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Ma démission du ministère sacerdotal
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Ma démission du ministère sacerdotal

Au cours de mon ministère sacerdotal, j’ai commencé à entrer en conflit avec les autorités romaines aussi bien sur des questions théologiques qu’à propos de mon ministère pastoral.

Quand Rome a déclaré que quiconque défend l’ordination des femmes “n’est plus en pleine communion avec l’Église catholique”, j’ai dû démissionner de mon ministère sacerdotal.

Les premiers conflits

Ma première opposition fut suscitée par l’interdiction par le pape Paul VI du recours aux moyens contraceptifs dans son encyclique Humanae Vitae. J’étais à l’époque en Inde où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté c’est-à-dire vit avec moins d’une roupie par jour ! Je fus l’un des théologiens qui exprima avec force son désaccord avec le Pape comme le montrent les extraits des articles que j’écrivis alors pour le journal indien New Leader en 1972 et 1973.

Et aussi à propos du mariage : j’ai fait ressortir que l’Église avait reçu du Christ l’autorité nécessaire pour prendre des décisions concernant les questions de divorce et de remariage selon des voies plus adaptées au monde d’aujourd’hui. Lisez : “Do Jesus Words on Divorce (Luke 16:18) Admit of No Exception ?” [Les mots de Jésus à propos du divorce (Luc 16, 18) n’admettent-ils aucune exception ?], dans le magazine de théologie Jeevadhara vol. 4 (1975) pp. 399-411.

J’ai pris une part active à l’adaptation de l’eucharistie à la culture indienne qui a fait d’énormes progrès en Inde après Vatican II. Je disais moi-même habituellement la messe selon le style indien (assis sur le sol jambes croisées, avec des gestes à l’indienne et revêtu d’un châle safran), à la fois en paroisse le dimanche et pour des groupes d’étudiants au Grand Séminaire. J’étais conseiller du Comité National de Liturgie et je savais avec quel sens des responsabilités les nouvelles adaptations avaient été pensées et préparées. Aussi, comme beaucoup en Inde, j’ai été consterné lorsque, en 1975, Rome a tout à coup interdit d’accomplir deux pas supplémentaires : la lecture de textes spirituels indiens au cours de la messe et l’utilisation de la prière eucharistie indienne qui avait été composée avec un soin extrême.  J’ai protesté dans l’article “Authentic Christian Worship in India. A Search and a Struggle” [“Un culte authentiquement chrétien en Inde. Une quête et une lutte”], The Outlook, vol. 15 (1977), pp.134-138.

En tant que citoyen hollandais, j’ai assisté avec colère et incrédulité à la mise au pas de l’Église hollandaise par Rome. Aucun autre partie de l’Église catholique n’avait répondu avec autant d’enthousiasme à Vatican II. Le Congrès pastoral organisé par les évêques avait reçu l’appui de tous. Des congrégations religieuses et des organisations catholiques avaient publié des études très sérieuses. Quinze mille groupes de discussion (!), provenant de 1.800 paroisses hollandaises, se sont réunis régulièrement et quelque 4500 comités traitèrent les interventions écrites envoyées à des “boîtes aux lettres”diocésaines. Les médias avaient assuré une couverture complète et suivie de ce processus. La réaction de Rome fut de rogner les pouvoirs du Congrès pastoral, d’attaquer les principaux théologiens, de nommer des évêques conservateurs et de mettre sur une voie de garage le cardinal Alfrink qui s’est vu refuser pendant deux ans une audience avec le Pape ! Lisez mes articles “Towards an Adult Faith” [“Vers une foi adulte”] et “That Dutch Church” [“Cette Église hollandaise”] dans The Tablet vol. 234 (1980) pp. 7-10 et vol. 238 (1984) pp. 181-183.

Comme Vicaire Général des Missionnaires de Mill Hill, en tant que responsable des membres de cette Société, j’ai évidemment été confronté au problème du célibat sacerdotal. Dans de nombreux cas, j’ai été le témoin de la ruine de vies sacerdotales très respectables en raison de la politique intransigeante de Rome en la matière. J’ai exprimé mon opinion dans le Catholic Herald en 1987.

Les femmes prêtres

En préparation du Séminaire national indien sur les niveaux ministères demandé par Vatican II, j’ai entamé mes recherches sur la place de la femme. C’était en 1975-1976. J’ai été très surpris de découvrir qu’il n’existait aucune objection valable dans l’Écriture ou la Tradition à l’ordination sacerdotale des femmes. Les résultats de mes recherches furent publiés sous le titre “The Ministry of Women and Social Myth” [“Ministère féminin et mythe social”] dans New Ministries in India, éd. D.S. Amalorpavadass, Bangalore, 1977.

En 1976, lorsque la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a rendu publiques ses raisons de rejeter l’ordination sacerdotale des femmes, j’ai publié une réfutation de ses arguments dans Did Christ Rule Out Women Priests ? [Le Christ a-t-il refusé les femmes prêtres ?]. Cette brochure, qui a reçu l’Imprimatur, a été reproduite en un certain nombre de langues, dans de nombreux pays. La dernière édition, enrichie, est parue au Royaume-Uni en 1986. Depuis peu, elle est disponible sur Internet (). Je suis par ailleurs membres de diverses associations qui luttent pour l’ordination des femmes dans l’Église catholique : CWO (Catholic Women’s Ordination), l’Alliance Internationale Jeanne d’Arc et le Canon 1024 Mailing List. J’ai continué à écrire sur la question, en dépit de la tentative de Rome d’interdire la recherche théologique ou le débat à ce sujet (voir mon article “Thérèse and the Question of the Ordination of Women” [“Thérèse et la question de l’ordination des femmes”] paru dans Mount Carmel (novembre 1997) et dans The Catholic Citizen (mars 1998).

Récemment, Jean-Paul II a publié une Lettre apostolique déclarant que le débat sur la question de l’ordination sacerdotale des femmes était clos (Ordinatio Sacerdotalis, 22 mai 1994).  Quand, en 1998, Rome déclara que ceux militant pour l’ordination des femmes n’étaient plus  “en pleine communion avec l’Église”, j’ai eu un grave problème de conscience. Ma démission d’un ministère sacerdotal actif devenait inévitable. Voyez mon communiqué de presse du 17 septembre 1998.

J’ai tenté d’en expliquer les raisons dans un rapport adressé à mon entourage. Suite à l’avalanche de lettres qu’il a déclenchée, j’ai rassemblé une liste de réponses aux questions le plus fréquemment posées.

Texte de John Wijngaards.
Traduction française par Jacques Dessaucy.

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