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WOW 2001 Address - John Wijngaards - French

Women's Ordination Worldwide
première conférence internationale

Dublin 2001

Traduction: Jacques Dessaucy

[English] [Français]

Discerner la Nouvelle Création de l'Esprit

John Wijngaards

Réflexions pour une stratégie

Je ne sais pas si vous connaissez l'histoire, inventée bien sûr, de la Congrégation de la doctrine de la foi réunie d'urgence à Rome. "Nous faisons tout ce qui est possible" déclare un monsignore , "mais beaucoup de fidèles dans l'Église croient encore que les femmes peuvent être ordonnées. Nous avons interdit toute discussion sur ce sujet. CartoonNous ne nommons que des évêques qui s'engagent à ne pas promouvoir les femmes prêtres. Les curés doivent prêter un serment de fidélité. Les théologiens qui parlent franchement du sujet sont sur une liste noire et sont expulsés de leur congrégation ou interdits d'enseignement. Cela ne semble pourtant pas arranger les choses."
- "Nous pourrions brûler leurs livres", suggéra un consulteur.
- "Nous l'avons fait. Mais cela leur fait une publicité non souhaitable."
- "Nous pourrions demander au Pape d'écrire une autre encyclique sur les femmes", suggéra quelqu'un d'autre.
- "Cela n'aidera en rien. Après Mulieris Dignitatem, les deux tiers des Catholiques estiment que des femmes feraient d'excellents prêtres !"
- "Alors, nous n'avons pas le choix ", soupira le Préfet de la Congrégation. " Nous devons cesser de baptiser les femmes." 1

Et maintenant, où allons-nous ?

Ceux qui sont opposés à l'ordination des femmes prétendent habituellement que ce désir d'ordination découle du mouvement actuel visant à obtenir l'égalité des droits pour les hommes comme pour les femmes. Ce point de vue présente la demande d'ordination des femmes comme une idée innovatrice et moderne, une invention profane, l'intrusion du principe profane d'égalité sociale dans l'enceinte sacrée de la liturgie, une capitulation face aux véhémentes manœuvres d'intimidation féministes. Inter Insigniores l'impute à la fois à l'émancipation féminine et à la pression œcuménique des autres Églises.2 Mais s'il est vrai que le climat d'émancipation sociale a poussé à soulever la question de l'absence de femmes dans les ministères, la véritable origine de cette exigence réside dans notre baptême commun.

Depuis Vatican II, l'arrivée des théologiennes a apporté une nouvelle dimension dans l'Église. Elles ont commencé à mettre systématiquement à jour les inégalités entre les hommes et les femmes dans tous les domaines de la vie de l'Église : dans le culte comme dans la spiritualité, dans la paroisse comme dans les foyers, dans la théologie comme dans le Droit canonique...3 Elles ont examiné à frais nouveaux le rôle des femmes dans l'Église primitive et en ont tiré les conséquences en ce qui concerne l'exégèse du Nouveau Testament.4 Elles ont étudié en détail comment vivaient les femmes au cours des différentes périodes de l'histoire de l'Église.5 Dans une perspective féminine, elles ont apporté un nouvel éclairage en matière de langage liturgique, d'images et de symbolisme chrétiens.6 Mais aucune de ces théologiennes, à ma connaissance, ne prétend que l'égalité des hommes et des femmes dans le Christ découle des droits civils ou de droits de nature profane. Nous devons faire la distinction entre les influences extérieures exercées sur une doctrine et sa source chrétienne. (Voir schéma n° 1).

Le Concile Vatican II reconnaît que l'Église devrait être attentive à ce que nous dit la société. Nous devons être attentifs aux signes des temps. Le Concile nous demande de "discerner dans les événements, les exigences et les requêtes de notre temps, auxquels il [le Peuple de Dieu ] participe avec les autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu."7 Le Concile partage la préoccupation de la société actuelle pour l'égalité des droits et il souligne que l'émancipation des femmes est une cause importante. "En vérité", déclare le Concile, "il est affligeant de constater que ces droits fondamentaux de la personne ne sont pas encore partout garantis. Il en est ainsi lorsque la femme est frustrée de la liberté de choisir librement son époux ou d'élire son état de vie, ou d'accéder à une éducation et à une culture semblables à celles que l'on reconnaît à l'homme."8 Il reste qu'effectivement l'émancipation de la femme dans la société fait pression sur l'Église. Elle force les Catholiques à répondre à la question : "Pourquoi refuse-t-on le sacrement de l'ordination aux femmes dans l'Église ?"9 Mais ces justes incitations extérieures ne justifient pas en elles-mêmes la demande que les femmes soient ordonnées.

Cette demande vient de notre baptême commun en Christ. Car il n'y a rien qui distingue le baptême d'un homme de celui d'une femme. Comme le dit Paul : "Oui, vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n'y a plus l'homme et la femme... car tous, vous n'êtes qu'un en Jésus Christ " (Gal 3, 26-28). Puisque nous ne vivons plus à l'époque de l'Ancien Testament, nous ne réalisons pas combien ce fait est important. Les Israélites étaient le Peuple de Dieu, oui, mais les hommes l'étaient plus que les femmes. Les hommes ne dominaient pas seulement dans leur foyer et dans la société. En matière de religion, les hommes jouissaient d'un statut privilégié. Seuls les hommes étaient circoncis. L'alliance avait été conclue directement avec eux. Les femmes faisaient partie de l'alliance par l'intermédiaire de leur père ou de leur mari. Les hommes devaient sacrifier au Temple. Les femmes pouvaient y participer si elles le souhaitaient, mais à une certaine distance. Le Christ a détruit cette discrimination fondamentale.10

Les hommes comme les femmes meurent à égalité avec le Christ et ressusciteront avec lui pour une vie nouvelle. Hommes et femmes, chacun de la même manière, partagent en Christ la dignité de prêtre, de prophète et de roi. L'accès des femmes au ministère ordonné découle du sein du sacrement de baptême lui-même. La revendication d'une égalité sociale peut nous avoir réveillés. La réalité de l'égalité dans l'alliance du Christ a toujours existé.

La demande que soit autorisée l'ordination des femmes surgit du centre de notre foi catholique.

Si nous voulons établir une stratégie, ceci a d'importantes conséquences. Chacun des différents groupes qui forment Women's Ordination Worldwide a déjà consacré beaucoup de temps à établir des stratégies concrètes et des propositions pratiques. J'estime que je dois formuler certains aspects importants de cette stratégie qui pourront nous faire avancer vers notre objectif commun. Sans prétendre être exhaustif, je vais proposer quatre principes qui, je pense, vont mener à une discussion fructueuse.

Principe n° 1. Le mouvement pour l'ordination des femmes doit se positionner carrément au cœur de l'Église.

