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| Comment juger la tradition? |
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| * tradition scripturaire |
| * tradition dynamique |
| * tradition latente |
| * tradition bien documentée |
Les deux philosophes ayant eu le plus dinfluence, tous deux issus
du monde gréco-romain au sein duquel sont nées la
chrétienté et la théologie chrétienne du Moyen Age,
furent Platon et Aristote. Nous allons rapidement discuter les points de vue de
chacun deux.
Platon (427 347 avant J.C.)
Le statut de la femme, dans la société grecque,
était très bas. La principale fonction dune femme
était la reproduction des enfants, spécialement des fils.
- Confinée à lintérieur de la maison
parentale jusquà ce quun homme lui ait été
choisi alors quelle atteignait la première partie de son
adolescence le mari, de quinze ans son aîné au moins - , la
femme athénienne de la classe des citoyens était
transférée dans la maison de celui-ci où elle devait
remplir sa fonction principale : porter et élever des enfants.
- Parmi ces enfants (quatre ou cinq environ, lun ou lautre
mourant à la naissance), les fils sont élevés dans la
famille, particulièrement dans les années qui suivent les
guerres, quand il y a pénurie dhommes, mais habituellement, une
seule des filles tout au plus est gardée et éduquée au
foyer.
- Les autres sont probablement exposées ; si elles ne meurent
pas sur place, elles sont recueillies par des vendeurs desclaves ou des
prostituées et destinées à une vie desclavage, de
prostitution ou les deux.
- Les hommes athéniens disposaient dune
variété doccasions pour satisfaire leurs besoins sexuels :
des garçons, dautres hommes, des courtisans ou
hétaïres, des prostituées ou leurs propres esclaves
féminines et leurs épouses. La fonction des épouses
étant cependant le soin de la lignée familiale et la tenue du
foyer.
- La femme ne participait pas socialement aux réunions de son
mari et de ses amis qui étaient des réunions dhommes et,
même si cela se passait dans sa propre maison, elle ny était
pas admise. De même que, aller au marché ou au puit communal,
étaient des activités réservées aux hommes ou aux
femmes esclaves.
Sarah B. Pomeroy,Goddesses, Whores, Wifes, and
Slaves. Women in Classical Antiquity, New-york,1975 ; M. Maloney «
The Arguments for Womens Difference in Classical Philosophy and Early
Christianty » pp .41-49.
Lattitude de Platon envers les femmes est ambivalente. Dans
certains de ses écrits, il plaide pour quelles aient un meilleur
sort. Dans sa République idéale, il anticipe une classe
supérieure de gardiens au sein de laquelle le statut de la
femme, considérée comme un bien mobilier, est aboli
(cest-à-dire quelle nest plus considérée
comme une possession de son mari) et au sein de laquelle les femmes devraient
recevoir une éducation équivalente à celle des hommes.
Dautre part, il attribue clairement le statut inférieur des
femmes à une dégénération de la parfaite nature
humaine. « Ce sont les mâles seulement qui sont créés
directement par les dieux et à qui lâme est donnée.
Ceux qui vivent avec droiture retournent vers les étoiles, mais pour
ceux qui sont lâches [ vivent des vies sans rectitude], on
peut supposer avec raison quils ont acquis la nature des femmes à
la seconde génération. Cette régression peut continuer
pendant des générations successives à moins quelle
ne sinverse. Dans cette situation, ce sont évidemment seulement
les hommes qui sont des êtres humains complets et qui peuvent
espérer laccomplissement ultime ; ce quune femme peut
espérer au mieux est de devenir homme » (Platon, Timée
90e).
Anne Dickason,
Anatomy and Destiny ; The Role of Biology in Platos Views of
Women , in Carold C ;Gould and Marx Wartosfsky (eds) Women and
Philosophy, Toward a Theory of Liberation. New York 1976 ; Julia Annas,
PlatosRepublic and Feminism in Osborne (ed) Woman
in nWestern Thought pp, 24-33
Aristote ( 384 322 Avant J.C.)
La principale idée dAristote était dexpliquer
la nature des choses à partir ce quelles semblent être. En
se basant sur le sujet des femmes et sur leur statut inférieur, il
déduisit leur infériorité de nature.
La raison de linfériorité des femmes provient
dun défaut. « Les femmes ont un défaut par nature
» parce quelles ne peuvent pas reproduire le sperme qui
contient lêtre humain tout entier. Quand un homme et une femme font
lamour, lhomme apporte la substance de lêtre humain
(cest-à-dire, lâme), la femme apporte seulement
la nourriture (la matière).
