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Les femmes ont été considérées comme rituellement impures

Les femmes ont été considérées comme rituellement impures

Comment juger la tradition?
* tradition scripturaire
* tradition dynamique
* tradition ‘latente’
* tradition bien documentée

Tout au long d’un grande partie de l’histoire, surtout en Occident, les femmes ont été considérées comme rituellement impures.

En tenant compte de ce contexte, on ne sera pas surpris de découvrir que la grande majorité des Pères de l’Église, des canonistes, des théologiens et des responsables de l’Église étaient de l’opinion qu’une telle personne ne pouvait être chargée du ministère de l’Eucharistie.

Il est évident que cette prévention culturelle et sociale rend invalide leur jugement sur l’aptitude de la femme à être ordonnée.

La crainte juive de contamination par le sang menstruel

Un texte-clé de l’Ancien Testament sur la souillure durant les périodes menstruelles est le Lévitique 15, 19-30 qui contient les prescriptions suivantes :

* “Quand une femme est atteinte d’un écoulement, que du sang s’écoule de ses organes, elle est pour sept jours dans son indisposition.”
* “Quiconque la touche est impur jusqu’au soir.

* “Tout sur quoi elle s’est couchée en étant indisposée est impur, et tout ce sur quoi elle s’est assise est impur. Quiconque touche son lit doit laver ses vêtements, se laver à l’eau, et il est impur jusqu’au soir. Quiconque touche un objet qui était sur le lit ou la chaise où elle s’est assise, doit laver ses vêtements, se laver à l’eau, et il est impur jusqu’au soir.”
* “Si un homme couche avec elle, elle lui transmet son indisposition : il est impur pour sept jours ; tout lit où il couche est impur.”
* “Quand une femme est atteinte d’un écoulement de sang plusieurs jours en dehors de sa période d’indisposition ou que l’écoulement se prolonge au-delà du temps d’indisposition, son impureté dure aussi longtemps que dure l’écoulement ; elle est impure, tout comme pendant ses jours d’indisposition.”
* “Quand son écoulement a pris fin, elle compte sept jours, et ensuite elle est purifiée. Le huitième jour, elle se procure deux tourterelles ou deux pigeons et les amène au prêtre, à l’entrée de la tente de la rencontre. Le prêtre fait de l’un un sacrifice pour le péché et de l’autre un holocauste ; le prêtre fait sur elle le rite d’absolution de l’écoulement qui la rendait impure.”
* “Vous demanderez aux Fils d’Israël de se tenir à l’écart... pour avoir rendu impure ma demeure qui est au milieu d’eux.”

Ces règles furent  rendues encore plus compliquées et lourdes à porter dans les traditions rabbiniques qui suivirent. Les conséquences pour la femme étaient :

* Chaque mois, il y avait sept ou huit jours durant lesquels elle était rituellement impure.
* Elle devait se purifier à chaque naissance ; après la naissance d’un fils, une mère était impure pour 40 jours ; 80 dans le cas d’une fille (Lévitique 12, 1-8).

Le tabou de la menstruation dans la culture gréco-romaine

Le tabou vis-à-vis des femmes durant la grossesse et durant la menstruation était courant parmi les peuples des siècles pré-chrétiens. Non seulement les femmes étaient considérées comme “impures” durant ces périodes, mais elles risquaient en plus de transmettre leur impureté à d’autres.

“Le contact avec l’écoulement menstruel de la femme rend le nouveau vin aigre, fait se flétrir les récoltes, fait sécher les graines dans les jardins, fait tomber les fruits des arbres, obscurcit la surface brillante des miroirs, émousse l’acier et affaiblit l’éclat de l’ivoire, tue les abeilles, fait oxyder le fer et le bronze, et provoque une horrible odeur qui remplit l’air. Les chiens qui lapent ce sang deviennent fous, et leur morsure devient empoisonnée comme dans le cas de la rage. La Mer Morte contient beaucoup de sel ; celui-ci ne peut être extrait de l’eau sauf avec un fil imbibé du fluide empoisonné du sang menstruel. Le fil d’un vêtement infecté suffit. Le linge, touché par la femme lorsqu’il bout et qu’elle le lave dans l’eau, noircit. Le pouvoir des femmes est si magique durant leurs règles que l’on dit que les orages de grêle et les tourbillons sont éloignés si le sang menstruel est exposé aux éclairs”. Pline l’Ancien, Histoire Naturelle, livre 28, ch. 23, 78-80 ; livre 7, ch. 65.