  1. L'ordination des femmes prêtres est un aspect d'une réforme beaucoup plus générale de l'Église.
    Le besoin même d'une réforme ne se limite pas à la question de l'ordination des femmes. D'autres questions y sont liées : la réforme pastorale des ministères, la participation des laïcs à l'administration de l'Église, la morale sexuelle (y compris un usage responsable de la contraception, le célibat optionnel, une réévaluation de l'homosexualité), plus de coresponsabilité à tous les niveaux (conférences épiscopales, diocèses, paroisses), etc. Bien que l'ordination des femmes soit une cause très valable en soi, sa réalisation effective exige une réforme structurelle dans de nombreux autres domaines de la vie de l'Église.

  2. Ce mouvement concerne toutes les parties de l'Église.
    La différence entre un mouvement et une association est que le premier exerce une influence sur la société de différentes manières comme le levain transforme la pâte. Tous les membres du Peuple de Dieu : le Pape, les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses ainsi que les laïcs doivent redécouvrir l'égalité des hommes et des femmes dans le Christ. Nous ne seront pas satisfaits tant que toute la communauté des fidèles, conduite par ses pasteurs, ne reconnaîtra pas que les femmes doivent être admises à l'ordination.

  3. Le mouvement vise à transformer l'Église de l'intérieur.
    La participation pleine et entière des femmes à tous les ministères exige une révision du Droit canonique, une réforme de la formation dans les séminaires, des structures ecclésiastiques et de la pastorale.

  4. Le mouvement doit rester carrément au sein de l'Église.
    Nous ne pouvons pas tolérer que le mouvement en faveur de l'ordination des femmes soit mis à l'écart ou même pire : jeté sur un tas d'ordures hors de l'Église. C'est ce que nos opposants aimeraient voir se passer : en finir avec nous comme on repousse une invasion d'extra-terrestres, on élimine une infection, on enlève une excroissance.

    En d'autres termes, nous voulons que des femmes soient ordonnées prêtres parce que nous sommes Catholiques et que nous savons que l'ouverture de l'ordination des femmes correspond à nos convictions les plus profondes en tant que Catholiques. En aucun cas, nous ne nous laisserons pousser en dehors de la communauté catholique.

On m'a raconté que, le siècle dernier, Cartoonun de mes ancêtres hollandais s'est disputé avec son curé, un conflit qui a duré 20 ans. La raison en était que le curé faisait payer les chaises de l'église paroissiale, les premiers rangs coûtant plus cher. Dimanche après dimanche, mon ancêtre, Klaas Wijngaards, restait debout au fond de l'église. Un jour, le curé l'interpella de la chaire :
"Pour l'amour de Dieu, Klaas, pourquoi: n'avances-tu pas puis t'asseoir?"
Klaas refusa.
"Si c'est ainsi, sors de l'église et rentre chez toi!"
"Je ne peux pas" cria Klaas. "C'est mon église autant que la vôtre!"

Mais si nous ne voulons pas que les autres nous poussent dehors, nous-mêmes devons éviter de faire ce qui pourrait nous exclure de la communauté de l'Église. Je fais allusion en particulier à une initiative visant à faire ordonner des femmes par des évêques qui ne soient pas en communion avec l'Église catholique.
Je ne parle pas ici de certaines femmes qui peuvent avoir discerné que, dans leur cas particulier, leur vocation sacerdotale pèse plus que leur appartenance à l'Église catholique. Étant donné qu'actuellement on ne voit guère quand une telle ordination pourra être admise dans l'Église catholique, je peux comprendre que des femmes puissent avoir des motifs valables pour se faire membres d'une Église sœur et de se proposer d'y exercer un ministère. Elles devraient avoir notre soutien inconditionnel. Mais ceci est tout à fait différent d'organisations promouvant l'ordination des femmes en tant que telles en soutenant l'ordination de femmes par un "évêque extérieur". Une telle initiative est à rejeter pour différentes raisons :

La vérité nous rendra libres

Ceux qui mènent campagne en faveur de l'ordination des femmes pensent parfois que battre le tambour en faveur des droits des femmes va rallier les opposants. Mais sera-ce le cas ? Ne sous-estimons-nous pas la force des mécanismes de défense ? Le fait que Marie ait été ridiculisée par les Protestants au cours des siècles précédents ne s'est-il pas traduit par un regain de ferveur parmi les Catholiques ? N'avons-nous pas pu constater dans les écoles que forcer les élèves à assister à la messe a eu pour effet qu'ils en sont venus à détester la messe ? Une intervention extérieure ne s'est-elle pas souvent traduite par l'effet opposé à celui souhaité ? (voir schéma n° 2).

N'oublions pas que l'opposition à l'ordination des femmes repose essentiellement sur un préjugé. Comme l'ont montré des études de psychologie, le préjugé se nourrit de son propre système de raisonnement. Le préjugé justifie l'hostilité qu'il exprime par des arguments qu'il prétend raisonnables. "Un préjugé est une attitude émotionnelle qui conduit à sélectionner certains faits sur lesquels mettre l'accent, tout en en occultant d'autres."12 Le préjugé repose sur une "évidence erronée, décalée, qui opère une sélection".13 La prévention contre les Noirs américains (les "Noirs"), par exemple, repose sur l'idée qu'ils forment une race inférieure, qu'ils sont moins intelligents, insouciants, imprévisibles.14

En ce qui concerne les préjugés contre les femmes prêtres, les arguments tout faits remontent au Moyen Âge.Ne partez pas encore, Seigneur ! Vous n'avez pas fixé tous les détails ! "Jésus n'a pas voulu de femmes prêtres. L'Église n'a jamais admis de femmes à l'ordination, etc." Les arguments appelés à étayer un préjugé doivent être pris au sérieux car la première chose à faire pour détruire un préjugé dans la tête de ceux qui en sont victimes est qu'ils en viennent à reconnaître que la base sur laquelle ce préjugé repose est erronée. Cela demande de remettre en question la validité de leurs raisons et des justifications "logiques" qu'ils avancent. Surmonter la prévention à l'encontre des Noirs, par exemple, demande que soient reconnues leur intelligence, leur force de caractère et leur honnêteté. Les évêques, les prêtres et les laïcs qui pensent que c'est Jésus qui a exclu les femmes, doivent être amenés à prendre conscience de la vacuité de cette idée. Et leur affirmation suffisante que "cela n'a jamais été fait" peut être démolie par les preuves irréfutables que des femmes ont déjà reçu le sacrement de l'ordre puisqu'elles ont été ordonnées au diaconat selon le rite d'une ordination tout à fait sacramentelle.

Le besoin d'un effort concerté afin de diffuser une information correcte découle également du comportement des groupes sociaux lorsque ceux-ci sont confrontés à une critique venant de l'extérieur. Pensez à "l'endocrinement en groupe", un phénomène bien connu que l'on trouve dans les sectes actuelles lesquelles tentent d'immuniser leurs membres en leur inculquant leur propre vision du monde. Au cours des siècles, l'Église a souvent agi de façon similaire. En raison de la propagande protestante et même la persécution dans certains pays, l'Église de la Réforme catholique s'est constituée en forteresse "afin de protéger les fidèles". Elle a produit des catéchismes en vue de répondre aux attaques de ses opposants (voir schéma n° 3). Une évolution semblable se produit actuellement.

