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| Comment juger la tradition? |
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Asie Mineure, gaule ; circa 140 203
Traduction de Ante Nicene Fathers. Pour une copie
électronique complète, visitez le Christian Classics Etheral Library,
The New Advent Library... Les
passages du texte en italique sont de John Wijngaards.
Irénée fait un rapport sur les pratiques de la secte
dun certain Marcus.
- Les hérétiques se laissent aller
à limmoralité avec leurs disciples féminins
- Les hérétiques prétendent que
le parfait est supérieur au code moral
- Marcus le Gnostique invente des rites pour les
femmes et les hommes
- Marcus enseigne aux femmes comment
prophétiser
- Marcus invente de fausses prophéties
- Marcus trompe les femmes avec des philtres
damour
- Les disciples de Marcus invoquent la Mère
Eternelle
- Beaucoup de femmes en Gaule ont été
prises dans les filets de cette secte
Irénée pensait que Dieu traitait les femmes et les hommes
dune manière égale, même si les femmes occupaient une
place inférieure dans la société.
- La nature et la loi font que la femme est
subordonnée à lhomme
- Adam (= la race humaine) a
été créé à limage de Dieu
- Tous les descendants dAdam héritent le
titre dêtre à limage de Dieu
- Adam et Ève nont pas
été maudit directement par Dieu, mais indirectement
- Dieu a eu de la compassion pour Adam et
Ève, mais il nen a pas eu pour le diable
- Le Christ a vaincu le diable comme un homme
né dune femme
- Le diable a fait pécher Ève en la
trompant
- Dans le jardin dÉden, Ève
sest montrée une personne plus forte qu Adam
- Lhistoire dÈve montre que la
mortalité elle-même nest pas une malédiction, mais
une chose naturelle
- La mère des enfants de
Zébédée mérite des louanges
- Les femmes souffrent souvent parce quelles
sont seulement des femmes
Les hérétiques se
laissent aller à limmoralité avec leurs disciples
féminins
Contre les hérésies, ,livre 1, ch.6, §3.
« Pour cette raison, il arrive que le plus parfait
dentre eux se livre sans crainte à toutes ces choses
défendues alors que les Écritures nous assurent que ceux
qui font de telles choses nhériteront pas du royaume de
Dieu
Dautres parmi eux se laissent aller aux désirs de
la chair avec le plus grand plaisir, alors que les aspirations charnelles
devraient être permises à la nature charnelle, alors que les
aspirations spirituelles sont accordées pour le spirituel. Certains
dentre eux en plus, ont lhabitude de débaucher ces femmes
à qui ils ont enseigné la doctrine ci-dessus. Ces femmes
lont souvent confessé, elles qui ont été
abandonnées par certains dentre eux. Quand elles sont revenues
à lÉglise de Dieu, elles ont reconnu cela en même
temps que le reste de leurs erreurs. Dautres parmi elles, ouvertement et
sans rougir, se sont passionnément attachées à certaines
femmes, les ont séduites et arrachées à leur mari et ont
contracté, de leur propre initiative, des mariages avec elles.
Dautres encore, qui prétendaient de premier abord vivre en toute
modestie avec elles, comme avec des surs, ont au cours du temps
révélé leurs vraies couleurs, quand la sur a
été découverte avec un enfant de leur [prétendu]
frère. »
Les hérétiques
prétendent que le parfait est supérieur au code
moral
Contre les Hérésies, livre 1. ch.6, §3
»Ils maintiennent que, de toute façon, il leur est toujours
nécessaire de pratiquer le mystère de lunion. Et ils
peuvent persuader de linconséquence de croire cela, en utilisant
dhabitude ces paroles : « Quiconque vivant dans ce monde
naime pas ainsi une femme au point den obtenir ses faveurs,
nest pas dans la vérité ou ne latteindra pas. Mais
quiconque étant de ce monde a fait lamour avec une femme,
naura pas la vérité, parce quil a agi ainsi par
concupiscence. » Ou encore, en se basant sur ceci, ils nous racontent
quil faut que nous, quils appellent les hommes animaux et
décrivent comme étant du monde, pratiquions la continence
et les bonnes uvres, parce que, par ce moyen, nous pourrions atteindre,
à la longue, la demeure intermédiaire, mais que, pour ceux qui
sont appelés les spirituels et les parfaits, une telle
façon de se conduire nest pas nécessaire du tout. Ce
nest pas en effet un comportement qui amène le Plérome,
mais la graine envoyée est dans un état de faiblesse et est
immature alors qu ici, elle est conduite à la perfection. »
Marcus le Gnostique invente des rites
pour les hommes et les femmes
Contre les Hérésies, livre 1, ch. 13, §1.