Comme cétait un principe fondamental pour lui que, de ces
deux facteurs ou composants de chaque être humain, la forme est
supérieure à la matière, la reproduction sexuelle
était considérée comme bénéfique parce
quelle requérait que celui qui donne la forme (le
mâle) soit séparé de celle qui donne la
matière (la femelle). Donc linférieur
nest pas mélangé avec le supérieur dans le
même individu. Aristote adhérait à ce que Caroline Whitbeck
avait appelé la « Théorie du Pot de Fleurs » de la
génération humaine. La femelle, comme elle manque de chaleur
naturelle est incapable de cuire son fluide menstruel jusquau
point de raffinement où il deviendrait du sperme
(cest-à-dire graine). Sa seule contribution à
lembryon est sa matière et un champ dans lequel il peut se
développer ; son incapacité à produire du sperme est sa
déficience : « Une femme, conclut Aristote, cest
comme sil sagissait dun mâle infertile »
(Génération dAnimaux I, 728a) « Un mâle est
mâle en vertu dune capacité particulière, une femelle
est une femelle en vertu dune incapacité particulière.
» (Génération dAnimaux I,82f)
Caroline Whitbeck Théories of Sex
Difference, in Gould et Warforsky (eds) Women and Philosophy,
New-York 1976, pp..54-80 ; M ; Maloney, The Arguments for
Womens Difference in Classical Philosophy and Early
Christianity pp . 41 49
Selon Aristote, les hommes prennent à juste titre le pas sur les
femmes, parce quils jouissent dune intelligence supérieure.
Cela profite également aux femmes qui dépendent deux. Il
compare ceci à la relation entre un être humain et des animaux
domestiques.
« Il est préférable pour tous les animaux
domestiques dêtre dirigés par des êtres humains. Parce
que cest de cette manière quils sont gardés en vie.
De la même manière, la relation entre le mâle et la femelle
est par nature telle que le mâle est supérieur, la femelle,
inférieure, que le mâle dirige et que la femelle est
dirigée. » Aristote, Politique ed Loeb Classical Library,
1254 b 10-14.
Ce que nous devons remarquer, dans le texte dAristote, est
lexpression : par nature. La subordination est juste parce
quelle correspond à la façon dont les choses ont
été faites. Aristote note aussi que lesclavage est naturel
parce que certains sont par nature destinés à être
esclaves.
«Cette personne est esclave par nature qui peut appartenir
à une autre personne et qui prend part seulement à la
pensée en reconnaissant son existence, mais non en la possédant.
Les autres êtres vivants (animaux) ne peuvent reconnaître la
pensée, ils obéissent seulement à des sensations.
Toutefois, il y a peu de différences entre se servir desclaves et
se servir danimaux domestiques : les deux fournissent la main
duvre pour faire les choses nécessaires. »
Aristote continue alors en décrivant le sort des esclaves et
cest réellement terrifiant. Un esclave nest rien
dautre quun outil de son maître . En même temps
que lépouse et le buf, un esclave mâle ou femelle est
une bête de somme indispensable au maître de maison. Il ou elle
doit être bien entretenu pour de simples raisons
économiques. Mais les esclaves nont droit ni aux loisirs ni au
temps libre. Ils ne possèdent rien et ne peuvent pas prendre de
décisions. Ils nont aucune part au plaisir et au bonheur et ne
sont pas membres de la communauté.
Pour la même raison, Aristote justifie également la guerre
pour capturer de nouveaux esclaves. « Parce que certaines personnes sont
par nature destinées à être dirigées, même si
elles résistent comme des animaux sauvages qui ont besoin
dêtre domptés ». Il déclare même que tous
les étrangers appartiennent dune certaine manière à
cette catégorie.
« Cest pourquoi le poète dit : « Il est juste
que les Grecs dirigent les barbares car, par nature, ce quest un
barbare et ce quest un esclave, cest pareil » Aristote,
Physique, vol I ; Loeb Classical Library, 1252 b 8. Voyez A.TH.van
Leeuwen, The nacht van het Kapitaal, Nijmegen 1984, pp.182-205.
La tradition qui prévaut dans la vision des Hellénistes de
la société est donc celle de strates dêtres humains
supérieurs et inférieurs.
- Les femmes sont par nature inférieures aux hommes.
- Les barbares étaient inférieurs aux races
civilisées par nature.
- Les esclaves étaient des esclaves parce quils
étaient de nature inférieure.
Ceci, nous pouvons en être certains, est la manière de
penser de beaucoup de gens à travers le Moyen Orient ancien. La
même pensée de base dominera pendant le Moyen Age chrétien.
Il est évident que les Chrétiens qui ont accepté
lopinion que les femmes étaient inférieures par nature, ne
pouvaient les envisager dans le rôle de dirigeant requis pour être
évêques ou prêtres.
traduction : Françoise Bourguignon


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