Les responsables de l'Église sont bien conscients de la pression exercée par l'émancipation des femmes au sein de la société. Au cours des trente dernières années, ils ont élaboré une idéologie officielle qui s'efforce d'expliquer "pourquoi la conception catholique est différente". Pour les gens qui se sentent pas très solides dans leur identité catholique, la "position officielle" est confortable à défendre. Il n'est pas rare, par exemple, de défendre l'interdiction d'ordonner des femmes en faisant appel aux arguments traditionnels.15 Ils ont besoin de ces arguments pour expliquer à eux-mêmes d'abord puis aux autres que l'exclusion des femmes du ministère n'est nullement une négation de leur dignité ou de leur égalité avec les hommes au sein de l'Église.

Il faut noter que l'argument de l'égalité des droits des deux sexes ne convainc nullement de telles personnes. Leur réaction sera : "Alors quoi ? Ce n'est pas un problème d'égalité de droit. C'est Jésus qui l'a voulu ainsi. Et il avait de bonnes raisons."

Les conséquences de tout ceci sont claires :

Principe n° 2. Le mouvement en faveur de l'ordination des femmes doit promouvoir un programme d'éducation au changement. (voir schéma n° 4)

  1. Nos collaborateurs actifs doivent être soigneusement informés de manière à pouvoir agir comme animateurs.

    Il ne suffit pas pour nos membres militants de soutenir l'ordination des femmes à partir de l'axiome de "l'égalité dans le Christ" (aussi valable que cet axiome fondamental puisse être). Ils doivent connaître les arguments pour et contre.

    • Aucun dialogue avec les membres de l'Église fidèles à la "tradition" n'est possible sans comprendre la façon dont ils raisonnent. On peut le regretter mais nos animateurs doivent être familiers avec les motifs principaux selon lesquelles les femmes se voient interdire l'ordination et les raisons théologiques qui invalident ceux-ci. (Voir schéma n° 7 ).
    • Les animateurs doivent connaître parfaitements les arguments tirés des Écritures et de la Tradition qui militent en faveur de l'ordination des femmes. Ils doivent aussi être rompus à la stratégie. (Voir schéma n° 8).
    • La bibliothèque catholique sur Internet spécialiste de l'Ordination des femmes offre déjà un petit cours sur la question de la femme prêtre lequel traite des principaux domaines en discussion.

  2. Via les médias, le grand public peut prendre part une discussion sur base solide.

    Nous vivons à l'ère des médias et les gens reçoivent la "vérité" des médias. Heureusement, les médias portent de l'intérêt au conflit relatif à l'ordination des femmes (ils adorent les conflits) mais ils ont tendance à monter en épingle la question de l'égalité des droits dans le sens : "L'Église catholique est le dernier bastion où les hommes dominent". Si cela peut se révéler exact, cette angle d'attaque déclenche des mécanismes de défense dans l'esprit de nombreux Catholiques. Il est donc important que les arguments théologiques visent juste.

    • Des documents, des débats publics en panel, des interviews, des articles solides peuvent susciter une saine prise de conscience des véritables problèmes religieux en jeu et du manque de solidité des affirmations traditionnelles.
    • Il faut organiser ces initiatives avec l'aide de professionnels des médias. Trop souvent nous sommes à la merci de la façon dont les médias envisagent les choses.

  3. Nous devons faire en sorte que la discussion se poursuive entre les leaders d'opinion dans l'Église.

    Dans l'Église catholique, les principaux leaders d'opinion sont : les évêques, les prêtres, les responsables de publications, les écrivains, les conférenciers et les enseignants. Toutes les membres de ces catégories appartiennent à certaines organisations et ont des réunions régulières. Nombre de ces leaders d'opinion sont sympathiques à la cause de l'ordination des femmes, mais ils ont besoin d'être stimulés pour mettre la question à l'ordre du jour.

    • Partout où c'est possible, nous devons organiser des séminaires, des ateliers et des colloques sur l'ordination des femmes.
    • Nous devons demander aux diverses organisations de consacrer une de leurs rencontres (par exemple, leur assemblée annuelle) à ce sujet.

  4. Nos animateurs devraient donner des "cours" de prise de conscience au niveau local.

    La plupart des paroisses comptent des groupes de prière, des groupes bibliques, organisent des réunions pour l'Avent ou le Carême qui sont susceptibles d'accueillir un tel cours. Pareil pour les associations féminines et masculines.

    • Une série de réunions (par ex. cinq soirées) pourraient être mises sur pied par un animateur local durant lesquelles les différents aspects du problème seraient exposés puis discutés. Une documentation adéquate devrait être préparée : un petit guide, des documents à consulter et les vidéos les accompagnant.
    • Les institutions qui dispensent une formation théologiques à l'intention des prêtres, des religieux ou des laïcs devraient proposer des cours centrés sur la question de la femme prêtre.

  5. Nos programmes de formation doivent aussi inspirer la confiance.

    Se battre contre les structures patriarcales ressemble souvent à un combat pour une cause perdue. Bientôt se manifestent des signes de découragement. Les participants doivent à la fois diposer d'une documentation valable et reposer sur une solidarité mutuelle. L'Église a affronté ce genre de crise dans le passé et des réformes ont été accomplies. Nous pouvons avancer avec la ferme conviction que ce pourquoi nous œuvrons et nous prions deviendra un jour réalité.

Susciter des expériences contraires

La psychologie nous apprend une autre leçon : fournir une information correcte ne suffit pas. Les préjugés ont la plus grande chance de se propager et de fleurir grâce à ce qu'on a appelé la "distance sociale". Ils peuvent être détruits en suscitant la familiarité. (Voir la moitié inférieure du schéma n° 2).

Restons-en à l'exemple déjà évoqué des Afro-Américains puisque le phénomène a été amplement étudié : les gens qui ont des préjugés envers les Noirs en comptent rarement parmi leurs amis intimes. Dans ce contexte, les psychologues distinguent six niveaux de proximité : (1) liens de parenté par mariage ; (2) amis personnels ; (3) voisins ; (4) collègues de travail ; (5) émigrants et (7) étrangers visitant le pays. Une recherche datant de 1928 montre que les Américains blancs moyens admettraient des Anglais ou des Canadiens dans leur cercle familial et parmi leurs amis, seraient hésitants vis-à-vis d'Espagnols, d'Italiens et de Juifs et ne pourraient supporter des Nègres, des Chinois ou des Indiens. D'autre part, une fois que des individus appartenant à ces peuples suspects étaient admis dans leur intimité, les préjugés disparaissaient plus aisément.16

Je ne sais pas si vous connaissez l'histoire de ce chirurgien qui arrive en retard à l'hôpital, fonce vers la salle d'opération où se trouve un jeune homme qui doit subir une intervention d'urgence. En voyant le patient, le chirurgien s'exclame : "Mais c'est mon fils !" Le patient ouvre les yeux et dit : "Salut, m'man !" - Surpris ? C'est que nous ne sommes pas habitués à penser aux chirurgiens comme étant des femmes. Et que penser du jeune homme qui dirait : "Salut, m'man !" à une évêque ?

