¿FEMMES PRêTRES? OUI!header

Responsive image

ENTRéE

SEPT RAISONS

DéFIER LE PAPE?

RéSUMéS

MENU

Nederlands/Vlaams Deutsch Francais English language Spanish language Portuguese language Catalan Chinese Czech Malayalam Finnish Igbo
Japanese Korean Romanian Malay language Norwegian Swedish Polish Swahili Chichewa Tagalog Urdu
------------------------------------------------------------------------------------
Les Pères de l’Église et la question des “femmes prêtres”

Les Pères de l’Église et la question des “femmes prêtres”

Comment juger la tradition?
* tradition scripturaire
* tradition dynamique
* tradition ‘latente’
* tradition bien documentée

Opposition aux femmes prêtres dans les sectes gnostiques ?

Rome avance cet argument : “Quelques sectes hérétiques des premiers siècles, surtout gnostiques, ont voulu faire exercer le ministère sacerdotal par des femmes : cette innovation a été relevée et blâmée aussitôt par les Pères, qui l’ont considérée comme irrecevable dans l’Église.” Inter Insigniores.

Rome cite cinq sources. Nous en sommes informés seulement grâce à la désapprobation sévère dont font part :

1. St Irénée dans son Adversus Haereses 1, 13, 2 ; PG 7, 580-581 ;  

Réponse : un examen attentif de ce passage montre qu’Irénée décrit avec force détails les rites bizarres du gnostique Marcus, y compris une partie du document montrent des femmes agissant en tant que prêtres. Il est clair qu’Irénée rejette le gnosticisme, mais il ne rejette nullement explicitement l’idée de femmes validement ordonnées dans l’Église catholique.

2. Tertullien dans De Praescriptione Haereticorum, 41, 5 ;

Réponse : Tertullien condamne en effet chez les hérétiques la pratique consistant à ordonner des femmes et il exprime également ailleurs son opposition aux femmes prêtres. Mais, à l’évidence, cette opposition découle de ses préjugés vis-à-vis des femmes.

3. Firmilien de Césarée dans une lettre à St Cyprien, Epist., 75 : CSEL 3, pp.817-818 ;

Réponse : Firmilien décrit une femme qu’il considère “possédée du démon” et qui célèbre la messe, administre le baptême. Il se pose la question de savoir si ces baptêmes sont valides et non celle de l’ordination des femmes.

4. Origène dans un commentaire de la première Lettre aux Corinthiens, Framentum in I Cor. 74, in Journal of Theological Studies 10 (1909), pp. 41-42. ;

Réponse : Je n’ai pas pu trouver ce texte jusqu’ici. Cependant, en la matière, Origène ne peut être considéré comme un témoin digne de confiance. Comme disciple de Platon et d’Aristote, il estimait la femme inférieure par nature. Influencé comme il était par des écrits semi-gnostiques, il tenait toute chose pour mauvaise et corrompue. Tout ce qui avait rapport avec le sexe, y compris la prière d’un couple avant une relation, était “malséant” (In Lev. Hom. 8, 12, 4 ; Fragm. in I Cor. 34). Origène s’était castré lui-même et prétendait que le Saint-Esprit quittait le couple chrétien durant la relation sexuelle (In Num. Hom. 6, 288). Les traces de sa manière de voir se retrouve dans St Augustin.

5. et spécialement St Épiphane dans son Panarion 49, 2-3 ; 78, 23 ; 79, 2-4 : vol. 2, GCS 31, pp. 243-244 ; vol. 3, GCS 37, pp. 473, 477-479.

Épiphane rejette l’ordination des femmes à l’aide des arguments suivants :

“Dans l’Ancien Testament, les femmes ne remplissaient jamais la fonction de prêtre

Réponse : C’est argument n’est absolument pas valide puisque nous sommes passés sous une Loi nouvelle... Le statut de seconde zone de la femme dans l’Ancien Testament est remplacé par l’égalité des femmes dans le Christ.

“Même Marie n’a pas exercé de fonction sacerdotale

Réponse : Bien que Marie n’ait pas fait exactement ce qu’ont fait les Apôtres, elle était unie intimement au Christ dans son sacerdoce. Dans le culte rendu à Marie, les catholiques ont toujours vu en celle-ci un vrai “prêtre” uni au Christ.

“Jamais une femme n’a été choisie comme prêtre ou évêque

Réponse : La raison pour laquelle des femmes n’ont pas été choisies, et qu’Épiphane ne mentionne pas ici, est le statut inférieur attribué à la femme. Épiphane qualifie lui-même les femmes de “race faible, indigne de confiance et d’intelligence médiocre”.

“Il existe dans l’Église l’Ordre des Diaconesses. Mais celles-ci ne sont pas autorisées à agir comme prêtre, ni n’ont rien à voir avec cette fonction

Réponse : Ici Épiphane se trompe. Comme l’a défini le Concile de Trente, le diaconat fait partie du sacrement de l’Ordre, il est le premier pas vers le sacerdoce. Les diaconesses de cette époque ont été validement ordonnées.

