégale chez le
bétail ou chez les insectes, qui ne voit pas que cela ne se rapporte pas
du tout à la naissance des femmes ? (3) Si un être humain
possède une nature pure d'un point de vue philosophique, la femme en a
une aussi. Et comme on dit, à ce propos, son nettoyage mensuel
aussi..
[§38. L'Ecclésiaste enseigne que les femmes sont
mauvaises.]
Lisez
l'Ecclésiaste.
Frère Andy:
Mon résumé pour finir : aussi venimeux qu'un animal puisse
l'être, une femme l'est davantage, plus diabolique encore et plus remplie
de malice que le diable lui-même. C'est pourquoi l'Ecclésiaste dit
: « C'est mieux de vivre au milieu de lions et de dragons qu'avec une
mauvaise femme ». Bien qu'on en puisse trouver certaines qui cachent
poliment leur malice aux autres sous une modestie conventionnelle, leur
caractère inné et leur nature demeure in secula seculorum
(pour toute l'éternité) ! En effet si une seule est bonne, un
millier ne le sont pas. Mais si l'une d'entre elles est aussi habile que les
autres en venimeuse malice, alors aucune lettre ni sceau du Seigneur ne servira
à rien, car les femmes ne veulent abandonner le dernier mot à
personne. Ainsi, elles ne seront pas capables de se retenir de poser une autre
question. En fait, si elles ne sont pas des êtres humains, mais des
bêtes, à quel animal pourraient-elles être comparées,
afin qu'elles en suivent l'exemple.
Euripide leur donne une réponse. Elles ressemblent à des
hyènes, elles sont comme elles, des mangeuses de cadavres, des
gloutonnes et des louves. Si les femmes désirent savoir pour quelles
raisons elles sont comparées à cela, il faudrait leur dire :
cette dévoreuse de cadavres, gloutonne, louve a la tête d'un chat,
l'estomac d'un loup et la queue d'un renard.
Comme les chats, les femmes ont dans leur nature d'avaler, de
lécher, de rester près du feu, de ronronner, de châtrer, de
gratter et d'écorcher, de griffer avec des ongles pointus, de siffler,
de cracher, de grouiller et de montrer une humeur venimeuse
De même que l'estomac du loup, les femmes ne sont jamais
rassasiées ; elles attrapent, sont prédatrices, chapardeuses, et
voleuses, elles grandissent en paresse, avides, rudes et amères, elles
ont une grande gueule et des yeux verts, sauvages jusqu'à ce qu'elle
soient clouées au sol.
Comme le renard, les femmes ourdissent tous les complots, trichent et
trompent, se blottissent dans des nids bizarres, bonnes à rien sauf
à pisser et c'est pourquoi elles ne peuvent ni être cuites ni
rôties. Et juste comme le renard, seulement utile quand il est
écorché, pas mal de femmes ne sont utiles que quand elles
meurent.
Père Eugene:
Vous êtes un bénédictin ( =
quelqu'un qui bénit). OK. Prenez garde à de pas devenir pour les
femmes pieuses un Malédictin (= quelqu'un qui profère des
malédictions). Utilisez ce genre de langage seulement pour les
mauvaises femmes. Je ne doute pas moi-même , oui, je suis bien
d'accord que les mauvaises femmes devraient être dépeintes dans
des couleurs semblables et exposées au monde entier.
Mais que ce dont nous avons discuté
jusqu'à présent en grande confiance et pour le plaisir de
l'esprit reste en votre bonne garde. Et de grâce, à l'avenir,
abandonnez vos taquineries car si j'aime les femmes - rendez-vous compte de ce
que vous dites ! J'ai fait de mon mieux pour rendre clair ce que je trouvais
bien ou mal dans cette matière. Serrez-moi la main droite et recevez ma
confiance. Au Revoir !
Fin de la discussion
Retraduction
française de Françoise Bourguignon.


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