Le mot-clé ici est familiarité. Les Catholiques sont habitués à toujours voir des hommes officier à l'autel ; au niveau diocésain et en paroisse, seuls les hommes prennent les décisions. Nous associons inconsciemment les fonctions liturgiques aux hommes. Plus nous verrons de femmes assumer des rôles se rapprochant du ministère sacerdotal, plus nos résistances psychologiques internes se réduiront.

Principe n° 3. Le mouvement en faveur de l'ordination des femmes devrait promouvoir toutes les initiatives visant à donner plus de responsabilités aux femmes dans l'Église. (Voir schéma n° 5)

En d'autres termes, les étapes intermédiaires ont toute leur importance. Les barrières psychologiques doivent être brisées par des femmes assumant une présence la plus visible possible au sein de la communauté catholique.
  1. Les femmes devraient être à l'autel en habits liturgiques

    Bien que le ministère sacerdotal dépasse de beaucoup la présidence de l'Eucharistie, c'est la proximité des femmes par rapport à celle-ci qui servira de symbole significatif à mettre sous les yeux des Catholiques défenseurs de la tradition.

    • Des femmes déjà participent au culte eucharistique en faisant partie de la chorale ou en la dirigeant. Ceci est une avancée notable si l'on se rappelle que, jusqu'en 1917, il était interdit aux femmes par le Droit canonique de faire partie d'une chorale. Cette interdiction ridicule a été rappelée plus d'une fois par la Congrégation pour la Liturgie. "Ni des jeunes filles, ni des femmes adultes ne peuvent être membres d'une chorale à l'église" (décret du 17 septembre 1897). "Les femmes ne peuvent faire partie d'une chorale ; elles appartiennent au laïcat. Des chorales composées uniquement de femmes sont aussi formellement interdites, excepté pour des raisons sérieuses et avec l'autorisation de l'évêque" (décret du 22 novembre 1907). "Toute chorale composée d'hommes et de femmes, même si elles se placent loin du chœur, est formellement interdite." (décret du 18 décembre 1908).
    • En de nombreux endroits, des femmes commencent à assumer les rôles d'acolyte, de lectrice, de ministre de la communion et de président des assemblées en l'absence de prêtre. Ici aussi nous avons besoin de faire des avancées. Le Code de Droit canonique de 1917 réservait tous les ministères autour de l'autel uniquement aux hommes (CIC 813). Le nouveau Code de 1983, toujours en vigueur actuellement, autorise des laïcs, y compris des femmes, à être lecteur, acolyte, prédicateur, animateur de prières, ministres du baptême et de la communion, mais seulement par "délégation temporaire" (Canon 230, § 2-3)
      Cartoon
    • Le langage inclusif doit toujours être employé dans les textes liturgiques. Même si le prêtre qui officie oublie de l'employer, les autres ministres tels que les lecteurs/lectrices et prédicateurs/prédicatrices doivent respecter cette règle. Les fidèles comprendront le message.
    • Durant les prières d'intercession, une intention doit être insérée régulièrement demandant au Saint-Esprit de guider l'Église en ce qui concerne l'ordination des femmes ou quelque chose du genre. La formulation a été laissée délibérement ouverte pour deux raisons : (a) nous n'avons pas à dicter au Saint-Esprit ce qu'elle doit faire ; (b) tous les membres de l'assistance doivent pouvoir adhérer à l'intention, de quelque côté qu'ils soient dans la question de l'ordination des femmes.

  2. Le mouvement doit soutenir l'initiative chaque fois qu'une charge pastorale est confiée à des femmes.

    Actuellement, l'Église interdit à des femmes de devenir clercs et donc les écarte ainsi toutes des charges cléricales qui requièrent le pouvoir d'ordre ou le pouvoir de gouvernement ecclésiastique (can. 219, §1 & 274 § 1). D'autre part, l'Église autorise que des femmes soient nommées pour accomplir beaucoup d'autres tâches et il faut en tirer pleinement profit :

    • Être membre du conseil pastoral diocésain (can. 512 § 1) et du conseil paroissial (can. 536 § 1).
    • Être membres à part entière de conseil provincial d'évêques (can. 443 § 4), des synodes diocésains (can. 463 § 2 & 1.5), du comité diocésain des finances (can. 492 § 1) et de celui de la paroisse (can. 537).
    • Être économe du diocèse (can. 494).
    • Être consultantes pour la nomination de curés (can. 524) et la nomination d'évêques (can. 377 § 3).
    • Prêcher dans une église ou dans un oratoire bien que sans faire l'homélie (can. 766).
    • Être catéchistes (can. 785) et seconder le curé dans la formation catéchétique des enfants, des jeunes et des adultes (can. 776).
    • Assister à des mariages sous certaines conditions (c.1112).
    • Seconder le curé dans l'exercice de sa charge pastorale, comme assistants paroissiaux, ou comme aumôniers dans des hôpitaux, collèges, centres pour jeunes et dans des institutions sociales (can. 519).
    • Être responsable d'une paroisse en raison du manque de prêtres (can. 517 § 2).
    • Pour administrer certains sacramentaux (can. 1168).
    • Assumer certains rôles dans un tribunal ecclésiastiques, tels que juges (can. 1421 § 2), assesseurs (can. 1424), auditeurs (can 1428 § 2), promoteurs de justice et défenseurs du lien du mariage (can. 1435).
    • Assumer des rôles au niveau diocésain comme chancelier ou notaire (can. 483 § 2).

  3. Le mouvement en faveur de l'ordination des femmes devrait, comme première étape, promouvoir l'ordination de femmes diacres.

    L'Église a une tradition bien établie de femmes diacres. Il est possible que Rome fasse certaines concessions à cet égard.

    • Les femmes qui se sentent appelées à ce ministère doivent être encouragées à faire des études théologiques complètes.
    • Les candidates valables doivent être prêtes à être ordonnées diacres. Cependant, le mouvement pour l'ordination des femmes ne devrait jamais accepter une version édulcorée du diaconat pour les femmes. Si des femmes sont ordonnées diacres, cela doit se faire étant entendu qu'elles reçoivent le sacrement de l'ordre exactement de la même manière que les hommes.17

    Toutes les tâches mentionnées ci-dessus peuvent être assumées par des femmes dans le cadre du Droit canonique actuel et les occasions qui se présentent ne sont pas toujours saisies. Il est encourageant de constater que différentes conférences épiscopales s'efforcent d'assurer une meilleure intégration des femmes dans des rôles à responsabilité.18 Dans le même temps, des femmes créent déjà de nouveaux ministères dans les contextes pastoraux différents en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique, en Asie et en Europe. Ceci annonce la manière dont un ministère sacerdotal réformé pourra s'exercer dans l'avenir.