« Mais, parmi ces hérétiques, il y en a un du nom de
Marcus, qui se vante davoir surpassé son maître. Il est un
parfait adepte des impostures magiques et, par ce moyen, il a attiré un
grand nombre dhommes et beaucoup de femmes quil a poussées
à le rejoindre , parce quil prétendait être celui qui
est possédé de la plus grande connaissance et de la plus grande
perfection et qui a reçu le plus grand pouvoir des régions
invisibles et ineffables situées par-dessus nos têtes. Il semble
donc être le précurseur de lAntéchrist. En effet,
parce quil ajoute les bouffonneries dAnaxilaus à la
roublardise des mages, comme on les appelle, il est
considéré par ces stupides au cerveau fêlé de
disciples comme faisant des miracles par ces moyens.
Marcus célèbre un rite
comme lEucharistie où les femmes prennent le rôle du
prêtre
Contre les hérésies, livre1, ch. 13, §2
« En prétendant consacrer ces coupes mélangées
de vin et en faisant traîner en longueur les paroles de
linvocation, il donne au contenu de la coupe une couleur pourpre ou
vaguement rouge de manière à ce que Charis, qui est
supérieure à toute chose soit censée y avoir mis son
propre sang par son invocation. Ainsi les personnes présentes sen
délectent de sorte que Charis, mise en évidencepar ce magicien,
pourrait aussi être déversée en eux. De nouveau, en donnant
des coupes de ce mélange aux femmes, il les prie de les consacrer en sa
présence. Ceci fait, il prend une autre coupe plus grande que celle que
ces femmes trompées ont consacrée et, versant le contenu de la
petite coupe, (celle qui a été consacrée par les femmes),
dans celle quil a apportée lui-même, il prononce en
même temps ces paroles : « Puisse cette Charis, supérieure
à tout et transcendant toute connaissance et tout discours, remplir
lhomme intérieur que tu es et multiplier en toi sa propre
connaissance en semant, comme dans un sol fertile, sa petite graine de
moutarde. »
Tout en répétant d autres paroles, et en poussant
ainsi la malheureuse [à la folie], il apparaît comme un faiseur de
miracles quand la grande coupe semble avoir été remplie par la
petite de telle façon quelle déborde. En faisant encore
dautres choses similaires, il a complètement trompé
beaucoup de gens et les a entraînés à sa suite. »
Marcus enseigne aux femmes la
manière de prophétiser
Contre les Hérésies, livre 1, ch.13, §3
« Il est assez probable que cet homme soit possédé
dun démon comme dun esprit familier par le moyen duquel il
semble capable de prophétiser et qui rend capable de prophétiser
aussi autant de personnes quil estime pouvoir partager son Charis. Il se
consacre particulièrement aux femmes, à celles qui sont bien
élevées et élégamment vêtues et très
riches. Il essaie souvent de les attirer à lui en leur adressant des
paroles de séduction semblables à ceci : « Je suis
impatient de faire de vous une adepte de mon Charis puisque le Père de
tout tient continuellement son ange devant Lui. La place de cet ange est
maintenant parmi nous, il est de notre devoir dêtre un. Recevez
dabord de moi et par moi [le don de] Charis ;Vêts-toi comme la
fiancée qui attend son fiancé pour que tu deviennes ce que je
suis et ce que tu es. Établis le germe de lumière dans ta chambre
nuptiale. Reçois de moi un époux et devient réceptive
à celui-ci pendant que tu es reçue par lui. Vois que Charis est
descendue sur toi ; ouvre ta bouche et prophétise ».Pour la femme
qui répondait : « je nai jamais prophétisé et
je ne sais pas comment faire ,il recommençait une deuxième
fois certaine invocation dans le but détourdir la victime de sa
