Women's Ordination Worldwide -- première conférence internationale

Women's Ordination Worldwide
première conférence internationale

Dublin 2001


Cconférence inaugurale


Rev. Rose Hudson-Wilkin

English Version


En vérité, voilà une assemblée et un moment historiques. Cela me rappelle un autre moment historique, il y a neuf ans. Seulement, ce jour-là, le 11 novembre 1992, je me trouvais à Dean's yard, Westminster, et je brandissais une pancarte avec les mots suivants; femmes, admirablement et merveilleusement créées à l'image de Dieu, des mots que j'avais adaptés du Psaume 39 que j'avais lu cette semaine-là, réaffirmant pour moi-même que j'avais été créée à l'image de Dieu. Que tous les deux, masculin et féminin, nous faisions partie de sa création et que nous étions tous appelés à représenter le Christ.

Permettez-moi de me présenter: je suis née et j'ai grandi à Montego Bay, en Jamaique, et j'ai été baptisée dans l'église - qui s'appelait à ce moment-là l'Eglise d'Angleterre en Jamaique - jusqu'à ce qu'un de nos évêques questionne la justesse de sa dénomination. Après législation, elle est devenue l'Eglise Episcopale et Anglicane en Jamaique. Je suis allée à une petite église de mission attachée à la paroisse de St James à Montego Bay. Ma foi s'affirmant, je suis devenue de plus en plus active dans la vie de l'Eglise par le mouvement des Jeunes (AYF, Anglican Youth Fellowship).

Vers l'âge de 14 ans, j'ai ressenti l'Appel de Dieu, mais je ne savais pas comment le réaliser, car il n'y avait pas de modèle immédiatement présent pour les femmes-pasteurs. Bien sûr, il y avait des femmes- après tout l'Eglise n'est-elle pas remplie de femmes?- si les femmes dans le monde s'éloignaient de l'Eglise, celle-ci ne serait-elle pas en crise?. Je me suis alors proposée pour l'Armée de l'Eglise. En 1979, j'ai commencé mon apprentissage et je suis retournée en Jamaique pour travailler. Là, j'ai pris conscience de l'importance des sacrements dans la vie de l'Eglise. En même temps, on s'entendait dire qu'on ne pouvait pas recevoir les sacrements parce qu'il n'y avait pas de 'mâle' (mon choix de mots) pour en consacrer les éléments. Les églises des villes étaient bien pourvues, mais beaucoup d'églises rurales manquaient des éléments mêmes qui étaient censés leur apporter les moyens de vivre leur foi.

C'est à ce moment-là que je me suis attaquée au sujet, à essayer de faire réfléchir et de poser des questions sur le ministère des femmes dans toutes ses formes. A mon retour en Angleterre, j'ai postulé pour le diaconat. Ceux qui étaient déjà dans la place voulaient savoir pourquoi je ne me contentais pas de m'occuper de mon mari et de mon enfant.. On ne voulait pas me voir comme un être humain s'offrant à Dieu, et qui était aussi une femme. Cela a été dur à avaler. J'ai persévéré et presque 2 ans plus tard, j'ai été acceptée dans un autre diocèse, sans qu'on questionne la légitimité de mon désir de répondre à l'appel de Dieu, bien que je sois femme ET noire.

Aujourd'hui, je suis pasteur de 2 congrégations dans l'East End de Londres. Tout au long du voyage, il y a eu des rejets et de bons accueils. Que de difficultés - femme - et noire ! Qu'est-ce que je fais? D'abord , j'admets que cela me fait très mal - pas de femme à mon enterrement, non, on ne voudrait pas qu'une noire conduise le service; après tout il n'est pas normal d'avoir une femme noire. Comment est-ce que je fais face? Est-ce que je me cache la tête, fais de la déprime, ou pire est-ce que je me complais dans ma déprime? Non. J'accepte que cela me fait mal et je me dis que c'est leur problème - finalement c'est dommage pour eux! Et mes amis, ça, je le crois fermement.

A mon ordination, j'ai décrit l'expérience comme une grossesse et un accouchement. D'abord, il faut attendre - et ce n'est pas une attente passive; bien que j'aie perdu les eaux en ce soir mémorable de novembre, il a fallu presqu'un an et demi pour délivrer l'enfant. Et cela n'a pas été une naissance facile. C'était un mélange de joie et de peine. De la peine pour ce que collectivement nous avons traversé - celles qui n'ont pas réussi, qui ne seront jamais en exercice, qui seront refusées par une paroisse ou pour un évènement, celles qui ne seront jamais évêques. De la peine pour celles qui sont cantonnées à un certain rôle à cause de leur sexe. De la peine pour l'Eglise incapable d'accepter et qui au lieu de se réjouir avec nous, se concentre sur ceux qui sont malheureux de la situation.