    Surmonter le contrôle institutionnel

    Au cours des dernières années, Rome a déclenché un "règne de la terreur" sans précédent dans l'Église dans le but déterminé de faire cesser toute discussion à propos des femmes prêtres. Cela découle, sans aucun doute, de la conviction que l'ordination des femmes contredit l'Écriture et la Tradition et vise à éviter aux fidèles une épreuve qui engendrerait incertitude et confusion. Des mesures de contrôle institutionnel ont été mises en place et une surveillance est assurée en permanence. (Voir schéma n° 3, moitié inférieure).
    • Évêques. Seuls ceux qui sont désignés comme candidats à l'épiscopat doivent s'engager, vraisemblablement sous serment, Les dernières instructions de Rome à ne pas se faire l'avocat de l'ordination des femmes. Une pression constante est exercée sur les évêques "pour qu'ils refusent tout soutien à ceux, que ce soient des individus ou des groupes, qui défendent l'ordination sacerdotale des femmes, que ce soit au nom du progrès, des droits humains, de la pitié ou pour tout autre raison."19 Chaque évêque reçoit personnellement des instructions détaillées sur la manière de traiter des "dissidents" de leur diocèse. Les Synodes des Évêques, qui ont été institués afin de rogner le monopole de la Curie, ont été privés de toute véritable influence sur l'établissement de l'ordre du jour, par le fait que sont nommés dans les comités de nombreux membres de la Curie romaine, par une subtile censure des contributions des évêques, en omettant de manière sélective des résolutions votées par les évêques.20
    • Supérieurs religieux. Si un religieux ou une religieuse manifeste son désaccord avec les vues de Rome au sujet des femmes prêtres, les Congrégations romaines font pression sur son ou sa Supérieure générale. Habituellement, cela se fait en coulisses et les supérieurs religieux sont exhortés à garder cela secret, mais certains cas ont été révélés au grand jour. En octobre 1994, en Inde, quatorze religieuses en vue appartenant à diverses congrégations religieuses ont fait connaître leurs objections envers Ordinatio Sacerdotalis dans une lettre adressée au Pape. Des pressions ont été exercées sur toutes ces Congrégations.21
    • Théologiens. Les professeurs de séminaires et des instituts enseignant la théologie doivent prêter le serment de fidélité depuis Ad Tuendam Fidem (28 mai 1998)... et pour finir, le cantique : L'Église, l'Église, a toujours raison... qui comprend un paragraphe marquant l'accord avec l'interdiction des femmes prêtres. Des théologiens se sont vu retirer leur enseignement en raison de leur opinion au sujet de l'ordination des femmes. D'autres ont été avertis qu'ils seraient interdits d'enseignement s'ils s'exprimaient sur ce sujet. Rome a publié de nouvelles instructions qui mettent les institutions d'enseignement ecclésiastiques sous contrôle. Je connais des cas où des théologiens se sont fait faire des remontrances par leur évêque parce qu'ils avaient autorisé la publication de leurs articles sur le site Web consacré aux femmes prêtres. L'année dernière, la Conférence épiscopale d'Angleterre et du Pays de Galles a retiré son soutien financier à une conférence de théologie tenue au Newman College, à Birmingham, parce que j'en étais un des conférenciers.22
    • Rédacteurs en chef, rédacteurs, éditeurs. Nombre de journaux et de magazines catholiques sont très vulnérables car ils sont la propriété de diocèses ou de maisons d'édition détenues par des congrégations religieuses. Rome a publié des instructions très strictes pour les censeurs de livres leur intimant de ne pas donner l'Imprimatur ou le Nihil Obstat à des livres favorables à l'ordination des femmes. The Liturgical Press of St. John's Abbey, Minnesota, éditeur nord-américain de Woman at the Altar [Femme à l'autel] de Lavinia Byrne, a prétendûment brûlé son stock de 1.300 exemplaires de ce livre parce qu'il avait été informé par l'évêque du lieu que Rome en était mécontent. Un certain nombre d'éditeurs catholiques auquel j'ai montré le manuscrit de The Ordination of Women in the Catholic Church. Unmasking a Cuckoo's Egg Tradition [L'ordination des femmes dans l'Église catholique. Démasquer la tradition de l'œuf de coucou], m'ont répondu : "Nous aimerions publier un tel livre mais nous ne le pouvons pas dans le climat qui règne actuellement dans l'Église !"
    • Curés, responsables laïcs. Grâce au nouveau serment de fidélité, les curés sont également mis en garde : ils ne peuvent en aucun cas abandonner la ligne de Rome en ce qui concerne l'opposition à l'ordination de femmes. L'interdiction des femmes prêtres a été intégrée dans les grands documents officiels de l'Église : dans le Droit canonique (can. 1024), dans le Catéchisme de l'Église catholique (§ 1577).
    • Congrès et rencontres des Organisations catholiques. Ce qui ressort de ces consultations est souvent manipulé suite à l'intervention de Rome. Un exemple scandaleux a eu pour cadre le Troisième Congrès Mondial de l'Apostolat des Laïcs (Rome 1967) qui a montré la grande variété des "mécanismes de contrôle hiérarchiques" que Rome n'a cessé d'utiliser depuis.23
    Les mesures d'intimidation que nous venons de mentionner ont créé un climat dans lequel de nombreux individus et groupes en viennent à parler et à agir contre leurs propres convictions. Ils sont tiraillés par des fidélités contradictoires. D'un côté, ils ne veulent pas désobéir à l'autorité ou risquer de perdre leur emploi ou leur poste. De l'autre, ils réalisent que la position de Rome contre l'ordination des femmes est intenable et est condamnée à échouer. D'où un problème de conscience qui est "résolu" à l'aide des justifications bien connues:
    "L'autorité a parlé. Je dois obéir."
    "Tout le monde se conforme à la ligne du parti. Pourquoi risquer ma tête?"
    "Un pape ultérieur modifiera certainement cette position, en attendant c'est mieux de me soumettre..."
    "Il est préférable pour les gens qui me font confiance que je garde mon emploi."