tromperie , il lui disait : « Ouvre la bouche, dis ce qui te vient
à la tête et tu prophétiseras. »En vain, elle
essayait, toute gonflée de vanité et radieuse davoir
entendu ces paroles, toute excitée dans son âme parce quelle
allait elle-même prophétiser et, le cur battant violemment
[démotion], elle atteignait le sommet de laudace requise et
sortait avec impudence et au hasard les stupidités qui lui passaient par
la tête et, comme on limagine bien, venant dun esprit vide. (
En rapport avec cela, un de mes supérieurs me faisait remarquer que
lâme est tout ensemble audacieuse et impudente quand elle est
chauffée par du vide). Donc, elle simaginait prophétesse et
exprimait sa gratitude à Marcus pour lui avoir transmis son Charis. Elle
faisait alors un effort pour le récompenser pas seulement par le don de
ses biens ( de cette manière, il avait amassé une grande
fortune), mais aussi en payant de sa personne, désireuse
dêtre unie à lui de toutes les manières et de devenir
une avec lui.
Marcus fabrique de fausses
prophéties
Contre les Hérésies, livre 1, chap.13, §4.
« Mais déjà quelques-unes des femmes les plus pieuses,
possédées par la crainte de Dieu et de ne pas être
trompées (femmes que néanmoins il avait fait de son mieux pour
séduire comme les autres en les priant de prophétiser), le
détestant et lexécrant, sétaient
retirées dune si vile compagnie dadorateurs... Elles
lavaient fait, bien conscientes que le don de prophétie nest
pas conféré aux hommes par Marcus, le magicien, mais que
ceux-là seuls à qui Dieu a envoyé Sa grâce den
haut, possèdent le pouvoir divinement accordé de
prophétiser . Ils parlent où et quand cela plaît à
Dieu et pas quand Marcus leur demande de le faire. En effet celui qui commande
est plus grand et possède une plus grande autorité que celui
à qui lon commande et donc, le premier décide et le second
obéit. Si donc Marcus, ou qui que ce soit, commande comme ceux qui sont
constamment habitués dans leurs fêtes à jouer à
rassembler des gens et [en accord avec le groupe], à se commander
mutuellement, à prophétiser, rendant comme oracle ce qui est en
harmonie avec leurs désirs propres- il en découle que celui qui
commande est plus grand et possède une autorité plus haute que
lesprit prophétique, bien quil soit humain. Cest donc
impossible. Mais de tels esprits qui sont commandés par ces hommes,
parlent quand ils le veulent, sont matérialistes et faibles, audacieux
et impudents, mis en avant par Satan pour la séduction et la perdition
de ceux qui ne saccrochent pas à la foi solide quils ont
reçue dabord par lÉglise. »
Marcus trompe les femmes à
laide de philtres damour
Contre les Hérésies, livre 1, chap.13, §5.
« En plus, cest ce Marcus qui compose des philtres et des potions
damour dans le dessein dinsulter ces femmes, si pas toutes les
femmes, du moins celles dentre elles qui, retournées à
lÉglise de Dieu, ce qui arrive souvent qui ont
reconnu en confession aussi quelles ont été trompées
par lui ont été remplies dune passion brûlante pour
lui. Un triste exemple de ceci apparut dans le cas dun certain Asiatique,
un de nos diacres, qui lavait reçu(Marcus) dans sa maison. Son
épouse, une femme dune beauté remarquable, fut âme et
corps, victime du magicien et voyagea longtemps avec lui. Enfin, quand non sans
grande difficulté, les fidèles leurent convertie , elle
passa tout son temps dans lexercice dune confession publique,
gémissant et se lamentant des errements que magicien lui avait fait
faire. »
Les disciples de Marcus invoquent la
Mère Éternelle
Contre les Hérésies, livre 1, chap. 13, §6.