Les Pères latins et le tabou de la menstruation

Durant les cinq premiers siècles de la chrétienté, les régions faisant partie de l’Église où l’on parlait le grec et le syriaque ont protégé les femmes contre les pires effets du tabou vis-à-vis de la menstruation. La Didascalie, au 3è siècle, explique que les femmes ne sont pas impures durant leur période de menstruation, qu’elles ne devaient pas se soumettre aux ablutions rituelles et que leurs maris ne devraient pas les délaisser. Les Constitutions apostoliques répètent ce message rassurant. En 601, le Pape Grégoire Ier ratifie cette position. Les femmes ayant leurs règles ne devaient pas être écartées de l’église ou privées de la sainte communion. Mais cette position véritablement chrétienne fut, malheureusement, débordée par un préjugé devenant de plus en plus vif au cours des siècles ultérieurs.

Ce sont les Pères latins qui ont réintroduit cette hystérie anti-sexe dans la morale chrétienne. Cela a commencé avec Tertullien (155 - 245) qui déclara que même les mariages légitimes sont “ teintés de concupiscence ”. St Jérôme (347-419) poursuivit dans la même ligne, enseignant que la corruption est attachée à tout ce qui a trait au sexe et aux relations sexuelles, même dans les mariages légitimes. Le mariage, avec le sexe “sale”, n’est venu qu’après la chute. Il ne faut donc pas s’étonner que St Jérôme estime aussi que les “fluides menstruels” rendent la femme impure.

*   Pour devenir un homme, Jésus a dû s’accommoder des “conditions révoltantes” des entrailles .
* En s’abstenant de relations sexuelles, une femme peut devenir “un homme ”.
* Les saintes femmes qui étaient mariées sont saintes parce qu’elles ont vécu comme des vierges .
* La virginité est la condition humaine originale et pure ; le mariage est venu avec le péché .

St Augustin (354-430) n’a pas été meilleur. Le “plaisir” au cours de la relation revenait à la concupiscence, c-à-d aux restes du péché. Même dans le mariage, le sexe est un péché, une “faute vénielle”. Le “plaisir” (= concupiscence) dans la relation est, en fait, le moyen par lequel le péché originel s’est introduit. Car la semence humaine est désormais corrompue. Il est clair pour lui que la femme qui a ses règles ne pourra jamais officier en tant que prêtre à l’autel.

* Les relations sexuelles dans le mariage sont permises compte tenu de la faiblesse humaine, ou pour engendrer des enfants
* Si Adam et Ève n’avaient pas péché, Dieu aurait pu créer des enfants pour eux sans qu’ils aient besoin des relations sexuelles
* Les relations sexuelles dans le mariage qui ne sont pas en vue de la procréation constituent une faute vénielle
* Jésus n’est pas né d’une relation sexuelle, c’est-à-dire de la “chair pécheresse ”
* La honte qui entoure les relations sexuelles prouve qu’elles ont leur origine dans le péché
* La concupiscence, même dans un bon mariage, transmet le péché originel
* Le plaisir de la chair dans le mariage est la conséquence du péché originel
* À cause du péché originel, la semence humaine est corrompue
* Le plaisir sexuel provoqué sur soi-même est un signe de concupiscence, celle-ci étant causée par le péché
* Le plaisir dans le mariage est une maladie
* Dans sa vie conjugale, par rapport à sa femme, un bon chrétien exècre leur lien conjugal comme leurs relations sexuelles
* Le couple chrétien parfait doit vivre comme frère et sœur
* Le “désir sexuel” durant la relation est porteur du péché originel

La pratique de l’Église durant les siècles ultérieurs

Déjà en 241, Dionysius , archevêque d’Alexandrie, écrit pour déclarer que: “la femme qui a ses règles ne doit pas s’approcher de la Sainte Table, ni toucher le Saint des Saints, ni aller dans une église, mais doit prier ailleurs.” Ceci est une rare prise de position dans la partie orientale de l’Église qui, après tout, comptait des femmes diacres qui servaient dans tous les diocèses.

Le vrai problème a surgi en Occident, dans les diocèses parlant latin d’Afrique du Nord, d’Italie, de Gaule et d’Angleterre.