    Il n'est nullement dans mon intention ici de condamner ceux qui sont piégés par ce terrible dilemme. Leur lutte est difficile. Comme professeur d'Écriture sainte au Collège missionnaire de Londres, j'ai vécu le même traumatisme. J'ai continué à enseigner, en me disant : "Certainement que l'Église va bientôt évoluer ! Il est mieux pour mes étudiants que je reste. Je peux les préparer pour l'avenir..." C'était avant Ad Tuendam Fidem qui a imposé le serment de fidélité. Le problème est que, tandis que chacun cherche des excuses, l'honnêteté, la vérité et la crédibilité en prennent un coup. Si les gens se soumettent, et même prêtent serment, avec mauvaise conscience, l'Église est progressivement corrompue. Car qu'est-ce qui est plus important en théologie que de rechercher la vérité sans crainte et de pouvoir discuter en toute liberté ? Et qu'est-ce qui est le plus important pour l'autorité enseignante que la confiance des fidèles en ses positions ? Et qu'est-ce qui est le plus terrible pour le Peuple de Dieu que d'en être réduit à l'état de marionnettes dont on tire les ficelles.

    Dans l'Église, les abus de pouvoir de la Curie romaine appellent rapidement à une réforme de la manière dont l'autorité est structurée et dont elle s'exerce.24 Cela exige aussi de notre part de faire des pas en avant bien définis.

    Principe n° 4. Le mouvement pour l'ordination des femmes doit favoriser l'honnêteté à tout prix. (Voir schéma n° 6)

    1. Les responsables pastoraux doivent être encouragés à s'exprimer.

      Au cours des dernières années, un certain nombre d'évêques, de supérieurs religieux, de curés et de théologiens se sont exprimés. Ils méritent tout notre appui et leurs déclarations doivent être largement diffusées afin d'encourager d'autres à faire de même.

      Dans ce contexte, il est utile de rappeler à tous ceux que cela concerne que les fonctionnaires de l'Église qui ont prêté "serment de fidélité" ne sont pas liés un serment qui va en partie à l'encontre de leur conscience. Des évêques, par exemple, qui se sont engagés à ne pas promouvoir l'ordination des femmes, condition de leur admission à l'épiscopat, peuvent en arriver à changer de position quand ils comprennent que l'interdiction d'ordonner des femmes repose sur des fondements erronés. Grâce à leurs études de théologie morale, les évêques savent que une promesse, même faite sous serment, ne doit pas être tenue si (a) une erreur essentielle est à la base de l'objet de la promesse ou (b) si une erreur concerne l'objet de la promesse (par ex. c'est pour le bien de l'Église) ou (c) si la promesse est faite sous la contrainte ou enfin (d) si la promesse est devenue impossible ou dangereuse à accomplir. La promesse ne tient plus ab intrinseco comme l'enseigne saint Thomas d'Aquin : "Quel que soit l'obstacle à l'accomplissement de la promesse, s'il existe, il délie de la promesse qui a été faite."25

    2. Nous pouvons "faire éclater le système" en élevant des protestations quand se présentent des occasions opportunes.

      De nombreuses études font ressortir que les systèmes oppressifs sont maintenus au pouvoir avec la complicité de majorités silencieuses qui sont en désaccord avec lui mais qui laissent l'oppression continuer à s'exercer.Pas de femmes? Cela s'appliquait à l'Union Soviétique26 et aux gouvernements dictatoriaux d'Amérique latine27 et cela n'est pas sans conséquences pour les chrétiens28 y compris dans la question de l'ordination des femmes. Les dirigeants de l'Église continueront à ignorer la questin si nous ne leur rappelons pas constamment que la situation est anormale. On appelle cela "faire éclater le système".29

      Dans de nombreux pays, les mouvements féminins sont déjà engagés dans cette action : manifestations régulières face à la cathédrale, curés qui refusent de prêter le serment de fidélité30, travailleurs pastoraux de sexe masculin qui refusent le diaconat tant que leurs collègues féminines ne sont pas également ordonnées31, panneaux d'affichage portant le slogan "Ordonnez des femmes" et beaucoup d'autres initiatives. La Conférence nord-américaine pour l'Ordination des Femmes montre la voie et diffuse ses idées grâce à Action Alert, un bulletin transmis par courriel et sa publication trimestrielle NewWomen, NewChurch.32

      Il est impératif que de telles initiatives se développent et soient maintenues.

    3. Nous devons dénoncer toutes les formes de pression exercées en coulisses.

      De nombreux catholiques seraient consternés s'ils savaient quelles pressions Rome exerce sur les évêques, les supérieurs religieux, les directeurs d'institut, les théologiens, les rédacteurs, rédacteurs en chef et éditeurs. Rome arrive souvent à ses fins en imposant simultanément à tous le devoir de "se taire". Personne n'est censé savoir cela. Mais, à moins qu'il s'agisse d'une cas évident où il faut garder la confidentialité pour des raisons relatives à la personne, ce secret est connu parmi ceux qui abusent de leur pouvoir. La bonne réplique, c'est la franchise, c'est révéler publiquement ce qui se passe.

      Au Synode sur l'Évangélisation de 1974, les organisateurs du Vatican ont retiré subrepticement un rapport dans lequel étaient rassemblées les suggestions émises par les 200 évêques participants dans leurs différents groupes de travail et l'ont remplacé par un document que les organisateurs avaient préparé d'avance. Le nouveau document a été présenté comme s'il contenait les suggestions des évêques. Ce tour de passe-passe a été courageugement dénoncé par certains participants, révélant ainsi la duperie à l'assemblée générale.33

      Une prise de conscience publique se produirait dans l'Église si de tels cas étaient de plus en plus mis en évidence aux yeux de tous.

    Conclusion

    L'Église catholique finira par ordonner des femmes prêtres. Combien de temps devrons-nous attendre ? Cela dépendra d'un certain nombre de facteurs : l'apparition de nouveaux dirigeants, des circonstances extérieures telles que la diminution de la pratique et le manque de prêtres qui forceront l'Église à reconsidérer sa position traditionnelle, et dans quelle mesure les gens de la base - évêques, prêtres, religieux et religieuses, laïcs - contesteront le système. Mais il ne faut pas sous-estimer le rôle du Saint-Esprit. Il a déjà montré la voie dans d'autres Églises.

    L'Église catholique a traversé jadis de nombreuses crises. Souvent les luttes et les souffrances de ses membres les plus engagés ont conduit à des réformes qui ont bien dépassé ce que l'on avait espéré et imaginé. De la souffrance et de la défaite, l'Esprit fait surgir de force des choses nouvelles. Les anciennes structures doivent être abattues pour permettre que se développent de nouvelles pousses. Car notre campagne en faveur de l'ordination des femmes n'est pas seulement la nôtre, c'est le combat sans fin du Saint-Esprit elle-même qui, selon les mots de saint Paul, gémit en nous comme nous, premiers fruits de l'Esprit, gémissons en nous pour que nos propres identités soient libérées. Et nous pouvons être remplis d'espoir.