« Certains disciples également, sadonnant
eux-mêmes aux mêmes pratiques, ont trompé maintes femmes
stupides et les ont entraînées. Ils se sont auto-proclammés
« parfaits » de telle sorte que personne ne peut leur être
comparé pour limmensité de leur connaissance, pas
même si vous mentionnez Pierre ou Paul ou nimporte quel
apôtre. Ils disent quils en savent plus que tous les autres et
quils sont les seuls imbibés de la grandeur de la connaissance de
cet indicible pouvoir. Ils maintiennent aussi quils ont atteint des
sommets au-dessus de tout pouvoir et que, dès lors, ils sont libres de
toutes les manières dagir à leur gré, nayant
rien à craindre de rien. En effet, ils affirment quà cause
de la « Rédemption », ils ne peuvent ni être
arrêtés ni même vus par le juge. Mais même cela
devrait-il arriver quon mette la main sur eux, ils devraient simplement
répéter ces paroles, quand ils se trouveraient en présence
du juge : « Ô toi qui est assis à côté de Dieu,
et le Sige (silence) mystique éternel, toi dont les anges
(puissance), qui se tiennent continuellement à la face de Dieu, en
layant pour guide et pour recommandation, fais sortir leurs formes
den haut. Dans la grandeur de son audacieuse inspiration avec
lesprit, agissant pour le compte du Propator, elle nous a produit
à leur image, en gardant notre esprit tendu vers les
réalités den haut, comme dans un
rêve.-Considère le juge et lhuissier qui nous ordonnent de
présenter notre défense. Mais fais que, familier aux affaires des
deux parties, tu présentes aux juges notre cause à tous deux
comme si, en réalité, il ne sagissait que dune seule
cause ».Maintenant, aussitôt que la Mère a entendu ces
paroles, elle place le bouclier homérique de Pluton sur eux, de sorte
que devenus invisibles, ils échappent au juge. Alors, elle les attrape
immédiatement, les conduit dans la chambre nuptiale et les remet
à leurs pareils.
Beaucoup de femmes en Gaule se sont fait
piéger par cette secte
Contre les Hérésies, livre 1, chap.13, § 7.
«Telles sont les paroles et telles sont les actes par lesquels, dans
notre propre district de Rhonee, ils ont trompés beaucoup de femmes qui
ont eu leurs consciences brûlées comme au fer rouge. Certaines
d'entre elles cependant ont publiquement confessés leurs
péchés; mais d'autres ont été honteuses de le
faire, et d'une certaine manière tacite, découragées
[d'atteindre à] la vie de Dieu; certaines ont entièrement
apostasié pendant que d'autres hésitaient entre les deux
attitudes et se sont exposées à ce qui est impliqué par le
proverbe"rien en dehors et rien en dedans" possédant cela comme le fruit
issu de la graine des enfants du savoir.»
Adam (= la race humaine) a
été créé à limage de Dieu
Contre les Hérésies, livre 3, chap.23, §1.Il
était donc nécessaire que le Seigneur, venant au secours de ses
brebis égarées et recommençant à leur accorder des
soins si étendus, recherchant Sa propre création, sauverait
Adam, cet homme-là qui avait été
créé à Son image et à Sa ressemblance
compensant ainsi le temps de la condamnation avait encourue à cause
de sa désobéissance, temps que le Père a
placé en son propre pouvoir. [ce qui était
nécessaire], aussi, dautant plus que léconomie du
salut tout entier, en ce qui concerne lhomme, se faisait selon le bon
plaisir du Père, pour que Dieu ne soit pas conquis ni que Sa sagesse ne
soit pas amoindrie. [À lestime de Sa créature.]
Tous les descendants dAdam
héritent du titre davoir été faits à sa
propre image
Contre les Hérésies, livre 3, chap.23, §2.
« Mais en vérité, cet Adam, le premier homme
créé, dont les Écritures disent que parle le Seigneur
« Faisons lhomme à notre image et à notre
ressemblance »nous venons tous de lui et nous sommes de lui, nous
avons donc hérité de son titre... Alors, à plus forte
raison, si un homme est sauvé, il est normal que celui qui a
été créé, lhomme originel soit sauvé.