* Le concile local de Carthage en Afrique du Nord (après 345) introduisit des règles qui imposaient l’abstinence de relations sexuelles pour les évêques, prêtres et diacres.
* Des conciles locaux en France : Orange (441) et Épaone (517) décrétèrent qu’aucune femme diacre ne pouvait être ordonnée dans leur région. La raison en était la crainte que les femmes ayant leurs règles ne souillent le sanctuaire.
* Le Pape Gélase I er (494) s’opposa à ce que des femmes servent à l’autel.
* Le Synode diocésain d’Auxerre (588) décréta que les femmes devaient se couvrir les mains d’un linge “dominical” pour recevoir la communion.
* Le Synode de Rouen (650) interdit aux prêtres de remettre le calice dans les mains d’une femme ou de lui permettre d’aider à distribuer la communion.
* L’évêque Timothée d’Alexandrie (680) stipula que les couples devaient s’abstenir de relations sexuelles les samedis et dimanches avant de recevoir la communion ainsi que le jour. Les femmes ayant leurs règles ne pouvaient recevoir la communion, ne pouvaient être baptisées ni visiter une église à Pâques.
* L’évêque Théodore de Canterbury (690), ignorant la lettre du Pape Grégoire le Grand adressée à son prédécesseur, interdit aux femmes ayant leurs règles de visiter une église ou de recevoir la communion. Les femmes restaient impures durant les 40 jours après avoir mis au monde un enfant.
* L’évêque Théodulfe d’Orléans (820) interdit aux femmes d’entrer dans le chœur. Il déclara également que : “Les femmes doivent se rappeler leur infirmité, et l’infériorité de leur sexe : et par conséquent elles doivent prendre garde de ne toucher aucune des choses sacrées qui sont liées au ministère de l’Église.”

Les théologiens scolastiques et l’impureté rituelle de la femme

La rhétorique à l’encontre de l’impureté rituelle présumée des femmes se poursuivit grâce aux théologiens du Moyen Âge.

* Les femmes ne sont pas autorisées à visiter une église durant leurs règles ou après un accouchement. Car la femme est un animal qui a ses règles. Si son sang touche des fruits, ils ne mûriront pas. La moutarde perd sa saveur, l’herbe se dessèche et l’arbre perd ses fruits avant terme. Le fer rouille et l’air s’assombrit. Lorsque les chiens en mangent, ils attrapent la rage.” Paucapalea, Summa, Dist. 5, pr. § 1 v.
* Les femmes ne peuvent pas porter la communion aux malades et doivent rester en dehors de l’église après un accouchement. La raison en est : “Car ce sang est impur et détestable, comme déjà Julius Solinus l’a écrit dans son livre sur les miracles dans le monde, parce qu’à cause de son contact les fruits ne mûrissent pas, les plantes se dessèchent, l’herbe jaunit, les arbres perdent leurs fruits, l’air s’assombrit, si les chiens en mangent, ils attrapent la rage... Et les relations sexuelles au moment des règles sont très dangereuses. Non seulement parce qu’à cause de l’impureté du sang le désir d’avoir des contacts avec une femme ayant ses règles doit être refoulé : d’une telle relation pourrait naître un fœtus manqué.” Rufinus, Summa Decretorum, passim.
* Les femmes ne peuvent pas toucher les vases sacrés. La naissance d’un enfant amène une double malédiction : “Il y a deux commandement dans le (Ancien) Testament, l’un concernant la mère qui met au monde un enfant, l’autre touchant l’accouchement lui-même. Concernant la mère qui met au monde un enfant, quand elle donne naissance à un enfant mâle, il lui est interdit pendant quarante jours, en tant que personne impure, d’entrer dans le Temple : la raison en est que le fœtus, conçu dans l’impureté, est réputé être resté sans aucune forme pendant quarante jours. Mais si le nouveau-né est une fille, la période est doublée, car le sang de la menstruation, qui accompagne la naissance, est considéré tellement impur que, comme Solinus le déclare, les fruits se dessèchent et l’herbe jaunit à son contact. Mais pourquoi la période est-elle doublée dans le cas d’une fille ? Réponse : parce qu’une double malédiction pèse sur la croissance féminine. Car elle est soumise à la malédiction qui a frappé Adam et aussi le : “Tu enfanteras dans la douleur” (=  punition). Ou, peut-être, parce que, comme la science des médecins le révèle, les fœtus de sexe féminin demeurent sans forme à la conception deux fois plus longtemps que les fœtus de sexe masculin.”  Sicardus de Crémone, Mitrale V, ch. 11.

La prétendue “impureté rituelle” de la femme provoqua de nombreuses interdictions dans le Droit canon

La prétendue “impureté rituelle” de la femme a fait son entrée dans le Droit canon avec le Décret de Gratien (1140), qui devint en 1234 la loi officielle régissant l’Église, une partie essentielle du Corpus Iuris Canonici qui resta en vigueur jusqu’en 1917.