    "L'Esprit vient en aide à notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut ; mais l'Esprit elle-même intercède pour nous en gémissements inexprimables ; et celui qui scrute les cœurs sait quelle est l'intention de l'Esprit : c'est selon Dieu en effet que l'Esprit intercède pour les saints."34

    John Wijngaards


    References

    1. Les caricatures illustrant ce document sont extraites de Kritische Trouw, R. Bunnik (coll.), Arnhem 2000, publiées ici avec autorisation. [Back to text]
    2. Inter Insigniores, 15 octobre 1986, § 1-4 ; voir aussi le "Official Commentary on Inter Insigniores", § 1-12, Acta Apostolicae Sedis 69 (1977), pp. 98-116. [Back to text]
    3. Ida Raming, The Exclusion of Women from the Priesthood: Divine Law or Sex Discrimination? [L'exclusion des femmes de la prêtrise : loi divine ou discrimination sexuelle?], Metuchen 1976; Rosemary Radford Ruether, The Radical Kingdom. The Western Experience of Messianic Hope [Le Royaume radical. L'expérience occidentale de l'espérance messianique], New York 1970; Sexism and God-Talk. Toward a Feminist Theology [Sexisme et discours sur Dieu. Vers une théologie féministe], Boston 1983; Mary Daly, Beyond God the Father: Toward a Philosophy of Women's Liberation [Au-delà de Dieu le Père : vers une philosophie de la libération des femmes], Boston 1973; Elisabeth Schüssler Fiorenza, Der vergessene Partner [Le partenaire oublié], Düsseldorf 1964; In Memory of Her [En mémoire d'Elle], New York 1983; Discipleship of Equals. A Critical Feminist Ecclesia-logy of Liberation [Des disciples égaux. Une ecclesia-logie de libération], New York 1993; etc. [Back to text]
    4. Elisabeth Schüssler Fiorenza, In Memory of Her: Feminist Theological Reconstruction of Christian Origins [En mémoire d'Elle : reconstruction théologique féministe des origines chrétiennes], New York 1983; Bread not Stone: the Challenge of Feminist Biblical Interpretation [Du pain pas des pierres : le défi d'une interprétation biblique féministe], Boston 1984; But She Said: Feminist Practices of Biblical Interpretation [Mais elle dit : pratiques féministes de l'interprétation biblique], Boston 1992; Karen JoTorjesen, When Women Were Priests [Quand les femmes étaient prêtres], New York 1993; Luise Schottroff, Lydia's Impatient Sisters: A Feminist Social History of Early Christianity [Les sœurs impatientes de Lydia : une histoire sociale féministe du christianisme primitif], Louisville 1995; Anne Jensen, God's Self-Confident Daughters: Early Christianity and the Liberation of Women [Des filles de Dieu qui ont confiance en elles : le christianisme primitif et la libération de la femme], Louisville 1996; Ute E. Eisen, Amtsträgerinnen im frühen Christentum [Ministères féminins dans le christianisme primitif], Göttingen 1996; Luise Schottroff, Silvia Schroer and Marie-Therese Wacker, Feminist Interpretation: The Bible in Women's Perspective [Interprétation féministe : la Bible dans la perspective de la femme], Mineapolis 1998; etc. [Back to text]
    5. Par exemple, Storia delle Donne in Occidente [Histoire des femmes en Occident], Laterza, Rome 1991, cinq gros volumes, traduits maintenant en de nombreuses langues; Hulia Bolton Holloway et al. (ed.), Equally in God's Image - Women in the Middle Ages [Égalité à l'image de Dieu - Les femmes au Moyen Âge], New York 1990; Glenna Matthews, The Rise of Public Woman: Woman's Power and Woman's Place in the United States 1630-1970 [L'avènement de la femme en public : le pouvoir de la femme et sa place aux États-Unis 1630 - 1970], New York 1992; Susan Hill Lindley, 'You Have Stept Out of Your Place', A History of Women and Religion in America ["Vous n'avez pas su garder votre place", Une histoire des femmes et de la religion en Amérique], Louisville 1996. [Back to text]
    6. Ann Belford Ulanov, The Feminine in Jungian Psychology and Christian Theology [Le féminin dans la psychologie jungienne et la théologie chrétienne], Evanston 1971; Receiving Woman: Studies in the Psychology and Theology of the Feminine [Accueillir la femme : études sur la psychologie et la théologie du féminin], Philadelphia 1981; Carol Gilligan, In a Different Voice: Psychological Theory and Women's Development [D'une voix différente : théorie psychologique et évolution de la femme], Cambridge MA 1982; Charlene Spretnak (ed.), The Politics of Women's Spirituality [La politique de la spiritualité de la femme], New York 1982; Virginia Ramey Mollenkott, The Divine Feminine: the Biblical Imagery of God as Female [Le divin féminin : l'imagerie biblique de Dieu en tant que féminin], New York 1983; Luce Irigaray, Speculum of the Other Woman [Miroir de l'autre femme], Ithaca 1983; Janet Martin Soskice, Metaphor and Religious Language [Métaphore et langage religieux], Oxford 1985; (ed.) After Eve - Women, Theology and the Christian Tradition [Après Ève - Femmes, théologie et la tradition chrétienne], London 1990; Demeris S. Weir, Jung and Feminism: Liberating Archetypes [Jung et le féminisme : se libérer des archétypes], Boston 1987; Mary Grey, Redeeming the Dream. Feminism, Redemeption and Christian Tradition [Racheter le rêve. Féminisme, rédemption et tradition chrétienne], London 1989; Tina Beattie, God's Mother, Eve's Advocate. A Gynocentric Refiguration of Marian Symbolism in Engagement with Luce Irigaray [La Mère de Dieu, l'avocate d'Ève. Une nouvelle représentation gynocentrique du symbolisme marial en en l'honneur de Luce Irigaray], Bristol 1999; etc. [Back to text]
    7. Gaudium et Spes, § 11. [Back to text]
    8. Gaudium et Spes, § 29. [Back to text]
    9. Marie-Thérèse Van Lunen Chenu, 'Human Rights in the Church: a non-right for women in the Church?' ["Les droits humains dans l'Église : un non-droit pour les femmes dans l'Église ?"] in Human Rights. The Christian contribution, juillet 1998. [Back to text]
    10. John Wijngaards, Did Christ Rule out Women Priests? [Jésus a-t-il refusé les femmes prêtres?], Great Wakering 1977, pp. 63-71; voir aussi The Ordination of Women in the Catholic Church. Unmasking a Cuckoo's Egg Tradition [L'ordination des femmes dans l'Église catholique. Démasquer la tradition du nid de coucou], Darton, Longman & Todd, London 2001. [Back to text]