Car il est trop absurde de garder celui qui a été si
profondément blessé par lennemi et qui a été
le premier à souffrir la captivité, absurde que cet homme ne soit
pas sauvé par Celui qui a conquis lennemi, et dont les enfants
sont ceux qui ont été amenés à subir la même
captivité. »
Adam et Ève nont pas
été directement maudits par Dieu, mais indirectement
Contre les Hérésies, livre 3, chap.23, § 3.
« Cest pour cette raison aussi, quimmédiatement
après quAdam eut désobéi, comme le relatent les
Écritures. Il na pas prononcé sa malédiction contre
Adam personnellement, mais contre le motif, la référence de son
travail, comme une certaine personne parmi les anciens le faisait observer.
Dieu a en vérité transféré la
malédiction sur la terre pour quelle ne reste pas en
lhomme. Mais lhomme a reçu comme punition de sa
désobéissance la tâche épuisante de labourer la
terre, de manger le pain gagné à la sueur de son front et de
retourner à la poussière dont il a été tiré.
De la même manière, la femme a reçu la tâche, le
travail, les gémissements et les douleurs de lenfantement et un
état de sujétion, à savoir quelle devrait servir son
mari. Ils avaient été conduits à mépriser les
ordres de Dieu, ils nen mourraient pas mais ne demeureraient pas sans
être réprimandés non plus. Mais la malédiction, dans
toute sa vigueur, retomba sur le serpent qui les avait rendus coupables.
« Et Dieu, raconte-t-on, dit au serpent : -parce que tu as fait cela, tu
seras maudit plus que tous les autres animaux du bétail et plus que
toutes les bêtes de la terre». Et le Seigneur dit la
même chose dans les Évangiles à ceux qui étaient
à sa gauche : « partez dici, soyez maudits à jamais
dans le feu éternel que mon Père a préparé pour de
diable et pour les anges. ». Il indiquait par ces paroles que le feu
navait pas été » préparé dabord
pour lhomme, mais pour celui qui avait rendu lhomme coupable et
lavait poussé à Loffenser. Je veux dire par
là, le chef de lapostasie et les anges devenus apostats à
ses côtés. Ils tomberont dans la fournaise avec justice ceux qui
persévèrent dans les uvres méchantes, sans repentir
et sans retour en arrière.
Dieu a eu de la compassion pour Adam
et pour Ève, mais pas pour le diable
Contre les Hérésies, livre3, chap. 23, §5.
« Cependant le cas dAdam ne présentait aucune analogie
avec ceci, mais était différent. Parce quil
sétait rendu coupable de la faute dun autre sous le
prétexte de gagner limmortalité. Adam, immédiatement
saisi de terreur, se cache ; pas comme sil était capable
déchapper à Dieu, mais dans un état de confusion
parce quil a désobéi à Son commandement. Il ne se
sent plus digne de paraître devant lui et de lui parler. Comme « La
crainte de Dieu est le commencement de la sagesse , la conscience du
péché conduit au repentir et Dieu accorde Sa compassion à
celui qui se repend. Puisque Adam a montré son repentir par sa conduite
et par la ceinture de feuilles de figuiers dont il sest ceint, alors
quil y avait là beaucoup dautres feuilles qui lui auraient
moins irrité la peau. Il a donc adopté un vêtement
adapté à sa désobéissance, il est terrifié
par la crainte de Dieu, il résiste donc aux errements et à la
tendance lascive de sa chair (puisquil a un esprit infantile et est
parvenu à la conscience du mal). Il sattache une ceinture sur lui
et sur sa femme, craignant Dieu et attendant Sa venue et parle ainsi :
»jai désobéi, jai perdu la robe de
Sainteté que javais reçue de lEsprit, je reconnais
également que je mérite une couverture de la nature qui ne peut
obtenir aucune compensation, mais tout bourrelé de remords que je suis,
jai pris ce vêtement pour toujours. » Ainsi, il
shumilie, comme si Dieu compatissant ne lavait pas couvert
dune tunique de peau au lieu dune tunique en feuilles de vigne.