* Les femmes ne peuvent distribuer la communion
* Les femmes ne peuvent enseigner dans l’église
* Les femmes ne peuvent ni enseigner, ni baptiser
* Les femmes ne peuvent toucher les objets sacrés
* Les femmes ne peuvent ni toucher ni revêtir les vêtements sacrés

Les interdictions rituelles concernant la femme dans le Corpus Iuris Canonici (1234 - 1916) sont par exemple :
* Les femmes ne peuvent être ordonnées
* Une femme ne peut normalement pas baptiser
* Une femme ne peut toucher le corporal
* Les femmes ne peuvent recevoir la communion durant leurs règles
* Les femmes doivent recevoir la communion dans la main sur un “drap de communion” ou sur la langue
* Pour recevoir la communion, les femmes doivent être voilées
* Les femmes ne peuvent faire partie d’une chorale à l’église

La ridicule interdiction faite aux femmes de “chanter dans une église” fut réitérée plus d’une fois par la Sacrée Congrégation pour la Liturgie. Les filles ou les femmes ne pouvaient être membres d’aucune chorale d’église (décret du 17 septembre 1897). “Les femmes ne peuvent faire partie d’une chorale; elles appartiennent au rang des laïcs. Des chorales composées uniquement de femmes sont totalement interdites, excepté pour des raisons sérieuses et avec l’autorisation de l’évêque” (décret du 22 novembre 1907). “Toute chorale mixte, composée d’hommes et de femmes, même s’ils restent loin du chœur, est totalement interdite.’ (Décret du 18 décembre 1908).

Le Codex Iuris Canonici, promulgué en 1917, contient les canons ci-dessous reposant sur l’impureté rituelle présumée de la femme :

* Les femmes constituent le dernier choix comme ministre du baptême
* Les femmes ne peuvent pas distribuer la sainte communion
* Les filles ou les femmes ne peuvent être servants de messe à l’autel
* Seuls les hommes peuvent recevoir les Ordres Sacrés
* Les femmes doivent avoir un voile sur la tête à l’église
* Les linges sacrés doivent d’abord être lavés par des hommes avant d’être manipulés par des femmes
* Les femmes ne peuvent pas prêcher à l’église
* Les femmes ne peuvent pas lire les Écritures Saintes dans une église

Revirement en 1983 ?

Le nouveau Code de Droit canonique (1983) apporte plusieurs améliorations en ce qui concerne le statut de la femme dans l’Église. Alors qu’il maintient l’interdiction de l’ordination des femmes, et qu’il réserve les ministères de lecteur et d’acolyte aux seuls hommes, il inverse cependant enfin la position de l’Église en déclarant que “par délégation temporaire” elles peuvent accomplir dans l’Église les ministères suivants :

* Les femmes peuvent être lecteurs des Écritures Saintes durant les célébrations liturgiques ;
* Servants de messe ;
* Commentateurs durant l’Eucharistie ;
* Prédicateurs de la Parole ;
* Chantres et choristes, soit en solo ou comme membres d’un chœur ;
* Présidents de célébrations liturgiques ;
* Ministres du baptême ;
* Distributeurs de la Sainte Communion

Avec ces modifications dans le Droit canon, traduites dans la pratique, l’Église officielle a finalement reconnu, dans un certaine mesure, que le préjugé à l’égard des femmes concernant leur “impureté rituelle” n’était pas fondé. Pourquoi alors les autorités religieuses n’en tirent-ils pas la conclusion évidente que leur objection à l’ordination des femmes, laquelle était interdite en fonction du même préjugé, au moins en partie, est nulle.

Dans le passé, beaucoup de Pères de l’Église, de canonistes, de théologiens et de responsables de l’Église étaient de l’opinion que les femmes ne pouvaient être ordonnées prêtres à cause de leur menstruation qui les rendaient “rituellement impures”.

Puisque les femmes n’étaient pas autorisées à s’approcher de l’autel, de toucher les linges d’autel ou les vases sacrés, qu’elles ne pouvaient entrer dans une église durant leurs règles ou après un accouchement, et ainsi de suite, comment pouvaient-ils imaginer une femme présidant l’Eucharistie à l’autel ?

Par conséquent, il est indéniable que leur opposition aux “femmes prêtres” reposait, dans une grande mesure, sur le préjugé que les femmes constituaient un danger rituel.

Il est évident que cette prévention culturelle et sociale rend invalide leur jugement sur l’aptitude de la femme à être ordonnée.

Texte de John Wijngaards.
Traduction française par Jacques Dessaucy.


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