Je suis ravie que ce soit une assemblée eucuménique. Cela m'assure que nous faisons ce voyage ensemble. Dans chaque dénomination, il y a des femmes qui savent dans leur coeur qu'elles sont appelées par Dieu pour vivre leurs promesses du baptême. Pourtant, les autorités qui soi-disant gardent la pureté de la foi --les gardiens - prétendent en savoir plus que Dieu et connaitre la volonté de Dieu - selon eux, il 'y a pas de place pour les femmes! Ils refusent de se souvenir que Notre Seigneur a rappelé Martha de ses tâches domestiques, pour qu'elle vienne s'asseoir, écouter et apprendre, et ainsi mieux vivre sa foi.

Il y a ceux qui disent, difficilement, "Oui, je suis d'accord avec l'ordination des femmes, mais je déteste les femmes stridentes" Stridentes! Qu'est-ce que ça veut dire? Si par stridentes, ils veulent dire passionnées et capables d'exprimer leur point de vue, alors soyons stridentes. Le doyen Matthews, membre de la Commission des Archevêques de 1935, n'avait aucun doute quand il disait".......Les arguments contre l'éligibilité des femmes à la prêtrise sont sans valeur.......(le ministère des femmes: rapport de la Commission des Archevêques - Church House 1935). Ceux qui essaient encore de trouver des arguments théologiques contre, sont de mauvaise foi.On peut nous dire que nous sommes stridentes parce que nous faisons pression sur l'Eglise pour que la question reste à l'ordre du jour, mais en fait, nous sommes les vrais gardiens de la foi. Nous l'avons enseignée à nos enfants à la maison, au catéchisme, en pratiquant ensemble et en étant des exemples vivants. Nous n'avons pas abandonné; nous n'avons pas menacé l'Eglise de schisme; nous n'avons pas menacé de rester en dehors. Au lieu de tout cela, nous avons fait le difficile sacrifice de rester. Toutes ces grandes femmes qui nous ont précédées et qui n'ont jamais eu l'occasion de 'servir' dans la prêtrise, nous les saluons et nous les remercions d'avoir tracé la voie afin que nous puissions suivre.

Contre elles à l'époque, il n'y avait pas seulement une Eglise conservatrice et un club d'hommes, mais aussi un monde qui n'était pas en mesure de reconnaitre les compétences de ses femmes. Il a fallu la guerre pour que la société se rende compte que les femmes peuvent faire plus que la cuisine, le ménage et s'occuper des enfants, et que Dieu leur a également donné de l'intelligence, des talents et des compétences pour un véritable partenariat avec l'homme. Aujourd'hui, nous avons le meilleur de la culture séculaire comme exemple. Nous sommes encouragées par le fait que dans tous les domaines, les femmes progressent discrètement et trouvent leur place dans un monde jusque-là réservé aux hommes. Je ne dis pas que tout soit parfait - considérez le récent tollé en Angleterre pendant la campagne électorale sur le silence des femmes.

D'autres églises sont venues à la conclusion que l'ordination des femmes à la prêtrise est la voie à suivre. Elles ont donc procédé à l'ordination des femmes, et elles doivent encore apprendre à vivre ensemble pour la durée de ce voyage. Ce n'est pas le cas pour l'Eglise d'Angleterre. Nous avons consacré dans la loi une division qu'on ne pourra peut-être jamais changer. Chères déléguées, je me demande et peut-être devons-nous toutes nous demander s'il fallait accepter l'ordination dans ces conditions. En moi-même, je sais que l'Eglise nous a accordé, à contrecoeur, une partie seulement de la carotte - le bout - au lieu de la carotte entière. Cela veut dire qu'il y aura des gens qui n'auront jamais le privilège de profiter des talents d'une femme-prêtre. Quel dommage!!

Femmes, quand nous y arriverons, nous ne voulons pas être des clones de prêtres masculins. Nous allons être nous-mêmes et nous allons offrir notre ministère avec les talents que Dieu nous a donnés. J'ai de la peine aussi à voir des femmmes intelligentes avaler le mythe que les femmes ne peuvent pas être prêtres à cause d'un accident de naissance. - même celles qui occupent une position importante ou qui sont dans des professions jusque-là réservées aux hommes. Si nous le disons nous-mêmes, comment pouvons- nous attendre des hommes qu'ils soient différents?

Notre plus grande peur n'est pas d'être inadéquats. C'est d'être puissants outre mesure. C'est notre lumière, pas nos ténèbres qui nous font le plus peur. Nous nous demandons: "Qui suis-je pour me croire brillant, doué, merveilleux?". Pourquoi pas? Vous êtes un enfant de Dieu. Vous rabaisser ne sert pas le monde. Il n'y a rien d'édifiant à se faire petit afin de ne pas déranger les autres. Nous sommes nés pour témoigner de la gloire de Dieu, qui est en chacun de nous; Et quand nous montrons notre lumière, nous permettons, inconsciemment, aux autres d'en faire autant. Comme nous nous libérons de nos peurs, notre présence automatiquement libère les autres. (souvent attribué à Nelson Mandela, mais en réalité de Marianne Williamson).

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