Dieu les questionna donc et pour que le blâme puisse retomber sur la
femme, Il interrogea celle-ci encore afin quelle retourne le blâme
sur le serpent. En effet, elle raconta ce qui sétait passé
:« le serpent, dit-elle, ma rendue coupable et jai
mangé » Mais Dieu ninterrogea pas le serpent parce
quIl savait quil avait été celui qui avait
initié laction coupable. Il prononça donc la
malédiction sur lui en premier lieu afin quelle puisse retomber
sur lhomme dune manière adoucie. En effet, Dieu
détestait le serpent pour avoir détourné lhomme,
mais, par paliers, petit à petit, Il témoigna de la compassion
à celui qui sétait rendu coupable.
Le diable fut défait par le
Christ comme un homme né dune femme
Contre les Hérésies, livre 5, chap.21, §1
« Donc, Il a, dans son travail denquête,
résumé tout, tout en combattant notre ennemi et en
écrasant celui qui, au départ, nous avait envoyé en
captivité par Adam, et le foulant aux pieds comme vous pouvez lire dans
la Genèse ce que Dieu a dit au serpent : Depuis ce temps-là, un
homme né dune femme [cest-à-dire] de la Vierge,
daprès la ressemblance dAdam, cet homme fut avisé de
se garder de la tête du serpent. Cest la graine dont
lApôtre parle dans lÉpître aux Galates, »
que la loi du travail soit établie jusquà ce que la graine
vienne dont la promesse avait été faite. » Ce fait est
montré encore plus clairement dans la même Épître
lorsquil parle ainsi « Mais quand les temps étaient
accomplis, Dieu a envoyé Son Fils né dune femme »
Pour que lennemi ne puisse pas avoir triomphé à moins
quun homme né dune femme ne lait vaincu. Car
cétait par lintermédiaire dune femme quil
avait dabord pris avantage sur lhomme, en étant son ennemi.
Donc le Seigneur dit quil est le Fils de lhomme, il porte en lui
cet homme originel dont la femme a été faite ( ex quo ea quae
secundum mulierem est plasmatio facta est), pour que notre espèce
naille pas à la mort par un homme vaincu et que nous puissions
surgir à la vie par un homme victorieux et comme un homme mort a
reçu la palme [de la victoire] contre nous, nous recevions encore, par
lintermédiaire dun autre homme, une palme pour nous sauver
de la mort.
Le diable a provoqué le
péché dÈve en la trompant
Contre les Hérésies , livre 3, chap. 23, §1.
« Il avait vraiment été habitué à mentir
à Dieu dans le but de détourner lhomme de Lui. En effet,
dès le début, lhomme avait reçu une
variété de fruits à manger et Dieu lui recommandait
seulement de ne pas manger les fruits dun seul arbre bien précis.
Les Écritures nous disent que Dieu a parlé ainsi à Adam :
« Tu pourras manger des fruits de chacun des arbres de ce jardin, mais tu
ne pourras pas manger ceux de larbre de la connaissance du bien et du
mal, parce que le jour où tu en mangeras, tu mourras » . Le
diable, en mentant au Seigneur, tenta lhomme et comme le racontent les
Écritures, le serpent dit à la femme : »Dieu a-t-il
vraiment dit que tu ne peux pas manger des fruits de tous les arbres de ce
jardin ? » Et lorsquelle eut expliqué et simplement
raconté quel était le commandement et raconté ce que Dieu
leur avait dit : « Nous pouvons manger des fruits de tous les arbres de
ce jardin, mais nous ne pouvons pas toucher aux fruits de larbre du
milieu. Dieu a dit, Vous nen mangerez pas et vous ne le toucherez pas,
sinon vous mourrez ». Lorsque le Diable apprit par la femme quel
était le commandement de Dieu, il développa sa ruse et finalement
la trompa par un mensonge en disant : »Tu ne mourras pas. Dieu sait bien
que le jour où tu en mangeras, tes yeux souvriront et tu seras
comme les dieux, connaissant le bien et le mal ». Alors dabord,
dans le jardin, ils discutèrent de Dieu comme si Dieu
nétait pas là car ils étaient ignorants de Sa
grandeur et ensuite, lorsque le serpent apprit par la femme que Dieu avait dit
quils mourraient sils goûtaient du fruit de larbre
mentionné, ouvrant la bouche, il prononça une troisième
contre-vérité : »Vous ne mourrez pas » Mais Dieu
était vrai et le serpent, un menteur. Cela fut prouvé par le
résultat : la mort passa sur ceux qui avaient mangé en
désobéissant et la désobéissance à Dieu
entraîne la mort. Donc, alors quils avaient été
protégés de la mort, dès ce [moment], ils lui furent
remis.