Conclusion : Irénée ne traite pas la question de l’ordination des femmes en tant que telle. Parmi les Pères de l’Église, seul Épiphane fournit explicitement des arguments contre. Ceux-ci ne résistent pas à l’examen.

Church Hall of Mirrors

Les préjugés défavorables à la femme n‘importent pas?

Rome déclare : “Il est clair que l’on trouvera dans les écrits des Pères de l’Église l’influence indéniable de préjugés défavorables à la femme, qui cependant, il faut le noter, n’ont guère eu d’influence sur leur action pastorale et encore moins sur leur direction spirituelle.” Inter Insigniores

Réponse : Rome est tout à fait à côté de la question. Il apparaît clairement que les Pères de l’Église n’ont pas exclu totalement les femmes de leur action pastorale et de leur ministère spirituel. Ils peuvent même, à l’occasion, s’être montrés gentils, accueillants et aimables envers elles. Le fait est que, d’une manière générale, dans l’opinion des Pères de l’Église, les femmes ne pouvaient être candidates à l’ordination :

Dans ces trois cas, de tels préjugés ne peuvent être démontrés de manière détaillée comme étant le fait de tous les Pères de l’Église, souvent par manque de preuves écrites et aussi par manque d’occasions où ces préjugés auraient pu être manifestés. Ces préjugés allaient tellement de soi dans le cadre de la culture et des structures sociales de l’époque qu’ils n’avaient nul besoin d’être ouvertement exprimés. Oui, ces préjugés étaient toujours là et ont constitué l’obstacle majeur à l’ordination sacerdotale des femmes.

Ambrosiaster (4ème siècle) faisait allusion à tous ces préjugés lorsqu’il écrivait :

“Les femmes doivent se couvrir la tête car elle ne sont pas à l’image de Dieu. Elles doivent le faire en signe de soumission à l’autorité et parce que le péché est venu dans le monde à cause d’elles. Leur tête doit être couverte à l’église afin de rendre honneur à l’évêque. De pareille manière, elles n’ont aucun droit de prendre la parole car l’évêque est l’incarnation du Christ. Elles doivent donc agir devant l’évêque comme devant le Christ, le juge, puisque l’évêque est le représentant du Seigneur. À cause du péché originel, elles doivent se montrer soumises. 1 Corinthiens 14, 34

Et St Jean Chrysostome?

Rome soutient que St Chrysostome, lui au moins, ne s’était pas laissé influencer. Voici leurs mots exacts : “Saint Jean Chrysostome, pour sa part, commentant le chapitre 21 de Jean, avait très bien compris que la charge pastorale confiée à Pierre n’était basée sur aucune incapacité naturelle puisque, comme il le fait remarquer, ‘même la majorité des hommes avait été exclue par Jésus de son immense tâche’”. De Sacerdotio 2, 2 ; PG 48, 663.

Réponse : Voici vraiment une interprétation étonnante! Car St Chrysostome dit exactement le contraire. La charge du sacerdoce est si exigeante, dit-il, qu’aucune femme ne pourrait l’assumer. “Car les choses que j’ai déjà mentionnées pourraient être facilement accomplies par beaucoup, même de ceux qui dépendent d’un autre, femmes comme hommes ; mais quand quelqu’un est chargé de présider l’Église, et que lui est confié le soin de tant d’âmes, tout le sexe féminin doit se retirer en raison de l’ampleur de la tâche, et la majorité des hommes également.” L’ajoute selon laquelle la tâche est trop grande également pour la majorité des hommes, n’est pas une consolation. “Tout le sexe féminin”, c’est un peu rapide. Pourquoi ? Parce que les femmes sont inférieures par nature ! Lisez tout le passage dans son contexte.

Voici les idées exactes de Saint Jean Chrysostome :

Notice : L’enseignement de saint Jean Chrysostome est erroné en de nombreux points. Il contredit le sens inspiré par Dieu contenu dans l’histoire de la Genèse et dans les passages pauliniens 1 Corinthiens 14, 34-35 et 1 Timothée 2, 11-15. Il se base sur la présumée infériorité attribuée à la femme dans la philosophie grecque et dans le droit romain. Pour lui, les femmes sont inférieures par nature, selon le droit et suite à une punition de Dieu.

Avec de telles idées culturelles et religieuses fallacieuses en tête, comment St Chrysostome aurait-il pu imaginer que les femmes puissent un jour être ordonnées prêtres ?

La soi-disant “tradition” consistant à ne pas ordonner des femmes de l’Église primitive n’est pas du tout une vraie tradition. C’est une pratique résultant de préjugés sociaux, culturels et religieux.

Texte de John Wijngaards.
Traduction française par Jacques Dessaucy.


This website is maintained by the John Wijngaards Catholic Research Centre.

John Wijngaards Catholic Research

since 11 Jan 2014 . . .

John Wijngaards Catholic Research

"Lorsque vous citez ce document,
veuillez signaler S.V.P qu'il est publié par www.womenpriests.org !"