    11. Vatican II, Lumen Gentium § 27. [Back to text]
    12. G.E. Simpson and J.M.Yinger, Racial and Cultural Minorities. An Analysis of Prejudice and Discrimination [Minorités culturelles et raciales. Une analyse des préjugés et de la discrimination], New York 1972, p. 24. [Back to text]
    13. M. Macgreil, Prejudice and Tolerance in Ireland [Préjugés et tolérance en Irlande], Dublin 1977, p. 9. [Back to text]
    14. J.W. van der Zanden, American Minority Relations [Relations avec les minorités américaines], New York 1972, p. 22. [Back to text]
    15. Lisez, par exemple, Joanna Bogle, Does the Church Oppress Women? [L'Église oppresse-t-elle les femmes?], Catholic Truth Society, Londres 1999. [Back to text]
    16. E. M. Bogardus, Immigration and Race Attitudes [Immigration et attitudes face à la race], Heath 1928, pp. 13 - 29; voir aussi M. Banton, 'Social Distance: a New Appreciation' [Distance sociale : une nouvelle considération], The Sociological Review, décembre 1960. [Back to text]
    17. En Allemagne, le groupe Maria von Magdala prépare activement des femmes pour le diaconat.. Contact: Angelika Fromm, Fritz Kohl Strasse 7, D 55122 Mainz, Allemagne. [Back to text]
    18. (Pays-Bas) Vrouw en Kerk [Femme et Église], Raad voor Kerk en Samenleving, Kaski 1987; 'Oog voor verschil en gelijkwaardigheid' [Un œil pour la différence et l'équivalence], Kerkelijke Dokumentatie 4 (1998) no 5, pp. 47-53; (USA) NCCB Committee on Women, 'From Words to Deeds: Continuing Reflections on the Role of Women in the Church' [De la parole aux actes : continuer la réflexion sur le rôle des femmes dans l'Église], Origins 28 (1998) no 20. [Back to text]
    19. Lettre de la Congrégation de la Doctrine de la foi aux Évêques, Osservatore Romano 13 septembre 1983. [Back to text]
    20. Le Synode sur la Famille en a fourni des preuves détaillées. Voir J. Grootaers et J. A. Selling, The 1980 Synod of Bishops On the Role of the Family [Le Synode des Évêques de 1980 sur le rôle de la famille], Louvain 1983, 375 pages. Des manipulations semblables ont eu lieu au cours du Synode sur l'Évangélisation, du Synode sur les laïcs, sur l'Afrique, l'Asie, sur l'Europe pour n'en mentionner que quelques-uns. (Voir The Tablet, la correspondance du 16 oct - 20 nov 1999). [Back to text]
    21. 'Women Religious in India respond to John Paul II' [En Inde, des religieuses répondent à Jean Paul II"], Worth (10 octobre 1994), Jegamatha Ashram, Ponmalaipatti, Tiruchirapalli 620 004, Inde. [Back to text]
    22. Mgr Vincent Nichols, archevêque de Birmingham, poussé par Rome, a demandé que je m'engage par écrit à ne pas y soulever la question de l'ordination des femmes. J'ai refusé bien que mon sujet n'y soit pas directement relié. Voir The Tablet, 24 juin 2000, pp. 875-876. [Back to text]
    23. J.G.Vaillancourt, Papal Power. A Study of Vatican Control over Lay Catholic Elites, Berkeley 1980. [Back to text]
    24. B. Tierney, Origins of Papal Infallibility [Origines de l'infaillibilité pontificale], Brill, Leiden 1972 ; A.B. Hasler, Wie der Papst unfehlbar wurde [Comment le pape est devenu infaillible], Munich 1979 ; P. Chirico, Infallibility: The Cross roads of Doctrine [Infaillibilité : le carrefour de la doctrine], Michael Glazier, Wilmington 1983 ; J.M.R.Tillard, The Bishop of Rome [L'évêque de Rome], Michael Glazier, Wilmington 1983 ; P. Granfield, The Papacy in Transition [La papauté en transition], Gill, Dublin 1981 ; P. Granfield, The Limits of the Papacy: Authority and Autonomy in the Church [Les limites de la papauté : autorité et autonomie dans l'Église], Crossroad, New York 1990 ; L.M.Bermejo, Infallibility on Trial: Church, Conciliarity and Communion [L'infaillibilité en procès : Église, conciliarité et communion], Christian Classics, Westminster 1992 ; H.Küng, Infallible? An Inquiry [Infaillible ? Une enquête], Collins, London 1971 ; SCM, London 1994 ; P. Dentin, Les privilèges des papes devant l'Écriture et l'histoire, Cerf, Paris 1995 ; P. Collins, Papal Power [Le pouvoir papal], Harper Collins, Australie 1997 ; M. Fiedler & L. Rabben (eds.), Rome has Spoken... [Rome a parlé...], Crossroad, New York 1998 ; E. Stourton, Absolute Truth [La vérité absolue], Londres 1998 ; J.Manning, Is the Pope Catholic? [Le pape est-il catholique?], Toronto 1999. [Back to text]
    25. Thomas Aquinas, Scriptum super IV libros Sententiarum dist. 38, q.1, sol. 1 ad 1; D. M. Prümmer, Manuale Theologiae Moralis, Freiburg 1936, vol. II, 'De Voto', pp. 326-348. [Back to text]
    26. A.D. Sakharov, Progress, Coexistence and Intellectual Freedom [Progrès, Coexistence et liberté intellectuelle], Pelican 1968. [Back to text]
    27. Par exemple, G. Gutiérrez, 'Notes for a Theology of Liberation' ["Notes pour une théologie de la libération"], Theological Studies 31 (1970) pp. 243-261 ; C. Torres, Revolutionary Priest [Prêtre révolutionnaire], Pelican 1973. [Back to text]
    28. H. Gollwitzer, Veränderungen im Diesseits. Politische Predigten [Changements par ici. Sermons politiques], Munich 1973. [Back to text]
    29. J.B.Metz, Unterbrechungen. Theologisch-politische Perspektive und Profile [Interruptions. Perspectives théologo-politiques et profil] , Gütersloh 1981 ; R. van Eyden, 'Womenpriests: Keeping Mum or Speaking Out?' [Femmes prêtres : se taire ou parler ?], (2 November 1996); texte anglais. [Back to text]
    30. E. McCarthy, 'Soline Vatinel, the Archbishop and Me' ["Soline Vatinal, l'Archevêque et moi"], BASIC Newsletter (19 janvier 2000) pp. 26 - 31. [Back to text]
    31. Dans le diocèse d'Augsbourg, Allemagne. Voir Diakonia 24 (May 1993) n° 3. [Back to text]
    32. Les deux constituent un must absolu pour ceux qui font campagne pour l'ordination des femmes. WOC National Office, PO Box 2693, Fairfax, VA 22031, USA. Tel. + 1 - 703 - 352 1006. Email: woc@womensordination.org. [Back to text]
    33. Les détails de ces machinations m'ont été racontés en détail, au cours d'une discussion personnelle, par Fr. D. S. Amalorpavadass, un des deux secrétaires généraux du Synode. Voir The Tablet, 6 november 1999, pp. 1506-1507. [Back to text]
    34. Romains 8, 26-27. [Back to text]

    Last updated 12-Jul-2001

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