Dans le jardin dÉden,
Ève sest montrée une personne plus forte qu
Adam
Fragment no 16
Comment est-il possible de dire que le serpent stupide et irrationnel
créé par Dieu fut ainsi doué de raison et de parole ? Il
avait le pouvoir de parler, de discerner, de comprendre et de répondre
à ce qui était dit par la femme. Cela naurait
été rien dempêcher chaque serpent de le faire aussi.
Si cependant, ils disaient encore ce qui était en accord avec la loi
divine et que le serpent avait reçu le don de parler à Ève
avec une voix humaine, ils auraient rendu Dieu auteur du péché.
Il nétait pas possible non plus au mauvais démon de douer
de parole une nature muette et donc, partant de là qui est de ne pas
produire ce qui est. Dans ce cas, il naurait jamais cessé (dans le
but de dévoyer lhomme)de tromper au moyen de serpents,
danimaux et doiseaux. Comment aurait-il pu, étant un animal
obtenir des informations à propos de linjonction de Dieu à
lhomme, à lui seul donnée, et en secret, la femme de
celui-ci nen étant pas même pas avertie ? Pourquoi alors
na-t-il pas préféré attaquer lhomme
plutôt que la femme ?Et si vous dites quil la
attaquée parce quelle était la plus faible des deux,[je
réponds à cela] que du contraire, elle était la plus
forte, puisquelle semble avoir été une aidante de
lhomme dans la désobéissance au commandement. En effet,
elle avait seule résisté au serpent, et, cest après
lavoir retenu pendant un moment et lui avoir fait opposition quelle
a mangé du fruit de cet arbre après avoir été
circonvenue par ruse ; alors quAdam, sans aucun combat ni refus a
partagé le fruit que lui tendait la femme , ce qui est une indication de
la totale imbécillité de son esprit efféminé. Et la
femme en vérité, ayant été défaite dans le
combat par le démon, mérite le pardon . Mais Adam ne
mérite aucun pardon, parce quil a succombé à la
femme, lui qui avait en personne reçu le commandement de Dieu.
Lhistoire dÈve
montre que la mortalité elle-même nest pas une
malédiction, mais une chose naturelle
Fragment no 16, suite. « Mais la femme qui avait entendu le
commandement fait à Adam, le traita avec mépris, parce quil
lui semblait peu crédible que Dieu ait parlé par ce moyen, ou
parce quelle avait ses doutes. Peut-être crut-elle que le
commandement lui avait été donné par Adam de son propre
accord. Le serpent la trouva, travaillant seule de telle sorte quil
était possible de lui parler en aparté. Observant alors
quelle mangeait des fruits de tous les arbres sauf dun, il mit
devant elle le fruit de larbre défendu et, sil la vu
en manger, il est manifeste quelle était lhabitante
dun corps sujet à la corruption.
« Car tout ce qui rentre par la bouche sen va dans les
égouts » - donc, si elle était corruptible, il était
évident quelle était également mortelle. Mais si
elle était mortelle, alors, il ny avait aucune malédiction,
il ny avait pas de jugement de condamnation non plus quand la voix de
Dieu parla à lhomme. «Car tu viens de la terre et tu
retourneras à la terre. ». Cétait là la
véritable façon dont se déroulaient les choses [maintenant
et toujours]. Ensuite encore, si le serpent voyait que la femme ne mangeait
pas, comment pouvait-il la pousser à manger ce quelle navait
jamais mangé ? Et qui a mis en évidence à cet homme
maudit-serpent meurtrier, que la sentence de mort prononcée contre eux
par Dieu ne prendrait pas un effet[immédiat]. Quand Il disait »car
le jour où tu en mangeras, tu en mourras certainement ? » Et ceci
nest pas seulement associé à limpunité
[attendu leur péché], les yeux de ceux qui navaient pas vu
jusqualors, souvriraient. Mais avec louverture [de leurs
yeux], ils faisaient leur entrée sur le chemin de la mort.
La nature et la loi ont fait que la
femme est subordonnée à lhomme
Fragment no 32 « Comment se fait-il que ces deux-ci, (Aron
et Myriam) avaient tous deux agi à lencontre de ce quavait
dit Moïse et que ce fut ce dernier qui fut puni ? Dabord parce
que la femme était la plus coupable et que la loi lavait
placée dans une condition inférieure à celle de
lhomme. Ou peut-être était-ce parce quAron
était excusable jusquà un certain point, parce quil
était le[frère] plus âgé et revêtu de la
dignité de grand prêtre. Alors vu que la lèpre était
déclarée malproprepar la loi, alors quau même moment,
lorigine de la fondation de la prêtrise remontait à Aron [le
Seigneur] ne lui donna pas une semblable punition pour que ce stigmate
nentache pas la race sacerdotale entière ; mais par
[lexemple] de sa sur, Il réveilla ses craintes, et lui
appris la même leçon. En effet, la punition de Myriam
laffecta à un tel point quaussitôt quelle en fit
lexpérience, il implora Moïse et lui dit quil avait
été blessé et quil lui demandait que
laffliction séloigne de lui par son intercession.
»
La mère des enfants de
Zébédée mérite des éloges
Fragment No 55 « Ensuite la mère de
Zébédée et ses fils recherchant des faveurs
limplorèrent ». Parfois la vertu excite notre admiration,
pas seulement parce quon la montre, mais aussi à loccasion,
quand elle se manifeste
Le Sauveur a dit beaucoup de choses en rapport
avec ses souffrances et la croix . Il avait prédit sa passion à
ces gens. Il navait pas caché le fait quelle serait
extrêmement ignominieuse et aux mains des chefs des prêtres.
Cette femme toutefois avait attaché une autre signification à ses
souffrances. Le Sauveur prédisait la mort et elle demandait la gloire et
limmortalité. Le Seigneur disait quil devait être
traduit en justice devant des juges impies, mais elle, elle ne tenait pas
compte du jugement réclamé par le juge : »Accorde,
disait-elle, que mes deux fils puissent être assis à Ta droite et
à Ta gauche dans Ta Gloire ». Dun côté, on
parle de la passion et de lautre, on entend le Royaume. Le Sauveur
parlait de la croix alors quelle envisageait la gloire qui nadmet
pas la souffrance. Cette femme, comme je lai déjà dit,
mérite notre admiration, pas seulement par ce quelle cherchait,
mais pour le motif qui avait provoqué sa requête. »
Les femmes souffrent souvent parce
quelles sont (seulement) femmes
« Elle [la mère des fils de
Zébédée] souffrit vraiment, pas seulement en tant que
personne pieuse, mais aussi comme femme. Elle avait été
instruite par ses paroles, elle considérait et croyait que cela allait
arriver, que le royaume du Christ allait fleurir dans la gloire,
sétendre au monde entier et saugmenter par la
prédication de la piété. Elle avait compris, comme
cétait le cas en fait, que Celui qui était apparu dans des
vêtements modestes avait donné et reçu toutes les
promesses. Je vais rechercher chaque occasion quand jaurai à
parler de cette humilité, pour savoir si le Seigneur rejette sa demande
à propos de son Royaume. Mais elle pensait avoir la même
confiance à lapparition des anges. Il serait administré par
les anges et recevrait laide de tous les hôtes célestes.
Prenant le Sauveur à part, dans un endroit retiré, elle voulait
de Lui avec opiniâtreté ces choses qui dépassent chaque
nature humaine.
Traduction : Françoise Bourguignon


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